La mort de Staline, tome 1 de Fabien Nury (Scénario), Thierry Robin (Dessin)

La mort de Staline, tome 1 de Fabien Nury (Scénario), Thierry Robin (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Divers

Critiqué par Jules, le 13 octobre 2010 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 246ème position).
Visites : 2 871 

Quelle BD que celle-ci !

Après "La saga moscovite" d'Axionov et "La fête au bouc" de Vargas Llosa voici une BD qui s'attaque également avec force au régime politique qu'est la dictature.

La critique est totale et elle nous montre jusqu'à quelle aberration ce régime peut aboutir. La toute puissance de Staline et la crainte qu'il inspirait se retournent complètement contre lui. Toutes les hyènes sont là pour prendre sa succession et aucune ne versera l'ombre d'une larme sauf, éventuellement, de peur. Qui lui succédera, que deviendront ses enfants ? Quant au peuple il est évident que chacun s'en fout complètement. Qui parmi les hommes qui l'entouraient va être liquidé ? Ils sont tous là mais il est évident que c'est le sinistre Béria qui prend les choses en mains et se voit déjà comme le dictateur suivant, sûrement aussi cruel. J'allais dire "plus encore" mais j'ose croire que cela n'est pas possible !

J'ai bien aimé le dessin de Robin et le scénario de Nury est impeccable.

A défaut de lire "La saga moscovite" ou "La fête au bouc", ne ratez pas cette BD !

Les démocraties se voient aujourd'hui fréquemment critiquées, et elles sont loin d'être parfaites, mais attention à ce qui nous semble, parfois, pouvoir être une solution !

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Les éditions

  • Agonie [Texte imprimé] Fabien Nury, scénario Thierry Robin, dessin Lorien Aureyre, couleur
    de Robin, Thierry (Illustrateur) Nury, Fabien (Scénariste)
    Dargaud
    ISBN : 9782205066760 ; EUR 13,95 ; 15/10/2010 ; 56 p. ; Cartonné
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  La mort de Staline

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Mort d'un dictateur

7 étoiles

Critique de Pytheas (Pontoise - Marseille, Inscrit le 5 avril 2012, 54 ans) - 11 juin 2014

panique à bord, le concert qui vient d'être joué pour la radio Soviétique, n'a pas été enregistré et Staline en personne en veut la copie. On demande à l'orchestre de le rejouer afin de pouvoir graver la galette, lorsque la copie arrive enfin dans les mains de Staline ce dernier a une attaque cardiaque de laquelle il ne se relèvera pas.
Commence alors le bal des prétendants Béria chef de la police se voit bien en nouveau père du peuple mais il faudra composer avec les autres membres du bureau exécutif du parti et savoir les manipuler pour atteindre son but
Comme évoqué par les autres critiques, cette BD est très noire, ces hommes qui gouvernent ne sont régis que par 2 sentiments, la peur de Staline et la soif du pouvoir
Le dessin, lui aussi noir et les dialogues dépouillés, participent aussi à cette ambiance tendue du début à la fin.

Un inquiétant totalitarisme

6 étoiles

Critique de Junos2005 (, Inscrite le 12 mars 2013, 29 ans) - 21 février 2014

Assez peu au courant de cette période de l'Histoire, cette œuvre est très enrichissante. Même si les auteurs ont pris soin de préciser qu'il s'agit d'une fiction, on sent que tout est bien documenté et plutôt conforme à la réalité.
L'atmosphère sombre faites de secrets et de machinations ressort de façon éclatante. Les personnages sont croqués de manière très brutale ce qui renforce l'impression de violence et de terreur du récit. Petit point négatif: j'ai parfois eu du mal à différencier ces personnages les uns des autres car leurs noms ne me sont pas familiers et leurs profils physiques reflet d'avidité et de laideur les rendent très semblables.
J'ai particulièrement aimé l'ironie tragique de la situation; tant de hiérarchie et tant de peur que personne ne veut se mouiller et que Staline n'est pas soigné immédiatement!
Le personnage de la servante m'a touchée; seule à pleurer et à regretter son maître sa fin n'est pas méritée. D'autant plus que le contraste avec les collaborateurs de Staline est frappant. Le personnage de la soliste du concerto est également extrêmement intéressant puisqu'on peut y voir au travers l'image d'une résistance et d'un peuple qui souffre . Ce peuple qui flamboie par son absence et dont on ressent toute l'oppression, toute la peur, tout le désespoir d'une vie surveillée et archétypale.
Une bonne bd qui fait réfléchir et qui cultive

La mort d'un dictateur

8 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 63 ans) - 28 mars 2013

Je connaissais déjà les moindres détails de la mort de Staline après avoir lu l’excellent roman de Robert Harris « Archange » que je vous recommande chaudement si le sujet vous intéresse. Donc, j’ai eu une impression de déjà lu avec cette bande dessinée consacrée à la mort du dictateur russe. Cependant, je ne peux nier avoir aimé cet album. Faut-il accorder crédit de tout ce qui est écrit dans cette bd ? Un avertissement en début de volume indique que cette histoire est inspirée de faits réels mais demeure une fiction. Pourtant, comme tout cela correspond bien à la réalité enfin ce que j’ai pu en lire jusqu’à présent. Le premier tome raconte comment Staline est décédé et les réactions de son entourage immédiat. Pour certains, cette mort constitue une immense tragédie alors que pour d’autres, c’est une porte ouverte toute grande vers le pouvoir. Béria fait partie de la deuxième catégorie. Il feint une grande tristesse alors qu’à l’intérieur, il jubile et se frotte déjà les mains de satisfaction, certain de remplacer le dictateur à la tête de cet immense pays. Mais c’est sans compter sur Khrouchtchev et ses acolytes.

C’est un album très noir, je dirais même lugubre et d’une consternante morosité car les personnages qui l’habitent sont pour la plupart corrompus, immoraux et insatiables. Les couleurs ajoutent à la morosité du thème car elles sont très sombres. Les personnages sont dotés de visages durs et certains sont d’une affligeante laideur. Tout le côté noir de l’être humain est mis en valeur à travers les réactions des uns et des autres face à cet événement inattendu qui résonna comme un coup de tonnerre dans le ciel moscovite. Le fils de Staline est présenté comme un militaire buveur organisant des orgies. Il avait de nombreux amis dans le milieu du cinéma et couchait avec toutes les actrices de l’heure.

Le premier tome se termine alors que la nouvelle est annoncée aux médias.

Triste Russie

7 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 39 ans) - 11 janvier 2013

La bande dessinée s'ouvre sur un concert classique où la soliste Maria Ioudina brille par ses talents de pianiste. Staline a adoré le concerto et demande à la Maison de la radio de lui donner l'enregistrement de ce morceau enchanteur de Mozart. Grosse panique ! Le concert n'a pas été enregistré ! On demande à l'orchestre de s'installer à nouveau et de tout reprendre afin de satisfaire la demande du dictateur. Quelques heures plus tard, Staline a une attaque.

Le lecteur suit avec précision le comportement des hommes politiques qui gravitent autour de cette figure tant crainte et si faible inconscient depuis son attaque. Nulle tristesse ! Uniquement la soif de pouvoir et des conversations qui soulignent les inquiétudes de ces hommes qui redoutent des assassinats mais qui veulent la plus grosse part du gâteau.

Le lecteur suit ces hommes durs et machiavéliques, cette Russie froide et extrême, ces "privilégiés" qui goûtent aux débauches sexuelles, à l'alcool et cèdent facilement à la violence.

Une bande dessinée intéressante, un bon scénario et des dessins qui permettent une immersion totale dans cet univers effrayant.

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