L'herbe des nuits de Patrick Modiano

L'herbe des nuits de Patrick Modiano

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Jules, le 12 novembre 2012 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 261ème position).
Visites : 3 164 

Un vrai Modiano

Un jeune homme, Jean, va rencontrer une jeune femme répondant au nom de Dannie. Par elle, le voila embarqué dans une histoire bien étrange et surtout dans une bande de jeunes hommes au nombre de cinq. Tous semblent liés au Maroc et il en va de même pour Dannie. De cette bande deux seulement feront des confidences. L'une, Dannie, contredira néanmoins Aghamouri, lui-même personnage énigmatique.

Dannie est vraiment une femme des plus étranges, difficile, si pas impossible à cerner. Qui est-elle vraiment ? Est-elle étudiante ou non ? Où veut-elle aller avec Jean ? Quels sont ses rapports avec Aghamouri ?

Il convient de se souvenir qu'à l'époque, sous De Gaulle, la France était secouée par l'affaire Ben Barka. On ne peut s'empêcher d'y penser et de se poser des questions.

Et nous voilà marchant sans fin dans Paris d'un boulevard à une rue, d'une chambre à l'hôtel Unic, d'un bistro à un autre et même dans un petit château de province. A qui est-il ? Nous ne le saurons pas... Et ne pas oublier le carnet noir...

Oui, ceci est un vrai et pur Modiano !

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Bof...

4 étoiles

Critique de Homo.Libris (Paris, Inscrit le 17 avril 2011, 53 ans) - 19 juillet 2015

Il y a quelques années déjà, j'avais lu "Rue des boutiques obscures". Je dois avouer que ça ne m'a pas laisser un souvenir impérissable. Mais tout de même, Modiano, prix Nobel de littérature 2014, je me suis dit qu'il fallait persévérer ! Donc j'ai parcouru les recensions sur "Critiques Libres" et j'ai jeté mon dévolu sur "L'herbe des nuits". Surtout à cause de Paris qui semblait être une des "vedettes" de ce roman.
Pffff...
Quel ennui. C'est mou et sans intérêt. Et des balades dans Paris, j'en ai fait de bien plus intéressantes !
Quant au Français, c'est bien en deçà que ce qu'on pourrait attendre d'un prix Nobel, mais il est vrai que peut-être la traduction a embelli l'affaire ou biffé les erreurs ! Modiano confond "apporter" et "amener", suremploie les verbes en "re-", ignorant souvent le verbe exact ("se rapprocher" pour "s'approcher", etc.). Juste une bonne note pour UN après-midi au lieu du sempiternel "UNE" (vous verrez bientôt "on" dira une anniversaire, une appétit, pour les mêmes raisons de nivellement par le bas !).
Pour finir, pour un prix Nobel, pas une phrase, pas une pensée qui puisse être utilisée comme citation. C'est un peu court jeune homme !

Les ingrédients habituels d'un roman de Modiano

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 11 juillet 2015

La classique petite musique de Modiano se répète ici sagement et savamment. Un intrigue policière bien mystérieuse est mue au profit d'un baguenaude le long des rues de Paris, un peu au hasard. Des éléments communs viennent unir des personnages qui ne semblent pas vraiment se connaître, de vagues réminiscences du passé remontant à la surface.
Cet opus est court, aussi intéressant qu'intrigant. Cela se laisse lire. Après, qu'en restera-t-il ? Il reste assez grandement à conseiller.

En plein dans ses obsessions

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 29 octobre 2014

Je connais peu de romanciers qui, comme Patrick Modiano, ressassent à l’envi toujours les mêmes obsessions. Toujours. C’est incroyable !
La mémoire. Les trous de mémoire. La difficulté de faire remonter un souvenir, pur, qui ne soit entaché d’oublis, d’omissions, de pans noirs.
Paris. Et ses rues. Patrick Modiano donne l’impression (Paul Auster aussi me donne cette impression vis-à-vis de New York City) de réciter une géographie urbaine parisienne comme si précision et localisation étaient vitales.
Le jeu sur les noms de ses personnages. Ca semble particulièrement important pour lui. Et compliqués, les noms. Toujours.
Avec « L’herbe des nuits » on est en plein dedans. Pile poil.
Sans qu’on sache trop bien si le narrateur, Jean, est tout ou partie ou n’a rien à voir avec l’auteur. Un Jean qui, des années après les années 60 se retourne sur un épisode de son passé, auquel il ne comprendra pas … tout, et nous non plus, malgré l’aide du petit carnet noir, sinon qu’il fut amoureux d’une Dannie, qui ne s’appelait pas Dannie, ou pas que, et qui grenouillait au milieu d’hommes plutôt louches, liés au Maroc, avec l’affaire Ben Barka qui plane vaguement au-dessus de tout ça … Et donc Jean – Patrick Modiano nous promène dans Paris à la recherche du temps per… passé et l’on sent bien que, malgré tout, ce n’est pas anodin, qu’il y a des échos.
Evidemment nous ne saurons pas au final. Pire, les circonvolutions de la fin semblent s’être évaporées de ma propre mémoire. Je ne me souviens que du corps du roman. Ni des pieds ni de la tête !
Patrick Modiano a encore frappé !

Que d'ombres !

7 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 20 juillet 2013

Paul Chastagnier, Aghamouri, Duwelz, Gérard Marciano, "Georges", l'Unic hôtel, rue de Montparnasse... et Dannie, la fille aux multiples noms et tout autant de mystères.
Une bien agréable lecture et une balade dans Paris et dans des souvenirs vieux d'un demi-siècle.

Paris avant après, pendant

7 étoiles

Critique de Yeaker (Dijon, Inscrit le 10 mars 2010, 46 ans) - 5 décembre 2012

Il faudra apprendre à se glisser dans la peau du personnage, un double de Modiano, réservé et en conversation avec des voix intérieures, le crayon et un carnet dans la main. Tout est flou comme dans le Nouveau Roman. On avance à travers les rues de Paris à partir des souvenirs laissés sur un carnet noir à la recherche des visages d’anciennes relations conspiratrices. Et on marche dans un Paris au hasard des notes et des digressions annotées en se demandant si ce carnet existe pour de bon.

"Les soirées étaitent longues quand je restais dans le quartier à l'attendre, mais cela me semblait naturel. Je plaignais ceux qui devaient inscrire sur leur agendas de multiples rendez-vous, dont certains deux mois à l'avance. Tout était réglé pour eux et ils n'attendaient jamais personne. Ils ne sauraient jamais que le temps palpite, se dilate, puis redevient étale, et peu à peu vous donne cette sensation de vacances et d'infini que d'autres cherchent dans la drogue, mais que moi je trouvais tout simplement dans l'attente."

Si l'écriture de Modiano fait merveille dans la nuit noire, il y a pour moi un peu trop de répétitions insistantes. Cela est la marque de la pensée de Modiano mais moi cela finit par me lasser.

Envoûtantes promenades dans Paris

10 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 80 ans) - 15 novembre 2012

La petite musique de Modiano est de retour pour notre plus grand plaisir ! Cette fois le narrateur (l'auteur ?) essaie de se rappeler une jeune fille qu'il a brièvement fréquentée dans les années soixante et qui lui a fait rencontrer des personnages bizarres que le lecteur découvrira petit à petit par de petites touches partielles et discrètes. Y a-t-il un dramatique secret derrière tout cela.

Ce qui enchante le récit, ce sont surtout les innombrables promenades dans Paris, à la fois maintenant et dans le passé, il y a cinquante ans, lorsque la capitale se transformait radicalement. Le quartier latin est surtout mis à contribution ; j'ai personnellement beaucoup apprécié ses descriptions de la "Halle aux Vins" et de l'Université dont la construction démarrait à peine.

Bravo Patrick Modiano, on souffre parfois en l'entendant s'exprimer avec difficultés, par exemple sur les plateaux de télévision. Mais sa prose est merveilleuse de clarté et de poésie.

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