Histoires nordiques de Lucie Lachapelle

Histoires nordiques de Lucie Lachapelle

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Libris québécis, le 10 août 2013 (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 78 ans)
La note : 7 étoiles
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En pays inuit

En 1954, Yves Thériault avait levé le voile sur le mode de vie des Inuits avec son roman Agaguk. Rares sont les auteurs qui ont parcouru la route du Nunavik, hormis Jean Désy. Lucie Lachapelle s’y est rendu en 1975. Elle évoque son séjour avec Histoire nordiques, un recueil de nouvelles qui n’en est pas un. Il s’agit d’une novella avec un début, un développement et un dénouement.

Louise, la jeune héroïne de l’œuvre, est une blanche venue en pays inuit pour y enseigner dans une école française. Sous le soleil de minuit, elle manifeste une véritable vocation d’enseignante. Comme Gabrielle Roy dans Ces enfants de ma vie, elle aime ses élèves au point de les accueillir chez elle pour qu’ils profitent du confort du sud : eau courante, douche chaude… Malgré la mise en garde de la directrice de l’école sur les us et coutumes des Inuits, qui se présentent chez autrui sans prendre la précaution de frapper avant d’entrer, Louise fréquente la population en se rendant, par exemple, chez les parents pour remettre le bulletin de leurs enfants. Elle profite même de l’occasion pour mettre les points sur les i quand certains élèves s’absentent trop souvent. Cette expérience lui a fait réaliser que la perception des blancs à l’égard des Inuits est tout à fait fausse. Contrairement aux préjugés, ils sont beaucoup moins rébarbatifs à l’instruction. Tous savent que c’est la clef d’un développement autant personnel qu’économique pour leur région sise au sommet du globe.

L’auteure ne s’en tient pas à l’empathie de Louise pour ce peuple aux yeux bridés et aux cheveux de jais. Elle brosse un tableau révélateur du nord québécois. La flore, la faune et la mer y sont omniprésentes. Aqiggiq (lagopède), nassiq (phoque), nirliq (bernache) et tuttu (caribou) se marient à la population, heureuse de cette union pour se nourrir de viande crue et se vêtir de peaux afin de se protéger du ikii (froid). La dureté du climat se tisse avec les problèmes sociaux qui dévastent, voire déciment le peuple inuit. Il n’est pas rare qu’une mère trouve son fils pendu dans sa chambre. Violence familiale et suicide composent le menu d’une existence plutôt primitive.

Avec un titre peu original, la novella fait un rapide parcours de la situation à travers un itinéraire complet. Itinéraire décrit avec une plume sans fioriture, voire une plume plutôt clinique. Heureusement, les émotions parviennent tout de même à se manifester un tantinet soit peu.

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