La vie devant soi de Emile Ajar, Romain Gary

La vie devant soi de Emile Ajar, Romain Gary

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Lucien, le 24 mars 2002 (Inscrit le 13 mars 2001, 62 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 40 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (136ème position).
Visites : 34 937  (depuis Novembre 2007)

"Est-ce qu'on peut vivre sans amour?"

En 1956, Romain Gary reçoit le Prix Goncourt pour son roman, «Les Racines du Ciel». Près de vingt ans plus tard, en 1975, l'Académie Goncourt décerne son prix annuel à Emile Ajar, qui a déjà publié «Gros Câlin» et qui se présente comme le pseudonyme de Paul Pavlovitch, jeune neveu de Romain Gary. «La Vie devant soi» se vendra à plus d’un million d'exemplaires. Le 2 décembre 1980, Romain Gary met fin à ses jours, quelques mois après son ex-femme Jean Seberg, l'inoubliable actrice d'«A bout de souffle». Le 30 juin 1981, un comité de l’AFP annonce la véritable identité d’Emile Ajar : c'était Romain Gary qui, grâce à ce procédé, est à ce jour le seul romancier à avoir obtenu deux fois le prix littéraire le plus prisé de France. Gary qui ne cherchait pas cette seconde consécration mais voulait seulement «recommencer» (auteur de 19 romans sous son nom, il avait l'impression de ne plus surprendre personne) et surtout S'AMUSER…
« La Vie devant soi »… La vie de Momo, le petit Arabe qui vieillira de quatre ans d’un seul coup, le jour où son père mourra sous ses yeux ; son père assassin de sa mère ; sa mère prostituée. Cela ressemble à une tragédie, et c’est pourtant un sourire qui vient le plus souvent aux lèvres du lecteur tout au long de ces pages dont Momo est le narrateur alerte et faussement maladroit. Qui ne connaît cette histoire immortalisée par le film de Moshe Misrahi, avec une émouvante Simone Signoret dans le rôle de Madame Rosa, la vieille femme au gros cul et au coeur grand comme ça ? La vieille pute trop vieille pour « se défendre avec son cul» et qui ouvre un clandé pour enfants de putes. La vieille Juive qui n’a peur que de deux choses : du cancer et d'Adolf Hitler (mais y a-t-il vraiment une différence ?) si bien qu'elle s’est ménagé un « trou juif » dans les caves de l’immeuble de Belleville où elle traîne son asthme et ses jambes fatiguées, dans son quatrième sans ascenseur, entre les frères Zaoum, déménageurs de pianos, Monsieur N'Da Amédée, le plus beau «proxynète» du quartier, avec son joli costume rose, Mademoiselle Lola, la travestie ancien champion de boxe au Sénégal, Monsieur Hamil et son éternel livre de Victor Hugo. Monsieur Hamil qui répond oui, en baissant la tête comme s'il avait honte, quand Momo lui demande : «Est-ce qu'on peut vivre sans amour ?»
Entre les lionnes qu'il imagine dans ses fantasmes, le parapluie Arthur, son seul compagnon, et le chien Super qu’il vendra pour cinq cents francs immédiatement jetés à l'égout, Momo se forge une personnalité. On peut vivre sans amour ? Peut-être. Mais lui a l'amour de Madame Rosa. Un amour au moins égal à celui qu'il lui porte. Et c’est au nom de cet amour qu'il l’aidera à ne pas finir à l’hôpital ; à ne pas finir comme un légume que l'on ne peut « avorter » malgré le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. si bien qu'à la fin, c'est une larme qui remplace le sourire.
« J'ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque . » « Le soleil avait l'air d'un clown jaune assis sur le toit. » « Elle avait laissé au moins cinq mètres de parfum derrière elle. » Ces phrases, d’un jeune auteur très mode, très café de Flore, très vingt et unième siècle ? Non. Il y aura vingt-sept ans à l'automne, un romancier à l'âge de la retraite. Un sexagénaire qui s’amuse, qui joue un bon tour à tout le monde. Un tout jeune homme, quoi. Romain Gary…

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La vie devant soi

9 étoiles

Critique de Alex H (, Inscrit le 8 décembre 2012, 38 ans) - 5 octobre 2015

La naïveté d'un enfant...
La beauté d'un poète...
La sagesse d'un prophète...

Le talent d'un grand écrivain.

Quelle belle plume

10 étoiles

Critique de Harp7 (, Inscrit le 30 décembre 2014, 20 ans) - 24 avril 2015

Mon premier roman de Romain Gary (ou Émile Ajar si vous préférez) mais certainement pas mon dernier. Quelle puissance dans les sentiments, l'auteur ne nous permet pas seulement de comprendre les émotions des personnages, il nous permet également de les vivre... Selon moi, très peu d'écrivains sont en mesure d'en faire autant. Romain Gary parvient à susciter d'innombrables émotions auprès des lecteurs par sa description de la pauvreté, à laquelle sont confrontés les personnages. Sur ce point, on pourrait comparer "La vie devant soi" aux "Misérables" de Victor Hugo.

C'est l'histoire du jeune Mohammed, orphelin arabe âgé de 10 ans qui vit chez Mme Rosa, une dame très âgée et malade qui accueille les fils de prostituée. La seule partie du corps de Mme Rosa qui fonctionne encore est son cœur. Malgré le fait qu'elle n'ait pas reçu le moindre sou pour couvrir les frais d’hébergement du jeune Momo, elle s'attache à lui, si bien que plus tard dans l'histoire, nous réaliserons qu'un n'est rien sans l'autre. Mohammed va tout faire pour prendre bien soin de Mme Rosa, jusqu'aux derniers jours de celle-ci et même plus... Le jeune arabe va également se voir confronté à sa propre réalité, alors qu'il va constater à quel point ses antécédents familiaux sont lourds. Le jeune homme va, au fur et à mesure que l'histoire va progresser, vieillir de quelques mois physiquement, mais de quatre ans mentalement...

Un classique de la littérature, je le recommande à tous. Il est important d'être impressionné, ne serait-ce qu'une fois, par le génie qu'était Romain Gary. Un histoire, pour le moins, attachante et émouvante vous attend, ne manquez pas votre chance. La vie devant soi nous permet de saisir toutes les réalités, aussi bonnes que mauvaises, de l'époque de l'après-guerre, du point de vue des Juifs, des Arabes, des Noirs et des Français. Un chef d'oeuvre pur et simple, tout simplement merveilleux! Bonne lecture!!

Momo de Belleville

9 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 70 ans) - 15 août 2013

Depuis que je lis assidûment, je fuis méthodiquement les livres trop médiatisés qui m’ont souvent déçu, je ne lis donc presque jamais les livres primés, a fortiori ceux distingués par le Prix Goncourt, ainsi, je n’avais jamais lu ce livre objet d’une retentissante polémique. Mais, comme on me l’a prêté, je l’ai lu et j’en suis particulièrement enchanté. J’ai été immédiatement séduit par ce texte qu’Emile Ajar/Romain Gary met dans la bouche d’un enfant d’une dizaine d’années - dans son monde le temps est une dimension approximative seul le présent compte tant il est déjà préoccupant – un vrai fils de pute, qui vit dans un clandé, un appartement où une dame, souvent une ancienne pute, garde les enfants de celles qui travaillent encore ou ont disparu, comme celle de Momo (Mohammed) le narrateur. Momo vit donc à Belleville, chez Madame Rosa, une Juive rescapée d’Auschwitz, avec quelques autres gamins Juifs, Noirs, Vietnamiens…, placés définitivement, provisoirement, à plein temps, à la journée,…

« Madame Rosa, c’est la femme la plus moche et la plus seule que j’aie jamais vue dans son malheur, heureusement que je suis là, parce que personne n’en voudrait. »

Avec beaucoup de candeur et de naïveté, Momo raconte la vie chez Madame Rosa qui n’est plus toute jeune, depuis son retour des camps sa santé s’est régulièrement altérée et elle commence à éprouver de réelles difficultés pour rejoindre son appartement au sixième étage sans ascenseur. Les mômes la tourmentent un peu mais l’aiment beaucoup car, si elle ne peut plus vendre de l’amour aux adultes, elle a encore beaucoup de tendresse à donner. Momo est son préféré mais elle ne veut surtout pas lui parler de sa famille, de ses origines, de son histoire, tout cela est bien trop lourd à porter pour un gamin aussi jeune. Et Momo erre dans le quartier, chaparde un peu, par nécessité mais aussi pour attirer l’attention et se venger du sort qui lui réservé, rencontre des amis hauts en couleur : un travesti, un vieux musulman lettré, un cracheur de feu, des déménageurs noirs, un proxénète, une comédienne de doublage, … tout ce petit monde vivant dans la marge qui peuplait les quartiers populaires du nord de Paris dans les années soixante et soixante-dix. Une population de miséreux vivant cependant dans une relative sérénité même s’ils n’avaient à mettre en commun que la peur notamment celle des gendarmes et des diverses autorités.

En situant l’intrigue de ce roman dans les quartiers les plus défavorisés de Paris, Ajar/Gary a voulu démontrer… que l’amitié, l’amour, la tendresse, la générosité, la solidarité ne sont pas l’apanage de ceux qui sont beaux et riches mais que toutes ces vertus peuvent aussi se nicher là où la vie est la plus précaire, là où les êtres se battent chaque jour pour vivre un jour de plus. Et Momo est terriblement émouvant dans sa lutte pour empêcher les autorités d’emmener Madame Rosa à l’hôpital car elle ne veut pas être embarquée une seconde fois. Lui, il l’aime réellement, et il ne veut pas l’abandonner car elle est la seule à l’avoir aimé, à l’avoir considéré comme autre chose qu’un encombrement. C’est une belle leçon de citoyenneté à l’usage de tous ceux qui croient aimer leur prochain, une leçon donnée par des mômes à des adultes par trop indifférents de leur sort et de celui de celles qui sont mères sans l’avoir demandé sous toutes les latitudes de la planète.

« Si vous voulez mon avis, si les mecs à main armée sont comme ça, c’est parce qu’ont les avait pas repérés quand ils étaient mômes et ils sont restés ni vus ni connus. Il y a trop de mômes pour s’en apercevoir, il y en a même qui sont obligés de crever de faim pour se faire apercevoir ».

Ajar/Gary a réussi un véritable tour de force littéraire en créant ce langage fantaisiste, naïf, candide, goûteux, savoureux, …, rempli de raccourcis fulgurants et d’images lumineuses qu’il met dans la bouche de ce gamin avec beaucoup de finesse car ce langage n’est pas seulement destiné à émouvoir et amuser le lecteur, il est surtout une arme tranchante pour asséner des vérités, parfois cruelles, que personne n’ose dire. Ce texte prend ainsi l’allure d’un véritable plaidoyer démontrant que l’humanité est la même chez les plus démunis que chez ceux qui possèdent, paraissent, décident…. C’est un rappel à la société pour qu’elle ne retombe pas dans les discriminations qui ont causé de si énormes horreurs quelques années seulement auparavant. C’est ça aussi la littérature : inventer des outils pour dire des choses qu’on ne sait pas dire avec assez de force et de conviction dans un discours académique.

Et comment ne pas voir dans ce texte publié en 1975, l’annonce du suicide de l’auteur, comment ne pas déceler dans la décrépitude Madame Rosa la grande angoisse de Romain Gary, l’angoisse qui le conduira à rester maître de sa vie et de sa mort. Cette hantise était déjà tellement palpable dans cet autre ouvrage écrit la même année : « Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable ».

Dépassé

3 étoiles

Critique de Chene (Tours, Inscrit le 8 juillet 2009, 47 ans) - 22 juillet 2013

Certes l’écriture est plaisante, le style cynique rappelle parfois Céline. L’histoire est tendre car le monde est vu à travers les yeux d’un enfant de 9 ans. De plus, elle opère l’alliance des générations entre un enfant et une vieille dame au crépuscule de sa vie. Deux être seuls au monde dans un quartier pauvre de Paris, Belleville. Cependant je reste dubitatif quant à la portée universelle de ce livre. Les personnages sont repliés sur eux-même. Le monde extérieur semble être perçu comme une menace. Surtout les Français. Ils sont présentés toutes les deux pages comme un danger. Le français est forcément un policier qui va les amener à Auschwitz ou dans un camp en Allemagne (quelle flagellation !). Tant et même que lorsqu’un français vient s’enquérir de la santé de madame Rosa, c’est, évidemment un agent de la SNCF… Chez tous les personnages, on est d’abord arabe, africain, juif, jamais Français.
L’idéal Républicain est absent de l’ouvrage. Le communautarisme joue à plein et on est en 1975 à Paris. De mon côté ce n’est pas comme cela que je vois le monde.

Même avec le prix Goncourt 1975, à mon sens, le cours de l’histoire montre aujourd’hui que, ce livre est dépassé et ne passera pas le siècle.

1975, un prix Goncourt bien mérité...

8 étoiles

Critique de Benson01 (, Inscrit le 26 mai 2012, 21 ans) - 17 juillet 2012

Pour ne pas mentir, j’ai eu des a priori au commencement du roman. Faut dire que lorsqu’on a seulement lu la 4ème de couverture de ce livre, on se dit (je me suis dis) : « Merde. Harold et Maud revisité à la manière d’un téléfilm France 2… » Et ben c’est fou comme les a priori ça sert à rien !
C’est sûr : La vie devant soi est un très beau livre. Même mieux que Gros-Câlin, au final. Les situations ne sont ni clichés ni bidons ; les personnages, tous assez différents, sont plus qu’attachants les uns que les autres et la narration, à la fois drôle et triste, du jeune Momo ne laisse pas indifférent car, beaucoup de choses émouvantes sont dites dans ce roman (du style : « Quand je serai grand j’écrirai les misérables car c’est le seul livre qu’on peut écrire quand on a quelque chose à dire » Enfin, ce n’est pas du mot pour mot). Cela soulève même des questions politiques, quelque part (L’euthanasie, les « gosses heureux qui se perdent » car Madame Lola (une travestie) ne peut pas avoir d’enfant, le droit du peuple à disposer de soi…).
Néanmoins, comme pour Gros-Câlin, j’ai trouvé que certains passages sont assez longs et d’autres, trop courts. Mais dans l’ensemble je n’ai pas grand-chose à redire car, je vous l’ai dis, la narration m’a vraiment plu !
Aussi, j’ai trouvé la fin du roman plutôt dure. Ca ne m’a pas trop réussi mais je dois avouer qu’elle est forte et marquante quoi qu’on en dise.

Monsieur Gary a bien mérité son 2ème prix Goncourt !

Bon livre !

8 étoiles

Critique de Mml ;) (, Inscrite le 14 mai 2012, 22 ans) - 14 mai 2012

C'est peut-être pour mon jeune âge .. mais ce livre était ... comment dire ... très songé ! il y avait plusieurs actes que Momo a fait qui me sont resté sans réponse sur le pourquoi ... sinon j'ai adoré plusieurs pensées que momo pouvait avoir sur la vieillesse anfin que sur la prostitution! j'ai vraiment aimé !! Très belle amitié entre Mme. Rosa et Momo que j'ai même pensé des fois que c'était des l'amour profond ! j'ai ri comme j'ai été triste .. Romain Gary a une très belle plume !!

L'émotion ca va de soi...

10 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 65 ans) - 15 décembre 2011

Un livre émotionnel à l’état pur, mais pas seulement, une très belle histoire et des citations en veux- tu en voilà.
Je m’appelle Mohammed mais tout le monde m’appelle Momo pour faire plus petit. Pendant longtemps je n’ai pas su que j’étais arabe parce que personne ne m’insultait. On me l’a seulement appris à l’école.
A propos du bonheur Momo dit « Moi, l’héroïne je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est reconnu pour ses états de manque.
Le bonheur c’est une belle ordure et une peau de vache et il faut lui apprendre à vivre.

Le seul grief que je retiendrai de ce coup de cœur, c’est qu’il m’a été impossible de le lire d’une traite. La raison est bien simple, c’est qu’il m’a été difficile, de ne pas m’arrêter pour ne pas me laisser envahir.

Touchant

9 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 22 août 2011

Quel beau roman !

Romain Gary nous donne à voir ce qu'est la vie, elle est devant nous, troublante, bouleversante ... Momo, l'enfant recueilli par Mme Rosa, vieille femme juive, est un adolescent de 14 ans ( il croit n'en avoir que 10 malgré ses changements corporels ), touchant à cause de son enfance malheureuse due au meurtre de sa mère par son père ! La vieille dame juive endossera le rôle de mère par procuration afin d'aider les enfants de prostituées qui ne peuvent pas s'occuper de leurs fils ! Une belle histoire d'amour naît entre Momo et Madame Rosa et c'est une belle leçon de vie qui nous est donnée :
En effet, cette population issue de milieux défavorisés se montre profondément humaine. Madame Rosa s'occupe de ses enfants en échange d'une aide financière de la maman démissionnaire, mais lorsque la mère d'un enfant vietnamien ne paie plus, la vieille femme n'abandonne pas pour autant ce dernier. Bien que Momo soit musulman, il récite le kaddish avec Madame Rosa. Bien que Madame Rosa soit juive, elle respecte le ramadan de Momo. Madame Lola, travesti ancien boxer sénégalais, s'occupera régulièrement de Madame Rosa et accordera une grande partie de son temps à Momo. Les personnes âgées, les pauvres, les exclus, les jeunes sans travail sont soutenus par le voisinage et la bonne humeur l'emporte sur les douleurs parfois graves de ces êtres humains pas si différents de nous.

Romain Gary manie l'humour avec nuance et ne bascule jamais pleinement dans le pathétique. Les répliques des personnages prêtent souvent à rire. Madame Rosa admire d'ailleurs Jésus "parce qu'il n'est pas sorti d'un zob." Le parler de Momo, fleuri et spontané, fera sourire le plus stressé des lecteurs et ses fautes de français crée souvent des quiproquos plaisants. Il dira "amnistie" à la place d'amnésie, "antique" à la place d'autiste ... Madame Rosa est une personne " très usagée" ...

Romain Gary teint cette oeuvre d'optimisme et donne confiance en l'être humain.

Du pour et du contre

6 étoiles

Critique de Caecilia (Huy, Inscrite le 28 novembre 2010, 22 ans) - 23 mars 2011

Malgré quelques reproches, j'ai plutôt trouvé agréable ma lecture du roman de Romain Gary, "La vie devant soi", et je pense que l'histoire d'amour entre cette vieille dame juive, Madame Rosa, et le jeune Momo, ou Mohammed, intéressera un certain nombre de lecteurs.
En effet, Romain Gary crée tout d'abord la surprise grâce à son style très peu académique, fait plutôt rare pour un prix Goncourt ! J'ai souvent souri des mots faussement naïfs de Momo, qui nous raconte lui-même son histoire, des ses commentaires à la fois ingénus et lucides, et des ses fautes de langue: il confond par exemple "euthanasie" et "avortement".
Ensuite, le personnage, de Madame Rosa m'est apparu fort captivant de par son ambiguïté: la vieille dame navigue entre individualisme et générosité, entre folie et lucidité, et j'ai été tantôt attirée, tantôt gênée par sa personnalité.
Le personnage de Momo, bien que très attachant, ne m'a quant à lui pas vraiment émue. Comment, me direz-vous, ne pas être bouleversé par l'histoire d'un petit garçon recueilli par une ancienne prostituée parce que sa mère, elle-même obligée de se vendre, n'a pas pu l'élever ? Eh bien, simplement parce qu'on devine dès le début du récit que Momo est un enfant solide et débrouillard; il est devenu rapidement évident pour moi qu'il allait s'en sortir.
Enfin, j'ai été quelque peu désarçonnée après avoir refermé ce roman quant à la leçon à en tirer: s'il y avait une morale à ce récit, je ne l'ai pas perçue ! Cela m'a dérangée, car j'aime quand les histoires me poussent à réfléchir, à me questionner, mais peut-être les lecteurs adultes trouveront-ils un sens plus évident à ce roman ?
En conclusion, je pense que ce roman, avec ses qualités et ses défauts, mérite l'attention de tous les lecteurs. A lire donc !

(Ce texte vous semble très scolaire ? Normal, il s'agit d'un devoir pour ma bien-aimée prof de français !)

Bon livre mais un peu déçue

7 étoiles

Critique de Shan_Ze (Lyon, Inscrite le 23 juillet 2004, 34 ans) - 1 mars 2011

En commençant le livre, je m'attendais à beaucoup mais le livre est arrivé au moment d'un gros coup de fatigue et il était difficile de rester plus de 5 minutes concentrée dessus. J'ai quand même été déçue, je m'attendais à autre chose, j'ai bien aimé quelques phrases pleines de bon sens et de finesse mais d'autres ne m'ont pas pas tellement touchée, m'ont même laissée sceptique ou m'ont laissée une drôle d'impression.

L'image de la couverture est intrigante et tout à fait adaptée au contenu du livre, une femme et un enfant sur les genoux avec des pierres à la place des visages.

La vie, ça ne pardonne pas

9 étoiles

Critique de Thibaut-l (, Inscrit le 19 novembre 2010, 28 ans) - 11 décembre 2010

J'ai ouvert ce livre voila déjà plusieurs années, je l'ai refermé aussitôt, rebuté par le style de l'auteur. Je me suis décidé à le relire après une émission de la Grande Librairie consacré à Romain Gary. Une fois enlevées les poussières du livre, je ne l'ai plus lâché, cette fois passionné par le style faussement naïf de l'auteur, par cette histoire d'amour fusionnel entre un jeune arabe et une veille juive mourante. On ressort enrichi de ce livre, grâce aux réflexions sur la vie d'un jeune qui a grandi trop vite et a compris que "la vie, ça ne pardonne pas".

Le jeune beur et la vieille juive.

9 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 46 ans) - 17 novembre 2010

Ajar réussit le tour de force de faire un roman melting pote inter- générationnel. Un mélange de fausse naïveté, de réflexions douces et amères sur la vie, la mort, le destin. Un agréable moment de lecture. J'ai un peu été gêné par le style, de la part d'un Goncourt je m'attendais à une oeuvre très académique. Il n'en est rien. J'ai parfois vu planer l'ombre du petit prince sur ce livre. De bon sentiments, de belles émotions, dit Rosa dessine moi un momo ...

Tu n'es pas psychiatrique, Momo !

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 66 ans) - 29 octobre 2010

Madame Rosa est juive. D’après une photo qu’elle a sauvegardée, elle était une belle jeunesse, à dix-sept ans, rousse, avec de beaux yeux. Maintenant elle est devenue très-très vieille, toute déglinguée, affublée de tous les maux possibles et imaginables ( sauf le cancer ! ). A son retour des camps de Monsieur Hitler, elle s’est défendue aux Halles où elle faisait jusque vingt passes par jour. Elle s’est occupée des enfants des filles qui se défendaient, elles aussi, de Paris à Marseille. Comme Moïse, Banania et Momo. Puis il y a dans cet immeuble de Belleville le docteur Katz, Monsieur Hamil, philosophe de son état qui se trimballe tout le temps avec un livre de Victor Hugo. Hélas, il est devenu aveugle. Madame Lola, travesti(e), « complètement de travers « ex boxeur sénégalais. Elle se défend au bois de Boulogne, est généreuse et très gentille avec madame Rosa. Momo, arabe de son état, veille sur sa mère adoptive et va l’accompagner jusqu’au bout du bout de ses derniers jours, ses derniers souffles de vie, dans le trou juif, une cave dans laquelle se réfugie madame Rosa quand elle perd les pédales, une panic-room qu’on dirait aujourd’hui.
C’est Momo qui raconte l’histoire. Un brave môme de dix ou quatorze ans, ( va savoir …), sans doute un peu trop sensible pour ce milieu si particulier. Autant dire que l’argot, l’humour et l’émotion sont présents à chaque page … pour notre plus grand plaisir.
Un des ces livres merveilleux qui méritent les cinq étoiles !

Une vie de débrouille

8 étoiles

Critique de Grégoire M (Grenoble, Inscrit le 20 septembre 2009, 42 ans) - 10 juin 2010

La vie de banlieue, des arabes et des juifs, des prostituées, des travestis et des proxénètes à travers le regard, le langage maladroitement poétique et faussement naïf d’un enfant de 9 ans (enfin ce n’est pas sûr). Une belle histoire d’amour entre un enfant arabe abandonné et une ancienne prostituée juive qui lui sert de mère adoptive.

Très émouvant

9 étoiles

Critique de Nina-39 (, Inscrite le 15 avril 2010, 38 ans) - 26 avril 2010

J'ai lu ce livre il y a plus de 10 ans, c'est le roman qui m'a donné envie de dévorer tous les bouquins, très bien écrit, le style est surprenant!
Emile Ajar est un grand romancier. L'histoire est magnifique, âmes sensibles s'abstenir!! Il y a plein d'émotions, beaucoup d'amour... Ce livre est fabuleux! il reste toujours le meilleur roman que j'ai jamais lu. C'est le roman qui vous fait de l'effet!
Je le recommande à toutes les personnes sensibles et qui aiment la lecture!!

Une histoire émouvante

9 étoiles

Critique de Mamen (, Inscrite le 12 avril 2010, 53 ans) - 19 avril 2010

C’est un roman très touchant qui nous amène à la réflexion sur l’humanité et la tolérance.
C’est une histoire d’amour de tendresse et d’émotion d’un petit garçon, surnommé Momo pour Madame Rosa, une ancienne prostituée. Des liens très forts vont se nouer entre les deux personnages.
La lecture est agréable avec une écriture qui se met à la hauteur des protagonistes.
Un livre passionnant.

Agréable

8 étoiles

Critique de Dakilik (, Inscrit le 26 décembre 2009, 33 ans) - 24 janvier 2010

Tout a été dit dans la critique principale, ce bouquin se lit vraiment facilement, une écriture "enfantine" extra, émouvant... A ne pas manquer.

Un cadeau...

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans) - 24 juillet 2009

J'ai mis plusieurs années à finalement lire ce livre, que presque tous ont lu, même ceux qui ne lisent pas! Avec raison, il s'agit bien d'un chef-d'oeuvre d'humanité, de compassion, d'amour et de perspicacité.
Tendre, touchant, drôle, à lire et se sentir légèrement meilleur..., le plus grand des cadeaux d'un auteur à son lecteur.

si drôle

10 étoiles

Critique de Sophie anne (, Inscrite le 10 février 2009, 48 ans) - 10 février 2009

j'ai beaucoup ri, j'imaginais chaque scène, tout était drôle et merveilleux même si le décor ne semblait pas toujours très reluisant. UNE PURE MERVEILLE A LIRE ABSOLUMENT

Sublime

9 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans) - 27 octobre 2008

"la vie devant soi" a valu à Romain Gary son deuxième prix Goncourt, alors que normalement (est-ce toujours le cas?, je n'ai pas d'autre exemple d'auteur l'ayant eu deux fois) un auteur ne peut l'avoir qu'une fois, certes à l'époque personne ne savait (ou tout le monde faisait semblant de ne pas savoir, car certains l'ont identifié dès ses premiers romans) que Emile Ajar était pseudonyme de Romain Gary. C'est le seul livre que j'ai lu de Gary, il m'a bien donné envie d'en lire d'autres.

On assiste avec émotion à la déchéance de Madame Rosa et de la relation entre elle et le jeune Momo, malgré les différences de religions, on assiste aussi à une solidarité entre les différentes communautés d'un quartier qui se serrent les coudes, les personnages sont tous attachants et la narration naïve de Momo permet à l'auteur de parler de sujet graves comme l'euthanasie, la mort, la vieillesse, tout en restant optimiste. Sublime, rien d'autre à aouter.

Chef d'oeuvre

10 étoiles

Critique de Calepin (Québec, Inscrit le 11 décembre 2006, 36 ans) - 22 juillet 2008

D'abord et avant tout : Magnifique ! La vie de Mohammed, alias Momo, dans un quartier défavorisé où le mélange ethnique est commun n'a rien à voir avec un portrait que l'on pourrait s'en faire à froid. Le petit garçon dégage une telle humanité, simple et belle, par laquelle il scande ses convictions avec toute la naïveté d'un enfant.

Qui plus est, le ton n'a rien de moralisateur, bien que Gary passe son message adroitement par la bouche de Momo. Les relations du garçon avec son entourage touchent par sa candeur. Elles nous révèlent des facettes de la vie et nous livrent ainsi ses graines de sagesse, tout aussi légères que la voix du personnage.

Malgré certaines expressions démodées, le roman demeure tout à fait actuel et m'a profondément touché. Surtout par ses thèmes comme l'euthanasie, l'amour des autres, la fragilité de la vieillesse et l'ouverture d'esprit. Il y a longtemps que je n'ai pas lu un vrai coup de coeur, tant par l'écriture que par ce que j'en retire. Mais cette fois-ci, j'ai été servi !

A lire

8 étoiles

Critique de Shakespeare11 (, Inscrite le 12 avril 2008, 36 ans) - 19 avril 2008

un livre bourré d'émotion, d'amour et de tristesse pour un petit enfant arabe qui tiendra compagnie à une vieille femme juive jusqu'à ce qu'elle meure.

tendre et bouleversant à la fois

8 étoiles

Critique de Critique (Trets, Inscrite le 9 novembre 2004, 57 ans) - 21 janvier 2008

J'avais vu le film avec Simone Signoret il y a très longtemps et je m'en suis souvenue immédiatement quand on m'a remis le roman que je n'aurais jamais pensé lire.

Comme souvent, le livre est plus prenant que l'histoire retranscrite au cinéma. L'originalité réside dans la façon dont l'auteur écrit, à la manière d'un enfant qui n'a pas encore bien maîtrisé la langue mais à l'inverse, a parfaitement compris les "codes" de fonctionnement de la vie.

Momo atterrit chez Madame Rosa et s'attache à elle indépendamment de sa volonté. Il n'a qu'elle, il n'a pas le choix. Leur rencontre est prodigieusement contée, l'écriture nous permet de sourire grâce à un nombre incalculable de clins d'oeil linguistiques tout au long de l'histoire. C'est un très beau livre qui a le don de parler d'un drame de vie en tentant de le dépassionner. Une grande réussite.

A déconseiller aux jeunes lecteurs cependant.

Très bien

6 étoiles

Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 34 ans) - 24 août 2007

Ce roman de Romain Gary compile différents sujets de reflexion comme la vieillesse, l'euthanasie ou l'amour. C'est un roman écrit très simplement, et qui amène à la réflexion.
Momo est un jeune garçon à qui la vie ne souris pas, il est confronté à beaucoup de problèmes pour son jeune âge. Il va devoir grandir plus vite que prévu.
Une histoire émouvante, teintée d'humour parfois (par exemple quand Momo confond deux mots proches phonétiquement, mais aux sens complètement différents).

Une belle histoire

6 étoiles

Critique de Soili (, Inscrit le 28 mars 2005, 44 ans) - 20 mai 2007

Pour pouvoir changer de registre et être jugé de façon impartiale, Gary utilisera le pseudonyme d'Emile Ajar, ce qui lui permettra de se jouer de la critique parisienne et d'obtenir une deuxième fois le Goncourt, il dira à ce sujet " Je me suis bien amusé, au revoir et merci ".

Dans ce roman, on découvre l'amour qui se crée entre madame Rosa, ancienne prostituée, et Momo , un jeune garçon (fils de prostituée) .
Madame Rosa s'est reconvertie dans la garde de ces enfants dont les mères se "défendent" avec leur cul.

Momo, le narrateur, s'attache à madame Rosa , personne bourrue au grand coeur, madame Rosa a une santé très déclinante et se retrouve à ne plus pouvoir compter que sur les habitants de son quartier de Belleville et sur Momo pour pouvoir finir sa vie dignement.

Dans un style surprenant vu que le narrateur n'a qu'une dizaine d'années, Romain Gary nous livre ses réflexions sur plusieurs sujets comme l'amour , l'euthanasie, tout cela dans un livre plein d'humour et de tendresse. Tout en reconnaissant le sujet intéressant, je n'ai pas accroché plus que ça à cette histoire dont l'issue est sans surprise, reste il est vrai une galerie de personnages attachants et un sujet comme la fin de vie abordée sans complaisance.

Décevant

4 étoiles

Critique de Franckyz (, Inscrit le 9 janvier 2006, 39 ans) - 3 décembre 2006

Après "Gros-Câlin", livre qui m'avait beaucoup plu et beaucoup fait rire, j'étais impatient de lire LE chef d'oeuvre de Romain Gary...
Et là quelle déception ! Certes le petit Momo est sympathique et le style original mais c'est tout...
Je me suis embêté les 3/4 du livre en me forçant à ne pas arrêter. Heureusement il n'est pas très long...

Les larmes ont été prévues au programme

8 étoiles

Critique de Xerinata (Amiens, Inscrite le 5 avril 2006, 60 ans) - 24 juillet 2006

Le racisme,
"Pendant longtemps, je n'ai pas su que j'étais arabe parce que personne ne m'insultait. On me l'a seulement appris à l'école."
La vieillesse, la déchéance,
"Ce monsieur Charmette avait un visage déjà ombragé, surtout autour des yeux qui sont les premiers à se creuser et vivent seuls dans leur arrondissement avec une expression de pourquoi, de quel droit, qu'est-ce qui m'arrive."
L'euthanasie,
"Moi je trouve qu'il n'y a pas plus dégueulasse que d'enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus servir."
Dans la bouche de Momo, le sordide devient étrangement comique.
Un livre original, très drôle, émouvant, pudique malgré tout parce que l'humour rend les choses moins crues.
Et surtout un livre sur l'amour.
"Je voyais bien qu'elle ne respirait plus mais ça m'était égal, je l'aimais même sans respirer."

Emouvant

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 6 février 2006

Comme dans "La promesse de l'aube", écrit 15 ans auparavant sous le nom de Romain Gary, il s'agit dans la "Vie devant soi" d'une grande histoire d'amour entre une mère et son fils. Mais le cadre est différent et le style est fort différent bien sûr puisque ici le narrateur a 10 ans. Je n'ai pas retrouvé la force et le foisonnement parfois déroutant de la promesse de l'aube, mais l'émotion est plus forte ici.

Un livre plein d'humanité et de fraîcheur, une leçon de tolérance et de dignité. Comme le dit Lucien ce livre se lit avec un sourire permanent et il se termine avec une larme.

Arabes et juifs

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 31 janvier 2006

La Vie devant soi, c’est d’abord une gigantesque escroquerie, un sacré pied de nez aux Goncourt puisqu’avec le subterfuge du pseudo « Emile Ajar » il a réussi une deuxième fois le bingo au Prix Goncourt, chose théoriquement interdite.
Mais La vie devant soi , c’est surtout un super bouquin, avec une histoire finalement pitoyable (au sens premier du terme) et une écriture qui se met à la hauteur des protagonistes. Après tout on peut bien être prostituée à la retraite, fils de pute (toujours au sens premier du terme), vivre à Belleville et avoir une noblesse de coeur et de sentiments au dessus, très au dessus de la moyenne ? Disons, au moins dans les livres. Et ici c’est un livre. Un très beau livre, généreux, optimiste sans trop avoir l’air d’y toucher et diantrement d’actualité. Un quartier concentrant la misère de Paris, les exclus, les étrangers, … il semblerait bien que ça existe, on en a entendu parler ces derniers temps, et pas qu’à Paris ! Mais voilà, on l’a déjà dit, là on est dans un livre et ça ne se passe pas tout à fait pareil que dans la vraie vie.
Reprenons : noblesse de coeur et de sentiment, fausse naïveté, gouaille, … R. Gary a pourvu Momo, Madame Rosa et tant d’autres exemplaires hors-normes de l’habitat Bellevillien de ces qualités qu’on échappe sans mal à l’inévitable sordide dans lequel on devrait déboucher. C’est limite onirique à la fin, de toutes façons la poésie n’est jamais loin, ça ne dépare pas.
Madame Rosa, ancienne pute juive au grand coeur qui permet à des enfants perdus d’échapper à l’Assistance Publique, vous je ne sais pas, mais moi j’y vois encore bien rôder l’ombre gigantesque de sa mère, de sa détermination sans faille et de son refus des choses établies qui fait peur dans « La promesse de l’aube ».
Amateur de belle histoire intelligente et généreuse, ne passe pas ton chemin. Sur La vie devant soi, précipite toi !

La solidarité

9 étoiles

Critique de Cuné (, Inscrite le 16 février 2004, 50 ans) - 25 août 2005

Je ne reviens pas sur l'histoire, déjà abondamment exposée plus haut.
C'est presque en apnée que j'ai lu la prose de Momo, j'en lisais certains passages à haute voix à mon entourage, et je n'ai pas cessé de m'émerveiller devant le génie de Romain Gary.
En même temps je comprends qu'une légère réticence puisse exister, car la répétition constante dans l'humour peut franchement lasser; ça n'a pas été le cas pour moi, j'ai souscris à 100 % à l'histoire, toute simple, à la fois pure et sale, tragi-comique et captivante.
Les à peu près de langage du petit Momo sont truculents, sa logique imparable, sa détresse tangible.
J'ai bien hâte de voir le film avec Simone Signoret, qui incarne effectivement à mes yeux parfaitement Madame Rosa, et j'ai très envie de continuer à découvrir Romain Gary !

Beauté de l'humour désespéré

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 23 mai 2005

Ce roman nous offre une belle leçon de tolérance et d'humanisme. Dieudonné, ce serait bien que tu le médites...

Madame Rosa, Madame Lola... et Momo

8 étoiles

Critique de FéeClo (Brabant wallon, Inscrite le 12 février 2004, 41 ans) - 23 mai 2005

Encore un livre que j'ai tardé à ouvrir, et pourtant.. quelle petite merveille!

Un roman plein de tendresse et surtout plein de vie! Momo ne s’embarrasse pas du bonheur, il vit!

A ne pas louper

10 étoiles

Critique de Rcapdeco (Paris, Inscrit le 19 mai 2005, 39 ans) - 23 mai 2005

Un excellent livre, certainement le meilleur de Gary. Si vous vous êtes essayé à la pathétique "Promesse de l'Aube" du même auteur, persévérez avec celui-ci ... Gary expose un bonheur froid et décrit la vie d'un petit garçon arabe dans les quartiers populaires de Paris, en compagnie de la grosse Madame Rosa, ex-prostituée. C'est aussi un plaidoyer pour le droits des hommes à disposer d'eux-mêmes en fin de vie.
Un moment de bonheur qu'il ne faut pas laisser passer. Ce livre est un petit bijou, à mon avis LE bijou de Gary.

La vie avec Madame Rosa

6 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 29 avril 2005

Un roman qui utilise efficacement le raffinement de langue française pour nous donner des phrases délicieuses et des moments forts, notamment lors de l’échange entre Madame Rosa et Monsieur Kadir.; « Les états arabes et les états juifs, ici, ce n’est pas tenu compte, dit Madame Rosa. Si vous voulez votre fils, vous le prenez dans l’état dans lequel il se trouve. »

C’est assez classique comme histoire, un orphelin qui trouve l’amour d’une mère adoptive et qui porte un regard ludique sur la pauvreté qui l’entoure en tentant de donner un sens à tout. Mais bien que le texte tendre et intelligent m’ait fait sourire, je ne peux pas affirmer avoir été touché, car Momo est un enfant solide, débrouillard. Dès le début, j’avais l’impression qu’il avait l’étoffe pour passer à travers les misères et s’en sortir. J’aurais bien aimé que le récit se poursuivre pour savoir où est rendu Momo maintenant.

Momo

8 étoiles

Critique de Krystelle (Région Parisienne, Inscrite le 10 juin 2004, 37 ans) - 25 janvier 2005

J'ai lu "La Vie devant soi" il y a déjà quelques années déjà et j'en garde le souvenir d'un roman rempli de tendresse et d'émotion.
L'histoire du petit Momo m'a touchée; le regard qu'il porte que le monde qui l'entoure est plein de douceur et d'humour.
Roman mémorable...

poignant....

8 étoiles

Critique de Shuwoman (, Inscrite le 30 juin 2003, 28 ans) - 16 janvier 2005

La vie de ce petit garçon arabe parlant yiddish arabe et français est magnifique... enfin magnifique dans le sens où il en a une vision très différente de la nôtre et qui nous remet à notre place...
Au début je n'étais pas très enthousiaste a l'idée de lire ce livre parce qu'il était sujet d'étude et je me suis d'abord dit "encore un livre très long très ennuyeux dans lequel je ne vais pas comprendre la moitié des mots..." et bien j'avais totalement faux!!!
Ce livre est compréhensible, loin d'être lassant et très court!!!!!
Enfin je le recommande pour tous ceux qui en ont marre de la lecture traditionnelle!
P.S.: je tiens à remercier ma prof de français pour m'avoir fait découvrir ce livre....

Emouvant

10 étoiles

Critique de Le petit K.V.Q. (Paris, Inscrit le 8 juillet 2004, 24 ans) - 26 août 2004

Gary est un grand écrivain. C'est ce que nous montre ce chef d'oeuvre. Trsite, mélancolique, poétique, l'histoire d'amour entre Momo et Madame Rosa, pute au grand coeur est merveilleuse. J'en ai pleuré tellement c'était beau. J'adore? Gary est une vraie personnalité : mensonge, dédoublement littéraire, obscur, érudit... Rien que sa personne me plaît..

Madame Rosa et Mamie-Rose ?

9 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 2 décembre 2003

Oui, ces deux femmes ont autant d'amour à donner, mais ici c'est Madame Rosa qui est au bout du chemin et Momo qui va l'aider à faire dignement le dernier pas. Il est colossal notre petit Momo ! Comme Céline, d'une histoire qui devrait être triste, l'auteur va me faire autant rire que mon Louis-Ferdinand dans "Mort à Crédit" Momo l'aime d'un amour grand comme le monde sa Madame Rosa qui l'a recueilli et gardé, même que sa pension n'était plus payée depuis des lunes. Et pourtant, ce n'est pas pour sa beauté ! Son amour ne l'empêche pas d'être lucide: "Elle s'habille toujours longtemps pour sortir parce qu'elle a été une femme et ça lui est resté un peu. Elle se maquille beaucoup mais ça sert plus à rien de vouloir se cacher à son âge. Elle a une tête comme une vieille grenouille juive avec des lunettes et de l'asthme" Aussi laide deviendra-t-elle, il ne l'en aimera encore que plus et ira jusqu'à la changer et la laver alors même qu'elle fait sous elle. Mais voilà, elle l'a sauvé d'autres clandé d'enfants de putes où l'on donnait des calmants aux enfants pour qu'ils ne bougent pas. D'ailleurs, "Madame Rosa le savait de source sûre par une Portugaise qui se défendait à la Truanderie, et qui avait retiré son fils de chez la Comtesse dans un tel état de tranquillité qu'il ne pouvait plus tenir debout, tellement il tombait. Quand on le redressait il tombait encore et encore et on pouvait jouer comme ça avec lui pendant des heures" Momo nous coupe la chique par son coeur "grand comme ça" et par ses remarques désarmantes de vérité sur la vie des gens de son quartier et exprimée dans son langage à lui. Il l'aime aussi sa Madame Lola, travesti, noir, et ancien champion de boxe du Sénégal, qui exerce au Bois de Boulogne et ne rêve qu'à avoir un enfant. Lui, petit Arabe, fera les prières juives pour sa Madame Rosa que l'on ne veut pas "avorter" alors qu'elle crève de trouille qu'à l'hôpital on ne ferait que la prolonger sans fin. S'il fallait faire une petite critique, on pourrait dire deux choses. La première, c'est que, par moment, ses remarques et ses façons de les faire ne collent pas avec son âge ni avec le milieu qui l'entoure, alors que la plupart du temps il est crédible. La seconde, c'est qu'il arrive de temps à autre que le récit piétine. Mais elles sont presque mesquines tant ce livre est bon. A lire sans faute !...

Amour, rire et larmes au programme de ce magnifique ( et court ) roman

10 étoiles

Critique de CptNemo (Paris, Inscrit le 18 juin 2001, 43 ans) - 8 avril 2003

Momo a dix ans, du moins il le croit pendant une bonne partie du livre. Il vit chez Madame Rosa, une vieille juive qui tient un foyer pour les enfants de celles qui "se défendent avec leur cul". Momo n'a jamais connu sa mère alors il aime Madame Rosa et Madame Rosa seule et abandonnée se raccroche à ce petit bout d'homme qui lui apporte un peu d'amour.
Encore une fois Gary signe un chef d'oeuvre tour à tour drôle et émouvant. Un livre magnifique sur une humanité en mal d'amour et un hymne à la tolérance peuplé de personnages inoubliables comme Mme Lola travesti du bois de Boulogne ancien champion de boxe du Sénégal.
L'histoire nous est racontée par Momo qui a un style un peu particulier mais qui véhicule les émotions d'une façon extraordinaire. On passe du rire aux larmes en un quart de phrase.
Si vous n'avez pas lu "La vie devant soi", filez chez votre libraire préféré acquérir ce chef d'oeuvre. Et tant que vous y êtes, prenez également "La promesse de l'aube" du même auteur. Avec ces deux livres, le bonheur vous attend.

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