Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt

Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt
( What I loved)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Féline, le 14 avril 2003 (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 39 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 21 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (229ème position).
Discussion(s) : 2 (Voir »)
Visites : 10 972  (depuis Novembre 2007)

La folie sous toutes ses formes

En retrouvant les lettres d'amour écrite par Violet pour Bill, Léo Hertzberg décide de rédiger un livre racontant les trente dernières années de sa vie. Dans le milieu artistique new-Yorkais, au cours des années 70, Léo et sa femme Erica tombe sous le charme d'un peintre alors peu connu Bill Wechsler. C'est le début d'une longue amitié entre les deux hommes. Une amitié idéale entre deux couples, basée sur une même passion de l'art : Léo, historien de l'art, permettra à Bill d'acquérir une célébrité méritée. Violet et Bill s'installeront dans le loft situé au-dessus de celui de Léo et Erica, ils partiront en vacances ensemble, et surtout, partageront une vie remplie de littérature, d'art et d'harmonie. Leurs deux fils, Matt et Mark s'adoreront. Mais ce tableau idyllique, cet équilibre finira par se fissurer. La folie les guette, folie qui prendra de nombreuses formes : Violet qui écrit un livre sur l'hystérie et les désordres alimentaires; le décès accidentel de Matt, qui fait voler en éclat le mariage pourtant si solide entre Erica et Léo; la crise d'adolescence de Mark; sa dépendance aux drogues dures qui plongera Bill dans un profond désarroi; sa fréquentation d'artistes déjantés et décalés pour qui le meurtre devient une oeuvre d'art.
Difficile de résumer un livre aussi complet que celui de Siri Hutsvedt (qui, pour la petite anecdote, est Madame Paul Auster à la ville). Avec un talent magistral, elle aborde autant de thèmes différents que celui de l'amitié, de l'art (le récit est émaillé de magnifiques descriptions des tableaux de Bill), de l'amour, de l'hystérie, de la drogue, de la schizophrénie et de la mort.
Les personnages sont magnifiquement campés que ce soit dans l'analyse de leurs sentiments, de leurs comportements ou dans l'évolution de leurs caractères suite aux événements qui les touchent, évolution finement décrite. Le personnage le plus marquant reste pour moi celui de Mark, qui au fil des pages devient de plus en plus dérangeant. Il y a quelque chose d'indiscernable dans cet enfant, puis adolescent, que nous ne parvenons jamais à démasquer.
Je reprends la phrase avec laquelle Pascale Frey a clôturé sa critique dans le magasine Lire, non que je l'approuve mais parce qu'elle évoque bien le talent de Siri Hustvedt, dont je conseille vivement la lecture : "Mais une chose est certaine, si la romancière continue dans cette lignée, on présentera bientôt Paul Auster comme le mari de Siri Hustvedt."

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L'histoire d'une vie ou de plusieurs vies

10 étoiles

Critique de Tyty2410 (paris, Inscrite le 1 août 2005, 30 ans) - 24 octobre 2013

J'ai beaucoup aimé ce livre tout d'abord pour son style d'écriture assez dense, pour l'histoire et les personnages très bien construits, on voit bien leur évolution, leurs doutes et leurs questionnements.
On est plongé dans la tourmente des vies des personnages entre art et folie, dans New York.
Les thèmes abordés dans ce livre sont les thèmes de la vie, parfois dure à décrire et à écrire mais l'auteur y arrive avec brio ( comme par exemple la mort de l'enfant et la séparation du couple, comme conséquence inéluctable, les relations amicales qui évoluent).
Bref ce roman est un roman qui est au plus près de la vie et de ce que nous pouvons vivre.

L'art et la folie

6 étoiles

Critique de Heyrike (Eure, Inscrit le 19 septembre 2002, 50 ans) - 17 mai 2012

Un beau récit qui se déroule sur plusieurs décennies durant lesquels on voit se dérouler l'existence de deux couples plongés dans les tourments de la séparation, de la disparition et de la dérive. L'art et la folie sont très présents dans la narration qui se développe parallèlement à ces deux axes. On ressent toute la force des aspirations et des sentiments des personnages en proie aux questions soulevées par les actes de création et de destruction qui émaillent leurs quotidiens, trop souvent incapables d'infléchir les événements. Tous ces cœurs meurtris sont sujets au flux et reflux du sang qui draine inexorablement le temps qui passe, effaçant peu à peu leurs rêves dans un monde qui s'éloigne d'eux ou plutôt qu'ils ont omis de posséder.

Une lecture quelque peu exigeante qui, il est vrai, doit être faite en prenant son temps d'en percevoir tous les aspects et les moindres aspérités. Notamment dans la description des œuvres artistiques qui m'ont semblé parfois un peu trop difficile à digérer.

la mort rôde à brooklyn...

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 19 février 2012

Deux couples amis vivent côte à côte dans un immeuble de Brooklyn (le quartier "bobo" de New York). Bob (écrivain) et Bill (plasticien) ont deux fils du même âge, Matt et Mark, dont le destin va croiser inextricablement celui de leurs parents (outre les pères, les mères, Erica, Lucille, puis Violet). L'histoire ne se raconte pas, tant elle est faite d'imprévus et de ramifications complexes au sein du monde interlope de l'art contemporain. Bourré de références culturelles, écrit tout en finesse, comme toute l'œuvre de Siri Hustvedt, ce thriller psychologique nous fait voir la face cachée du marché de l'art, côtoyant crime et folie dans ses aspects les plus "borderline". Derrière la trame narrative, digne des meilleurs polars contemporains, se profile une fine analyse des rapports entre les êtres humains, qu'il s'agisse d'amitié, d'amour filial, d'amour tout court, et de leurs dérives dès lors que vérité et mensonge se confondent...

Une vie dans un tiroir !

7 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 16 avril 2011

Pas grand chose à ajouter au résumé de Féline et l'excellente analyse de BMR et MAM .

Pour ce qui me concerne ; j'en garde une impression très mitigée.
L'histoire ne démarre véritablement qu'à la mort de Matthew et à la découverte de la personnalité trouble de Mark.
L'auteur (au travers du récit de Léo , le narrateur) nous entraîne dans le monde de l'Art moderne , avec ses futilités .
Dans l'univers des maladies mentales ;
la paranoïa de Dan , le frère de Bill :

" Dan n'était que fêlure , torturé par des accès de paranoïa."

la perversité de Mark ,le fils de Bill :

" Mark qui incarne la compromission ,l'hypocrisie et la lâcheté ."
"La vie de Mark était une archéologie de fictions superposées."
" Mark qui affiche les couleurs changeantes du caméléon "
"La vérité qui fait mal ! "

Bill qui porte un toast prémonitoire à ses proches :

" Aux gens les plus chers à mon coeur.
A Violet ,mon épouse bien-aimée ,à Léo (Léo Hertzberg ,professeur d'Histoire de l'art) , mon ami le plus proche et le plus loyal et à Mark ,mon fils.Qu'il traverse sans encombre les années pénibles de l'adolescence ."

J'avoue avoir quelque peu souffert avec les symboliques de l'Art moderne et certains passages m'ont semblé longs et ennuyeux.
Néanmoins , l'analyse des sentiments des personnages " violentés par la vie " (mort d'un enfant ,divorce des parents,maladies mentales de proches) est superbe.

Une belle oeuvre ,avec des personnages torturés,intellos-bobos-artistes new-yorkais ,et une qualité narrative indiscutable.

Bof

4 étoiles

Critique de Béatrice (Paris, Inscrite le 7 décembre 2002, - ans) - 1 avril 2010

Je l’ai trouvé bancal dans son ambigüité. Ni plaisir du texte, ni curiosité pour le sort des personnages.

Le mal du siècle

8 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 57 ans) - 6 mars 2009

Après l'Élégie pour un américain, nous revoici chez Siri Hustvedt, l'épouse de Paul Auster.
Dans cet autre ouvrage (antérieur), Tout ce que j'aimais, il était d'ailleurs déjà question d'élégie :

[...] Il avait besoin de ces enfants pour sa propre santé mentale et, grâce à eux, il allait composer une élégie à ce qu'ont perdu tous ceux d'entre nous qui vivent assez longtemps - leur enfance.

Une histoire de couples, new-yorkais, en partie juifs, intellectuels ou artistes : nous habitons toujours sur le même palier que Woody Allen et il ne faut pas être allergique !
Ce qui sauve les romans de Siri Hustvedt, c'est sa plume : remarquable d'élégance et de justesse.
Même réticent dans les premiers chapitres, on finit par se laisser doucement bercer par ces lamentations d'intellos.
Au fil de ce bouquin foisonnant, on glanera d'ailleurs quelques belles pages (et passionnantes) sur l'anorexie et l'hystérie, maladies féminines des expériences du professeur Charcot à la Salpêtrière : les expériences de ces médecins du XIX° auraient-elles fini par créer de toutes pièces malades et maladies ?
D'autres pages également sur l'art et la peinture (perso, on a moins aimé).
Mais le véritable sujet de ce roman (presque un essai), c'est la perte de l'enfant et la perte de l'enfance.
La perte de l'innocence en somme.
Deux couples (environ : chez ces gens-là, rien n'est jamais aussi simple bien sûr !), en route pour les sommets de la réussite et de la liberté (artistes à New-York !), mais malmenés par la vie.
L'un des deux couples perd son enfant : la mort l'emporte et avec lui l'innocence de croire en un monde possible.
L'autre couple ne s'en tirera guère mieux : le mensonge, l'argent, le sexe, ... emporteront également l'innocence de leur fils et leur croyance en un monde meilleur.
Car Siri Hustvedt revisite ici le mythe d'Icare :

[...] Dédale, le grand architecte et magicien, avait fabriqué ces ailes afin que son fils et lui puissent s'échapper de la tour où ils étaient prisonniers. Il avait averti Icare du danger de voler trop près du soleil, mais le garçon, faute de l'avoir écouté, avait plongé dans la mer. Dédale, n'est pas une figure innocente, néanmoins, dans cette légende. Il a risqué trop gros pour sa liberté et, à cause de cela, il a perdu son fils.Siri Hustvedt

Ceux qui ont ou ont eu des ados y trouveront quelques échos.
La plupart des lecteurs-blogueurs ont préféré Tout ce j'aimais à l'Élégie pour un américain, mais pour notre part, notre coeur balance ...
Pour celles et ceux qui aiment l'art, les tourments et les ados.

Qualité extraordinaire.

9 étoiles

Critique de Bluewitch (Quelque part sous les étoiles, entre Bruxelles et Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 38 ans) - 11 février 2009

Il y a des romans dont on sort sonné, cherchant avec peine de retrouver un ancrage dans la réalité, abasourdi et épaté. « Tout ce que j’aimais » est de ceux-là. Un roman qui nourrit, tout dans la subtilité, armé de sa culture artistique, de sa perspicacité et de sa justesse quant aux rapports humains.
Je ne cache pas avoir mis un certain temps pour y entrer mais, une fois happée, plus moyen d’en sortir, attachée aux personnages, attachée à leur évolution, à ces vies vues en détail, de manière si minutieuse et si sensible.
J’admire cette capacité qu’a eue Siri Hustvedt à pousser si loin la création d’un univers simple et pourtant si compliqué.
J’admire et je respecte profondément…

Crescendo

8 étoiles

Critique de Pandorette (Bruxelles, Inscrite le 26 mars 2007, 39 ans) - 21 juillet 2008

On se demande où cela va s'arrêter. Ce livre est rend une histoire dramatique, et c'est avec grand intérêt que j'ai dévoré ce livre. L'histoire est malgré tout proche de tout être. A découvrir !

Un magnifique portrait de groupe

10 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 1 juin 2008

Je quitte à regret ce roman qui m’a semblé trop court tant les personnages justes, vrais, humains me sont devenus proches .
Au travers du regard de Léo, qui voit disparaître progressivement tous ceux qui ont l’ont aidé à vivre, mais qui vit une solitude toujours alimentée du souvenir des absents, j’ai partagé leurs bonheurs, leurs souffrances, leurs soupçons .
Un roman d’une rare intensité, tant par le récit des 20 années de la vie de ces deux familles, que par l’évocation du milieu intellectuel et artistique dans lequel ils évoluent . L’univers de l’art contemporain est montré ici sous tous ses aspects et dans sa diversité . A l’authentique, fruit d’une lente élaboration s’oppose le branché, le provocateur, flattant les goûts morbides du public ; à l’intime de l’atelier, s’oppose le public de la galerie, miroir du paraître .
Un magnifique portrait de groupe, sobre, pudique, intense qui touche à la fois l’intelligence et le cœur .

A lire lentement

9 étoiles

Critique de Serapie (, Inscrite le 10 septembre 2007, 41 ans) - 18 mars 2008

Ce livre est à lire sans se presser, en digérant chaque ligne l'une après l'autre. Car contrairement à beaucoup de romans "Tout ce que j'aimais" a une écriture dense.
La psychologie des personnages est admirablement bien écrite. Leur évolution, progressive.
La description du quotidien ne tombe jamais dans la banalité.
Aucune lassitude n'a le temps de s'installer dans la lecture car les rebondissements surgissent au détour d'une page, à un moment où l'on ne s'y attendait pas. Et puis ensuite se crée l'envie de savoir comment tout cela va évoluer.
A noter un admirable travail de recherche sur l'art et une description minutieuse des oeuvres qui traversent ce livre qui est proche de la critique d'art.

Les choses de la vie

9 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 18 février 2007

Un livre touchant, une écriture limpide, un ton doux-amer, une histoire qui pourrait être banale puisque c’est la simple description de la vie de deux couples New-yorkais vivant dans le même immeuble et affrontant les épreuves de la vie ensemble. Le livre est assez long, presque cinq cent pages mais curieusement, l’écriture de Siri Hustvedt nous emporte et l’ennui n’est pas au rendez-vous.

Par contre, j’ai trouvé l’atmosphère qui se dégage de ce récit d’une infinie tristesse. Les joies succèdent aux peines et le destin de chacun semble prendre un tournant tragique. La mort, la drogue, la délinquance mais aussi l’amitié et l’amour tissent la trame de fond de cette histoire remplie de détresses et de désillusions.

Les personnages sont ballottés par la vie et Mark, le fils adolescent de l’un des couples finira par sombrer complètement. J’ai un peu moins aimé les longues descriptions des œuvres de Bill, j’avais de la peine à bien visualiser. Par contre, le narrateur m’a profondément touché par sa sensibilité et sa vulnérabilité. Un beau portrait d’être humain qui voit passer sa vie avec philosophie et un peu d’amertume. Un beau roman basé sur la complexité des relations humaines et surtout l’amitié qui unit certains êtres et qui résiste avec plus ou moins de bonheur à l’épreuve du temps.

Un style d’écriture qui ne va pas sans me rappeler Nancy Huston par sa clarté et sa limpidité.

Notre grande époque

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 11 avril 2006

Ce gros livre au titre évocateur et à la superbe couverture est un roman dans le meilleur sens du terme, c'est-à-dire une évasion complète de la réalité et un plongeon dans l'univers créé par l'auteur mais qui résonne en nous. L'auteur aborde beaucoup de thèmes, comme cela a été souligné par les autres. Pour moi c'est surtout ceux de l'amitié et de la paternité qui m'ont touché, par contre celui de la folie et l'évolution de Mark m'a laissé un peu indifférent. Mais j'ai surtout aimé l'évocation des belles années, celles de la rencontre avec Erika et ensuite de Bill, une évocation qui éveille chez le lecteur une pointe de nostalgie, qui nous renvoie à nos belles années et la pensée de longues soirées d'été avec une lumière comparable à celle de la reproduction de Hopper sur la couverture. Un seul regret, les descriptions souvent trop longues des oeuvres d'art de Bill.

Promenade automnale

8 étoiles

Critique de Guigomas (Valenciennes, Inscrit le 1 juillet 2005, 47 ans) - 8 mars 2006

Ce beau roman est une promenade automnale sous un ciel blanc de nuages. Léo nous raconte sa vie qui est une succession de pertes, à commencer par celle de sa famille puis de son fils, sur un ton nostalgique mais jamais amer. L'écriture de Siri Hustvedt est magnifique de ce point de vue.
On retrouve les thèmes Austeriens de l'art, de la filiation et on découvre aussi le monde artistique new-yorkais dépeint sans complaisance dans ses travers les plus grotesques.

belle littérature mais tortuante

7 étoiles

Critique de Trefoil (Mons, Inscrite le 12 février 2004, 48 ans) - 28 novembre 2005

Je ne suis pas aussi enthousiasmée que les autres critiques semble-t-il.
L'écriture est belle.
Il y a de magnifiques descriptions d'oeuvres artistiques qui marque déjà une grande orginalité dans le récit.
Les sentiments, les ressentis sont admirablement décrit.
Pour le reste, on croirait une histoire simple ou peu de choses se passent et puis le malheur frappe.
Après on assiste impuissants à la détérioration des relations et la chute de Mark. On ne sait jamais ce que Mark pense. On a une envie folle de secouer ce petit monde mais rien ne se passe, tout se subit.
Je ne pense pas que mon manque d'enthousiasme soit liée à l'histoire sordide mais j'ai trouvé qu'on laissait les choses trop en suspend. Je n'ai pas besoin d'un happy end mais peut être d'un peu plus de contour.
Très bon livre quand même, évidemment.

beau et grave

9 étoiles

Critique de Richard (, Inscrit le 30 janvier 2004, 71 ans) - 23 novembre 2005

Comment ne pas être touché par l’épopée de ces êtres désireux d’amour, d’amitié et de beau…jusqu’à ce que, sans crier gare, le drame les foudroie.
Siri Hustvedt a écrit un roman d’une richesse, d’une densité remarquable. Au travers du récit passionnant et dramatique de la vie de deux couples, à priori doués pour le bonheur, le roman s’interroge sur le rôle de l’art et de l’artiste, il approche avec beaucoup de sensibilité l’hystérie et ses conséquences sur les relations humaines.
J’ai apprécié la fluidité de l’écriture, l’art du changement de ton, la sensibilité avec laquelle l’auteur écrit le drame.

d'une grande poésie.....

8 étoiles

Critique de Caro-lune (, Inscrite le 30 juin 2005, 47 ans) - 19 septembre 2005

Je ne suis pas partisane de conter ce qu'il y a à l'intérieur de ce livre... cela enlève du charme à la découverte et à la lecture.... il me semble juste tentant de vous le conseiller car il est écrit avec beaucoup de douceur, une certaine lenteur que j'aime particulièrement... tout en profondeur.... ce sont de réelles rencontres... c'est très beau.... de la poésie en prose... et un peu surprenant que ce soit un auteur au féminin qui prenne la parole au travers d'un homme....

Eblouissant de talent

9 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 18 août 2005

La critique de Féline étant très bonne, je ne vois pas l’utilité de refaire un résumé. Comme elle le dit très justement c’est un livre sur l’amitié, l’amour, la peinture et les maladies psychologiques comme l’anorexie et les déviations de la personnalité. En arrière plan, New-York et ses milieux de la critique et de l’art. Notons au passage que tous les personnages, ou quasi, sont juifs. Ceci n’est bien sûr qu’une constatation et non un jugement.
Il est vrai qu’Auster doit bien se tenir avec une femme qui a un tel talent dans le même registre que le sien. Ce livre vaut, sans aucun doute, les meilleurs Auster. Tout en étant très passionnant, malgré certains côtés glauques dus surtout à la personnalité de Mark, ce livre n’est cependant pas facile à lire. Il me semble utile d’insister sur le fait qu’il demande une indiscutable concentration afin de suivre le sens du récit et des situations.

Mais il vaut, sans discussion possible, un tel effort et je suis bien d’accord avec les 4,5 étoiles données par Féline !

Eblouissant, mélancolique, poétique

10 étoiles

Critique de Calie25 (, Inscrite le 15 avril 2005, 42 ans) - 6 août 2005

ce livre est un véritable chef d'oeuvre..il est rare de lire un livre aussi remarquable par sa profondeur, sa poésie...

Ce livre restera longtemps gravé en moi, les mots restent, les sensations aussi...jetez-vous sur ce livre, à ne surtout pas manquer!

intimiste et magnifique

9 étoiles

Critique de Zoom (Bruxelles, Inscrite le 18 juillet 2001, 63 ans) - 11 juillet 2004

Je me suis laissée emporter par cette promenade intimiste dans une vie riche mais terriblement tourmentée ( peut-il en être autrement ?). Au début, je me disais : ces américains sont si longs à raconter des faits minuscules ou à décrire des sentiments ! Mais j’y ai assez vite découvert une profondeur étonnante, une sensibilité terriblement touchante, bref, un livre qu’on ne quitte plus, même dans les embouteillages… . Un peu comme certains livres de Paul Auster (Léviathan, notamment) : à se demander si ce n’est pas lui qui l’a écrit, car il me semble que leurs styles sont très proches. (pour rappel Siri Hustvedt est la femme d’Auster)
D’autant plus que Madame Auster se met dans la peau d’un personnage masculin, avec une sensibilité masculine qui semble tellement réelle qu’on a du mal à croire que l’auteur est dans la fiction, et non dans un récit biographique. Cela m’épate, des écrivains capables d’écrire des « ressentis » qui paraissent à ce point vécus et qui précisent que tout est fiction.
Les descriptions des tableaux ou des œuvres de l’artiste, un des personnages principaux, m’ont paru très – trop- longues, fastidieuses, inutiles. Mais pour le reste, ce livre est de toute beauté. On termine la lecture un peu triste, en se disant qu’un homme aussi généreux et bon que Léo, le personnage central, ne mérite pas une vie si épineuse et bouleversée. On aurait presque envie de lui prendre la main.

Un roman sur le manque...

10 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 26 octobre 2003

Une chose est sûre : Paul Auster n’a pas épousé n'importe qui !
Sa femme, Siri de son p’tit nom, s'y entend pour créer un univers et des personnages surprenants.
Leo va nous captiver au fil de la narration des vingt années qui viennent de s’écouler.
Cela démarre en fanfare : deux couples (Leo - Erica et Bill - Violet) se rencontrent, s’apprécient, finissent par habiter le même immeuble et par passer les vacances ensemble, avec leurs fils respectifs.
Les deux hommes partagent la même passion : l'un est peintre et l'autre critique d’art.
Je vous le disais, une fanfare, un tableau parfait.
Quoi qu'à mieux y tendre l’oreille, on découvre rapidement l’une ou l'autre fausse note.
Lentement, les couacs se font plus évidents et plus nombreux, jusqu'à dominer le concert.
Aux trois quart du livre, c’est carrément la cacophonie.
Reprenons.
Cela commence avec la mort de Matt, le fils de Leo et d’Erica.
De superbes pages nous font ressentir ce que doit être la douleur de ces parents.
L'estomac retourné, j'ai relu ce passage qui annonce les conséquences inévitables sur le couple en lui-même : Erica et Leo, qui pourtant s’aiment encore, se séparent.
Erica accepte un poste un Californie, laissant un Leo déboussolé.
Mark, le fils qu'a eu Bill avec sa première femme, est élevé par son père et Violet (qui ne peut pas avoir d'enfant).
L'adolescence ne va pas l'épargner, et le mot « crise » est en l’occurrence un euphémisme.
Se drogue-t-il ?
Mentir semble être non pas sa seconde mais sa première nature.
Malsain, insaisissable, il fréquente assidûment un artiste tapageur dont les Ïuvres représentent des corps disloqués et sanguinolents.
Très coté, d’ailleurs, l’artiste…
Les qualités de ce livre tiennent à plusieurs choses.
D'abord, Siri Hustvedt possède une intelligence, une capacité à aller toujours voir au-delà, au second plan, à faire des liens, à relire les événements pour mener le lecteur à l'essentiel.
Ensuite, c’est à se demander si elle n’est pas elle-même artiste, tant les descriptions des œuvres de Bill sont riches, précises, détaillées.
Sa créativité foisonnante est fascinante.
Il y a aussi le style, naturel, où le travail assurément accompli ne se fait pas sentir.
Enfin, l’évolution crédible des personnages rend le tout captivant.

Et puis, à la fin, rien n’est résolu, mais tout est calme…

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  Sujets Messages Utilisateur Dernier message
  Félicitations et merci 4 Jules 16 septembre 2005 @ 18:12
  n'en dites pas trop 1 Zoom 11 juillet 2004 @ 21:26

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