Dans un pays imaginaire, Paduk, le fondateur du parti de « l’homme moyen » et apprenti tyran, a renversé le gouvernement régulier. Il a besoin d’une caution morale et intellectuelle à sa forfaiture. Il envoie chercher Krug, le plus grand philosophe du pays. Sur la limousine flotte l’emblème du nouveau gouvernement qui ressemble à une araignée écrasée mais encore grouillante. Paduk demande au professeur Krug de renier ses idéaux et d’écrire un discours à la gloire du nouveau régime. Krug refuse. Mais il a un petit garçon. Et l’Etat a un moyen de pression facile.
Brisure à Senestre (1946) est le douzième roman de Nabokov, son premier écrit en Amérique et le second rédigé en anglais. Ce n’est pas une dystopie, ni un roman sur le totalitarisme contrairement aux médiocres « 1984 » ou « Le meilleur des mondes ». Le sujet principal est l’amour d’un père pour son fils. Dans l’esprit le roman est plus proche du « Dictateur » de Chaplin. Les dialogues sont brillants, surréalistes et drôles ; l’écriture fine et inspirée : du pur Nabokov.
Ravenbac (Reims, Inscrit le 12 novembre 2010, 47 ans) - 20 avril 2013 |