Préséances de François Mauriac

Préséances de François Mauriac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Bolcho, le 12 mai 2003 (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 69 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 684ème position).
Visites : 2 341  (depuis Novembre 2007)

« Tous les visages retrouveront. »

La dernière phrase de la présentation (voir le « verso du livre ») fait penser à du Barbara Cartland. Je vous assure qu'il n’en est rien.
Bien sûr, l’auteur ne nous fait grâce d’aucune bondieuserie, mais on n'est pas obligé de s'y attarder et le récit « fonctionne » malgré tout. Il fonctionne essentiellement comme une charge appuyée contre une certaine grosse bourgeoisie ignare et suffisante dont « la conception de la vie était celle d’un poisson rouge : le monde finissait à l’étroit bassin de ses passions minuscules ». Ou encore : « (…) les Fils des grandes Maisons s'admirent de payer un louis une bouteille de champagne qui ne saurait rien ajouter à leur abrutissement ». Originalité : veule et un peu pervers, le narrateur fait tout pour entrer dans ce monde qu’il méprise. On a droit à des problèmes moraux bien sûr. Par exemple : comment rompre avec son jeune fils pour se réconcilier avec Dieu. J’avoue n’avoir jamais été en situation de prendre ce type de décision, et je m’en réjouis. Mais il ne faut pas se moquer de Mauriac : il en garde sous la pédale jusqu’à la fin du récit. Le problème, c’est que tout cela paraît vieux, beaucoup plus vieux que tous les autres auteurs que je connais. Par rapport aux traces des grottes de Lascaux, je ne vois que le papier qui fasse plus moderne. Deux points, tiret, fermez la parenthèse. Oui : fermez cette parenthèse qui est idiote. D’ailleurs, Mauriac
ne rigole pas, lui. Une vie manquée ou réussie : « (…) les vies manquées selon le monde, peut-être apparaîtront-elles, dans l'absolu, les seules réussies. » Le temps qui passe : « Tous les visages retrouveront en Dieu une splendeur juvénile ».
Cela ne coûte rien de promettre… Et pour finir, cette citation de Chateaubriand que Mauriac reprend. Elle est mise dans la bouche d’un vieillard mourant : « Rompre avec les choses réelles, ce n’est rien, mais avec les souvenirs ! ».

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Un peu de l'avis de Bolcho

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 13 mai 2003

Quand je disais ne pas être tellement tenté de relire certains livres de Mauriac, je constate que c'est Bolcho qui explique le mieux mon manque d'attirance. Oui Mauriac écrivait bien, décrivait bien un certain monde, un certain type de pensée, mais que cet univers semblait lourd et oppressant ! Mais c'était une époque vue au travers d'un regard bien typé, par une personnes élevées dans un milieu donné et dans une foi qui était encore ce qu'elle était... Il en existe encore, et beaucoup !... mais cela ne me donne pas plus envie de m'y attarder ! Et sans rien nier de son talent !... Il paraît que Duhamel en avait bien aussi... mais là non plus...

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