Le bonheur : tableaux et bavardages de Philippe Delerm

Le bonheur : tableaux et bavardages de Philippe Delerm

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Jules, le 4 janvier 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 262ème position).
Visites : 2 704  (depuis Novembre 2007)

Un grand moment d'intimité et de bonheur

Quoi ? Un homme heureux, et qui le dit ?… Quelle race est-ce là ?. Il a de l’argent qui lui sort par les oreilles ? … Il a hérité ? Une maison à en tomber raide, avec piscine, sauna et le garage trois voitures ?.
Avec les engins tout prêts à ronronner dedans ? Hé ! non. Vous ne trouverez rien de tout cela chez Philippe Delerm. Vous y trouverez une femme qu’il aime, une maison de « rue triste » comme il le décrit lui-même et un intérieur où les affiches de Folon remplacent les tableaux de Matisse ou Picasso ! Mais il est heureux ! Heureux parce qu'il sait regarder, trouver la poésie des choses. Depuis un sourire de sa femme dans le soleil, jusqu'au charme de la pluie, cet homme saisit chaque moment de bonheur qui passe.
« Je vais parler de mon bonheur. Je serai forcément moins amer que sucré, plus doux que révolté, et plus ici qu’ailleurs. Mais je connais la violence du siècle. Si j’ose prononcer le mot bonheur, le siècle dit cocon, cucul, tout mièvre, tout fadeur. »
Mais il n’empêche !… Il est heureux Philippe Delerm !… De regarder, pas nécessairement de posséder. Comme quoi mon ami Louis Ferdinand (Céline pour qui veut de la précision) a tort quand, dans le « Voyage au bout de la nuit », il dit : « on ne se délivre que de ce qu'on possède. ». Il est délivré, Philippe Delerm et sans posséder ! Son bonheur il l'a dans son cœur et dans sa tête, juste une autre façon de regarder la vie ! C’est vrai que Louis Ferdinand il a pas été programmé pour le bonheur, lui ! Et pourtant, Delerm n’a pas fait de concessions à la mode, pour écrire des livres qui se vendent et gagner mieux sa vie.
Une grande partie de ses livres étaient publiés bien avant « La petite gorgée de bière » qui a fait un énorme succès. Il était comme cela et il a écrit comme cela, longtemps, sans courir derrière le succès et il est venu !… Bien mérité !. Quand je lis Yourcenar, je suis heureux parce que je flirte avec l'intelligence. Quand j'ai lu « le Bonheur : Tableaux et autres bavardages » j’ai été heureux parce que c'est le bonheur, tout simplement. Et tant pis si moi aussi je me fait traiter de « cucul » !

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Le juste moment

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 10 août 2016

Il en va des livres comme des gens ; des rencontres au hasard peuvent déboucher sur de belles histoires, des affinités, des partages d'idées.
C'est exactement ce qui m'est arrivé avec ce recueil. Même si je suis une admiratrice de Delerm dont je lisais le 12° livre, conquise avant même de commencer en général, je me suis immédiatement sentie en accord avec ses mots, qui résonnaient en moi ;
dans ses questions sur le bonheur ; les moments intenses de la perception, d'un arrêt sur image, tout en ayant conscience de sa fragilité, de sa rareté.
Mais aussi de la culpabilisation qu'accompagne le bonheur, la gêne de le révéler.
"Je parle de bonheur autour de moi, ces derniers temps. Le mot n'a pas grand succès. Bonheur ? On hésite un peu, on jette les syllabes dans l'espace. Elles s'envolent, légères, et les gens font la moue. Bonheur ? Non, pas vraiment. On lui préfère paix,équilibre, harmonie."

Avec toujours les mêmes mots justes, il raconte des choses simples et éphémères, une maison accueillante, un chat lové et confiant, une tasse de thé…
Dans ce livre édité en 1990, il faut être de notre génération pour apprécier certaines scènes, pour se souvenir des dessins et aquarelles de Folon, de l'apparition d'un chanteur atypique, à contre-courant des tendances, Yves Duteil (dont on n'est pas étonné d'apprendre l'amitié).

Il est des choses rares ; le bonheur en fait partie. Plus rare encore, la conscience que le bonheur est là. Delerm fait partie de ces gens, plus étonnant encore, alors qu'il n'a qu'une trentaine d'années.
"Je n'ai pas raison d'être heureux. J'ai simplement beaucoup de chance, et cette envie de la nommer pendant qu'elle passe."
Une sorte de sagesse dans une petite bulle hors du temps ; je reste une grande admiratrice.

Lecture expérimentale

5 étoiles

Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 31 ans) - 11 juillet 2016

Le bonheur n'est pas un roman, mais plutôt une série de petits textes, des "tableaux et bavardages" comme les appelle Philippe Delerm. C'est un livre qui se lit à petites doses pour mieux savourer la prose, pour s'imprégner de l'ambiance. Certains tableaux m'ont parlé, touchée, certains ont résonné, se sont superposés sur des états d'âme et m'ont fait m'exclamer dans ma tête que c'est "exactement ça", alors que d'autres m'ont ennuyée ou laissée carrément indifférente. C'est un petit livre sans prétention, difficile à noter parce que je pense que c'est une lecture un peu expérimentale qui résonnera différemment pour chacun de nous. Pour ma part, elle a résonné, mais de façon inégale. Voilà!

L'ami ricoré

5 étoiles

Critique de Sido (Grenoble, Inscrite le 26 janvier 2004, 63 ans) - 2 mars 2004

Pour ma part, Delerm me parle devant un bol de chicorée-café fumant. Très bon pour les téléfilms du samedi soir.

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