Un paradis trompeur de Henning Mankell

Un paradis trompeur de Henning Mankell
(Minnet av en smutsig ängel)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Tanneguy, le 8 janvier 2014 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 78 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 342ème position).
Visites : 2 494 

L'Afrique coloniale vue par un Scandinave bien-pensant...

Hanna est une jeune fille qui meurt de faim dans sa campagne en Suède au début des années 1900. Elle s'enfuit et se retrouve à faire la cuisine à bord d'un cargo à destination de l'Australie mais elle échouera à Lourenço Marquès, aujourd'hui Maputo capitale du Mozambique. Elle deviendra propriétaire d'une maison de passe (clients blancs et filles noires) qui lui apportera des richesses considérables.

Cette intrigue originale aurait pu faire un excellent roman avec un peu d'humour et de folklore, d'autant que cette période est assez mal connue. Ce ne fut pas le choix de Mankell que l'on découvre obsédé par les relations entre Blancs (les méchants...) et les Noirs (les gentils...), qui ne peuvent que déboucher sur la haine. Le style du texte ne rachète pas ce choix initial : simpliste, voire simplet, s'adressant à des débiles qui ne comprennent pas bien les enjeux de la situation. Heureusement que la Suède peut expliquer les méfaits de la colonisation mise en place en Afrique par des peuples rétrogrades... Je force le trait, excusez-moi.

Je pensais trouver quelques indications sur la vie en Afrique à cette époque, assez mal connue, mais je ne crois guère en la lucidité de l'auteur qui a conservé ses yeux de touriste d'aujourd'hui. Il ne semble pas avoir fait de recherches particulières...

J'ai compris que Wallander allait revenir dans un prochain roman, tant mieux. Je préfère largement notre héros récurrent à ces leçons de morale maladroites.

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Vision de l'Afrique

7 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 38 ans) - 31 mars 2015

J’avais été déçu par ma première approche des polars de Henning Mankell. Dans l’exercice du roman, il remonte un tantinet dans mon estime. En effet, cette aventure, basée sur un personnage qui a réellement existé, m’a permis de passer un agréable moment. Même si j’ai eu un peu de difficultés à entrer dans l’histoire au début, même si le rythme du livre est assez lent, je ne me suis jamais ennuyé. Grâce à son expérience personnelle, l’auteur a su me faire voyager jusqu’au Mozambique, et me faire ressentir l’atmosphère particulière qui habite ce pays. La tension entre les Blancs et les Noirs est palpable et couvre les relations d’un voile de suspicion et d’instabilité. Par le jeu du hasard, Hanna issue de son milieu pauvre et froid, se retrouve avec le statut de privilégiée dans ce pays chaud. Son caractère va évoluer au fil des péripéties. Elle va devenir une femme totalement différente dont les convictions vont changer devant l’injustice humaine.
Henning Mankell a transposé sa vision de l’Afrique dans le microcosme d’un bordel. Il a réuni toutes les facettes de l’Homme dans la vie de cet établissement : l’amitié, l’amour, la haine, les vices, les mensonges… Avec un peu plus d’approfondissement, certains personnages auraient pu être vraiment attachants et le message plus percutant. Deuxième essai un peu plus convaincant, lecture simple et plaisante, qui ne marquera tout de même pas mes souvenirs, faute de véritable originalité dans l’histoire ou dans le style d’écriture.

Une histoire de femmes, de déracinée, d'intégration

8 étoiles

Critique de Mimi62 (Arras, Inscrit le 20 décembre 2013, 64 ans) - 5 mars 2014

Hanna n'avait aucune intention de quitter le village de sa Suède natale. C'est la misère qui incite sa mère à chasser cette bouche à nourrir, laissant un espoir de survie à celle qui part comme à ceux qui restent.
Son employeur lui offre l'opportunité de quitter ce monde de découvrir autre chose. Hanna n'a rien à perdre, elle part.
Le bonheur semble toujours vouloir la fuir, elle sera veuve par deux fois en moins de dix-huit mois. Son second mari lui laisse une grosse fortune dans laquelle se trouve un bordel.
Certes le récit se passe dans une partie de l'Afrique au début du XXème siècle mais l'intention de l'auteur ne me semble pas être de décrire les lieux et la période mais bien une relation entre des castes instituées, une histoire de femmes. Le décor est planté, esquissé plutôt mais le fond de l'histoire porte sur l'intégration dans une société qui n'est pas celle dont on est issu.
Hanna sait d'où elle vient, ne l'a pas oublié et se heurte donc à la caste blanche "dirigeante". Elle reste cependant blanche et n'est donc pas admise par la caste "dominée".
J'ai aimé le style coulant, voire lent parfois, laissant transpirer (lui aussi transpire sous ces latitudes) le rythme de la vie sous ces latitudes. Aucune volonté d'esbroufe, d'en mettre plein la vue, les mots sont là pour accompagner le lecteur dans la difficulté de cette femme à trouver sa place. Je revendique mon statut de débile.

En conclusion, le titre n'évoque nullement l'Afrique, il évoque bien la perte d'illusions. Par certains aspects ce roman a une forme d'universalité, d'intemporalité.

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