Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar de Guillaume Apollinaire

Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar de Guillaume Apollinaire

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Virgile, le 31 janvier 2002 (Spy, Inscrit le 12 février 2001, 39 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 194ème position).
Visites : 4 935  (depuis Novembre 2007)

Apollinaire et Sade, même combat?

Honte sur moi ! Je n’avais jusqu’ici pas lu une seule ligne de ce grand nom de la littérature française qu’est Apollinaire ! Mais le crime est maintenant réparé, quoique.
On ne peut sans doute pas dire que ce roman, « les onze mille verges », soit très représentatif de l’oeuvre du poète. En effet, ce livre semble avoir fait scandale (ce qui est compréhensible à sa lecture) et figure un peu en marge des autres écrits de l’auteur.
A travers l'histoire de Mony Vibescu, hospodar héréditaire roumain, Apollinaire nous entraîne dans un torrent de débauches diverses allant de la pédophilie à la gérontophilie en passant par tous les extrêmes: zoophilie, sado-masochisme, scatologie et autres joyeusetés.
Mais ce n'est tout de même pas un simple livre pornographique, il est émaillé d'humour (parfois très noir) et aussi de descriptions très jolies comme dans ce petit extrait : « Et comme on passait sur un pont, le prince se mit à la portière pour contempler le panorama romantique du Rhin qui déployait ses splendeurs verdoyantes et se déroulait en larges méandres jusqu'à l’horizon. Il était quatre heures du matin, des vaches paissaient dans les prés, des enfants dansaient déjà sous des tilleuls germaniques. Une musique de fifre, monotone et mortuaire, annonçait la présence d’un régiment prussien et la mélopée se mêlait tristement au bruit de ferraille du pont et à l'accompagnement sourd du train en marche. Des villages heureux animaient les rives dominées par les burgs centenaires et les vignes rhénanes étalaient à l'infini leur mosaïque régulière et précieuse.» Après un petit passage bucolique comme celui là c'est reparti pour l’orgie qui tourne aux meurtres et les rebondissements paillards s'enchaînent ainsi jusqu'au bout.
Il est évident que ce livre n’est pas recommandé aux plus jeunes lecteurs, mais je le conseillerais à ceux qui connaissent Apollinaire uniquement par ses textes plus « classiques » , aux admirateurs du marquis de Sade qui aurait très bien pu écrire ce livre et enfin à tous les curieux qui voudraient lire un texte qui est clairement pornographique mais qui ne se limite pas à cela !

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oublier l'Apollinaire du "Pont Mirabeau "

8 étoiles

Critique de Som Lang (Ecrouves, Inscrit le 28 octobre 2011, 45 ans) - 14 mai 2014

C'est sûr que si on s'attend au poète délicat du "Pont Mirabeau"", on risque d'être un peu surpris..

Bon bah !!.. tout y passe : sodomie, zoophilie, scatophilie, pédophilie, meurtre, éviscération, gode..

Mais étonnement, notre Apollinaire arrive à tout faire passer par l'humour:
Rien que le nom des personnages me fait rire : Mony Vibescu, Cornaboeuf ( dont on doit supposer qu'il est sévèrement membré..), Fornosky ( dont la principale occupation doit être justement de ..forniquer), ..
Et les répliques :
" Foi de Cornaboeuf, vous savez vous amuser "
" Le policier ne tarda pas à sortir son vit règlementaire"
" Comment! jeunes salaudes , encore à vous lutiner ?"
" Vous me tromper monsieur, mon amant en a 3.."

Vraiment, il faut le lire sans le prendre au sérieux et apprécier son humour sous-jacent (c'est pas facile, je reconnais)
Par contre, en ce qui me concerne, "le savourer à une main" ? Bizarrement non, j'avais les deux mains sur le livre moi..

" Vienne la nuit, sonne l'heure,
Les jours s'en vont je demeure "

J'imagine notre Apollinaire clamant ça à une donzelle: les romantiques diront "ouah, il cherche à la séduire". Les pragmatiques diront qu'il avait déjà en tête les scènes des "11 000 verges"..
Pour les premiers, passez votre chemin, vaut mieux je pense..

Sodomies trash et faintaisie ( HFT dans Joli mai mois de Marie)

8 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 48 ans) - 12 juin 2013

Les lecteurs et lectrices prudes, tous aux abris, mettez vos écailles sur les yeux et passez votre chemin.
Il a la main lourde le père Apollinaire et j'ai le sentiment que nos contemporains dits subversifs comme Matzneff, Despentes, Angot et consorts sont vraiment des seconds couteaux du genre.
Peut-être DSK pourrait-il incarner le personnage principal, mais il lui manque immanquablement la verve poétique et le regard de Vibescu.
Ici tous les traits sont forcés, pédophilie, nécrophilie, scatologie, SM hard, homosexualité, partouze etc...
Tout ça au fil des pages, au gré des aventures de l'hospodar en Roumanie, à Paris ou en Russie.
Le coup de maître c'est d'avoir fait et réussi malgré toutes les tares sexuelles de l'humanité un livre délirant qui se lit avec plaisir.
Car chaque page est empreinte de poésie et de grandeur.
C'est la première fois que je lis cet auteur et j'en conserverai un bon souvenir.
On a le sentiment que Apollinaire a voulu faire éclater tous les murs de l'hypocrisie, ouvrir au monde les tentures de alcôves, prendre la merde et la jeter au visage des gens en les fouettant avec des roses.
C'est à lire sans a priori, certains pourraient s'offusquer de tant de perversité dans un seul homme, mais le mal est là sublimé dans la poésie, dans le sang, la bataille et la religion.
La fin est superbe et prend le lecteur à contre-pied, comment ne pas y voir un pied de nez à nos grands hommes magnifiés par les discours.
J'ai rapidement cherché une étude du texte mais ne l'ai pas trouvée.
Cela a dû faire l'effet d'une bombe à l'époque, comme quoi rien de neuf sous le soleil...

Extrême

5 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 7 août 2008

C’est un livre pornographique, mais je ne l’ai pas du tout « savourer à une main » (pour citer Spiderman, un de nos membres), c’est trop extrême pour moi. Du même auteur, je préfère le côté doux de Les exploits d'un jeune Don Juan, même si je dois avouer que Les onze mille verges a plus d’originalité dans le contenu. Je n’ai pas ignoré l’humour, c’est justement grâce au ton que je ne déteste pas ce livre. C’est trop cru pour moi pour être érotique, mais ça reste une expérience, tout comme Frisk de Dennis Cooper. J’ai eu de la difficulté à lire les passages qui font référence à des enfants, c’était trop pour moi, c’est ma limite.

Je donne les étoiles pour la puissance que dégage le récit à plusieurs reprises, je ne regrette pas de l’avoir lu parce que j’étais curieuse, mais je ne compte pas relire ce livre.

Les Onzes Milles Verges...

6 étoiles

Critique de Nevermore (Rennes, Inscrit le 10 mai 2002, 37 ans) - 20 novembre 2002

Oui je suis d'accord c'est un roman tout à fait convenable.
Les aventures du téméraire prince roumain sont plutôt intéressantes, même si c'est parfois extrême et qu'il faut prendre ses distances par rapport au livre (qui n'est qu' un simple livre).
Apollinaire fait preuve d'un grand talent lorsqu'il utilise la langue française, dans toutes les situations. Par contre je trouve que l'extrait ci-dessus n'est absolument pas caractéristique du roman, et je pense que ceci est vraiment trompeur pour le futur lecteur.
C'est pourquoi j'en propose un autre :
"Le vice-consul Bandit Fornoski était tout nu dans son salon [...] près de lui se tenait Mira, une brune Monténégrine [...] Elle était nue également [...] elle était penchée [...] Elle ne se dérangea pas lorsque entra Mony. Dans un autre coin, sur une chaise longue, deux jolies filles [...]

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