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Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész

Titre original :  Kaddis a meg nem született gyermekért

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

critiqué par Darius, le 3 septembre 2003 (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans)

La note: 10 etoiles
Moyenne des notes : 8 etoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 etoiles (10 211ème position).
Visites : 3 508  (depuis Novembre 2007)

Monologue d'un rescapé d’Auschwitz

Litanie de mots, tantôt vociférés, tantôt monocordes, lancés à la manière de ces personnages étranges, croisés au détour d’une rue et qui semblent frappés d’un malheur inconnu des autres en jetant au vent leurs mots qui viennent buter contre l'indifférence des passants.
Pour justifier son titre, l'auteur se plait à imaginer à plusieurs reprises l'enfant qu'il n’aura jamais : "Aurais-tu été une petite fille aux yeux sombres ? le nez couvert de pâles taches de rousseur ? ou bien un garçon têtu ? avec des yeux joyeux et durs comme des cailloux gris-bleu ?"
Il stigmatise l'isolement, la solitude de l'écrivain, seul avec son stylo et ses idées :
"Je reste dans mon appartement qui est soit une fournaise, soit un carrefour de courants d’air (quelquefois les deux à la fois), mon chez moi, regardant de temps en temps le ciel radieux ou les nuages où je creuse ma tombe avec mon stylo, consciencieusement, comme un forçat qu'on siffle tous les jours pour qu’il enfonce et fasse résonner plus profondément sa pelle, et qu'avec ce violon il joue sa mort sur une note plus sombre, plus douce; alors, je peux dire mon opinion, tout au plus, aux tuyauteries qui ronflent, au chauffage central qui trépide et aux hurlements des voisins, dans ce bloc qui, se dresse au coeur (mon œil !) plutôt dans l’anus de ce quartier… "
Si vous le rencontrez, n'allez surtout pas lui dire ce qu’on a coutume d'entendre, à savoir qu'Auschwitz ne s’explique pas, car selon lui, ce qui est réellement irrationnel et qui n’a vraiment pas d'explication, ce n'est pas le mal, c'est le bien : "Voilà pourquoi il y a longtemps que les dictateurs, chanceliers et autres usurpateurs attitrés ne m’intéressent plus, quoi que vous puissiez dire d’intéressant à propos de leur monde spirituel, non, au lieu de la vie des dictateurs, il y a très longtemps que m'intéresse exclusivement la vie des saints, parce que c’est cela que je trouve inconcevable, c'est à cela que je ne trouve pas d'explication rationnelle.. "
C'est sûr, Imre Kertész a souffert le martyre à Auschwitz, il utilise sa plume pour jeter à la face du lecteur un monologue interpellant, amer et désabusé, pour éveiller sa conscience, pour que tous les biens pensants cessent de clamer qu'Auschwitz n'était que le fruit de forces irrationnelles, parce que, selon lui, le mal a toujours une explication rationnelle...

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Les éditions
small Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas [Texte imprimé], roman Imre Kertész trad. du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba
de Kertész, Imre Zaremba-Huzsvai, Natalia (Traducteur) Zaremba, Charles (Traducteur)
Actes Sud
ISBN : 9782742703128 ; EUR 16,00 ; 1998-12-24 ; 157 p. ; Broché
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Les critiques éclairs (3)

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Creuser sa tombe dans les nuages 5 etoiles

Un court roman entre monologue et dialogue. Dialogue avec son collègue philosophe, avec sa future / ancienne épouse, avec lui-même.
Imre a la conscience empoisonnée, par son séjour à Auschwitz, mais peut-être plus encore par son enfance, par le poids de la figure paternelle. De ce bourbier il ne sait pas ni ne veut sortir. Le travail, la lecture, l’écriture le soutiennent.

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, il est bien peu question d’enfant dans cet ouvrage. Il n’y a évidemment pas de place pour l’amour d’un enfant dans ce cœur ravagé, et la question de la filiation paraît surtout un prétexte à ce cri, cette confession.

C’est un livre difficile dans tous les sens du terme, et je n’ai pas accroché, je ne l’ai pas compris. Trop confus, trop maladif. Mais j’ai bien l’intention d’essayer un autre ouvrage de Kertesz, peut-être Etre sans destin.

Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 41 ans) - 17 décembre 2008


L'autre Kertesz 10 etoiles

Marié et papa, Imre Kertesz écrit ici pour l'homme qui a perdu son identité dans les camps. C'est une partie de lui-même, celle qui ne lui permet pas l'oubli.

Passé par Auschwitz, c'est pourtant au camp de Buchenwald qui vivra complétement l'expérience concentrationnaire en y devenant un "musulman".

Livre plein de réflexion et qui invite à l'introspection.

Seul point noir, le titre: Kertesz utilise la prière du Kaddish comme prière des morts (ici, l'enfant est considéré comme mort dans sa conception même), ce qu'elle n'est pas.Mais le livre est un des meilleurs de Kertesz.

Smokey (Zone 51, Lille, Inscrite le 12 août 2008, 28 ans) - 13 août 2008


Souffrances sans fin 8 etoiles

Dans un long monologue de 140 pages, Imre Kertesz, qui nous avait raconté son histoire dans " Etre sans destin ", commence une lente introspection suite à une question qu'on lui pose et qui le bouleverse : " pourquoi n'a t'il pas d'enfants ?"

De la Imre Kertesz nous livre son histoire, sa vision de la vie après les camps.

Imre Kertesz profondément marqué par Auschwitz semble totalement réfractaire à l'idée du bonheur. La résilience , ce fameux phénomène psychologique, ne s'est pas réalisé pour lui , il en ressort une analogie avec Primo Levi, pour Imre Kertesz : " Personne ne peut se remettre de la maladie d'Auschwitz ".


De ce livre au style complexe et aux réflexions qui le sont tout autant, ressortent quelques phrases et tournures splendides bien que souvent dénuées d'espoir comme par exemple : " s'emprisonner au nom de sa liberté ", " ma judéité ne signifie rien pour moi, rien en tant que judéité, tout en tant qu'experience. " , " comment expliquer que ma plume était ma pelle " et de nombreuses autres encore.....

Un livre à la lecture exigeante , difficile, qui une fois passé son abord un peu délicat se révèle être un petit joyau.

Soili (, Inscrit le 28 mars 2005, 41 ans) - 4 octobre 2006


Forums: Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas

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