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Une enfance australienne de Sonya Hartnett

Titre original :  Of a boy

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

critiqué par Sahkti, le 18 février 2010 (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 37 ans)

La note: 9 etoiles
Moyenne des notes : 9 etoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 etoiles (11 637ème position).
Visites : 703 

Le désespoir d'un enfant

Adrian est un petit garçon de neuf ans. Son père l'a déposé un jour chez sa belle-mère, la grand-mère du môme qui s'en occupe cahin-caha. Sa mère, Sookie... et bien, on ne sait trop ce qu'elle est devenue, si ce n'est que ses facultés mentales altérées lui ont valu que son gamin soit confié à la grand-mère.
Depuis, Adrian survit au milieu de ce monde feutré, sans copains. Il y a bien Clinton, mais cette amitié ne fonctionne que parce qu'Adrian se laisse dominer par son pote de classe. Sinon personne à part un monstre marin imaginaire, un chien rêvé dans sa tête et la télé. La télé qui annonce la disparition de trois enfants, les petits Metford, partis acheter des glaces et jamais revenus. Adrian adore les glaces. C'est sans doute pour ce point commun qu'il suit l'affaire de près.
Au même moment arrive une nouvelle famille dans la maison en face de la sienne. Il y a trois enfants avec lesquels Adrian ne tarde pas à faire connaissance. Quitte à se plonger dans de drôles de mystères et de nouveaux tourments.


Superbe roman de Sonya Hartnett qui m'avait déjà emballée avec "Finnigan et moi". Elle n'a pas son pareil pour dépeindre l'atmosphère pesante de cette petite ville australienne dans laquelle Adrian évolue tant bien que mal, totalement isolé du monde qui tourne autour de lui. Un gamin attachant au possible, doté d'une bonne dose de lucidité et que l'auteur a l'intelligence de ne pas infantiliser. Ses réflexions et ses états d'âme prennent aux tripes, le lecteur l'accompagne volontiers dans ses pérégrinations et ses regrets, avec une envie qui se fait grandissante, celle de l'accueillir chez soi et le serrer dans ses bras.
Lorsque la famille voisine s'installe, c'est un autre univers qui voit le jour, on a rapidement envie que celui-ci permette à Adrian de s'épanouir, de découvrir ce que peut être le bonheur. Alors on accompagne, on observe, on suit de près. Jusqu'à la fin. Dont je ne dirai rien pour ne pas déflorer le mystère. Mais quelle fin...
Sonya Hartnett m'a retourné l'estomac par la sensibilité dont elle fait preuve dans ce récit très bien écrit. A lire !

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Les éditions
small Une enfance australienne [Texte imprimé], roman Sonya Hartnett traduit de l'anglais (Australie) par Bertrand Ferrier
de Hartnett, Sonya Ferrier, Bertrand (Traducteur)
le Serpent à plumes
ISBN : 9782268069050 ; EUR 18,50 ; 2010-02-11 ; 198 p. ; Broché
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Les critiques éclairs (1)

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Une fuite plutôt qu'une fugue 8 etoiles

Quelque part dans une banlieue convenable d’Australie, Adrian, neuf ans, vit chez sa grand-mère car sa mère n’est pas jugée digne de l’élever et son père ne veut pas s’encombrer d’un gamin. Il sent bien qu’il est une charge pour tout le monde et qu’il n’intéresse personne même pas son meilleur ami qui lui préfère un autre camarade. Il nourrit des angoisses qui ne font que croître quand la télévision rapporte la disparition de trois enfants d’une même famille.

Adrian ne peut pas s’épanouir entre une grand-mère qui l’aime mais le rudoie parce qu’elle a peur de mal l’élever, un oncle qui vit reclus à la maison parce qu’il est responsable de la mort de son ami – Rory doit rester dans la maison à regarder le monde par la vitre parce que, s’il sortait, la viande qui pend à ses côtes se balancerait au gré du vent et pleurerait avec lui -, une camarade de classe qui se prend pour un cheval et fait un scandale tonitruant. Et, une famille avec trois enfants, comme ceux que l’on recherche activement, qui vient s’installer dans la maison voisine. Il noue progressivement des liens avec ces enfants, eux aussi, un peu perdus avec un père qui travaille et une mère qui se consume dans son lit depuis de longues années.

Sonya Hartnett avec ce petit roman, nous propose, dans un style vif et enlevé, une réflexion sur la construction de l’enfant, son parcours initiatique mais surtout les embûches qu’un monde sécuritaire tourné vers le confort des adultes propose à ces enfants isolés et mal aimés. Un livre qui pourrait facilement tomber dans un pathétisme larmoyant mais que l’auteur sait toujours maintenir dans un registre alerte par une montée progressive de la tension à travers des petites touches et des détails qui s’additionnent pour construire un récit crédible malgré l’accumulation des faits divers et événements douloureux.

On dirait qu’Adrian est le seul être sain de cette famille et qu’il comprend très vite qu’il n’a rien à faire avec ce monde, il ne veut pas être un « dinguo » comme sa mère, comme son oncle, comme la fille-cheval,… Il faut être attentif, les enfants savent très bien ce que pensent les adultes et tirent rapidement des conclusions même si ce ne sont pas toujours les bonnes.

Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 64 ans) - 11 janvier 2011


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