Une journée particulière de Anne-Dauphine Julliand

Une journée particulière de Anne-Dauphine Julliand

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Pascale Ew., le 17 juillet 2013 (Inscrite le 8 septembre 2006, 52 ans)
La note : 10 étoiles
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Quand l'épreuve sort le meilleur de vous-mêmes

Ce livre est la suite de « Deux petits pas sur le sable mouillé » (allusion aux pas tordus de sa fille Thaïs et au texte de l’homme qui se retourne pour regarder sa vie et ne voit plus que deux traces lorsque Dieu le portait pendant les périodes d’épreuve); il n’y ajoute pas grand-chose dans les faits et est dans le même style que le premier, c’est-à-dire toujours aussi bouleversant.
C’est le récit du jour anniversaire de Thaïs qui aurait fêté ses six ans (alors qu’elle est décédée à 3 ans ¾). Cette maman en profite pour nous faire part de ses réflexions sur la vie, sur le bonheur. Elle explique en effet qu’elle s’imaginait sa vie comme une série de cases qu’on remplit au fur et à mesure qu’on accomplit certains objectifs, mais elle termine en concluant que le bonheur est une décision et que la vie vaut le coup d’être vécue quelles qu'en soient les circonstances. Son credo, c’est l’amour ; même lorsque la souffrance semble tout anéantir et que la tentation de soulager par la mort est là, lorsqu’une mère se sent impuissante, il lui reste l’amour. Elle cite notamment l’exemple d’une petite handicapée qui confiait combien c’était difficile une vie où l’on ne peut rien faire, mais qui avait décidé que sa mission était de rendre les autres heureux. Elle raconte également une anecdote où un grand médecin, ayant administré tous les médicaments possibles contre la douleur d’un enfant, revint le bercer pour faire taire ses plaintes.
Anne-Dauphine fait réfléchir sur le regard des gens face au « handicap » (qui provoque « un léger mouvement de recul ») à l’opposé de la « maladie » (qui suscite bienveillance et compassion). Elle confie que la foi n’atténue pas la souffrance, qu’elle n’en enlève rien, mais qu’elle apporte l’espérance, à ne pas confondre avec l’espoir (Pour elle, l’espérance fait vivre, contrairement à l’espoir, qui peut être déçu).
J’aime son humilité : sa capacité à apprendre des autres, son attention à recevoir toute parole donnée comme un cadeau pour la faire avancer ; sa capacité à s’émerveiller de tout ; son courage d’affronter la réalité en face, d’en parler ouvertement avec tout le monde ; sa façon de refuser qu’on la considère comme une héroïne parce que selon elle, nous avons tous en nous une force insoupçonnée pour affronter les épreuves.
Ce livre est également un hymne à sa fille Thaïs dont la courte vie valait, selon elle, la peine d’être vécue.
En tous cas, une leçon de bonheur de la part d’Anne-dauphine, ça vous remonte les bretelles !
Il n’en reste pas moins que le sort de leur troisième enfant, Azylis, est toujours plus qu’incertain, même si la greffe de moelle a retardé la maladie. Mais on ne peut s’empêcher d’admirer le courage – j’allais dire l’inconscience - d’avoir malgré tout fait un quatrième enfant, cette fois-ci en toute connaissance de cause.
J’ai lu ce livre presque d’une traite, la larme constamment à l’œil, même si le ton n’a rien de larmoyant, bien au contraire.

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