Le Nain de Marcel Aymé

Le Nain de Marcel Aymé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Tistou, le 1 février 2010 (Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 653ème position).
Visites : 2 176 

13 nouvelles.

Marcel Aymé aura écrit énormément de nouvelles. « Le nain » est un des recueils de ces nouvelles, le premier, paru en 1934. Ces nouvelles sont, quasi systématiquement, bordées, frangées de fantastique. Marcel Aymé utilise volontiers l’outrance du fantastique pour mieux mettre en évidence son propos ou la conclusion à laquelle il veut amener le lecteur. On est le plus souvent au bord du conte, et le tout dans une langue châtiée mais très agréable à lire. Pas étonnant qu’on faisait lire autrefois ( ?) Marcel Aymé – et notamment « Les contes du chat perché » dans les écoles.
Ainsi, le nain Valentin, dans la nouvelle éponyme, se met à grandir dans sa vingt-cinquième année, ruinant du même coup ce qui faisait sa richesse ; son état de nain. La suite de la nouvelle démontrera tout le mal que peut récolter un nain qui a fait de son état son gagne-pain, de la reprise de sa croissance.
Dans « La canne », le fantastique n’est pas vraiment mis à contribution. Il s’agit plutôt d’une étude de mœurs, certainement typique du milieu bourgeois français de l’avant-guerre. Un homme, plutôt faible et veule vis-à-vis de sa femme, qui veut faire montre d’autorité en s’appropriant une canne héritée d’un oncle qui vient de mourir. Et Marcel Aymé de démonter tout ceci et de nous narrer les effets secondaires de cette funeste situation.
Avec « La liste », nous retombons direct dans le fantastique. Le sous-titre de Marcel Aymé le démontrera aisément : « (Histoire d’une fille qui ne pouvait pas tenir dans un conte fantastique) ».
« Rue Saint-Sulpice » est carrément surréaliste puisqu’on a affaire à une boutique spécialisée dans la conception et la réalisation d’images de piété. C’est ainsi qu’un dénommé Machelier se retrouve promu brièvement au rang de star sanctifiée pour ses « possibilités » en Christ … !
« L’affaire Touffard » est une très plaisante satire de Sherlock Holmes. Là c’est un O’Dubois, qualifié de prince des détectives et assisté de son fidèle Joubin dans le rôle du docteur Watson. L’enquête, les indices et les déductions sont à la limite du non-sens, débordant les enquêtes de Sherlock Holmes sur son côté non-sens britannique !
« L’armure » est assez étonnante par son côté livre d’histoire puisqu’il s’agit d’une affaire de cocufiage révélée sur son lit de mort au grand Connétable … qui finalement ne mourra pas, affaire dans laquelle une armure jouera un rôle certain.
Avec « Le dernier », nous entrons de plain-pied dans les balbutiements du Tour de France puisque le dernier dont il s’agit est un coureur cycliste qui toujours arrive le dernier. Marcel Aymé ne fait pas les choses à moitié, Martin n’arrive pas dans les derniers. Il arrive toujours dernier. Et ça ne s’arrangera pas les années passant …
Impossible de s’ennuyer au fil de ces nouvelles qui nous font tout traverser ; du vice absolu à la morale la plus bourgeoise, du Moyen-Age au Tour de France. Il y en a pour tout le monde !

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un géant

10 étoiles

Critique de J-françois (, Inscrit le 26 mai 2005, 48 ans) - 27 avril 2014

Lire les nouvelles de Marcel Aymé c'est faire un voyage en terre inconnue. On ne sait pas d'où on va partir, c'est à chaque fois une surprise totale, et on ne sait pas où il va nous emmener. On sait juste qu'on va rencontrer une foule de personnages exotiques, cocasses, incongrus, que ces personnages vont se croiser dans des péripéties surréalistes comme des molécules dans le flacon d'un savant fou. Et alors qu'on pense que tout va exploser...pouf...ça prend forme, tout rentre dans l'ordre, la magie opère. Comme un chat retombant gracieusement sur ses pattes l'auteur conclut, vous salue d'un clin d’œil malicieux et s'en va. Pour son imagination et l'élégance de son écriture Marcel Aymé est pour moi un des plus grands écrivains français du XXe siècle.

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