J’ai longtemps repoussé la lecture de MEMOIRES D’UNE JEUNE FILLE DERANGEE, pensant y découvrir un pastiche ou un médiocre remake des mémoires de Simone de Beauvoir.
A l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de cette auteure, j’ai enfin lu, avec intérêt, ces amères confessions où Bianca Lamblin démythifie le couple Sartre / de Beauvoir .
Même si la victime se défend d’intentions vengeresses envers ses deux manipulateurs, on sent le règlement de compte, elle termine d’ailleurs le livre par la phrase « Sartre et Simone de Beauvoir ne m’ont fait, finalement, que du mal » . La messe est dite….
Elle réserve ses flèches les plus acérées pour Sartre, présenté non seulement comme un mufle et un goujat, comme un comédien qui en rajoute face à ses admirateurs, mais aussi comme un philosophe à l’argumentation légère et peu crédible dans REFLEXIONS SUR LA QUESTION JUIVE et un membre du piètre groupe de résistants « Socialisme et liberté », présenté comme une bande où ne règnent que : "prétention, irresponsabilité, inefficacité, amateurisme, imprudence, légéreté"
Le survivants du groupe ont dû apprécier …..
De Simone de Beauvoir, sur la 4e de couverture, elle écrit, laissant au lecteur le soin de la condamner lui-même « Que dire d’un écrivain engagé comme elle dans la lutte pour la dignité de la femme et qui manipule et trompe toute sa vie durant, une autre femme ?»
Bianca Lamblin ne se contente pas de détrôner les deux idoles , elle a aussi le mérite d’analyser les rapports humains tissés à l’intérieur du triangle familial formé par les trois protagonistes et d’expliquer les raisons de l’ effondrement et du déséquilibre total causé par la rupture avec Sartre .Elle fait aussi longuement partager ses souvenirs de résistance, en des chapitres qui peuvent paraitre un peu extérieurs au propos initial .
Un ouvrage qu’on sent écrit sous la poussée de la nécessité de se justifier et de rétablir une vérité
Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, 67 ans) - 28 septembre 2008 |