La velue de Nadine Monfils

La velue de Nadine Monfils

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Débézed, le 11 octobre 2014 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 4 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (48 238ème position).
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Poésie démoniaque

Ce roman c’est l’histoire d’O, d’Ophélie, femme-enfant, enfant-femme, femme-oiseau, femme-chatte, elfe sexué défiant le temps et l’espace, s’affranchissant des contraintes du monde des humains. Petite fille, elle quitte l’école près de la Grand Place à Bruxelles pour la campagne du bord de mer où elle rencontre un nouvel instituteur, amant, maître dominateur, fils-amant d’une sorcière antédiluvienne acariâtre et maléfique, qui l’initie aux plaisirs de la domination subie. « Cette nuit-là, Ophélie venait de quitter la route pour toujours. Le troupeau des humains marcherait désormais sans elle ». Elle quitte sa tante, commerçante à l’enseigne : « A la saveur des parfums cupides», tout un programme, un conditionnement propice à ce qui attendait Ophélie sur la côte de la Mer du Nord. La tante avait accompli la mission qu’elle s’était fixée : « Je m’occupe de la tige ; quant à la fleur, ce sera ton affaire ! » La fleur, elle essaiera de s’épanouir dans le château de l’amant dominateur et intermittent qui ne surgit que pour surprendre, punir et sévir, laissant Ophélie aux prises avec la belle-mère velue qui la persécute de tous les maléfices qu’elle peut infliger.

Han Suyin, dans un bref avant-propos en forme d’exergue, donne une clé à ceux qui voudraient pénétrer ce texte au-delà d’une simple lecture factuelle :
« Cette histoire peut-être expliquée d’une manière rationnelle pour qui ne veut croire qu’en ce qu’il voit.
Mais au-delà des apparences, se cache un univers ésotérique digne d’intérêt ».
Pour ma part je suis entré dans ce texte comme dans un conte merveilleux, les premières lignes m’ont enchanté, emballé, transporté dans un autre monde, un monde qui n’appartient qu’aux lettres, aux belles lettres :
« Ophélie aux yeux inquiétants, couleur de temps, au nez retroussé et à la bouche gourmande, fillette sans âge, plutôt enfant, suivait des cours…. »

Nadine Monfils écrit des textes comme je ne me souviens pas d’en avoir lus, des textes légers comme une dentelle arachnéenne pour dire jusqu’à l’immonde et au répugnant, des textes où se glissent des personnages éphémères, provisoires, jamais définitifs qui vivent dans un monde en suspension entre ciel et terre, entre virtualité et réalité, régis par des êtres appartenant à d’autres univers. Ce roman peut donc être lu comme un comte érotico-fantastico-ésotérique évoquant en une prose poétique la féminité charnelle qui peut conjuguer plaisir et souffrance. Un conte de la folie ordinaire qui n’aurait rien de la folie éthylique de Bukowski, un conte de la folie démoniaque qui remet en cause toutes les valeurs de l’humanité en en supposant une autre, d’autres formes d’existence.

Ce texte est délicieusement démoniaque, enchanteur, merveilleux, magnifique mais aussi glauque et répugnant pour ceux qui ne sont pas familiers des univers sataniques décrits dans ce type de roman. Certaines formules sont superbes, d’une poésie à faire frissonner, d’une féminité sensuelle tant l’écriture de l’auteure est subtile, inventive, créative, j’ai été littéralement subjugué par certains passages mais je ne suis pas très familier des univers démoniaque où j’ai été un peu moins à l’aise. Ce livre mérite d’être lu au moins pour le grand courant d’air qu’il fait souffler dans la tête des lecteurs, une véritable leçon de vie pour les femmes en particuliers : « Je n’aime que les filles qui construisent des châteaux de sable. Les femmes m’ennuient en général, parce qu’elles naissent avec une marmite et un lange dans le ventre ».

Croyons avec elle à un autre monde possible, un autre univers, une autre humanité, d’autres plaisirs, d’autres destinées, d’autres maléfices car tout n’est peut-être pas comme nous le croyons trop souvent, partagé entre le bien et le mal.

« - Tu entends la mer ?
- Tant que tu l’entendras, tu pourras venir chez moi. Ne grandis jamais et que la folie soit avec toi ! »

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Compréhension nulle

1 étoiles

Critique de Yvesbraine (, Inscrit le 4 avril 2013, 68 ans) - 8 janvier 2015

Je n'y ai peut être rien compris mais je trouve ce livre nul.
Je ne peux malheureusement rien ajouter de plus.

Bien sûr, nous sommes loin du réalisme mais on a plutôt l'impression que l'auteure a dû fumer plus que des substances peu licites pour sortir ce genre de littérature.

L'écriture satanique, comme l'explique l'autre lecteur critique de ce bouquin, m'est complètement imperméable. C'est peut être à cause de cela que je n'ai absolument pas apprécié du tout cette écriture mais, franchement, est ce utile ou positif?

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