Le Double de Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski

Catégorie(s) : Littérature => Russe

Critiqué par Tophiv, le 31 mai 2002 (Reignier (Fr), Inscrit le 13 juillet 2001, 42 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 926ème position).
Visites : 7 668  (depuis Novembre 2007)

Un autre grand roman de Dostoïevski

Le Double est un des premiers textes de Dostoïevski. Dans celui-ci, un fonctionnaire russe, timide et discret subit l'irruption de son double dans sa vie. C'est un homme qui lui ressemble physiquement en tous points, qui a le même nom mais qui présente des traits de caractères opposés, il est malhonnète, très communicatif ...
Durant tout le roman, on ne sait discerner le vrai du faux, on ne sait jamais si ce double est le fruit de l'imagination du héros ou s'il est bien réel. On oscille entre le roman fantastique et le roman "social".
C'est pour moi un excellent roman car la force des thèmes (la folie, l'inconscient, l'autre, les barrières sociales, le paraître ...) est ici alliée à une histoire originale et un style encore plus original qui peut dérouter un peu le lecteur dans les premières pages mais qui une fois accepté, permet une plongée dans l'esprit du héros qui restera longtemps dans mes souvenirs de lecteur.

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Doublement raté

3 étoiles

Critique de Ravenbac (Reims, Inscrit le 12 novembre 2010, 51 ans) - 29 décembre 2013

Pour faire passer l’idée de l’ennui le romancier doit-il être ennuyeux ? Dans Le double Dostoïevski conte les malheurs de Goliadkine, un fonctionnaire discret et lâche. Un jour Goliadkine croise son double, sa copie physiquement parfaite mais à la personnalité antithétique. Le roman commence bien, empreint d’une atmosphère étrange.
Les monologues intérieurs de Goliadkine rendent bien son délire de persécution. Dostoïevski consultera des traités de médecine pour asseoir son récit. Mais très vite l’auteur perd le fil de la narration dans des monologues interminables. Les moins téméraires auront déjà refermé le livre.
Dès lors l’intérêt du livre réside dans le fait de savoir comment l’auteur va résoudre son histoire de double.

Prenant

8 étoiles

Critique de Alex1503 (, Inscrit le 18 septembre 2011, 22 ans) - 21 octobre 2012

C'est un livre très troublant de Dostoïevki qui nous plonge (je trouve) dans une atmosphère assez pesante et inquiétante.
On ne sait si ce double est réel ou non, on ne sait si M. Goliadkine déforme la réalité, s'il est en plein délire. On ne discerne pas le vrai du "jeune".
C'est une oeuvre qui m'a mis assez mal à l'aise durant la lecture du fait d'être dans un doute permanent mais qui m'a beaucoup captivé.
J'adore le côté psychologique de Dostoïevski dans ses romans mais j'ai quand même préféré Crime et Châtiment sur ce point. =)

"Ceci et cela"

8 étoiles

Critique de Lynch (Perpignan, Inscrit le 15 avril 2007, 41 ans) - 4 décembre 2011

Difficile pour moi de me lancer dans la critique d'un roman d'un tel auteur, un monument de la littérature russe comme l'est Dostoïevski. J'avais lu il y a quelques années "Crime et châtiment" et avais été impressionné par le style de l'auteur, l'étude psychologique profonde du héros et tout simplement le génie de cet auteur. J'avoue ne pas avoir été autant impressionné à la lecture de ce roman mais je me suis malgré tout plongé avec délectation dans l'esprit torturé de ce monsieur Goliadkine. Quelle est la part de réalité ? Quelle est la part d'imaginaire ? Qui est vraiment ce double source de tant de tourments chez notre héros ? Paranoïa ? Syndrome de persécution ? Schizophrénie ? Contre qui ? contre quoi se bat et ce débat ce monsieur Goliadkine ?
Ce roman ne fait pas partie de ce que les spécialistes de Dostoïevski s'accordent à définir comme ses grands romans mais il n'en reste pas moins un objet de curiosité qui vaut le détour si l'on aime cet auteur.

Unique

6 étoiles

Critique de Stavroguine (Paris, Inscrit le 4 avril 2008, 33 ans) - 15 août 2010

Œuvre unique et atypique dans la bibliographie dostoïevskienne, c’est d’abord par sa flamboyance, plus que par son aspect fantastique, que frappe Le Double. De la première à la dernière ligne, l’auteur semble en effet pris d’une sorte de frénésie, propre à retranscrire la folie qui agite le pauvre Iakov Petrovitch Goliadkine, conseiller titulaire jouissant, semble-t-il, des meilleurs états de service jusqu’à ce qu’un jour, soudainement, le pauvre homme perde pied.

Un des problèmes de l’œuvre est justement que Goliadkine ne nous ai présenté qu’alors même qu’il est justement en train de perdre pied, d’accumuler les scandales et les infamies – dont on ne saisit pas vraiment tous les tenants et aboutissants, si ce n’est qu’il est question d’une importante somme de roubles et d’une certaine jeune fille – et tombe rapidement en disgrâce auprès de ceux-là même qui, jusque lors, avaient été ses plus fidèles soutiens et bienfaiteurs, et qui lui claquent maintenant leur porte. Devant tant d’hostilité, Goliadkine est au moins aussi perdu que le lecteur qui aurait décidément aimé avoir ne serait-ce qu’une idée de ce qui se passe à ce moment-là et qui n’est pourtant qu’au tout début de ses peines – à vrai dire, il n’y est même pas encore vraiment – puisque surgiront bientôt et avec non moins de truculence, un docteur allemand, l’évocation accablante pour Monsieur Goliadkine d’une certaine Allemande vis-à-vis de laquelle il n’a, semble-t-il encore, pas fait montre d’une conduite irréprochable et enfin, le pompon, ce fameux double et homonyme que ledit Goliadkine confondra à plusieurs reprises avec une glace ne lui rejetant à la face que sa propre image – c’est d’ailleurs sans doute ici que se trouve le fin mot de cette histoire rocambolesque.

En effet, le lecteur comprend bien vite que, de double, il n’y en a simplement pas, si ce n’est dans l’esprit malade du pauvre Monsieur Goliadkine qui ne fait que se voir à la troisième personne lorsqu’il observe le comportement inqualifiable de son infâme cadet, pour lequel il paiera invariablement les pots cassés, tandis que l’autre, dans une vision pour ainsi dire fantasmée, s’en sortira avec des honneurs toujours plus grands, là encore, fruits des plus hautes aspirations d’un Monsieur Goliadkine qui se rêve accumulant les récompenses et gravissant avec fulgurance les échelons de la fonction publique et de la société petersbourgeoises.

Le mauvais double de Monsieur Goliadkine, intrigant et farceur, sera une figure récurrente dans l’oeuvre de Dostoïevski, bien que sous une forme différente, l’auteur préférant pour la suite à cette débauche de folie trop criarde, un mal sournois qui s’empare ponctuellement d’un être fort, sans que celui-ci n’y puisse rien faire jusqu’à ce que, par lui, survienne le scandale. Si les libérations de ce surmoi malin donneront plus tard lieu à certains des passages les plus marquants de l’œuvre de Dostoïevski, sa description, par trop clinique, nuit ici aussi bien à la compréhension de l’œuvre qu’au plaisir de lecture : si Dostoïevski n’a pas son pareil pour retranscrire – dans ce style incroyablement embrouillé, endiablé, fulgurant ! – le flot de pensées déliées de son héros et leurs moult flux, reflux et tergiversations, c’est au prix de la perte de l’attention du lecteur qui aura tôt fait de ne plus rien comprendre aux atermoiements de Goliadkine et à sa déraison. Bien entendu, tout cela est voulu et si le lecteur, aussi attentif soit-il, se perd inévitablement, ce n’est ni la faute de sautes de concentrations ni celle de l’auteur, mais plutôt tout simplement parce que le mode de raisonnement de Goliadkine est bel et bien dépourvu de sens et de la moindre logique. La maîtrise de Dostoïevski, ainsi que sa modernité – son avance, même, sur son temps –, sont, encore une fois, dignes des plus hauts éloges. Il n’empêche que, pour le lecteur, Le Double sera, dans ses grandes lignes, parfaitement illisible, si ce n’est d’un œil distrait et n’aspirant jamais qu’à en voir, enfin, le bout.

Dostoïevski est un grand écrivain et le prouve encore ici ; tout est flamboyant : le style, la maîtrise de la trame narrative alors même qu’on a l’impression que tout va vau-l’eau, la schizophrénie cent ans avant qu’on ne la retrouve dans tous les films de série B… Il n’en reste pas moins que tout est comme trop brut et que les critiques adressées à l’œuvre lors de sa parution demeurent, elles aussi, parfaitement d’actualités : « Goliadkine est tellement morne et ennuyeux, tellement long qu’il n’y a pas moyen de le lire. »

Rêve éveillé?

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 5 septembre 2009

Un des premiers romans de Dostoievski, que j'ai trouvé un peu inégal par rapport à ses romans suivants (le joueur, et les quatres "grands" romans suivant). L'histoire est celle d'un fonctionnaire qui semble souffrir de certains troubles: tout à coup il rencontre un double, qui lui ressemble parfaitement, qui le nargue et se fait constamment valoir au détriment de notre homme. Dans ce roman, le lecteur se pose constamment la question de la réalité de ce qui est raconté? Est-ce que ce double existe vraiment, ou est-ce une folie de dédoublement de personnalité?

Un roman intéressant par le procédé narratif, mais qui ne m'a pas emballé comme Dostoïevski peut le faire dans ses grands romans.

Répétitif

5 étoiles

Critique de Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 45 ans) - 25 mars 2009

Grand adepte de Dostoïevsky, j'ai relu voilà peu ce roman et l'impression que j'avais eu voilà quelques années ne s'est pas effacée. Dommage.

Le Double fait partie des romans que notre Fédor a composé au début de sa carrière et du coup cet essai n'est pas des meilleurs à mon goût.
Goliatkine, fonctionnaire célibataire de la rue des Six-Boutiques va bientôt avoir maille à partir avec un homme qui n'est autre que son double parfait; à cette différence prêt que ce dernier ne manque ni de culot ni d'audace pour être apprécié de ses supérieurs.

Le postulat de départ est intéressant: Goliatkine se voit confronté à sa propre image mais sublimée, dénuée de toute altération d'ordre sociale. Ainsi cet alter-égo étrange n'est ni timide ni effacée, au contraire il impose son aura et efface le véritable Goliatkine.

Néanmoins, l'écriture si forte, l'imagination si puissante et le style si empathique chez Dostoïevsky le sont beaucoup moins à mon goût ici.
Plus qu'une montée angoissante d'une certaine frayeur, j'y ai trouvé une répétition futile et lassante de scènes déjà vues. Peut-être le but de l'auteur était-il d'apporter un oeil tragi-comique à son roman.....

Bref ce n'était pas là son meilleur roman à mes yeux mais on lui pardonnera.

Étrange ET original

7 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 7 décembre 2008

Je ne savais pas trop où ça allait. Après un début chaotique et totalement incompréhensible, j’ai commencé à aimer ça vers la page où le personnage est jeté hors du bal et rencontre « l’autre ». Je ne sais quoi penser de ce livre... C’est très confus et c’est volontaire.

En lisant ce livre, je n’ai pas arrêté de penser aux nouvelles de Saint-Pétersbourg de Nicolas Gogol, que je dois avouer que je préfère en ce moment, reste que j’ai trouvé Le double intéressant.

Un cauchemar éveillé

9 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 24 septembre 2007

Ce roman est le deuxième de Dostoïevski. Il a été publié en 1846 pour la première fois. D’après André Markowicz, le traducteur, ce roman n’a pas eu un accueil triomphal comme le premier « Les pauvres gens ».

En effet, c’est un bien étrange récit que nous offre ici Dostoïevski. Monsieur Goliadkine, revenant d’une soirée complètement ratée où on ne l’a même pas reçu, fait une étrange rencontre en la personne de son double. Oui, en effet, il rencontre un homme qui lui ressemble en tous points et qui porte exactement le même nom que lui. Monsieur Goliadkine croît rêver mais hélas, son double ne lui laisse pas de répit. Il revient constamment dans la vie de Goliadkine, se fait embaucher au même bureau, se met en avant constamment au détriment de l’original. Il va même jusqu’à manger au restaurant en laissant la facture à vous savez qui…

C’est un véritable cauchemar que vit Monsieur Goliadkine et son double s’évertue à le torturer, à se moquer de lui et rire dans son dos. Toutes les tentatives de Goliadkine pour s’expliquer avec lui sont vaines. Le double est d’une lâcheté et d’une fourberie malicieuse et s’arrange toujours pour s’esquiver ou pour détourner le sujet de la conversation. "Quand donc tout cela finira-t-il ?" se lamente avec désespoir notre héros malheureux.

J’ai bien aimé cette histoire absurde qui me rappelle un peu Kafka par son côté inexpliqué. Le lecteur se demande sans cesse ce qui se passe et si c’est un rêve ou bien la réalité. Monsieur Goliadkine a-t-il des visions ? Est-il en train de devenir fou ? La paranoïa s’empare-t-elle de lui inexorablement ?

C’est excellent et très troublant. On ne peut que plaindre le pauvre héros qui se débat dans cette situation angoissante typique de Dostoïevski. Il adore placer ses personnages dans des situations désespérées et humiliantes au possible. Une lecture passionnante !

« L’hôte, visiblement, était dans le plus grand des troubles, il était pris de timidité, il suivait humblement le moindre geste de son propriétaire, captait ses regards et, d’après eux, semblait-il, essayait de lire ses pensées. Quelque chose d’humilié, d’écrasé, d’apeuré se lisait dans ses gestes, si bien que, si l’on me permet cette comparaison, il ressemblait un peu, à cette minute, à un homme qui, n’ayant pas d’habits à lui, a emprunté ceux de quelqu’un d’autre : les manches remontent, la taille arrive presque à la nuque, et, lui, soit il ne cesse de tirer sur son petit gilet misérable, soit il essaie de tout rendre de biais et il s’esquive, soit il essaie de se cacher quelque part, il tente d’attraper votre regard, il tend l’oreille, savoir si les gens ne parlent pas des circonstances qu’il traverse, s’ils ne se moquent pas de lui, s’ils ne le ridiculisent pas – et il rougit, cet homme-là, et il se perd, cet homme-là, et l’amour-propre qui souffre… »

Un siècle d'avance

10 étoiles

Critique de Feint (, Inscrit le 21 mars 2006, 54 ans) - 23 mars 2006

Le travail du narrateur, aux frontières de la réalité - que le lecteur se trouve en charge de reconstruire d'après les indices forcément détournés par la psychose du personnage -, la manière dont précisément il épouse au plus près cette conscience malade font de ce roman - qui n'a pas connu le succès du vivant de l'auteur - le plus moderne peut-être de Dostoïevski.

mon auteur préféré

8 étoiles

Critique de Prouprette (Lyon, Inscrite le 5 février 2006, 33 ans) - 23 mars 2006

Après les Frères Karamazov, que j'ai dévoré, mon chéri m'a offert Le double. Je n'y allais sans aucun a priori, presque persuadée d'adorer...et je ne me suis pas trompée. Cette sensation d'incertitude, de ne plus trop dicerner le réel du faux, c'est troublant et captivant.
Je le conseille vivement (pour ceux qui aiment le genre bien sur!)

On peut difficilement faire mieux.

10 étoiles

Critique de FightingIntellectual (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 34 ans) - 13 mars 2004

Dostoïevsky se montre ancêtre des King,Barker, Suzuki, Murakami et compagnie avec une psychologie incroyablement poussée.

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