Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 24 octobre 2014 (Inscrite le 8 septembre 2006, 50 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 10 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 790ème position).
Visites : 2 489 

Doux délire

Morty Decime s’est mis sur son trente-et-un parce qu’il attend la mort sur son sofa. Il n’est ni malade, ni blessé, mais c’est son anniversaire et il a trente-six ans, l’âge fatidique auquel tous les hommes premiers-né de sa famille sans exception décèdent…
Même si Morty n’avait pas vraiment de vie (un boulot d’inactif, aucune attache sentimentale pour ne pas fabriquer d’orphelin), il a tout vendu et a démissionné. Il n'a qu'un couple d’amis hétéroclites, Nassardine et Paquita, sa bouée de sauvetage.
En fait, le paradoxe de Morty, c’est qu’il a beau se savoir en sursis, il ne vit pas pour autant sa vie. Il est décrit comme ayant été un ado aux quatre-cent coups (pour tester le sort), mais adulte, il est déjà ratatiné, a peur de l’inconnu et de l’aventure. C’est un peu contradictoire ; comme s’il était passé directement d’ado à vieillard.
Le ton léger et drôle de Marie-Sabine Roger n’a pas changé. Elle multiplie les jeux de mots et les bons mots. C’est loufoque et ça se lit très facilement.

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Et si on en riait !

8 étoiles

Critique de Pieronnelle (un petit hameau quelque part, Inscrite le 7 mai 2010, 69 ans) - 27 août 2017

C’est un livre qui fait du bien ; de ces livres que je qualifie de «parenthèses» nécessaires après d’autres lectures plus lourdes en émotions ou plus «littéraires» bien que je n’aime pas trop ce terme si difficile à définir....beaucoup d’esprit, d’humour, ça pétille avec de la tendresse et mine de rien de jolies réflexions sur la mort et surtout...la vie. Et oui, comment vivre alors qu’on sait qu’on va mourir ? Car elle est toujours là à l’affût cette sacrée mort inéluctable ! Et si elle semble terriblement injuste quand on est encore jeune, finalement elle l’est tout autant quand on est plus âgé ; pourquoi arrêter ce pour quoi on a été fait en venant au monde ?!
J’aime rire de ces choses graves et Marie-Sabine Roger a une telle agilité avec ses mots qui coulent avec une tendre ironie, l’air de dire : pourquoi s’en faire bon sang, vivons et surtout ne passons pas à côté à cause de toutes ces tracasseries et peurs qui nous polluent ! Rions de ce qui nous fait mal, évitons les idées préconçues sur les gens et surtout sachons bien les regarder avec les yeux du coeur...Qu’ils sont beaux Paquita et Nassardine !
Peut-être qu’il y a beaucoup d’absurdité dans la vie telle qu’elle nous est proposée avec cette mort, alors il vaut mieux rire de soi, de ce qu’on fait d’idiot et surtout ne pas passer à côté de ce qui pourrait nous rendre heureux dans cette vraie parenthèse dont on connaît l’heure du début mais pas celle de la fin...Car le livre le souligne bien : quand on connaît l’heure de sa mort c’est pire que tout ! Et quand on découvre que ce n'est pas la bonne ! :

"Je suis en proie soudain à un affreux vertige, assis les pieds ballants au bord du gouffre existentiel. Mourir on ne sait quand, clamser on ne sait où, trépasser par erreur ou sur un coup de tête, tirer sa révérence pour cause de maladie, voir s'en aller les autres et partir à son tour, un sale jour, passer sa vie la tête rentrée dans les épaules en attendant le coup du lapin, ceux qui ont mon âge ou plus ont le temps de s'y faire, même si une vie ne suffit pas. Mais moi, je suis novice, je débarque à l'instant, je découvre l'incertitude, je n'ai pas le mode d'emploi. "

Ah, le mode d'emploi !

Mais pour rire un peu :

"Paquita a des précédents , comme elle dit, quand elle parle de sa famille. Sa cousine Cindy, par exemple, qui aurait paraît-il raccourci son coureur de bonhomme d'un demi-centimètre, d'un bon coup de ciseaux au très mauvais endroit, pendant qu'il cuvait une sieste. Mais quand on est marié à une couturière, on ne se faufile pas en dehors des lisières. Ou bien on ne dort pas."

A conseiller aux déprimés et à ceux qui ont un petit coup de blues...



Complètement loufoque...

8 étoiles

Critique de LesieG (CANTARON, Inscrite le 20 avril 2005, 51 ans) - 4 mars 2017

... que ce soit l'histoire où les personnages très très marginaux ...mais ici ça fait du bien, j'ai passé un super moment de détente.
L'histoire est très originale et j'ai bien aimé les petits jeux de mot de l'auteur.
Après il n'y guère plus à dire sur ce petit roman.

Manque de savoir-vivre

7 étoiles

Critique de Elko (Niort, Inscrit le 23 mars 2010, 41 ans) - 21 février 2017

L'idée de départ - cet homme, qui après avoir mis en ordre ses affaires, se prépare gentiment à mourir le jour de ses 36 ans à 11h comme le veut la malédiction familiale - ainsi que le ton - enlevé et comique - m'ont séduit d'emblée.
Mais l'intérêt a par la suite un peu décliné, notamment à cause de certaines pesanteurs (l'énumération des décès des aïeux, la personnalité sans relief de Morty) et du manque de subtilité des personnages tous très (trop?) marqués. Entre fiction et fable je n'ai pas su choisir et me suis un peu perdu.
Une lecture agréable mais je suis resté en dehors.

La malédiction des Decime

5 étoiles

Critique de Fanou03 (*, Inscrit le 13 mars 2011, 42 ans) - 6 février 2017

Trente-six chandelles possède ce ton si caractéristique des romans à l’humour plus ou moins déjanté et teinté de noir, qu’on peut retrouver par exemple chez Nadine Monfils (Les Vacances d'un serial killer), Erwan Larher (Qu’avez-vous fait de moi) ou bien encore chez un Pierre Raufast (La fractale des raviolis). À défaut de faire des romans marquants, on passe de bons moments,comme dans ce joyeux et tendre Trente-six chandelles, d’autant plus que Marie-Sabine Roger sait dépeindre des personnages autant farfelus qu’attachants, ce qui ne gâche rien, bien au contraire, et le rythme, sans être extrêmement enlevé, est assez vif pour qu’on ne s’ennuie pas.

La fin des certitudes

7 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 41 ans) - 23 janvier 2017

Parfois, nous avons des convictions. Par exemple, j'avais la conviction que "Trente-six chandelles" de M-S Roger serait un roman qui, de par son sujet plutôt grave, m'apporterait un peu de sagesse, ou me donnerait un autre regard sur la vie de tous les jours. Mortimer Decime, le héros de ce livre, a lui la conviction qu'il va mourir ce matin-là, celui de son 36ème anniversaire, à 11 heures précises, comme son père, son grand-père, son arrière grand-père, etc... Et bien, Mortimer tout comme moi avons dû revenir sur nos convictions. Lui n'est pas mort comme ses aïeux, et moi j'en ai été pour mes frais pour acquérir un peu de sagesse.
J'ai été très surprise par ce roman de MS Roger. Parce que c'est un roman léger, drôle (voire très drôle), inattendu. Mortimer est un jeune homme pas très malin, pas très sympathique, plutôt quelconque et tristounet, au premier abord. Mais au final, je me suis beaucoup amusée à le suivre dans de tout un tas de situations cocasses, en compagnie de ses amis Paquita et Nassardine qui ont leur propre camion à crêpes, et de Jasmine, qui fabrique des chapeaux et pleure sur les bancs pour aider les gens. C'est léger, drôle, agréablement farfelu. C'est sur que ce livre ne change pas le monde, mais j'ai plutôt apprécié cette histoire joliment racontée par MS Roger.

Tradition familiale

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 4 janvier 2017

Mortimer est prêt. Prêt à mourir ; c'est le mois, le jour, l'heure exacte.
Et pourtant, l'instant passe, les secondes, minutes, heures s'égrènent, il est toujours vivant. Cela est contrariant.
"Une tradition familiale, aussi affligeante soit-elle, se doit d'être respectée."
Et surtout, il avait très bien organisé son départ. Plus d'appartement, de voiture, de travail, de petite amie.
"Comment peut-on avoir envie de vivre, de réaliser, d'apprendre quand on connaît l'heure, la date de sa mort ?"
Heureusement, il peut compter sur Nassardine et Paqui, un couple original qui le considère un peu comme leur fils. L'occasion aussi pour lui, de leur narrer la malédiction familiale, de faire le récit hilarant de la mort de ses aïeux.
La sagesse de Nassardine va aider Morty qui va devoir mener sa propre enquête pour comprendre.

Un vocabulaire gouailleur, un sens de la formule qui fait mouche, en font une lecture vraiment agréable.
"Tu vois, fils, la médecine a beau faire des progrès tous les jours, on n'a encore rien trouvé contre la connerie. À voir le nombre de gens atteints, ça mériterait pourtant qu'on vote des crédits."
Je ne sais pas si la comparaison est judicieuse, mais j'y ai retrouvé l'ambiance d'une roman de Michel Folco, "Dieu et nous seuls pouvons". L'écriture, le thème, probablement.

Si j'avais adoré le roman "Bon rétablissement", j'ai retrouvé des personnages aussi attachants, et autant de plaisir à la lecture de celui-ci. Original et drôle.

Quand la Mort n’est pas au rendez-vous

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 3 janvier 2017

« On a beau essayer de prévoir l’imprévisible, l’intempestif survient au plus mauvais moment : je m’apprêtais à mourir.
Décéder fait partie de ces moments intimes qui supportent assez mal les témoins importuns.
Je m’étais préparé de longue date, en vue de ce dernier instant. J’avais résilié mon bail pour la fin du mois. Le ménage était fait, poubelles sorties, placards et réfrigérateurs vidés, vitres et sol à peu près impeccables. Je venais de couper le gaz et l’électricité, après mon café du matin.
Mes papiers étaient tous en ordre. Je pouvais m’en aller serein.
Pour fêter l’évènement, je m’étais même acheté un costume de deuil, avec chemise et chaussures assorties … »

11 h. C’est l’heure à laquelle Mortimer Decime a toujours su qu’il mourrait, le jour anniversaire de ses 36 ans. Et ses 36 ans, c’est aujourd’hui. Mortimer est prêt.
Pas de bol, alors que tous ses aïeuls sont tous morts à 36 ans à l’heure de leur naissance le jour anniversaire, qu’il l’a toujours su, que sa vie a été façonnée via cette certitude, lui ne va pas mourir dans ces conditions. 11 h est largement passé et il est toujours vivant. Vous imaginez lorsque votre certitude la plus ancrée se révèle fausse ? Le monde de Mortimer s’écroule ; il n’est pas mort.
Mais comment rebondir alors puisqu’il ne s’est jamais projeté au-delà de ses 36 ans et qu’il a tout liquidé, tout mis en ordre ?
C’est le sujet du roman, tiens !
Heureusement, Mortimer a un couple d’amis, Paquita et Nassardine, personnes un peu … décalés, genre « Amélie Poulain » et ses personnages. Ils tiennent un camion-crêperie et vivotent gentiment. Gentiment mais heureux surtout (d’ailleurs il doit être moins difficile d’être heureux en tenant un camion-crêperie qu’en étant trader, par exemple !).
La suite va être la remise sur rails d’un Mortimer avec l’aide de ses deux amis, dans un cadre qu’on pourrait qualifier d’atypique …
Mortimer qui ne s’était jamais projeté dans l’avenir, et pour cause, se retrouve tout à coup hameçonné par l’amour. Vous savez ce sentiment terrible et fou qui peut vous faire battre le cœur beaucoup plus vite et vous faire souffrir plus que de raison ? Bref, il fait l’apprentissage de la vraie vie des vrais gens qui ne sont pas persuadés qu’ils vont mourir à date arrêtée …
« Trente-six chandelles » se lit aisément, un sourire aux lèvres, mais ne restera pas forcément comme un monument de la littérature …

Gentille histoire trop peu crédible

6 étoiles

Critique de Isad (Saint-Germain-en-Laye, Inscrite le 3 avril 2011, 57 ans) - 21 décembre 2014

Le narrateur est un homme qui attend sagement l’heure de sa mort allongé sur son lit dans son plus beau costume et ayant réglé ses affaires (démission, congé au propriétaire, ...) quand la femme dans le camion de laquelle il va manger des crêpes vient boire un café. L’heure passe et il n’est pas mort. Et ce fonctionnaire qui ne travaille pas et sort de son ministère pour errer dans les rues sans qu’on lui demande des comptes, sans ambition et qui vivotait tranquillement après une enfance qu’il prétend turbulente, ce qu’on croit difficilement, va raconter son histoire et celle de sa famille à cette femme et à son mari.

Les paragraphes et les chapitres courts. Le personnage est à la fois attachant et agaçant par sa naïveté et son manque de pragmatisme et on aurait envie de le secouer.

IF-1114-4301

Histoire d'une malédiction

7 étoiles

Critique de Christian Palvadeau (, Inscrit le 19 janvier 2011, 53 ans) - 10 novembre 2014

Ce roman s’ouvre sur un homme qui, par une espèce de malédiction ancestrale, sait qu’il est sur le point de mourir pour son 36ème anniversaire comme avant lui son père, le père de son père et tous ceux qui les ont précédés. Chronique d’une mort annoncée en quelque sorte…

Avec Marie-Sabine Roger, on a envie de dire, à force, qu’elle ne se renouvelle pas tellement (un peu comme Nadine Monfils), que tout cela est toujours plein de bons sentiments, d’histoires sans prétention, que son dernier roman n’est pas le meilleur… Oui mais à chaque fois c’est un univers bien sympathique, un monde de petites gens truculentes, une plume fort agréable et drôle, bref ça fonctionne toujours.

De temps en temps, on a besoin de choses un peu plus légères, qui mettent du baume au cœur et il n’est pas nécessaire d’en avoir honte lorsque cela est aussi bien fait.

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