Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille de Peter Handke

Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille de Peter Handke
( In einer dunklen Nacht ging ich aus meinem stillen Haus)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Libris québécis, le 10 août 2003 (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 75 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 190ème position).
Visites : 3 940  (depuis Novembre 2007)

Un chant d'amour et de liberté

Dans un faubourg de Salzbourg en Autriche se rencontrent un pharmacien amoureux des champignons, un écrivain, le narrateur, et un ancien héros olympique. Les trois ont l'impression de vivre une histoire commune. Ils ne cherchent pas le bonheur, l'argent ou la gloire. Ils sont là avec leur histoire personnelle à un moment donné pour nous offrir un chant d'amour et de liberté. Comme un conte du Moyen Âge, cette oeuvre s'inscrit dans la mise en relief de ce qui cause notre aveuglement pour pouvoir en sortir. C'est magnifique. Il faut dire que cet auteur joint le rêve à la réalité. Ses romans ne font pas dans le best-seller. Ce sont plutôt des anti-romans branchés qui regardent le monde du haut d'une autre planète. De loin, il nous apparaît tout autre. C'est un beau voyage que font les trois héros, mais c'est un voyage qui fuit l'horizontalité pour s'inscrire dans la verticalité. Par conséquent, les lecteurs peuvent aussi bien accorder la cote de 1 comme celle de 5. Moi, je lui accorde la cote 5.

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Les éditions

  • Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille [Texte imprimé] Peter Handke trad. de l'allemand par Georges-Arthur Goldschmidt
    de Handke, Peter Goldschmidt, Georges-Arthur (Traducteur)
    Gallimard / Collection Folio.
    ISBN : 9782070419616 ; EUR 6,20 ; 13/09/2001 ; 229 p. ; Poche
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Long est le titre, abscons le fond.

3 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 1 décembre 2016

En quatrième de couverture, on peut lire : ‘Jamais le grand écrivain autrichien n’a sans doute mieux allié le romanesque à la poésie ». Alors j’ai peur de ce que je vais pouvoir lire par ailleurs !
Certainement vais-je me concentrer plutôt sur ses essais parce que pour ce qui est du roman, celui-ci eut du mal à passer. Croyez-vous au concept de livre ou auteur toxique ? Le genre de livre ou d’auteur qui, lorsque vous le lisez, vous met dans des dispositions d’esprit négatives. J’ai ressenti ceci par exemple à la lecture de ce roman. Je n’en démêle toujours pas la queue de la tête. Ca commence avec un pharmacien autrichien de Taxham (à côté de Salzbourg), singulier et qui semble détester beaucoup de choses (Thomas Bernhard bonjour ! Décidément l’Autriche …).
Et puis pour des raisons confuses qui n’apparaissent pas dans le roman (ou que je n’ai pas su trouver), il part dans un road-movie en compagnie d’étrangers : un poète et un ex-champion de ski autrichien, un road-movie qui les mènera en Andalousie, à Santa Fe. Il est devenu muet (ou mutique ?) et ne peut plus s’exprimer à cette époque. Il ne retrouvera la parole que bien longtemps après une espèce de voyage initiatique, à pied à travers la steppe andalouse jusqu’à Saragosse, après avoir largué ses « camarades ». Là intervient une mystérieuse femme qui tente d’abord de le tuer puis le ramène et chez lui et à la parole.
Tout ceci n’est pas parvenu à fixer attention et intérêt, disons pour la trame « romanesque ». Par contre il y a un art consommé du propos sur la Nature, une merveille de précision.

« Le soleil se leva. Dans le jardin, après la nuit chaude et sèche, pas une goutte de rosée. En revanche, un scintillement dans le pommier : une goutte de résine exsudée d’une tige que traversaient les premiers rayons ; la plus minuscule des lampes. Les hirondelles haut dans le ciel, encore d’un noir profond, comme à l’aube. Là seulement où l’une d’entre elles, en virant, mettait les ailes verticales, un bref éclat de soleil sur le plumage ; c’était comme si l’oiseau jouait avec la lumière du matin. »

Son pharmacien est un fou de champignons, mycologue jusqu’au bord du chapeau, OK. Il a chassé son fils et n’a plus de nouvelles, OK. Il a une fille avec qui il a peu de relation, OK. Une femme qui vit dans la même maison mais où ils vivent, de fait, séparés, OK. Mais encore ?
Complètement passé à côté d’un message peut-être subliminal ? Je vais aller voir si ses essais …

C'est l'histoire d'une histoire

8 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 43 ans) - 24 septembre 2007

C'est le titre qui a attiré mon attention; je l'ai trouvé beau, ça tient parfois à peu de choses les découvertes... et celle-ci en fut une étonnante.

Le lecteur se retrouve plongé près de Salzbourg avec un pharmacien mycologue et d'un narrateur omniprésent tout en étant d'une discrétion admirable.
De souvenirs en reconstitutions du passé, de fragments du futur en espoirs de devenir, Peter Handke nous convie à une balade initiatique sur les chemins de la mémoire, de l'espoir et du rêve. Le tout dans une langue fluide, élégante et poétique à souhait. Cela finit par créer un univers onirique qui dégage une torpeur bienfaisante.
Au départ, on se demande un peu où l'auteur veut en venir, avec cette description méthodique et minutieuse de la vie de ce pharmacien de Taxham. L'installation du décor prend du temps, on ne sait trop où tout cela nous mène et puis hop, un bond en avant, un bond en arrière, et nous voilà plongés dans une histoire étonnante et prenante, celle d'un extraordinaire voyage entamé par ce pharmacien un brin étrange.
Handke nous promène avec une étonnante facilité; les digressions sont multiples, il se place tantôt dans la peau de ce pharmacien conteur, tantôt dans celle du narrateur par moments hésitant. Une belle prouesse de style, j'ai beaucoup aimé!

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