Des feux fragiles dans la nuit qui vient de Xavier Hanotte

Des feux fragiles dans la nuit qui vient de Xavier Hanotte

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Patman, le 18 mars 2011 (Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 56 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 313ème position).
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Jolis feux

Vous le savez certainement, ce n’est un secret pour personne sur ce site, je suis « fan » de Xavier Hanotte. Bon, c’est pas un scoop vous en conviendrez. Je suis un vrai fan, un de la première heure, un de ceux qui ont suivis la carrière de l’auteur depuis son premier roman (Manière Noire en 1995, ça ne nous rajeunit pas !). Je me devais donc d’être au rendez-vous du nouveau livre de Xavier. « Des feux fragiles dans la nuit qui vient » est sorti il y a quelques mois déjà, je l’ai lu en janvier dernier (le temps, toujours ce temps qui nous manque !) et c’est seulement maintenant que je vous livre ma pensée.
Pas de Bart Dussert ici, pas non plus de guerre 14-18, le seul clin d’œil récurrent est la présence du poète Wilfred Owen et encore, d’une façon plus qu’originale que je vous laisse découvrir par vous-même. Un Hanotte complètement différent donc de celui que ses lecteurs fidèles connaissent, un peu comme lorsqu’il avait pris tout le monde à contrepied avec « Ours toujours » (2005).
Le héros ici est un certain Pierre Berthier. Sous-officier de réserve, il effectue ses six mois de rappel annuel obligatoires depuis que l’Île est en état de siège. En effet, il vit sur l’Île, en face du Continent. Là-bas, sur le Continent, le monde est en plein boom économique, la vie est facile, ici, sur l’Île, c’est le couvre-feu, la guerre, les attentats. Les Hautes Terres, au nord, ont déjà été évacuées, et l’ennemi fait peu à peu disparaître tous les vestiges de la vie d’avant. Le décor est planté, un monde « imaginaire » à une époque plus ou moins contemporaine de la nôtre, un monde qui ressemble pourtant à notre vieux continent européen, l’Île représentant la Grande Bretagne, en tout cas, on se l’imagine volontiers comme cela.
Un soir de patrouille dans les rues du port, un incident mineur se produit. Il va amener Berthier à faire deux rencontres, le Lieutenant Frédérique Jeunehomme et un mystérieux texte ancien, une légende nordique, « la Relève de Saint Olaf »… la double quête de Pierre Berthier commence, la quête de l’amour et la recherche d’un sens à tous ce qui se passe autour de lui, ce tourbillon de violence auquel il ne comprend pas grand-chose.
Je n’en dit pas plus, je vous laisse partir par vous-même à la découverte de cet excellent roman, encore une fois inclassable comme l’œuvre de Hanotte en général. A mon sens en tout cas un « bon cru », mais bien sûr, je ne suis pas objectif, comme le dit Obispo : « C’est ça être fan »

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Une gageure, mais de bon aloi.

7 étoiles

Critique de Tmichel (, Inscrit(e) le 18 juillet 2010, - ans) - 12 avril 2011

C'est un monde en décomposition que celui de cette île en guerre qui n'a rien d'utopique, au contraire. On semble y tuer le temps et y faire durer, dans un esprit "vieux monde" (à la manière britannique si l'on veut, d'où l'idée de l'île), la survie d'une civilisation à l'image d'un ordre traditionnel, auquel personne ne croit plus guère, car ce n'est plus qu'une question de principe. En face, les fanatiques peuvent rappeler quelques réalités très contemporaines, telle celle des attentats. Mais ces "autres" qui combattent si déloyalement ne sont pas stigmatisés. Des résistants? Mais ils présentent des symptômes mystiques, juste assez pour soutenir par connotation avec l'actualité (faut-il préciser laquelle?) l'attention du lecteur. Ce roman s'ancre dans la tradition du roman d'anticipation. Y règnent l'action et la psychologie, bien dosées, mais sans prétention philosophique avouée. Certes, la trame du récit est fine, le point de vue du héros, Berthier, et accessoirement celui d'autres personnages, sont finement travaillés, parfois tout de même passablement obscurs à force de laconisme ou de sous-entendu, mais le cadre traditionnel de la psychologie du roman d'aventures n'est pas dépassé. Un peu comme si son auteur avait pris le parti de ne pas s'en détacher, alors qu'il semble évident qu'il vise à travers une écriture aux codes classiques, voire usés, un but allégorique. D'où l'étrange impression de lire quelque chose qui tient à la fois de "La Peste" de Camus et d'un "Bob Morane" d'excellente qualité! Ne manque que la prétention explicite du roman à thèse qui permettrait de s'affranchir des règles d'écriture d'une certaine "paralittérature" (sans rien de péjoratif). Sans doute cela tient-il au fait même que le sujet tourne autour de l'idée de la défense désespérée d'un certain esprit de tradition. On écrit ici comme fume l'amateur de cigares ou comme le collectionneur thésaurise ses boutons d'uniformes: par tradition, en sachant qu'il n'en restera rien. Dans cet univers très viril mais dans le bon sens du terme, la présence du lieutenant Frédérique Jeunehomme catalyse tout ce que ce monde mourant, dans son artificialité et sa cruauté distinguées, laisse de côté: la réalité des êtres et cette valeur comptée aux pertes et profits, l'amour...

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