Le bon coupable de Armel Job

Le bon coupable de Armel Job

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 17 juillet 2013 (Inscrite le 8 septembre 2006, 51 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 410ème position).
Visites : 2 642 

Les caractères se révèlent lors des drames

En ce 17 juillet 1960, le procureur général Lagerman est pressé de rentrer chez lui ce dimanche midi, après son escapade avec sa maîtresse, car sa femme l’attend pour le dîner. Pendant ce temps, Carlo, fin bourré, en fait de même, remorquant son cheval qui vient de perdre une course et termine la sienne dans le fleuve. Dans une troisième famille, où Hector et sa femme Alma viennent de se disputer, leur fille Clara est envoyée par sa mère pour appeler son père à table… et elle se fait renverser par une voiture, qui la tue sur le coup.
Lagerman est coupable, mais il prend la fuite et laisse accuser Carlo à sa place.
Dans chacune de ces familles, la morosité règne, la rancœur non-dite, le dépit ; cela se traduit par des fuites, des silences, des adultères et chacun semble avoir baissé les bras, s’être résigné et vivre sans bonheur, sans aucun espoir. Cet accident renvoie chacun à sa conscience ou à son égoïsme...
(« Ce qui est en jeu, c’est bien plus qu’un simple fait divers à éclaircir. C’est toute une conception de la justice, une réflexion non sur la lettre du droit, mais sur l’esprit. Vais-je laisser échapper une fois de plus un salaud que j’ai l’occasion d’épingler, pour me sacrifier, moi, sur l’autel de la malchance, moi qui me suis voué corps et âme à la justice, moi qui ai démasqué des dizaines de malfaiteurs, moi qui ai rendu d’inestimables services à la société, à la loi, à la vérité ? »)
A la fin du livre, les digues se rompent, les langues se délient et les cœurs s’autorisent enfin à pleurer.
Ce roman est empreint d’humanité, mais transpire la morosité, le mal-être. Ceux qui finissent par se convertir donnent quelque espoir au lecteur, mais la vision donnée des couples est bien noire ! J’ai par contre toujours autant de plaisir à lire un auteur belge, avec les références à notre pays.

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Les éditions

  • Le bon coupable [Texte imprimé], roman Armel Job
    de Job, Armel
    R. Laffont
    ISBN : 9782221134290 ; EUR 19,50 ; 07/02/2013 ; 312 p. ; Broché
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Excellent une fois encore !

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans) - 30 avril 2018

L’action se passe en 1960 dans un petit village ardennais pas très loin de Liège. Un dimanche vers midi, Carlo Mazure, un sinistre individu, rentre chez lui avec sa camionnette. A la même minute, le procureur du roi Régis Lagerman revient de chez sa maîtresse et se hâte de regagner le nid familial où l’attend son épouse. Ce même dimanche vers midi, une habitante du village découvre le cadavre de Clara, 10 ans, qui semble bien avoir été fauchée par une automobile.
Outre l’enquête, Armel Job s’attarde sur l’aspect psychologique des différents protagonistes de ce triste fait divers et tout particulièrement ce qu’il convient de taire aux yeux de tous, les parts d’ombre de chacun.
Encore un excellent roman d’un des meilleurs écrivains de la Belgique francophone.

Extraits :

- Les filles violoncellistes n’étaient guère nombreuses à l’époque. Les instruments des femmes étaient la harpe (pour une raison obscure, aucun homme ne voudrait être harpiste), la flûte, le violon.

- Combien d’êtres humains se donnent la peine une seule fois dans leur vie de voir le soleil se lever ? Le soleil se lève seul. Tout le monde s’en bat l’œil. Un miracle quotidien n’est plus un miracle.

- La vie se paie votre tête en permanence.

- Une femme au volant alors que le bourgeois est dans la bagnole, ça vous classe un couple sur-le-champ ! Encore un pépère qui s’était mis la corde au cou pour une pétroleuse.

L'arrangement

6 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 24 janvier 2018

Le décorticage d'un accident de voiture sans témoin, dans un petit village de la région de Liège. Nous sommes dans les années 60 dans un tout autre monde que celui de maintenant.
Armel Job donne très vite le nom du vrai coupable et celui qui serait plus intéressant pour cette fonction. Un peu à la mode Simenon, le récit assez impersonnel, fouille mathématiquement les protagonistes de l'histoire.

Pour pas vraiment le meilleur de l'auteur que j'apprécie dans un autre registre.

Un bon job

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 53 ans) - 4 janvier 2014

Voila un roman qui se lit avec plaisir, je l'ai d'ailleurs commencé et terminé le même jour. Car, comme chaque fois avec l'auteur, le suspense est bien présent et nous empêche de lâcher le livre.

Ce livre est tout à fait dans la lignée des autres romans de Armel Job que j'ai pu lire et en le terminant je me suis exclamé : "Bon Job" (excusez ce jeu de mot facile) .

La force de l'auteur, c'est de créer des personnages bien de chez nous, de faire son terroir des strates sociales et des relations familiales compliquées. Il y a du suspense, une fine analyse psychologique à nouveau sur le thème de la culpabilité. Comme Pascale Ew., les nombreuses références au pays et ma région d'origine m'amusent toujours beaucoup et augmentent mon plaisir.

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