Les Simenon, ce ne sont pas des policiers avec des personnages importants à qui il arrive des événements extravagants, le tout ponctué de coups de théâtre rocambolesques. Non. Les Simenon sont des romans où les personnages sont des gens ordinaires qui mènent une vie banale. Tout le talent de Simenon se révèle dans la description de cette vie ordinaire perturbée par un événement dramatique.
« L’homme de Londres » est un modèle du genre. Un homme ordinaire, Maloin, est aiguilleur. Une nuit, alors qu’il est à son poste, il assiste à un meurtre. Puis il parvient à récupérer la mallette de la victime. A partir de là, sa vie, son quotidien, son train-train vont basculer. Cette mallette et l’assassin qui rôde dans la petite ville vont devenir son obsession et vont révéler chez lui une dimension humaine inattendue.
Tout au long du roman, une tension s’installe entre la banalité du quotidien et l’événement dramatique. Simenon parvient à la rendre palpable à l’aide de descriptions minutieuses de petits détails de la vie courante qui font irruption dans l’action et dans la trame principale. En voici un exemple :
« Elle frappa de petits coups à la porte, haleta, dès que sa mère ouvrit :
- Il y a un homme dans la cabane !
- Qu’est-ce que tu dis ?
- Et j’ai vu un gendarme sur la falaise. On doit chercher quelqu’un.
La-haut, dans sa petite chambre, Maloin ouvrit un œil en entendant le murmure des deux femmes. Il aperçut le papier peint à rayures argentées qu’il avait posé à la place de l’ancien, qui était à fleurs, parce que le marchand lui avait dit que c’était plus moderne. Mais il ne pouvait pas s’y habituer, pas plus qu’au morceau de soie rouge orné de quatre glands en bois qui servait d’abas-jour. » Puis l’action reprend…
« L’homme de Londres », un classique.
Mieke Maaike (Bruxelles, Inscrite le 26 juillet 2005, 39 ans) - 14 février 2006 |