Le jour avant le bonheur de Erri De Luca

Le jour avant le bonheur de Erri De Luca
(Il giorno prima della felicità)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Ichampas, le 3 août 2010 (LAMBALLE, Inscrite le 4 mars 2005, 55 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 418ème position).
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Trois héros d’un grande simplicité

Quatrième de couverture

Nous sommes à Naples, dans l’immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l’adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et d’une certaine façon, il l’initie même à la sexualité en l’envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l’image d’une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d’une partie de football dans la cour de l’immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l’aide de don Gaetano…

Ma critique personnelle

Naples, la ville, le jeune orphelin, le narrateur, et Don Gaetano, le concierge, sont les héros de ce roman d’une grande simplicité. Sa lecture procure une certaine sérénité. J’avais seulement lu de cet auteur Montedidio, ce livre est de la même veine. Son écriture est poétique, l’histoire est belle même si les faits de ce roman ne sont pas toujours beaux, tout est dans l’art du romancier qu’est Erri De Lucca.

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Les éditions

  • Le jour avant le bonheur [Texte imprimé], roman Erri De Luca traduit de l'italien par Danièle Valin
    de De Luca, Erri Valin, Danièle (Traducteur)
    Gallimard / Du monde entier (Paris).
    ISBN : 9782070124848 ; EUR 15,00 ; 07/05/2010 ; 137 p. ; Broché
  • Le jour avant le bonheur [Texte imprimé] Erri De Luca traduit de l'italien par Danièle Valin
    de De Luca, Erri Valin, Danièle (Traducteur)
    Gallimard / Collection Folio
    ISBN : 9782070445615 ; EUR 5,30 ; 26/01/2012 ; 157 p. ; Poche
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Les livres liés

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Initiation

8 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 79 ans) - 8 avril 2019

Page après page, le jeune narrateur exprime sa découverte de la vie: la ville de Naples, l'école, l'amour, la guerre et la fin de la guerre avec les récits de Don Gaetano, la journée quotidienne d'un immeuble, le monde des adultes, le départ vers l'inconnu, la relation profonde avec un adulte qui aurait pu être son père, etc; L'histoire est simple, il ne se passe pas grand chose, mais chaque moment est empreint de gravité, de découverte et, souvent, de poésie. La langue de De Luca est simple, sans fioriture, parfois sentencieuse et on suit le récit sans difficulté et sans ennui, découvrant dans la simplicité la profondeur des destins humains.

Un adolescent à Naples dans l'après-guerre

8 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 39 ans) - 12 mai 2017

Naples, l'après-guerre. Le narrateur est orphelin et ne sait pas grand-chose de son histoire familiale. Don Gaetano, le concierge de l'immeuble, le prend sous sa coupe. Ils discutent ensemble, jouent à la scopa, parlent de femmes. Il est un substitut de père. Le lecteur suit donc ce jeune narrateur dans ses apprentissages.( amoureux, identitaire ... )

Il règne une atmosphère particulière dans les romans d'Erri de Luca. L'histoire ne connaît pas d'énormes rebondissements. Il n'y a pas de multiples péripéties. Le lecteur prend le temps d'entrer dans son univers fait d'anecdotes et de descriptions pittoresques. Quand on sort de l'un de ses romans, l'on a le sentiment de quitter des personnages familiers que l'on connaît de l'intérieur.
Les séquences sont courtes, permettant de passer d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre. Ici, de nombreux courts textes sur la seconde guerre mondiale permettent de créer un climat singulier et de comprendre comment tout s'imbrique avec clarté dans le roman.

Dans ses romans, il y a toujours des passages marquants et poétiques cachés au milieu de la banalité, qui permettent de hisser ces courts romans au niveau des meilleurs romans de la littérature. J'ai été touché par les mêmes phrases que Psychééé a citées. Derrière le quotidien, il y a parfois de la magie et de la beauté. Erri de Luca sait les faire surgir lorsqu'on s'y attend le moins.

C'est un roman qui a les mêmes qualités que "Montedidio". Erri de Luca est un grand auteur qui fait des choses magnifiques avec beaucoup de simplicité. Et puis quel titre ! L'auteur nous invite à regarder ce que l'on ne voit plus. Et dans la simplicité se sache souvent l'essentiel.

Jamm ja !

8 étoiles

Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 31 ans) - 18 janvier 2017

Le jour avant le bonheur, en voilà un titre sublime qui éveille la curiosité et incite à découvrir cet auteur italien contemporain. Le narrateur, un jeune orphelin vivant un immeuble de Naples dans les années 1950, nous expose son quotidien entre l’enfance et l’adolescence. Il a développé une forte complicité avec le concierge, Don Gaetano, un homme bon et généreux qui lui narre les histoires de la ville et la guerre. Autour de parties de scopa endiablées et de mots en dialecte, il lui enseigne les choses de la vie. Je n’ai pu m’empêcher de relever de belles réflexions autour des livres, comme celle-ci : « les livres gardent l’empreinte d’une personne plus que les vêtements et les chaussures. Les héritiers s’en défont par exorcisme, pour se libérer du fantôme. Le prétexte est qu’on a besoin de place, qu’on étouffe sous les livres. Mais que mettent-ils alors contre les murs où se dessinent leurs contours ? » ou encore celle-là : « les gens mettent toute une vie à remplir des étagères et les fils s’empressent de les vider et de tout jeter. Que mettent-ils sur les étagères, des fromages, du caciocavallo ? Il suffit que vous m’enleviez ça de là, me disent-ils. Et là se trouve la vie d’une personne, ses envies, ses achats, ses privations, la satisfaction de voir grandir sa propre culture centimètre par centimètre comme une plante. » Il s’agit d’un magnifique roman d’initiation et de formation, teinté de lyrisme, qui invite à aimer la vie et à en apprécier chaque saveur.

Mais où donc le bonheur ?

8 étoiles

Critique de Lectio (, Inscrit le 16 juin 2011, 70 ans) - 10 mai 2014

Nous sommes à Naples quelques années après la seconde guerre mondiale. E. De Lucas connaît bien cette cité chaude et indomptable comme le Vésuve. Avec son écriture simple jouant avec les mots des plus durs aux plus doux, avec une poésie sublime et tendre nous touchons à l'âme napolitaine et aux magnifiques paysages dans lesquels elle baigne. On désigne souvent ce livre comme un grand roman initiatique. Il est vrai que le narrateur, jeune orphelin vit sous la protection paternelle du concierge de l'immeuble Don Gaétano. De l'apprentissage de la "scopa" ,aux petits boulots et à la vie sexuelle, voilà une initiation paternelle complète ! Bien au-delà d'un récit purement initiatique, l'histoire simple, plutôt triste, bien orchestrée mais sans surprises ni rebondissements, à la fin tragique très (trop ?) tôt prévisible, nous interroge sur le bonheur. Quel est-il ? celui de la libération de la ville par les napolitains, celui de la lecture grâce aux livres prêtés par un libraire ami, ou celui d'enfin rencontrer Anna, l'autiste, petite fille entrevue quelques années plus tôt lors d'une partie de foot dans la cour de l'immeuble. Le bonheur passé, est ce nostalgique ,voire tragique ? Entre tendresse et violence, E. De.Lucas chuchote dans le vacarme napolitain quelques grandes questions de l'humanité.

Petit scarabée !

8 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 53 ans) - 18 juin 2012

Né à Naples (Italie) en 1950, Erri De Luca est aujourd'hui un auteur majeur de la littérature italienne.
Il est révélé au grand public par son roman " Montedidio " (Prix Femina 2002).

Dans ce livre ,nous suivons quelques années de l'adolescence du jeune narrateur dans un Naples d'après-guerre.
Un orphelin de 13 ans qui va apprendre la vie dans la loge de concierge de don Gaetano, son père de substitution.
Don Gaetano-fin psychologue- cultive l'écoute et l'observation.
Les parties de Scopa sont des moments privilégiés pour construire son jeune protégé (" ses récits devenaient mes souvenirs ") et lui apporter les armes nécessaires pour affronter la vie.

Un roman court, fort, poignant, sensible et prodigieusement intelligent.
Naples y est magnifié :
" Naples , une belle ville pleine de dangers mais aussi de liberté "
" Les ruelles les plus étroites et les plus braillardes du monde ".
" Le napolitain est pour raconter , l'italien pour écrire " .
Il est question de la transmission du savoir, de l'enfance et de l'honneur.

Une lecture que je recommande tout particulièrement.

Un roman plein d’humanité

8 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 7 juin 2011

Un peu déroutée au début, je me suis progressivement laissée entrainer par le charme de ce récit et par ses deux personnages attachants .

Celui qui sera le narrateur : l’enfant orphelin dont on épouse les rêves et dont la solitude est brisée par la lecture des livres qu’un libraire complaisant lui permet d’emprunter, et Don Gaetano, père de substitution qui lui apprend à jouer aux cartes, l’initie à la pêche, facilite son éducation sexuelle , et qui, le jour de ses dix huit ans lui révèle ce que l’enfant n’avait jamais voulu savoir : qui étaient ses parents, lui offre un couteau qui lui sera utile pour tuer le rival qui l’a provoqué et le billet de bateau lui permettant de s’enfuir vers l’Argentine et d’échapper aux poursuites . Un véritable initiateur qui lui donne les moyens de devenir un homme à part entière , qui ne lui cache rien des dangers qu’il va rencontrer et lui donne les moyens d’y faire face . Un homme, juste, qui sait régler les conflits entre les locataires de l’immeuble dont il est le concierge ; généreux , qui a caché un Juif pendant la guerre et a pris en charge cet orphelin jusqu’à l’âge où il a les moyens de voler de ses propres ailes .

Les nombreux passages sur Naples pendant la guerre peuvent sembler un peu extérieurs au roman mais trouvent toute leur importance à la fin du récit quand Don Gaetano révèle à l’enfant qui étaient ses géniteurs . La ville de Naples apparaît comme un personnage à part entière du roman . J’ai aimé l’évocation qu’en donne De Luca la nuit et la réflexion qu’il mène sur ce dont est capable un groupe quand il veut se libérer .

Un roman de formation , plein d’humanité , servi par une belle écriture aux fréquentes métaphores , apte à traduire l’onirisme et restituer la richesse d’une vie intérieure .

Mauvaise influence

5 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 49 ans) - 4 février 2011

Petit roman initiatique où se mêlent les récits de guerre d'un concierge mentor et les apprentissages d'un orphelin. Comme souvent chez Erri De Luca, il s'agit d'une histoire très personnelle et simpliste. Pour moi, le roman n'arrive pas à expliquer assez clairement cette fausse relation père-fils. Je n'ai pas compris en quoi les deux voulaient rester attachés. De plus, tout m'a semblé sombre. Tout se passe le jour avant un bonheur qui ne viendra jamais.

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