Accabadora de Michela Murgia

Accabadora de Michela Murgia
(Accabadora)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Koudoux, le 27 septembre 2011 (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 53 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 964ème position).
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Fillus de anima

Fillus de anima

« C’est ainsi qu’on appelle les enfants doublement engendrés, de la pauvreté d’une femme et de la stérilité d’une autre. De ce second accouchement était née Maria Listru, fruit tardif de l’âme de Bonaria Urrai »
Le ton est donné.

L’auteur nous raconte à travers l’histoire de la petite Maria, aussi bien la vie quotidienne que les cérémonies traditionnelles comme les mariages et les décès dans un petit village sarde des années 50.

Zia Bonaria entoure de soins et de tendresse la petite Maria. Elle lui permet de faire des études et lui offre son métier de couturière.
Mais que fait Zia Bonaria certaines nuits enveloppée dans son long châle noir?
Ses mystérieuses disparitions nocturnes vont troubler la petite.
Le jour où elle découvrira l’existence de l’accadabora, devra-t-elle naitre une troisième fois ?

On a l’impression d’y être dans ce village, de participer à la confection des pains pour le mariage…
Les personnages sont très attachants.
L'auteur met en évidence de nombreuses questions dont la plus grave : le choix d'abréger les souffrances d'un mourant.
Ce roman est très agréable à lire.

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Les éditions

  • Accabadora [Texte imprimé], roman Michela Murgia traduit de l'italien par Nathalie Bauer
    de Murgia, Michela Bauer, Nathalie (Traducteur)
    Seuil
    ISBN : 9782021025071 ; EUR 17,00 ; 18/08/2011 ; 214 p. ; Broché
  • Accabadora [Texte imprimé], roman Michela Murgia traduit de l'italien par Nathalie Bauer
    de Murgia, Michela Bauer, Nathalie (Traducteur)
    Points / Points (Paris)
    ISBN : 9782757829998 ; EUR 6,30 ; 30/08/2012 ; 181 p. ; Poche
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La dernière mère

8 étoiles

Critique de Clara33 (, Inscrite le 29 septembre 2008, 70 ans) - 9 juin 2012

C'est un livre surprenant qui évoque les étranges coutumes d'un petit village sarde dans les années 50. En effet, en ce temps là, il était possible pour une femme déjà âgée de choisir dans une famille nombreuse, sans ressources, la dernière fille et de l'adopter sans autres formalités. Elle devenait ainsi, "fill'e anima". C'est le sort de Maria qui découvre que sa mère adoptive occupe dans ce village une fonction bien mystérieuse: elle est "accabadora". Cette appellation fait tout de suite penser à une de ces formules magiques destinées à quelques maléfices. En effet, c'est elle que l'on appelle lorsque une personne est mourante ou veut mettre fin à ses jours. Ces étranges coutumes peuvent apparaître choquantes. Elles se déroulent dans le secret d'un petit village replié sur lui même et dont les habitants sont peu au fait de la légalité. Michele Murcia nous dépeint un petit monde où la vie communautaire tient une grande place. On se réunit pour les mariages et les préparatifs durent trois jours, on aide les femmes à accoucher et lorsque une famille est en deuil, de véritables pleureuses viennent la soutenir. Comment s'étonner de l'étrange fonction de l'acccabadora? C'est un rôle secret, bien que connu de tous, une sorte de fonction sociale qui nous interpelle sur l'euthanasie. Sobrement écrit, ce livre nous décrit une société villageoise simple mais rude, aux coutumes archaïques. Loin de notre modernité, ce récit nous procure un véritable dépaysement. Peu à peu, on se laisse toucher par ces personnages en particulier Maria dont le cas de conscience ne nous laisse pas indifférent.

l'endormeuse

10 étoiles

Critique de Zazy (, Inscrite le 29 juillet 2011, 68 ans) - 27 mai 2012

C’était il y a longtemps et pourtant, nous sommes en 1950 à Soreni, village de Sardaigne. Les femmes sont habillées en noir, deuil d’un mari, d’un enfant, d’un fiancé mort pendant les 2 dernières guerres. La terre est dure, les traditions tenaces, les habitants de ce village s’épient, se jalousent, se volent, s’entraident…. La vie normale d’un petit village.

Tzia Bonaria, veuve avant d’être mariée, ventre sec, va trouver Anna Teresa Listru et lui propose de recueillir sa dernière fille Maria, dite, la dernière, la quatrième, la fille en trop…. Maria « Fill’e anima », fille d’âme, est élevée par Tzia qui lui donnera tout son amour, la confiance, l’éducation. Elle découvrira la sensation insolite d’être importante pour quelqu’un, de pouvoir grandir tranquillement. Pourtant, une nuit, elle découvre que Tzia s’absente la nuit…. Ce secret, ce sera son ami d’enfance qui le lui dévoilera à l’occasion du décès de son frère. Tzia est accabadora, l’endormeuse… Les femmes sardes donnent la vie mais certaines sont appelées au chevet de moribonds, qui le demandent, pour donner la mort. Pour l’accepter, il faudra que Maria quitte le village pour aller sur le continent, puis revienne assister Tzia mourante.

Fill’e anima, fille de l’âme, celle que l’on choisit pour l’amener vers soi, pour l’élever. Accabadora, fait presque penser à une formule magique. Le pouvoir poétique des mots étrangers est immense.
Quel plaisir cette lecture lente, au rythme de la vie de ce petit village du bout du monde où la modernité, synonyme de la fin de ces traditions, arrive à tous petits pas. Michela Murgia tisse autour de nous un voile de tendresse, de rudesse, de filiation, de transmission grâce à une écriture fluide, tout en retenue et si poétique que je n’ai pu reposer le livre. Un très bon livre que je ne peux que recommander.

Le cœur cousu de Carole Martinez version italienne

7 étoiles

Critique de Elya (, Inscrite le 22 février 2009, 27 ans) - 28 mars 2012

Le cœur cousu de C Martinez, écrivain espagnole, a été beaucoup apprécié sur CL et plus généralement par de nombreuses lectrices. J’avais peu accroché à celui-ci qui contait l’histoire d’une famille aux lourds secrets, comprenant une couturière, qui errait dans une Espagne d’il y a quelques décennies. J’ai retrouvé dans ce roman de M Murgia, jeune auteur italienne, l’atmosphère qui régnait dans le cœur cousu.

L’histoire se déroule cependant en Sardaigne, mais sans doute à peu près à la même époque ; une période où la pauvreté et la famine touchaient de nombreuses familles. Maria est la dernière d’une famille de 5 filles ; pour assurer la survie de ses aînées, elle est donnée à une vieille femme du village, Tzia. Cette dernière se montre relativement froide et mystérieuse mais assure à Maria une éducation qui lui aurait fait défaut dans sa famille de sang. Tzia est une couturière, mais très vite on se rend compte, comme Maria, qu’elle a une activité secrète.

C’est un court roman qui laisse tout du long planer une onde de mystère. Les liens si étranges et si vides d’affects qui unissent les différents personnages sont bien décrits ; on accroche complètement à cette histoire atemporelle, bien loin de notre société actuelle. Le style de M Murgia est cependant très banal.

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