Le cahier d'Alberto de Monique Rivet

Le cahier d'Alberto de Monique Rivet

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Frunny, le 14 avril 2015 (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 55 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 110ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 2 798 

Les fantômes de l'enfance !

Publié en avril 2015, «Le cahier d’Alberto» (éditions Quidam) n’est que le cinquième roman de l’impressionnante octogénaire Monique Rivet.
Ecrivain rare, elle est l'auteur de trois romans parus dans les années cinquante et soixante. Par la suite elle abandonne l'écriture et se consacre à sa carrière de professeur de lettres. Une carrière qui l'amène notamment à enseigner aux Etats-Unis.

Sandro et Céline -jeune couple- s'installent dans une ancienne maison de vignerons à Saint-Julien; proche de la lagune et de la cathédrale de Maguelone .
Sandro est traducteur franco-italien, Céline comptable en freelance.
Des bribes de rêve, les souvenirs du "père Leleu" (mémoire du village), des événements de l'Histoire locale, vont créer de toute pièce une véritable enquête policière.
Qui est Alberto ? Un résistant de 1943, un assassin ?
Quand la fiction devient une obsession, les vies de Sandro et d'Alberto s'entremêlent.

Un court et magnifique roman qui s'achève en apothéose.
On cherche a démêler le vrai du faux (la réalité de la fiction) et puis -progressivement- tout cela n' a plus d'importance.
L'auteur brouille les pistes avec délice pour abattre les cartes en toute fin de roman.
De la Grande Littérature !

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Fiction en abyme

10 étoiles

Critique de Feint (, Inscrit le 21 mars 2006, 58 ans) - 21 avril 2015

Monique Rivet est l’auteur de quatre romans publiés dans deux vies littéraires différentes que quarante-cinq années séparent. Quarante-cinq années d’écriture quand même, à n’en pas douter, car si le Glacis est un très beau roman de jeunesse, le Cahier d’Alberto est à l’évidence l’œuvre de la maturité littéraire.
C’est l’histoire d’un lieu, on pourrait dire – on peut le dire puisque Mallarmé en exergue nous y invite : RIEN / N’AURA EU LIEU / QUE LE LIEU. Serait-ce aussi l’histoire d’une histoire qui n’aurait pas eu lieu ?
Céline et Sandro sont un jeune couple charmant. On aurait envie de les avoir comme amis. En plus ils viennent d’emménager dans une vieille maison de caractère, « dans la partie ancienne de Saint-Julien, à l’aplomb de la butte qui porte les ruines du château ». Une ancienne maison de vigneron. On y passerait volontiers des vacances, Céline et Sandro ont décidé d’y faire carrément leur vie – au moins pour un temps.
Des vies, la maison en a connu d’autres. Un voisin, Monsieur Leleu, le père Leleu plutôt, est là pour leur en parler. Il a connu les précédents occupants. Une famille italienne, qui vivait à l’écart, les deux frères surtout – la sœur a quand même été sa collègue à la poste. C’est comme ça qu’il a eu connaissance du « cahier d’Alberto ».
Céline et Sandro sont un jeune couple charmant, mais Sandro est traducteur professionnel. Traduttore, traditore, dit-on en italien – justement. Par ailleurs, Sandro est aussi le narrateur du Cahier d’Alberto, le roman de Monique Rivet. De là à ce qu’il se prenne presque pour celui du cahier d’Alberto, ce cahier tenu par le frère aîné de la mystérieuse famille italienne qui habita la maison, ce cahier perdu dont on n’a connaissance que par le récit qu’en fait le père Leleu, et qui nous est donc ensuite rapporté par Sandro ; on comprendra que le sujet du roman est ce que j’appellerais un sujet à caution.
On l’aura compris : il y a dans ce roman plusieurs récits écrits les uns par-dessus les autres, dont le seul immédiatement lisible est le Cahier d’Alberto de Monique Rivet, lequel se présente comme un palimpseste du cahier écrit par Alberto, qui nous renvoie à une autre époque, celle de l’Occupation et de la période qui a suivi, mais aussi comme un palimpseste du récit que, tout en écoutant le Père Leleu, Sandro traduit parce que c’est son métier, non sans y commettre quelques infidélités que lui signale d’abord son éditeur, et qui, lorsque littéralement phagocyté par le cahier d’Alberto la traduction de Sandro devient un nouveau texte qu’il se met à appeler carrément le « Monstre », nous révèlent les secrets d’une autre histoire encore – qu’évidemment que je garderai secrète.
Il y a donc dans le Cahier d’Alberto une mise en abyme de la fiction, chacun des personnages, Sandro, le père Leleu, Alberto lui-même étant susceptibles d’avoir imprimé dans leur récit leurs propres fictions.

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  Monique Rivet chez Charybde pour le Cahier d'Alberto 7 Feint 14 mai 2015 @ 11:48

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