Conversation à «La Cathédrale» de Mario Vargas Llosa

Conversation à «La Cathédrale» de Mario Vargas Llosa
(Conversación en la Catedral)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Lectio, le 19 novembre 2014 (Inscrit le 16 juin 2011, 70 ans)
La note : 10 étoiles
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Une grande leçon de littérature.

Le motif du prix Nobel de littérature attribué à Mario Vargas Llosa pour "sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec" (source Fondation Nobel 2010) résume totalement ce chef d'oeuvre littéraire. Plus un lieu de perdition que de rédemption, la cathédrale est une gargote où Santiago Zavala prend plus d'un verre après une rencontre fortuite avec Ambrosio l'ex chauffeur de son père Don Fermin. Cette conversation de 4 heures éclaire le jeune Santiago sur 10 années d'énigmes, de mystères, de conflits. Dans un récit balzacien tant pour l'observation minutieuse de la psychologie des individus que pour la pluralité des personnages voici Santiago, engagé communiste déçu, petit journaliste besogneux, sa famille bourgeoise dont il s'est détourné, son père important homme d'affaires et de la politique et aussi haute figure de la pègre, connu sous le nom de "boule d'or" et la cohorte étroitement liée à ce milieu interlope : Ambrosio le chauffeur, policiers, gardes du corps, hommes politiques, domestiques, prostituées. C'est avec cette diversité de narrateurs que Mario Vargas Llosa construit un récit à la chronologie morcelée où se mèlent personnages, situations, récits, lieux. Dans cette narration savamment organisée, jamais le fil conducteur nous échappe, on se retrouve facilement. Engagé politique (il fut candidat à l'élection présidentielle) M. Vargas Llosa décrit l'intrication de l'Amérique du sud (tout comme Cortazar, Garcia Marquez, Fuentes...), le pourrissement moral de la société porté par un pouvoir politique hautement corrompu. Chaque personnage est pris dans un engrenage implacable et oppressant dans une ambiance de violence et de sexe. Passé du communisme au libéralisme, M. Vargas Llosa sait de quoi il parle et utilise une large part autobiographique pour ce récit époustoufflant, ciselé à la perfection. A lire sans modération !

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