Le monde à l'endroit de Ron Rash

Le monde à l'endroit de Ron Rash
(The World Made Straight)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Anonyme3, le 4 septembre 2012 (Inscrit le 6 septembre 2011, - ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 576ème position).
Visites : 3 393 

Ron Rash fait fort, un triller Américain historique et civilisationnel façon Scorsese. Sublimissime et à Ne pas rater.

Biographie de l'auteur:

Ron Rash, né en Caroline du Sud en 1953, a écrit à ce jour trois recueils de poèmes, quatre de nouvelles (dont un finaliste du PEN/Faulkner Award 200, et trois autres romans — tous lauréats de plusieurs prix littéraires. Ses nouvelles et poèmes ont été publiés, entre autres, dans The Yale Review, la Sewanee Review, la Southern Review. Son premier roman, Un Pied au paradis, unanimement loué par la critique, a été récompensé par l’Appalachian Book of the Year et le Novello Literary Award.Son dernier recueil de nouvelles, Burning Bright, a obtenu en 2010 le prestigieux prix Frank O’Connor Award. Ron Rash est actuellement titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University. Il vit dans les Appalaches, berceau de sa famille depuis 1750.

Quatrième de couverture:

Travis Shelton est un jeune gars de dix-sept ans, en perpétuel conflit avec son père, un peu bravache, un peu paumé. L’été où débute ce roman, un jour de pêche à la truite, le hasard lui offre l’occasion de commettre la bêtise qui va sans doute changer le cours de sa vie : il tombe sur une plantation clandestine de chanvre indien. C’est un jeu d’enfant de couper quelques pieds et de charger le plateau de son pick-up. Pour écouler la moisson miraculeuse, il s’adresse à un ancien prof devenu dealer, Leonard Shuler. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire du champ, l’intraitable Carlton Toomey, qui lui sectionne au couteau le tendon d’Achille, histoire de lui apprendre qu'on ne vole pas le bien d’autrui. Mais ce ne sera pas la seule leçon de cet été-là : Travis quitte ensuite la maison paternelle et trouve refuge dans le mobile home de Leonard, qui va devenir son mentor. À cette occasion, Travis découvrira les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la Guerre de Sécession, et se trouvera confronté aux doutes engendrés par le passé. Le passage à la stature d’homme se fera certes, et comme souvent, au prix de la découverte de l’amour et de la rupture avec le père, mais il y aura aussi un prix plus fort à payer, qui aura pour monnaie le sang.

Mon avis:

+: Triller très bien écrit, très bien traduit par Isabelle Reinharez et qui se lit vite. Histoire, d'une amitié, d'un amour et d'un avenir d'une beauté et d'une pureté incomparable. Fin splendide empruntée aux meilleurs films du maître en la matière, Martin Scorsese. Quatrième de couverture extrêmement bien faite et première de couverture d'une beauté ruisselante et mouchetée (On voit un couteau et des poissons vidés sur un rocher où en contrebas il y a une rivière.).

-: Rien à redire.

Conclusion :

Dans " Le Monde à L'endroit", un triller Américain historique et civilisationnel façon Scorsese, Ron Rash fait fort impression de par son écriture dynamique, aérée et splendide et son histoire Historiquement noire. Merci pour ce pur et très bon moment de lecture.

A Ne pas rater en cette rentrée littéraire 2012. A lire Absolument.

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Curieux ce monde.

5 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 16 décembre 2015

J'avais été séduit par "la terre d'ombre" et par "un pied au paradis". Ces deux romans faisaient la part belle à une ambiance prenante, des descriptions pointues et une originalité de bon ton.
La lecture du "monde à l'endroit" m'a vraiment laissé sur ma faim. J'ai trouvé le texte léger, l'histoire un peu indigeste et la corrélation avec le massacre de Shelton Laurel fort peu fouillée.

Dommage.

LE PAYSAGE TEL UN DESTIN

10 étoiles

Critique de OSCARWY (, Inscrit le 23 février 2013, 63 ans) - 21 avril 2015

Caroline du nord \USA \Appalaches \ 'le temps frais donnait toujours un aspect plus net aux montagnes comme si elles étaient coupées au ciseaux dans du papier à dessin Le paysage tel un DESTIN'
Le paysage si merveilleusement décrit dans ce roman est avant tout un enfermement , dans ce paysage splendide comme dans une boule de verre pleine de neige que l'auteur va retourner et secouer, se trouve enfermé des vieilles haines des atavismes culturels avec leurs lots de croyance et de violence, de fantômes surgis des brumes de la guerre de Sécession qui envahissent l'air et le sol, la crise économique qui est passée par là a tout ravagé , fabriqué des marginaux en tout genre , les anciens fermier ont délaissé la culture du tabac pour la vente de pilules de black beauties à leurs enfant en chantant parfois des chansons country avec des voix d'anges. Leur fils tournent en rond dans des vieilles Mercury Comet sans enjoliveurs, écrasant leur pack de bière dans les rues de Marschal la mince capitale du Comté au son des slides guitar des Skynyrd.
Le livre commence quand Travis va pêcher dans la French Broad River et se termine lorsque Léonard à son tour , mais d'une toute autre manière va s'immerger dans la même french broad river , parce que la Rivière est le seul moyen de détourner le cours des choses et la seule issue de secours possible pour s'échapper comme le poisson tant convoité par Trevis de cet enfermement de l'espace et du temps , seule la rivière peut faire éclater la boule à neige que Ron Rash agite avec son grand talent sous nos yeux de lecteur
Et puis à signaler page 205 une belle citation de SIMONE WEIL ' l'art de la guerre a pour véritable objet l'âme même des combattants'

Rudesse du Nouveau Monde

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 12 février 2015

On a tendance à l’oublier mais la vie dans le Nouveau Monde, je veux parler ici des Etats – Unis (ou au moins de l’Amérique du Nord), est rude. Notamment en milieu rural. Guère de protections sociales, comme en Europe, guère « d’amortisseur », c’est la règle du « chacun pour sa peau » et il vaut mieux être fort plutôt que faible. On a souvent tendance à l’oublier.
Dans « Le monde à l’endroit », Ron Rash nous remet justement la tête à l’endroit. C’est que le monde dont il est question n’est pas la Californie ou une grosse métropole de la Côte Est, il s’agit d’un bled paumé de Caroline du Nord, rural de chez rural, où le père de Travis Shelton tente de faire survivre sa famille en s’éreintant – et en demandant à Travis de s’éreinter de la même manière – à produire du tabac qui ne génère guère de profit, en tout cas pas en rapport avec les efforts abrutissants à fournir.
Travis a 17 ans. Il est mal dans sa peau. Il se sent brimé, pas reconnu à sa valeur, plutôt en rébellion. Le terreau est propice pour commettre une c… . La c… en question, c’est qu’il tombe un beau matin, partant pêcher la truite, sur une plantation clandestine de cannabis. Et qu’il en prélève des plants, qu’il revend à un dealer notoire, Leonard Shuler. Hélas il prend goût à cet argent plus facile que celui du tabac. Il y retourne et … tombe sur le propriétaire, Carlton Toomey et son fils, le degré juste au-dessus des dégénérés mentaux, qui lui fait payer cher son vol. Il lui sectionne gentiment au couteau un tendon d’Achille (trop cool !). Tout va s’enchaîner derrière : la fuite de la maison familiale après brouille définitive d’avec le père, le refuge trouvé auprès de Leonard Shuler qui s’avère en fait un enseignant en rupture de ban et qui a pas mal de problèmes psychologiques à régler lui aussi.
Paradoxalement la prise en main de Travis par Leonard s’avèrera positive, Leonard retrouvant ses réflexes d’enseignant. Ron Rash va nous décrire la maturation de Travis dans ces moments clés de la formation d’un homme. Se greffera sur tout ceci le passé (même aux Etats – Unis !) qui va diviser les deux hommes, un passé qui date de la guerre de Sécession et relatif à un massacre comme on sait en commettre en temps de guerre … Et puis l’amour aussi. Que serait une formation d’homme sans amour ?
Pas simple non plus. Mais Ron Rash ne choisit pas la simplicité, Ron Rash a choisi de nous écrire un beau roman : c’est le cas.

Guerre de sécession et crise de l'adolescence...

5 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 80 ans) - 2 mars 2013

Manifestement l'auteur a voulu faire de Shelton Laurel, un massacre (13 morts) survenu en Caroline du Nord pendant la guerre de sécession, le point central de son roman. L'idée est excellente mais la réalisation pèche, à mon avis, sur plusieurs points.

La documentation est un peu légère. Les recherches ont-elles été suffisantes ? L'auteur compense par des visites du site par les protagonistes en racontant chaque fois les mêmes choses : le lecteur "fatigue" et la tentation est grande de sauter des passages, c'est dommage.

Finalement ce sont les personnages du roman qui ont la vedette et ils ne sont guère sympathiques, ni très originaux : l'adolescent en révolte contre son père et tous les adultes du système se réfugient dans l'alcool et la drogue, on a déjà vu ça ! L'intellectuel abandonné par sa femme qui craint de prendre une initiative.

J'ai aimé pourtant les pêches à la ligne en pleine nature. La conclusion marquée par une violence gratuite et malsaine ne m'a pas réconcilié avec cet auteur qui devient très à la mode.

Une question technique : peut-on vraiment récupérer l'usage de son son pied après rupture du tendon d'Achille ?

Une aventure humaine

9 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 40 ans) - 27 janvier 2013

Travis est en déroute et semble avoir raté une marche dans son évolution d'homme. Il possède ses capacités propres et sa rencontre avec Léonard semble être le déclic pour qu'il mette en application ses qualités. D'ailleurs, tous les personnages charismatiques de l'environnement de Travis vont lui permettre, chacun à leur manière, de s'éduquer de manière brutale. Son père, Toomey et Léonard vont lui ouvrir les portes du passage à l'âge adulte. Il va grandir au contact de chacun d'eux et il va donc essayer de se racheter de ses fautes passées en faisant ressortir le meilleur de lui même. Mais on s'aperçoit que plus l'histoire avance et plus les chances d'une fin heureuse s'amenuisent, tant le passé sombre de la guerre de Sécession et ses secrets pèsent sur toute cette communauté.
Grâce à une écriture agréable, une certaine poésie pleine d'humanité ressort de cette lecture située dans les paysages sauvages des Appalaches et une certaine forme d'espoir accompagne malgré tout le déroulement du roman de Ron Rash. J'ai eu grand plaisir à suivre ce roman initiatique au milieu d'une région retirée des Etats-Unis, avec des personnages aussi attachants que désespérants.

Envoûtant mais sombre

8 étoiles

Critique de Marsup (, Inscrit le 22 octobre 2009, 43 ans) - 16 octobre 2012

Juste un petit mot sur ce très beau roman pour dire que je partage les avis laissés précédemment :

Un livre très bien écrit, des personnages attachants ou détestables mais toujours avec une vraie épaisseur, au service d'une histoire simple dans une Nature magnifiée par la plume de l'auteur.

A lire de toute urgence !

La vie simple et dure dans les Appalaches

6 étoiles

Critique de Isad (Occitanie, Inscrite le 3 avril 2011, 59 ans) - 22 septembre 2012

L’écriture est sans effet, âpre et vraie. Le difficile travail de la terre avec la culture de tabac, la chasse et la pêche pour se nourrir, des plans cachés de cannabis pour mieux vivre, l’alcool ou la drogue pour oublier le réel, des sentiments amoureux qui persistent malgré les déceptions ou qui émergent, les rancunes et les vengeances, voilà les ingrédients de ce livre.

En interludes, nous avons les extraits du journal d’un médecin de campagne et une bataille de la guerre de sécession qui n’a pas été oubliée par les descendants des combattants.

L’auteur semble s’être fait une spécialité de cette atmosphère un peu primaire, près de la nature, peuplée de solitude, de désillusions, de peur des autres mais aussi de tentatives pour échapper au mal-être ou à l’environnement initial qui englue et aspire à la permanence. Et la fin laisse toujours de l’espoir.

IF-0912-3950

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