L'araigne de Henri Troyat

L'araigne de Henri Troyat

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Tophiv, le 28 décembre 2001 (Reignier (Fr), Inscrit le 13 juillet 2001, 42 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 576ème position).
Visites : 4 317  (depuis Novembre 2007)

Henri Troyat est un grand écrivain

"1938. Un appartement bourgeois, place des Vosges. Gérard Fonsèque y vit avec sa mère et ses trois soeurs. Jeune homme maladif, il reste confiné dans sa chambre où il compte écrire un essai philosophique qui, bien sûr, sera le chef-d'oeuvre du siècle...
En fait, il se complaît dans un délire hypocondriaque et exerce une subtile tyrannie sur ces quatre femmes qui sont tout son univers. "
Voici un extrait du résumé proposé au verso de ce livre. Lorsqu'on parle de Troyat, on cite en premier la neige en deuil et les biographies qu'il a écrites. On oublie souvent ses premiers romans dont le chef d'oeuvre est l'araigne. Dans ce livre comme dans beaucoup d'autres (le vivier, faux jour, le bruit solitaire du coeur, toute ma vie sera mensonge, le mort saisit le vif, la tête sur les épaules ...), Troyat nous décrit des drames et des joies, la vie de personnages forts, rééls. En lisant ses livres, on n'observe pas "de loin" le destin de ses personnages mais on vit réellement leurs émotions, on traverse les mêmes épreuves.
Troyat a écrit également toute une série de livres et de sagas sur la Russie, ils sont plus "romanesques" et possèdent une dimension historique pour la plupart (chute du tsar, campagne de Russie de napoléon ...), mais on retrouve également les qualités précitées dans ceux-ci. (avec un faible pour la série des héritiers de l'avenir : le cahier, 101 coups de canon, l'éléphant blanc)
Troyat possède un talent immense pour nous décrire la vie, c'est ce qui fait la qualité de ses livres. Et ceux qui encensent Zola, Balzac et ne reconnaissent pas Troyat sont des idiots car souvent leurs propos est le même, témoigner de la complexité humaine et de leur temps.

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La solitude de Gérard

8 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 31 octobre 2015

En refermant ce livre, je ne peux m’empêcher de penser au personnage de Strindberg dans « Au bord de la vaste mer ». Axel Borg et Gérard Fonsèque se ressemblent étonnamment. Ce sont deux êtres convaincus de leur supériorité refusant avec dédain les plaisirs terrestres pour ne se consacrer qu’à leur vie intellectuelle. Ils sont dominateurs, haineux, manipulateurs et cherchent à contrôler leur entourage. Mais je laisse Axel Borg pour me concentrer sur le personnage immonde de Gérard. Celui-ci vit avec sa mère et ses trois sœurs. Il cherche par tous les moyens à retenir celles-ci auprès de lui mais en vain. Ses sœurs le quittent pour épouser des hommes qu’il juge indignes d’elles et sa mère lui est ravie par la mort. Gérard refuse la solitude et tente une dernière fois de faire revenir ses sœurs auprès de lui par un geste calculé qui échappera à son contrôle.

Très bon roman de Troyat exprimant toute la souffrance de ces êtres qu’on dit inadaptés finissant la plupart du temps dans la solitude la plus complète pour avoir refusé de partager les petites joies de la vie simple. Détestant les autres, ils ont pourtant excessivement besoin d’eux et agissent en sourdine afin de parvenir à leurs fins sans se soucier du mal qu’ils leur causent.

Toujours agréable à lire, Troyat demeure une valeur sûre bien que parfois, il soit légèrement ennuyeux mais si peu…

Une atmosphère étouffante !

10 étoiles

Critique de DE GOUGE (Nantes, Inscrite le 30 septembre 2011, 61 ans) - 18 novembre 2011

Ou l'histoire d' un raté ! Ou comment mal aimer ?
J' avais lu ce livre il y a longtemps et ai eu envie de le relire : les années ne l'ont pas fait vieillir : c'est l'histoire intemporelle d'un être, égoïste, persuadé de sa supériorité intellectuelle et qui en a persuadé l'aréopage féminin que constitue sa famille : mère et soeurs et son seul véritable horizon.
Cet être cache, surtout à lui même, ses faiblesses et sa peur de vivre ! Et puisqu'il ne peut vivre, les autres n'y ont pas droit donc la majeure partie de sa réalité de vie (outre soigner ses éternelles maladies) réside dans une surveillance assidue de ces 4 femmes qui se doivent de lui appartenir : n'ayant aucun penchant incestueux, c'est leur capacité à être heureuses sans lui, qu'il examine au scalpel, et avec machiavélisme, pour mieux la détruire !
Ce personnage est antipathique-voire répugnant- à souhait, les femmes sont tout simplement des êtres humains avec leurs beautés et leurs faiblesses !
Tout le monde en sort meurtri.
Le climat de chambre fermée, non aérée (attention aux microbes !) reflète le cerveau de cet homme ! On y étouffe et cette dualité atmosphérique et mentale, magnifiquement retranscrite, fait le génie de cet ouvrage !
Pour moi, c'est une oeuvre maitresse et une superbe analyse de l'Humain (sans chercher de comparaison avec un autre auteur) elle existe et ne peut laisser indifférent !

Pas aussi grand que Zola, mais ...

10 étoiles

Critique de Tophiv (Reignier (Fr), Inscrit le 13 juillet 2001, 42 ans) - 25 janvier 2002

C'est vrai que je me suis un peu emporté ... Je suis d'accord pour dire que Troyat n'a pas la profondeur de Zola ou Tolstoï. Leurs sujets étaient plus profonds, et leur propos souvent plus utiles. Troyat se tourne lui plus facilement vers l'histoire elle même, et vers le plaisir du lecteur.
Pour ce qui est de Balzac, je connais un peu moins (seulement Eugénie Grandet et le colonel Chabert), mais j'aime moins...

Un bon livre.

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 2 janvier 2002

Je l'ai lu quand j'avais quatorze ans et j'en ai gardé le souvenir d'un texte qui m'avait impressionné à l'époque. Pour autant, je n'ai plus jamais lu de romans de Troyat mais bien plusieurs biographies comme celle de Catherine II. Il savait donner vie à ses personnages, nous les rendre plus proches. Des livres agréables à lire. De là à faire de Troyat un Balzac ou un Zola... Il lui a manqué, selon moi, la puissance et le souffle. Savoir bien écrire n'est pas suffisant pour faire un Tolstoï, Balzac ou Zola.

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