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Une touche d'amour
de Jonathan Coe
Catégorie(s) : Littérature => Anglophone
critiqué par Torton, le 22 avril 2002
(Le Vesinet - 45 ans)
La note: Moyenne des notes: (basée sur 5 avis)
Une vraie touche de plaisir
Un nouveau Jonathan Coe constitue toujours pour moi un petit événement. J'ai tellement vibré à la lecture de "Testament à l'anglaise" (Gallimard) et de "La maison du sommeil" (Gallimard) que je ne peux plus désormais passer à côté d’un nouveau roman de cet auteur anglais. Une touche d'amour (Editions du Rocher) sort ce mois-ci en France mais n'est pas, à proprement parler, une nouveauté. Jonathan Coe a sorti ce livre en Angleterre en 1989, c'est-à-dire bien avant le chef-d'œuvre que fut par la suite "Testament à l'anglaise" (1995). Cette fois, nous sommes bien loin du pavé riche en informations et aux différents scénarios croisés. Place à une histoire intimiste avec relativement peu de personnages. L'action principale se passe à Coventry et Jonathan Coe démontre avec une exquise finesse que de simples détails sans grande importance peuvent déclencher une succession de drames. "On se regarde tous avec indifférence" chantait Michel Berger. Jonathan Coe prouve, lui, qu’une touche d'amour peut suffire à se donner bonne conscience mais n’empêche pas de briser des vies. Voilà un beau pamphlet contre l’hypocrisie du monde moderne. Après avoir lu "Une touche d’amour", vous ne regarderez plus les autres comme avant. C'est la magie Jonathan Coe !
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Volume |
Editeur/Collection |
Pages |
ISBN/ASIN |
Parution |
Amazon |
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Une touche d'amour |
Editions du Rocher
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246 |
2268041530 |
2002-01-01 |
go
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| Il y a 4 critiques éclairs sur ce livre |
| Une toute petite alors... |
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Mouais… Moi qui avait adoré Bienvenue au Club, je suis un peu déçu par cette œuvre antérieure dans laquelle je n’ai pas vraiment réussir à rentrer.
L’histoire est plutôt courte et pour cause, la trame est quasi inexistante et n’est là que pour permettre à l’auteur une prospection sur la nature des sentiments des êtres humains. Passons donc sur le fait que l’un des personnages, Robin Grant, étudiant à Conventry est accusé d’outrage à la pudeur.
A partir de cet événement, Coe nous prend par la main pour un voyage peu ragoutant dans les méandres des sentiments de nos semblables. On se demande même où est la touche d’amour du titre. Personnellement, je la cherche encore…
Il m’a semblé qu’aucun des intervenants de ce roman ne connaît le bonheur ; on nage dans le pessimisme, l’impasse sentimentale, l’impossibilité de ce comprendre… L’auteur semble prendre un certain plaisir à balader ses personnages dans leurs angoisses et leurs errances. Je n’ai pas trouvé la tendresse habituelle qu’un auteur a pour ses personnages. Peut-être que ce roman est une sorte de thérapie cachée, une catharsis, une tentative de faire sérieux, je ne sais.
De plus, la trame est alourdie par des insertions de romans dans le romans, procédé assez courant qui me gène toujours tant je le trouve artificiel et prétentieux. Ici, ce sont les écrits de Robin Grant qui forment des chapitres à part entière et qui sont donc destinés à éclairer le texte d’une autre lumière.
Bref, je n’ai pas été emballé. Je reste dubitatif quant-à la véritable portée de ce roman. Je suis à peu près certain d’être passé à côté de quelque-chose d’important pour la compréhension des intentions de Jonathan Coe mais, en même temps, cela ne me pose pas de problème. C’est rare.
Numanuma - - 34 ans - 20 août 2006 |
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| Un moins bon Coe, c’est du plaisir quand même |
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Effectivement, il y a une belle colère contre l’attitude des anglo-américains lors des bombardements de la Libye en 1986 : non-consultation de l’ONU, preuves affirmées de l’implication du pays dans des attentats (mais jamais montrées), et de toute façon, riposte totalement démesurée, etc. Les mêmes ingrédients que lors de l’agression contre l’Irak. On y trouve ceci par exemple :
« Les Etats-Unis font du foin parce que les Occidentaux ont été tués. Que dire alors des centaines et des centaines de Palestiniens assassinés l’année dernière dans les camps de Sabra et Chatila (…) ».
Mais ce n’est pas ce genre de propos qui constitue le cœur du livre. Plutôt le mal de vivre me semble-t-il, l’indifférence, la fausseté, non seulement au niveau des Etats mais à celui des individus. Je fais un peu la même lecture que Torton.
Quant à la structure du livre, c’est vrai qu’elle est originale par certains côtés, sans être révolutionnaire, loin de là. Le récit principal est interrompu à plusieurs reprises par des nouvelles qu’un des personnages aurait écrites. En tant que lecteur, on est un peu désorienté dans la mesure où ces « récits dans le récit » ne s’autonomisent pas complètement, ce qui fait d’ailleurs leur intérêt.
Fiction donc. Tout est fiction.
Les révoltes politiques de l’un des personnages (la Libye, la régression sociale en Angleterre, voulue par le gouvernement de l’époque) sont perçues comme celles de l’auteur lui-même (ce qui apparaît assez clairement dans la lecture qu’en fait ci-dessous Féline par exemple). Ainsi, nous percevons ces diatribes comme de la « réalité » portée par de la fiction. Alors ? Réalité ou fiction ?
Cela dit, je n’ai pas eu l’impression d’une œuvre qui se situerait au même niveau que les autres du même auteur. Des intentions sans doute, des personnages esquissés mais un peu caricaturaux, trop visiblement porteurs des intentions de l’auteur.
N’empêche, reste de l’humour, notamment dans le portrait de quelques profs d’université parfaitement médiocres, et reste aussi cette « humanité » de Coe, cette « touche d’amour » en quelque sorte.
Bolcho - Bruxelles - 60 ans - 30 mars 2006 |
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| Une touche de déception |
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Je suis une fidèle lectrice de Jonathan et jusqu’à ce que je lise cet ouvrage, je n’avais jamais été déçue. « Une touche d’amour » m’a semblé creux, sans véritable trame romanesque ni récit mais plutôt un prétexte à l’écrivain pour nous faire partager sa vision de la politique, des sentiments, de la famille et des relations humaines. Il critique de manière virulente la politique américaine de Reagan en Lybie et l’attitude anglaise face à ce conflit. L’histoire en elle-même ne sert qu’à relier entre elles les différentes opinions de Coe pour essayer d’en faire un tout cohérent. Les personnages sont peu consistants et creux. Seul l’originalité de la construction me semble sauver un peu le roman. On est loin des chefs d’œuvre de l’auteur.
Féline - Binche - 30 ans - 5 août 2005 |
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| un anglais pour convertir... |
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okay avec Torton, ajoutons que la structure du livre est une belle réussite (allez voir), que Coe est décidemment un écrivain qui donne du plaisir à lire (on pourrait le conseiller aux gens qui n'aiment pas lire, histoire de convertir...) et que, l'air de rien, on est fort loin de quoi que ce soit de léger : Simone Weill peut être heureuse de l'utilisation de que l'inventif Coe fait de ses propos.
Jeparo - Bruxelles - 43 ans - 15 avril 2004 |
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