Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde

Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde
(The Picture of Dorian Gray)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Tophiv, le 26 décembre 2001 (Reignier (Fr), Inscrit le 13 juillet 2001, 42 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 63 avis)
Cote pondérée : 9 étoiles (45ème position).
Discussion(s) : 2 (Voir »)
Visites : 21 543  (depuis Novembre 2007)

Une belle réflexion

Etant plutôt habitué ces derniers temps à l'écriture contemporaine, il m'a fallu un peu de temps et quelques pages pour m'habituer au style d'Oscar Wilde.
Mais passé cette première barrière, le propos de ce livre (l'intrigue également) est formidable.
J'avais tout d'abord vu l'adaptation en Noir et Blanc portant le même titre. J'en avais gardé une assez bonne impression qui m'a poussé vers le livre.
Il amène une réelle réflexion sur la jeunesse, le sens de la vie, l'hédonisme et la morale.
Bref, un livre très intéressant.

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Quel chef d'oeuvre!

10 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 45 ans) - 24 février 2016

Je viens de relire ce roman pour la troisième fois au moins. Je l'adore. Tout, le style, l'histoire, ce personnage tourmenté et cruel que devient Dorian Gray, ce livre est certainement pour moi l'un des dix meilleurs de tous les temps. On y plonge très facilement, mais on a bien du mal à le lâcher, et pourtant il contient des longueurs, certes, mais rien d'inutile. La fin est de toute beauté. A lire et à relire.

Une référence

8 étoiles

Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 50 ans) - 24 mai 2014

Je suis assez partagée s'agissant de mes impressions de lecture. J'ai aimé l'écriture d'Oscar Wilde, magistrale ! Le sujet m'a plu aussi, ainsi que le dénouement de l'histoire, mais ce qui m'a gênée le plus, ce sont ces longues, très longues tirades. Au-delà du personnage presque imbuvable de Lord Henry, je n'ai pas apprécié du tout ses longues pensées, ses théories, l'influence néfaste qu'il a eue sur Dorian Gray, jeune homme qui n'était pas prédestiné à une telle vie et de tels agissements. Mais c'est un ouvrage qui permet de constater que l'influence a un pouvoir extraordinaire, et que la vie même des personnes trop faibles en dépend.

Bref, un livre que je devais lire, qui est incontournable, une référence pour certains écrivains, (notamment Irène Némirovsky!), et qui est superbement écrit.

Une oeuvre intemporelle

9 étoiles

Critique de Angreval (Brossard, Inscrit le 11 août 2010, 70 ans) - 5 février 2014

Une oeuvre puissante, indéniablement, que ce Portrait de Dorian Gray. L'argument en est fort simple: Dorian Gray profite d'une éternelle jeunesse, tandis que son portrait montre les stigmates non seulement de son vieillissement, mais aussi des vices qu'il entretient et des fautes qu'il comme. À la fin l'image de lui que lui renvoie sa conscience/portrait lui devient insupportable.


Wilde met en lumière les excès que l'inconscience de l'état de jeunesse provoque. Mais l'illusion de jeunesse éternelle et l'amnistie des conséquences que cela confère conditionne aussi le destin de Dorian Gray, puisqu'il est privé du feedback formateur de la conscience et du rappel des années. La preuve par l'absurde élaborée par Wilde lui aura aussi permis d'explorer certaines idées, parfois d'un cynisme iconoclaste, qui pourtant ont des échos tout-à-fait contemporains.

Jusqu'au dénouement rédempteur, on aura pu communier au plaisir coupable d'écouter les propos d'Henry, le mentor de Dorian, ces mêmes propos qui auront amené la chute de cet émule d'Adam, produit innocent et parfait de la création.

Quelques citations amusantes ou sérieuses !

- Ceux qui trouvent de belles intentions dans les belles choses sont les cultivés. Il reste à ceux-ci l’espérance

- Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder.

- Comme tous ceux qui essayent d’épuiser un sujet, il épuisait ses auditeurs

- Pour redevenir jeune on n’a guère qu’à recommencer ses folies

- Tant qu’une femme peut paraître dix ans plus jeune que sa propre fille, elle est parfaitement satisfaite

- La fidélité est à la vie sentimentale ce que la stabilité est à la vie intellectuelle, simplement un aveu d’impuissance.

- En art, comme en politique, les grands-pères ont toujours tort

- ...ses tuteurs, gens de jadis qui ne comprenaient point que nous vivons dans un temps où les choses inutiles sont les seules choses nécessaires ;

- Quand nous nous blâmons, nous pensons que personne autre n’a le droit de nous blâmer. C’est la confession, non le prêtre, qui nous donne l’absolution.

- Le drame de la vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune.

Autre chef-d’oeuvre…

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 75 ans) - 10 janvier 2014

Autre chef-d’oeuvre littéraire de ce XXe siècle reconnu pour sa prolificité des plus grands classiques littéraires, toutes nations confondues!

Et quel ébahissement ressenti à nouveau, tel qu’à ma lecture de Jane Eyre il y a quelques mois à peine…
Ébahie, éblouie, émerveillée par la qualité de l’écriture ainsi que celle du contenu; lu en version originale anglaise, j’avoue pourtant avoir été rebutée au début, rebutée par un ton flamboyant, sophistiqué qui m’a fait craindre brièvement, un propos superficiel…, qu’un très bref moment!

Oscar Wilde, dandy hédoniste lui-même, un écrivain qui amène une réelle réflexion sur la jeunesse, le sens de la vie, l'hédonisme et l'esthétisme, par le biais d’une écriture efficace, poétique , de toute évidence inspirée d’une érudition impressionnante semblable à plusieurs auteurs de cette époque.
Le Portrait de Dorian Gray , un roman sur la vanité, l'apparence et l'attirance, sur le fait que le plaisir est totalement différent du bonheur…

Classique et agréable

8 étoiles

Critique de Mel38 (, Inscrite le 4 mai 2013, 30 ans) - 24 décembre 2013

J'ai entendu certains de mes amis vanter les mérites de ce livre, imposé pendant leurs années lycée. Et pour dire du bien d'un classique lu au lycée...
Je me suis donc jetée sur cette merveille. Seule erreur fatale pour moi, lire le résumé du livre qui gâche une grande partie du suspense de l'histoire.
Cette œuvre m'a davantage intéressée pour la satire sociale de son époque, l'immersion dans le milieu dandy, et ce que j'ai pris comme une critique de l'hédonisme à outrance.
Le style ne m'a pas paru lourd. Ca a été une jolie découverte.

Une petite merveille !

9 étoiles

Critique de Chloe-44 (, Inscrite le 13 février 2013, 20 ans) - 19 février 2013

Passés les 2-3 premiers chapitres, j'ai commencé à vraiment m'intéresser à ce livre, et je l'ai trouvé génial. L'idée est très originale, et Oscar Wilde a un style d'écriture vraiment magnifique ! J'ai aimé la façon de suivre l'évolution du portrait, et, il y a du suspense jusqu'au bout. C'est un livre qui sort un peu de l'ordinaire, partagé entre la réalité (le Londres du 19e siècle) et le fantastique (le portrait qui vieillit à la place de Dorian..). J'ai vraiment apprécié ce roman, qui au fond a également une morale. A lire absolument !

Une ode sulfureuse à l‘esthétisme et à l’hédonisme

10 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 28 janvier 2013

On se demande pourquoi Oscar Wilde n’a écrit qu’un seul roman, tant il réussit avec celui-ci à produire un véritable chef d’œuvre. Dans cet ouvrage qui tient autant du récit fantastique que de l’essai philosophique, l’auteur se plaît à y glisser ses fameux aphorismes à l’humour décapant, par la bouche de Lord Henry, autre personnage-clé du livre qui va initier Dorian Gray à l’hédonisme et au libertinage. A l’époque, Wilde avait réussi à contourner la censure, mais tout lecteur contemporain un peu avisé ne pourra douter de l’homosexualité des principaux protagonistes. Aucun baiser ou autre passage à l’acte pourtant, mais les allusions y sont suffisamment appuyées pour en tirer des conclusions. On ne sait absolument rien de la double vie de Dorian ni qui il fréquente, mais ses sorties régulières dans les quartiers mal famés du port laissent deviner son penchant pour les beaux marins…

Oscar Wilde a recyclé avec finesse et originalité les mythes de Narcisse et de Faust, et l’on reste fasciné devant l’évolution du héros qui s’autorise les pires excès [SPOILER] (dont encore une fois on ne sait rien, on assistera seulement au meurtre de Basil Hallward) [fin du SPOILER], assuré de ne pas être trahi par les stigmates du mal, puisque c’est son double sur le tableau qui les porte. Le dénouement, assez terrifiant, est très réussi, mais il me surprend de la part de l’écrivain, qui n’avait de cesse de critiquer la morale victorienne et son hypocrisie, proclamant à la moindre occasion son goût pour le libertinage et son indépendance d’esprit. En effet, si l’on décortique un tant soit peu le message distillé par l’intrigue, on pourrait en déduire que des valeurs telles que l’oisiveté, l’hédonisme et l’esthétisme sont susceptibles de mener à sa perte celui qui les partage. Susceptible seulement, car Lord Henry, le « mentor » de Dorian Gray, semble toujours plutôt spectateur qu’acteur, ignorant des déboires de ce dernier et imperméable aux vicissitudes de la vie. Double de l’auteur, il semble encourager le jeune homme à rester détaché face au suicide par amour de Sybil Vane et à profiter de la vie et des plaisirs que celle-ci lui réserve. Mais alors, est-ce la « bonne société » avide de rumeurs qui a fait de Dorian Gray ce qu’il est devenu, ou alors est-ce son ultra-narcissisme lié à une insatiable curiosité et une soif d’expériences nouvelles, le tout favorisé par un sentiment d’impunité total induit par le tableau maléfique ? Il me semble que cette conclusion tragique comporte tout de même de forts relents de culpabilité judéo-chrétienne, ce qui est pour le moins paradoxal quand on pense aux cyniques épigrammes qui truffent le livre, mais cela n’engage que moi…

En fait, je regretterais presque que M. Wilde n’ait pas creusé davantage ses personnages, mais peut-être a-t-il choisi tout simplement de rester superficiel face aux conventions de l’époque.

Le portrait de Dorian Gray

10 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 37 ans) - 30 octobre 2012

Le jeune Dorian Gray est pur. Son ami Basil peint une toile qui exprime totalement ce fait. En voyant la peinture, il fait le voeu de rester éternellement à cet âge. En vieillissant, Le corps de Gray reste toujours au même âge alors que la toile porte les signes de vieillesse et de corruption.

J'ai vraiment adoré ce roman d'Oscar Wilde. C'est voir Gray être convaincu qu'il devient mauvais à cause de la toile alors qu'elle ne fait que refléter ce qu'est son âme. Il est entièrement responsable de son sort.

De plus, j'ai adoré l'écriture de Wilde. Dans ce roman, je trouvais que j'avais affaire avec un magiciens des mots. Ça rendait la lecture de ce roman encore meilleure pour moi.

À mes yeux, ce livre est un classique.

Le dandy éternel

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 2 octobre 2012

La première partie est typique du roman anglais du 19e avec des rencontres mondaines et de grandes conversations sur la bienséance et la nature de l’art, l’amour et la vie. C’est un univers essentiellement d’hommes dont la misogynie n’a d’égal que l’élégance de leurs habits.

« Mon cher enfant, aucune femme n’est géniale. Les femmes sont un sexe décoratif. Elles n’ont jamais rien à dire, mais elles le disent d’une façon charmante. »

Ce n’est qu’en seconde partie que la tournure des événements devient intéressante et inquiétante. Si l’idée que le portrait de Dorian Gray puisse être le reflet de la corruption de son âme alors qu’il conserve sa beauté de jeunesse est brillante, la livraison m’est apparue boiteuse. En fait, je dirais que c’est le portrait qui corrompt son âme et non l’inverse. Car quel est le crime originel de Dorian ? Avoir été l’objet d’une folie amoureuse qui a poussé une femme au suicide? Le pauvre n’exploite même pas son charisme ‘bieberien’ afin d’obtenir des faveurs de la part des autres !

Étrangement ce sont les personnages secondaires qui sont plus attachants. Dorian est un être assez fade et superficiel. D’ailleurs un passage magnifique décrit toutes les beautés matérielles qu’il acquiert pour élever son âme.

Les thèmes sont fascinants et l’écriture d’un cynisme fabuleux. Un vrai classique à l’épreuve du temps.

Un véritable enchantement

9 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 23 août 2012

Chef-d’œuvre d’Oscar Wilde, ce livre, d’une grande richesse littéraire, raconte l’histoire d’un jeune homme londonien bien nanti à la beauté hors du commun qui, ayant posé pour un ami peintre, se retrouve en possession de la toile. Son portrait ne tarde pas à subir d’étranges métamorphoses : le regard se fait plus dur, les traits s’altèrent et vieillissent, l’expression du visage reflète les nombreux péchés et délits dont le modèle se rend coupable au fil des ans. Mais curieusement, l’original demeure toujours aussi beau et jeune jusqu’à ce que…

Dans ce livre, on peut déceler toute la personnalité complexe et raffinée de l’auteur. Il laisse poindre son homosexualité quand il décrit la beauté de Dorian, la perfection de ses traits et sa magnifique chevelure. Lord Henry, le meilleur ami du jeune homme, en tombe presque amoureux et devient jaloux lorsque celui-ci lui apprend son amour pour une actrice de théâtre.

Les dialogues sont savoureux et reflètent la piètre opinion de Wilde au sujet d’institutions comme le mariage et la religion.

L’écriture raffinée et d’une exquise qualité ajoute au plaisir de lire cet auteur unique. Quelques descriptions de paysages sont absolument merveilleuses.

Un véritable enchantement de lecture, une richesse de ton et d’humour, une puissante charge contre la société londonienne et la bêtise de ceux qui la composent, un hymne à l’amour et surtout, une philosophie désabusée, un cynisme bien ancré et une volonté de dénoncer la médiocrité culturelle ambiante et l’esprit borné des bien-pensants font de ce livre une œuvre incontournable à lire et relire.

« Comme ce morceau que vous jouez-là est délicieux ! J’imagine que l’écume salée éclaboussait les vitres ? C’est exquisément romantique. C’est une grâce vraiment, qu’un art nous soit laissé qui n’est pas un art d’imitation ! Ne vous arrêtez pas ; j’ai besoin de musique ce soir. Il me semble que vous êtes le jeune Apollon et que je suis Marsyas vous écoutant. J’ai mes propres chagrins, Dorian, et dont vous n’en avez jamais rien su. Le drame de la vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune. »

« Mon cher ami, dit lord Henry en souriant, tout le monde peut être bon à la campagne ; on n’y trouve point de tentations… C’est pourquoi les gens qui vivent hors de la ville sont absolument incivilisés ; la civilisation n’est d’aucune manière, une chose facile à atteindre. Il n’y a que deux façons d’y arriver : par la culture ou la corruption. Les gens de la campagne n’ont aucune occasion d’atteindre l’une ou l’autre ; aussi stagnent-ils… »

Tout ça pour ça...

3 étoiles

Critique de LaCritiqueuse (, Inscrite le 14 avril 2011, 28 ans) - 16 juin 2012

Après avoir longuement hésité, je me suis finalement laissée tenter par ce classique qui me faisait de l'oeil depuis un certain temps déja, le fameux portrait de Dorian Gray. Je savais la thématique du bouquin très originale, mais je redoutais un style lourd et une philosophie assommante et je n'avais pas tort. J'ai eu le droit aux deux. De plus les personnages me sont très antipathiques, c'est fou! ; Dorian est mièvre et malléable à souhait et l'odieux Lord Henry d'une misogynie écoeurante, voici l'une de ses perles ^^

« J’ai bien peur qu’il n’est rien que les femmes apprécient plus que la cruauté, la cruauté pure et simple. Elles sont étonnamment primitives. Nous les avons émancipées, mais ce sont toujours des esclaves à la recherche d’un maitre. Elles adorent être dominées (…) »

Je suis déçue, je m'attendais à beaucoup mieux au vu des critiques dithyrambiques lues un peu partout. C'est vraiment loin d'être passionnant...

Perfide Albion !

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 66 ans) - 8 mai 2012

On connaît l’histoire, le mythe, son symbole. Dorian, un jeune et beau dandy anglais invective le Ciel, provoque le Destin, formule un vœu – hautement diabolique ! -. Texto :

« Si seulement c’était moi qui devais rester éternellement jeune et le portrait qui devait vieillir ! Pour cela-pour cela- je donnerais tout ! Oui, il n’y a rien au monde que je ne donnerais pas ! Je donnerais mon âme ! « .

Tout est dit ! Il ne reste plus que l’entrée des personnages principaux pour que la tragédie apparaisse, à commencer par la déchéance de Gray. Voici Dorian, le blasphémateur ; Basil Hallward, peintre ; Lord Henri Wotton ; la jeune comédienne Sibyl Vane et son frère, …

Un des plus beaux bijoux de la littérature britannique, une des perles de la littérature mondiale, of course. N’est-il pas ?

Juste une petite réserve (si je peux me permettre ce culot plus que déplacé), le roman contient des flots de sentences toutes aussi philosophiques que cyniques. Excellentes pour les dissertations, les sujets de bac, les insertions de bon ton dans les discours d’hommes politiques, par exemple, mais qui sont, parfois, assez assommantes. Un exemple au hasard, texto sans coupure :

« La raison pour laquelle nous tenons tant à penser du bien des autres, c’est que nous avons peur de nous-mêmes. Le fondement de l’optimisme, c’est la terreur absolue. Nous croyons être généreux en prêtant à autrui des vertus susceptibles de nous être de quelque utilité. Nous ne tarissons pas d’éloges pour le banquier qui tolère un découvert et trouvons quelque qualité au bandit de grand chemin dans l’espoir qu’il ne nous soulagera pas de notre bourse. Je pense tout ce que j’ai dit. Je n’ai que du mépris pour l’optimisme. Pour ce qui est des vies gâchées, seule est gâchée la vie de celui qui cesse de se développer. Si vous voulez abîmer un être, vous n’avez qu’à vouloir le changer. Pour ce qui est du mariage, bien sûr que ce serait bête, mais il existe d’autres liens plus intéressants entre les hommes et les femmes et que j’ai bien l’intention de cultiver. »

Délicieux et captivant ! ! ! Ah, perfide Albion !


Extraits :


- Les enfants commencent par aimer leurs parents puis, en grandissant, ils les jugent. Il arrive qu’ils leur pardonnent.

- « Ce sont les femmes qui donnent aux hommes l’or même de leur vie » -
« C’est possible, mais elles le reprennent en petite monnaie.


- C’est démoralisant de voir du mauvais théâtre


- « Tous les chemins aboutissent au même point, ma chère Gladys «
« Qui est ? »
« La désillusion «

Plus théâtral que romanesque.

7 étoiles

Critique de Ngc111 (, Inscrit le 9 mai 2008, 31 ans) - 15 février 2012

Le Portrait de Dorian Gray laisse un drôle de souvenir à son lecteur lorsque ce dernier referme le livre ; un goût de satisfaction apporté par la qualité de l'écriture des dialogues, véritables ping-pong verbaux par moments (entre Lord Henry et ses interlocuteurs, que ce soit Dorian Gray, Basil Hallward ou bien une quelconque Lady britannique), mais aussi un goût un peu plus fade, réminiscence de passages narratifs moins percutants et surtout de passages descriptifs assommants.
Ainsi l'auteur convainc bien plus dans une écriture théâtrale, mélange de brève peinture d'un Londres mal famé et de pièces de manoir richement décorées et de dialogues au cynisme exacerbé, au rythme emballant et à la finesse remarquable. A ce petit jeu Lord Henry se montre vite le plus habile des intervenants avec son immoralité troublante (qui agira sur le jeune Dorian), envoûtante et même dangereuse pour les personnes le côtoyant. La scène où il échange avec Gladys est d'ailleurs un véritable sommet et porte le dialogue au statut d'art !

L'art, plus précisément la beauté, est d'ailleurs l'un des thèmes les plus présent du roman d'Oscar Wilde, que ce soit à travers le métier et la vision d'artiste de Basil Hallward, la philosophie hédoniste de Lord Henry (qui cherche le plaisir et non le bonheur) et bien sûr la beauté du héros éponyme et son aura de muse. La beauté et ses conséquences (Dorian finira par regretter sa physionomie parfaite ayant engendré la création du tableau), la beauté et sa fugacité (sur les autres personnages, notamment Harry, Alan mais aussi la prostituée de établissement procurant de l'opium) mais surtout la beauté et son influence presque maléfique, celle qui poussera Dorian à pactiser avec le Diable, en tout cas avec son portrait.
Cette volonté de placer la beauté et le plaisir au centre de l’œuvre se retrouve dans la qualité des réflexions abordant ce sujet, dans les phrases aux allures d'aphorismes de Lord Henry qui pourtant semblent masquer par moment une volonté de choquer à tout prix les biens pensant londoniens, sans que l'on soit sûrs que celui que Basil appelle Hary pense réellement tout ce qu'il déclame.

Mais Oscar Wilde n'a malheureusement pas réussi à atteindre ce degré de perfection étalé dans l'écriture des dialogues, dans la narration elle-même et surtout dans les descriptions. Ces dernières sont au mieux inutiles et vite oubliées, au pire assommantes comme le passage sur les obsessions de Dorian à propos des bijoux, meubles ou musiques... bien trop long et riche en détails.
La narration échoue elle aussi à certains moments et l'on peine ainsi à retrouver l'écriture d'un Dostoïevski, par exemple, dans l'expression de la culpabilité de Dorian après l'assassinat de Basil Hallward, bien qu'il faille nuancer cette critique en soulignant le remarquable moment de fièvre et de désir retranscrit par l'auteur lors de la visite de Dorian dans le quartier portuaire de Londres, à la recherche d'opium... et surtout à la recherche d'oubli !
Pour le reste l'intrigue est assez classique et conventionnelle, et l'on n'est guère surpris d'apprendre que la jeune Sibyl Vane s'est suicidée suite au changement d'attitude de Dorian, ou encore que l'homme abattu par hasard lors de la chasse organisée au château de Dorian Gray n'est autre que le frère de cette dernière.

Avec Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde propose une splendide œuvre théâtrale, percutante dans ses dialogues, cynique dans son propos, belle dans sa thématique mais tout juste empreinte d'une certaine lourdeur dans sa narration.

Peut-être pour souligner que c'est à côté de la laideur que se révèle la beauté, à côté de l'ennui que se révèle le plaisir...

Un chef d'oeuvre de toute beauté

10 étoiles

Critique de LeyshaD (, Inscrite le 3 décembre 2011, 23 ans) - 3 décembre 2011

J'ai lu Le Portrait de Dorian Gray lorsque j'avais 15 ans en seconde. Ce livre imposé par ma professeur de français de l'époque est sûrement mon œuvre préférée. J'avoue avoir eu un peu de mal au début de l’œuvre puis à partir du moment où Lord Henry fait son apparition : mon âme et mon esprit appartenaient à ce livre.
Cet œuvre, unique roman du génie Wilde, dépeint avec finesse la dégradation d'un personne qui n'était pourtant pas destinée à connaître un tel destin. La fin est tout sauf attendue toutefois c'est une fin parfaite pour ce roman, les fins romanesques sont souvent décevantes : Et bien en lisant ce livre, vous ne le serez point.
L'intrigue est menée avec brio,et les personnages et leur psychologie sont tout simplement fascinants. Lisez-le.

Oscar Wilde pour les nuls.

10 étoiles

Critique de Bert4566 (, Inscrit le 18 juillet 2007, 30 ans) - 30 novembre 2011

Ce livre résume à lui tout seul l'homme exceptionnel qu'était Oscar Wilde. On sent qu'il y a mis énormément de lui-même et que cet ouvrage a dû même parfois le dépasser.

En réalité, ce livre n'est pas un roman mais plutôt un essai, un essai sur la beauté et la laideur, le bien et le mal, l'esclavage et la liberté, l'art et la vie et comment tous ces éléments s'entremêlent entre eux.

On en ressort troublé car on a l'impression de comprendre un peu mieux le sens de la vie.


Lisez-le vite!!!

Sombre et fascinant

10 étoiles

Critique de Antihuman (Paris, Inscrit le 5 octobre 2011, 34 ans) - 21 novembre 2011

Immense classique poignant qu'on ne présentera pas, ou alors, bien sûr, pour les totalement ignorants !

De vrais personnages, une narration qu'on taira pour ceux qui n'ont pas lu le livre, et enfin un point de vue original sur la société.Tout en nous interrogeant, au fil d'une histoire finalement classique, à propos d'une superficialité dont quelques uns feraient certainement mieux de s'inspirer de temps en temps, Wilde nous pose soudain une question - en apparence des plus légères - mais qui portera au coeur pour les moins formatés d'entre nous : en effet, menons-nous notre vie de manière futile, en laissant d'autres décider pour nous, et pour tout ce qui compte vraiment ?

Enigmatique, troublant, (pas pour les barbares.)


"Aucun crime n'est vulgaire, mais la vulgarité est un crime."

Wilde : quel style !

10 étoiles

Critique de Chrisland (, Inscrit le 27 septembre 2011, 57 ans) - 2 novembre 2011

Dorian Gray, outre son concept universellement connu, restera comme la quintessence du style éblouissant d'Oscar Wilde.

Oeuvre très statique, comme tous les récits de Wilde, Dorian Gray est, comme toujours chez cet auteur prétexte, à un feu d'artifice quasi ininterrompu de sentences somptueuses, de traits d'esprit et de réflexions sur l'existence dont la légèreté apparente ne parvient pas à dissimuler la profondeur souvent confondante. Oscar Wilde, c'est le sens de la formule de George Bernard Shaw, avec l'esprit de Sacha Guitry et la conscience sociale de Stevenson... Une oeuvre marquante de la fin du XIX°.

Il est à noter que je pensais ce roman inadaptable en BD. Erreur : une adaptation extraordinaire vient de sortir (auteur : Corominas).

Chef d'oeuvre évidemment

10 étoiles

Critique de Tiziana Orlando (, Inscrite le 8 octobre 2011, 42 ans) - 28 octobre 2011

Il est intéressant de relever que plusieurs critiques de ce livre le trouvent ennuyeux ou difficile à lire. Il ne l'est pas ; c'est probablement la malheureuse évolution de la littérature" qui aujourd'hui tend vers la non-littérature, qui fait apparaître "difficiles" des romans comme celui-ci, ou "La princesse de Clèves", par exemple...
Sans prétendre que "c'était mieux avant", ni que tout le monde devrait aimer un tel livre, il me semble que la qualité littéraire et la pureté de l'écriture doivent au moins retenir l'attention et fournir une lecture agréable.
Mais revenons au livre lui-même. Sous des dehors finalement classiques, avec une trame "morale", il contient en réalité une subtile légèreté, celle là laquelle Nietzsche faisait allusion en parlant de "[notre] instinct de conservation qui [nous] apprend à être inconscients, légers et faux"...
Là réside l'une des richesses de ce texte : le va-et-vient entre sérieux et frivole, entre gravité et élégance formelle, il est finalement une méditation profonde, un message extraordinairement sincère que nous envoie Wilde, au-delà de son masque grinçant, sarcastique et cynique. Son angoisse, ses douleurs, mais aussi sa manière de voir la vie -une vie qui ne lui a rien pardonné - ont permis de produire ce roman qui restera à travers les siècles dans le patrimoine le plus précieux de notre histoire.
A recommander sans réserve ; si cela vous ennuie, tant pis ! Mais il faut absolument essayer au moins...

Wilde le magnifique et son plaisir de me contrarier.

10 étoiles

Critique de JEyre (Paris, Inscrite le 17 juillet 2010, 36 ans) - 16 octobre 2011

« Wilde l’impertinent omnipotent.
Qui met en lumières,
Éclipse,
Et fait parler l’invisible»
Moi ;)

Comment puis-je m’attaquer à ce monstre? Comment prétendre écrire une critique sur lui sans craindre d’être minuscule, ridicule, écrasée par lui (et sans y passer des heures) ? Je ne le peux pas. Alors je vais juste effleurer, caresser, chuchoter quelques mots… Et tout doucement, sans le réveiller, sans le bousculer, juste entre vous et moi, je vous dirai ce qu’il m’a fait...


Pour commencer je puis susurrer ceci : Avec maestria, et dans un but que j’ignore (je me renseignerai par la suite, je n’aime pas tricher) Wilde a soulevé un rideau. Des rideaux. Ceux de l’Esprit, de la Littérature, de l’Âme, des Arts, des relations, des mœurs, des passions, du Vice…


« Révéler l’art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’art. »

Voici la 2ème phrase de la préface du livre, écrite par l’auteur. Je n’ai pas pris la peine de lire l’introduction de M. Naugrette. Pas envie. Je ne sais pas pourquoi mais cette phrase m’est restée en tête dès commencement de la lecture. Et je dois avouer qu’à mesure que j’avançais j’y pensais plus encore. Le personnage de Lord Henry m’a tout de suite apparu comme le « porte-parole » d’Oscar Wilde. Un peu trop même, pour quelqu’un qui pense que l’artiste doit être dissimulé derrière son art ! Quoiqu’il était dissimulé un peu, mais toujours trop visible. Comment ? Par la forte personnalité de Lord Henry ; par le biais de tous les dialogues entre les personnages, de longs monologues aussi parfois, traitant de la Peinture, du Beau, de la Musique, de la Littérature, des artistes, des mœurs, de l’Histoire, de la psychologie… Des discours très intéressants cependant, mais où j’ai ressenti une petite contrariété à cause de cette satanée deuxième phrase de préface. Pourquoi dire ceci et faire le contraire ? Soit je l’ai mal comprise, soit on me cache des choses !


En parlant de cacher, un des nombreux thèmes évoqués par ce monstre (de toute beauté, rassurez-vous) c’est le secret. « J’en suis arrivé à adorer le secret. C’est, semble-t-il la seule chose qui puisse nous rendre la vie moderne mystérieuse ou miraculeuse. Ce qu’il y a de plus ordinaire, devient exquis si on le cache. ». Mais là encore je trouve une formidable contradiction. Le secret, l’invisible… Wilde l’encense et ne fait dans son (chef d’) œuvre que révéler des secrets ! Que montrer l’invisible (Un portrait peint représentant une âme), parler de l’indicible (plaisirs tirés du vice), et mettre en lumière ce qui est normalement tapi dans l’ombre (homosexualité).

L’invisible devient donc visible… Grâce aux mots « Les mots ! Rien que des mots ! Mais qu’ils étaient donc redoutables ! Qu’ils étaient clairs, vifs et cruels ! On ne pouvait leur échapper. Et pourtant ils contenaient une magie subtile. Ils semblaient capables de donner une forme plastique à des choses informes et de répandre une musique à eux, aussi douce que celle de la viole ou du luth. Rien que des mots ! Y a-t-il rien de plus réel que les mots ? ».


Dans l’invisible, on trouve de drôles de choses... Comme un souffle pernicieux et entêtant, attirant et répugnant, et si terriblement irrésistible : l’influence. L’influence de Lord Henry sur les pensées et la vie toute entière de Dorian, l’influence de Dorian sur la peinture de Basil, l’influence de Dorian sur la vie d’autres croisés au hasard des chemins et qui se suicideront ou tomberont en déchéance. L’influence plus que manifeste de Wilde sur Lord Henry, l’influence d’un roman, offert par Lord Henry, sur Dorian… Et l’influence du roman sur le lecteur. Je crois que c’est au final la plus importante.


D’agacée que je pouvais être parfois par l’impertinence de Lord Henry, sa misogynie « Je crois bien que les femmes apprécient la cruauté, la cruauté pure et simple, plus que tout autre chose. Elles ont des instincts merveilleusement primitifs. Nous les avons émancipées, mais elles restent tout de même des esclaves cherchant des maîtres. Elles adorent être dominées. » ; et de sentir que c’était clairement l’auteur qui prenait un plaisir fou à développer toutes ces idées en en jouant brillamment ; « Lord Henry joua avec son idée et la développa. Il la lança en l’air et la transforma. Il la laissa échapper et la captura à nouveau ; il la fit briller de tous les feux de la fantaisie, il lui prêta les ailes du paradoxe. » ; je devins plus que séduite par son esprit, et fascinée par le Mal qui œuvrait davantage à chaque page tournée. Et comme un beau démon sait envoûter avec cruauté et esprit « Quelqu’un s’est tué pour l’amour de toi. J’aurais bien aimé avoir eu une expérience pareille. Cela m’aurait rendu amoureux de l’amour pour le restant de ma vie. Les personnes qui m’ont adorées […] se sont toujours obstinées à continuer de vivre alors que je ne les aimais plus depuis longtemps […] » Je fus prise au piège.

Je ne doute pas que cette œuvre ait pu faire scandale à son époque, je ne connais pas la vie d’Oscar Wilde, je ne connaissais ce roman que de nom. Aujourd’hui, sans décortiquer le texte, il doit y avoir de centaines d’analyses en ligne, je peux juste vous dire qu’il a un pouvoir, un pouvoir bien étrange et presqu’irréel. « J’aime trop les livres pour vouloir en écrire un, monsieur. Oui, j’aimerais écrire un roman, un roman aussi ravissant qu’un tapis persan et aussi peu réel. »

A conseiller aux personnes peu influençables et aux fanatiques de citations, (entre-autres). ;)

Une belle découverte !

Dorian ou quand l'homme devient oeuvre d'art

10 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 14 septembre 2011

"Le portrait de Dorian Gray" est un sublime roman, magnifiquement rédigé et d'une troublante poésie.

Dorian est un dandy hédoniste, un double de Narcisse souhaitant conserver sa beauté éternellement. Le portrait exécuté par le peintre Basil Hallward absorbera la vieillesse de Dorian et reflètera les vices du personnage.

Ce roman est troublant par l'ambiguïté des personnages, Lord Henry est subjugué par la beauté du personnage principal, tout comme le peintre. La beauté engendre l'envie, la jalousie et conduit à la débauche et à la violence. Oscar Wilde, en amoureux des belles étoffes et des pierres précieuses, décrit l'univers où gravitent les personnages avec une élégance extrême et un raffinement maniéré. Le microcosme anglais qui sert de toile de fond à cette oeuvre est décadent et vénéneux. Les femmes souffrent ( Sibyl Vane ), la cruauté ne cesse de grandir dans le coeur des personnages, la malhonnêteté l'emporte ( lorsque Dorian ment à Jim Vane pour se sauver ... )

Ce qui m'a le plus séduit dans cette oeuvre est son classicisme et ses réflexions qui essaiment chaque page de ce roman. Wilde mène une réflexion sur l'art, le beau et la vie. Malgré son caractère parfois malsain, de jolies phrases, qui pourraient rappeler les penseurs du 17ème siècle, parfont ce roman.

En voici un florilège parmi les plus belles :

"Tout portrait qu'on peint avec âme est un portrait, non du modèle mais de l'artiste."

"Vous, vous aimez tout le monde; autant dire que vous n'aimez personne."

"Vous savez que je ne suis pas un champion du mariage. Il a le grand tort de tuer en nous l'égoïsme. Sans l'égoïsme, les gens sont incolores."

"Les émotions des gens qu'on a cessé d'aimer paraissent toujours un peu ridicules."

"Seules ont la vie longue les peines légères et les légères amours. Les amours et les peines profondes succombent à leur propre plénitude."

jubilatoire..

10 étoiles

Critique de Vincent430 (, Inscrit le 25 août 2010, 33 ans) - 9 septembre 2011

un de mes livres préférés
l'écriture d'Oscar Wilde n'a pas pris une ride, et on prend ici au moins autant de plaisir à savourer son style qu'à suivre l'intrigue du roman, entremêlant l'innocence, le fantastique, l'addiction, la luxure, la poésie, la beauté.. et l'autobiographie !!! car l'auteur a laissé au sein de chaque personnage transparaitre des aspects de sa propre personnalité, de ses propres frustrations, ou de ses talents.. chacun d'entre eux est en quelque sorte un de ses alter ego
et tout cela est d'autant plus agréable que le roman est assez facile a lire, les phrases de Wilde sont raffinées mais pleines d'une juste simplicité
j'adore !! A lire absolument !!

Un livre d'une extrême profondeur

10 étoiles

Critique de Orea (, Inscrit le 23 janvier 2006, 23 ans) - 30 août 2011

L'adjectif "profond" est l'adjectif qui selon moi décrit le mieux ce livre, qui n'est qu'un vaste réseau de symbolique philosophique. D'un côté, la moralité, la vertu, l'idéal, symbolisé par Hallward, le peintre ; de l'autre le cynisme, le pêché, le dandysme, symbolisé par Lord Henry. Les deux personnages sont comme l'ange et le démon de Dorian, qui après quelques maigres efforts pour racheter son âme décadente, finira par sombrer totalement dans l'horreur. L'intrigue est d'une puissance rare, et la chute progressive de l'âme de Dorian vers les abysses, symbolisé par le meurtre de Hallward ( scène d'une force exceptionnelle ), est d'une progressivité délectable. La pudeur avec laquelle Wilde masque les méfaits de Dorian laisse au lecteur les moyens de s'imaginer les pires turpitudes... On a sans cesse l'impression renouvelée que chaque phrases possède une clef vers le mystère de ce livre, vers sa signification profonde....

Corsé

9 étoiles

Critique de Plume84 (Faucompierre, Inscrite le 26 août 2011, 33 ans) - 26 août 2011

Un classique relativement difficile à lire pour qui n'en a pas l'habitude, et j'en suis. Cependant, même si quelquefois une seconde relecture s'impose pour comprendre le sens des phrases, leur beauté est indiscutable. Wilde n'a écrit qu'un seul roman, mais il s'est appliqué, pour notre plus grand plaisir.
De plus, maintes et maintes fois reprise au cinéma, l'histoire est bien connue, et l'on peut aisément s'appliquer au "déchiffrage du texte".
Le personnage de Dorian Gray évolue tout au long de l'histoire. Il est le seul à ne pas vieillir, mais l'âme peut-elle rester éternellement jeune? Les démons qui vont le hanter sont perfides, pernicieux et diaboliques. Comment supporter le fardeau d'avoir vendu son âme au diable?

A lire ! Définitivement un classique même si ...

7 étoiles

Critique de Mandarine (, Inscrite le 2 juillet 2010, 45 ans) - 23 août 2011

L'histoire est simple mais tellement efficace. Simple et pourtant d'une richesse au niveau des thèmes abordés: l'esthétique de l'art, la beauté, la jeunesse, la morale, l'hédonisme, etc.

Il m'a fallu un peu de temps avant de rentrer dans le vif dans le livre : le style, le phrasé peut-être. Certains passages ont été plus difficiles que d'autres à lire et cela a un peu traîné en longueur et ma lecture a été laborieuse pendant quelques pages. Cependant je ne mets pas cela sur le compte de l'auteur.
Le vocabulaire est très riche, très précis ce qui était peut-être un peu trop pour moi dans quelques passages.
Cependant, il était hors de question d'arrêter la lecture car je voulais connaître la fin. Tout au long du roman, j'ai pensé à la peau de chagrin même si les sujets ne sont pas tout à fait identiques (cela m'a donné envie de le lire d'ailleurs)

Après ces quelques impressions, Je vais néanmoins continuer à lire cet auteur qui reste formidable. Malgré ces quelques remarques pas très positives, j'ai quand même passé un bon moment de lecture. Je ne vais pas m'arrêter là.

"C'était la mort vivante de son âme"

10 étoiles

Critique de Tim (Limas, Inscrit le 3 août 2011, 23 ans) - 16 août 2011

Oscar Wilde a sillonné les universités afin d’expliquer la théorie de l’Esthétisme qui lui était chère, or ce livre n’est que le formidable moyen de la découvrir. Au travers de cet énigmatique personnage qu’incarne Dorian Gray, on découvre au fil des pages que l’attrait physique dont il est porteur ne sera à jamais pour lui qu’une cause infinie de souffrance.

Il est tout à fait judicieux, que l’auteur ait choisi d’incarner en son ami le plus proche, Lord Henry, un dandy à la réflexion brillante qui offre de nombreuses théories exquises sur l’art, la jeunesse, la beauté... (Et tant d’autres tout aussi intéressantes). Wilde permet ainsi de ne pas dévaluer la beauté de son héros (car qui est intelligent est laid !) en lui apportant des éléments de réflexion sans pour autant lui donner la véritable incarnation d’un esprit affûté. Et c’est cela qui au fil de l’œuvre sauve et perd Dorian Gray, il abuse en société de paraphraser son acolyte sans pour autant avoir de réelles capacités intellectuelles. Apprécié en société, il devient de plus en plus rejeté et méprisé.

La machine infernale se met en route, les victimes agressées autant physiquement que psychologiquement s’entassent dans l’esprit du personnage principal. Et nous retrouvons alors la figure de l’auto-victime, celle qui se tue elle-même à petit feu. Tout d’abord, en se dépravant, fréquentant des lieux sordides puis en agissant et blessant. L’histoire sublime d’un amour envers une actrice renforce d’autant plus la noirceur du livre. Le romantisme y est d’ailleurs omniprésent, pour mieux le critiquer ?! Rien n’est moins sûr ! Et savourez également au début du roman, comment Wilde saisit un moment d’une intense beauté où la langue est d’une finesse égalable, filant la métaphore d’un jardin délicat en évoquant le portrait de notre mystérieux gentleman.

Sans aucun doute, la folie mène au génie, le personnage de Dorian Gray disparait dans une fin éclatante de paradoxes, d’invention et de merveillosité sublimée par une mise en scène digne des plus grands réalisateurs n’ayant jamais existé. Un récit mené d’une main de maître où la perfection semble nettement s’apercevoir.

Je ne saurais résister à vous délivrer un extrait reflétant pertinemment la situation de notre Littérature : « Un artiste doit créer de belles choses, mais ne doit rien mettre de lui-même en elles. Nous vivons dans un âge où les hommes ne voient l’art que sous un aspect autobiographique. Nous avons perdu le sens abstrait de la beauté. » Sur ce je vous souhaite d’apprécier et de saisir tous les moments décrits en cette œuvre.

Un classique

8 étoiles

Critique de Cecezi (Bourg-en-Bresse, Inscrit le 3 mars 2010, 37 ans) - 9 août 2011

Je viens de terminer la lecture du "Portrait", et je peux que me rallier à tout ce qui a été dit précédemment. Une histoire intéressante, bien conduite, qui permet à ce roman de devenir un classique du genre. je l'ai lu dans une traduction très ancienne. Je suis curieux de voir ce que cela peut donner dans une traduction moins vieillotte... !

Plus d'un siècle s'est passé et pourtant tellement d'actualité.....

9 étoiles

Critique de Clubber14 (Paris, Inscrit le 1 janvier 2010, 37 ans) - 28 janvier 2011

Et oui si à l'époque d'Oscar Wilde la beauté physique était si importante, les années et les décennies n'y ont rien changé. Aujourd'hui encore bon nombre de personnes se damneraient pour la jeunesse éternelle. Mais bien sûr si l'on peut faire tout et n'importe quoi sans que cela dégrade votre physique et bien vôtre âme en revanche en prend un coup....

Et un bon coup ici. Dorian, au fil des pages, ne se supporte plus, il se hait et regrette le jour où son voeu s'est exaucé. Wilde retranscrit ici à merveille l'ambivalence de chacun d'entre nous qui arbitre chaque jour entre beauté physique et beauté de l'âme (même si les deux ensemble existent néanmoins.... ou l'absence des deux bref).

Je relis donc ce roman que j'ai dû lire il y a une bonne quinzaine d'années et je redécouvre le style wildien, magnifique, coloré, plein de cynisme sur l'époque à laquelle il vivait. Wilde nous montre dans ce roman (son unique roman au passage) qu'il faut que le libre-arbitre de chacun travaille en permanence. Ne jamais accepter ce que la société attend de nous, s'écarter du consensus, bellifier certains vices, vivre pour vivre et non pour voir le temps passer. Mieux vaut une mort jeune mais pleine de panache et de romanesque que de mourir vieux avec comme seuls souvenirs des platitudes. C'est du moins ce que j'en retire, en plus bien sûr du fait de ne pas vouloir la jeunesse à tout prix mais d'accepter les outrages du temps.

Ce roman est donc magnifique, l'aspect science-fiction est complètement avant-gardiste et nous prouve que Wilde n'a eu de cesse de vouloir se démarquer de ses concitoyens. J'ajouterais à cela que les nombreuses remarques et clins d'oeil aux oeuvres littéraires de l'époque ainsi qu'aux Dieux et Déesses de la Rome Antique viennent à point nommés et magnifient le recueil.

Un grand chapeau au maître Wilde, dommage dommage qu'il ne nous ai pas laissés d'autres romans comme celui-ci (je n'oublie bien évidemment pas les magnifiques oeuvres théâtrales qu'il nous a léguées).

Ecriture très imagée

8 étoiles

Critique de Adrien34 (, Inscrit le 18 janvier 2009, 27 ans) - 15 septembre 2010

Première lecture de cet auteur qui m'attirait tout particulièrement notamment grâce à ses réflexions sur la jeunesse, l'hédonisme, l'esthétique.
Style très agréable, description dense des objets, découverte de beaucoup de noms inconnus. Mais c'est surtout la verve de Lord Henry qui fait plaisir à entendre et qui résonne encore dans nos oreille comme un chant aux plaisirs.
Wilde semble se décomposer à travers les 3 personnages principaux de l'oeuvre; à la fois peintre, jouteur verbal et dandy. Une personnalité complète et unique qui produit un très bon roman sur le sens de la vie.

Portrait de l'Artiste en Jeune Homme

7 étoiles

Critique de Lisancius (Poissy, Inscrit le 5 juillet 2010, - ans) - 10 juillet 2010

L'Histoire est devenue mythique ... Tout le monde connaît cet éphèbe hédoniste et son tentateur satanique, tout le monde a entendu parler de ce portrait qui vieillit, de cette malédiction quand on le regarde, de ces jeunes femmes tourmentées par celui qu'elles aiment et qui ne sombre pas dans les méandres de l'âge, bref, le coup de génie de Wilde a été transporté aux quatre coins du monde. Il a même traversé la manche (Victor Hugo qui qualifiait cette manche de mur infranchissable), pour atteindre nos bonnes vieilles côtes françaises.
Pourtant, le Portrait est un roman plein d'imperfections. Imperfections d'ailleurs aisément perceptibles : le style de Wilde est volontiers d'une préciosité maladive, tandis que de nombreuses pages de l'ouvrage sont plagiées de romans modestes ; le personnage de Dorian est trop mièvre pour être parfaitement convaincant, les gémissements de Sybil sont assez insipides, et on voit trop la Peau de Chagrin derrière les frêles ficelles de l'oeuvre.
C'est dommage, parce que, à l'inverse, certains passages sont excellents, on est happé par un Incipit qui a tout d'un polar psychologique savoureux, et les dernières pages sont tonitruantes ; le dîner chez Lord Henry est délicieusement satirique, et sa théorie, exposée à de nombreux endroits du roman, est percutante et soulève bien des questions ; et, contrairement à ce qu'on a pu en penser à l'époque, les allusions "osées" de Wilde ne sont vraiment pas outrageantes.
Le roman a vieilli avec confort, de nombreuses adaptations cinématographiques réussies ont assuré sa postérité. Le tout demeure intéressant et offre une lecture plaisante, même si ce Portrait ne peut prétendre à entrer dans un panthéon illustre.

Lu entre "le Cid" (Corneille) et "Pierre et Jean" (Maupassant).

INTERROGATIF..?

8 étoiles

Critique de Pauline3340 (BORDEAUX, Inscrite le 2 août 2008, 49 ans) - 9 juillet 2010

Je ne sais pas quoi en dire, je me perds entre tous ces gens de bonne foi en apparence. Mais je ne puis aussi m'en séparer, voilà un livre qui me pose des questions. Autant je le trouve intéressant, cela ne veut pas dire qu'il me plait, je suis les propos de Lord Henry, qui la foie est un fort personnage de cette aventure du tableau. D'un autre côté je n'aime pas les sujets sur tout l'esthétique mais qui pour la trame du livre est nécessaire. Une ambiguïté pour moi, donc très intéressant.
Je ne l'ai pas fini j'en suis au chapitre 17 la chute finale je pense sera plaisante. A lire c 'est une référence. Bonne lecture à toutes et tous et bonne vacances je n'irai pas a Londres.

Un style d'une complexité et d'une légèreté saisissante .

8 étoiles

Critique de Choyajator (, Inscrit le 20 décembre 2009, 47 ans) - 20 décembre 2009

"La qualité du style est le seul critère pour juger d'une oeuvre " , cette phrase est signée de l'intéressé : Oscar Wilde . Une réplique employée en réponse aux propos des grands critiques de l'époque , et elle résume à merveille le livre, sans hyperbole . A la fois complexe ce style est unique et offre une leçon d'art littéraire . A l'époque les lecteurs criaient au scandale. "Une révolution" voila ce qu'était réellement cet ouvrage . Il est connu qu'un livre doit provoquer une réaction, bonne ou mauvaise , sinon à quoi bon lire . D'ailleurs seul ces livres demeurent éternels et enrichissants pour la postérité et l'être humain en général . Wilde retranscrit à merveille les dérives d'un homme à qui tout devrait réussir , ses vices , ses crimes . Il joue avec l'être humain en décryptant avec une extrême finesse ses pensées , ses réactions de survie , l'incroyable complexité du cerveau humain . Le livre ne laisse pas de place aux clichés , tout est minutieusement retranscrit sur papier . Wilde a fait de 300 feuilles de brouillon une véritable oeuvre d'art mettant le style qui lui est cher sur chaque lettre de chaque ligne , de chaque page . L'histoire , pleine de morale , de sensibilité , de justesse n'est que second rôle dans l'esprit d'Oscar Wilde . Les longueurs sont vite oubliées à la fin du voyage , ne nous laissant que la nostalgie des heures passées . Un style indémodable mais rare tant l'univers de cet écrivain est complexe . Tout simplement magnifique .

Intemporel

9 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 17 août 2009

La trame est classique : de peur de perdre sa beauté, le jeune Dorian Gray fait le voeu de rester éternellement jeune en échange de son âme, rien de moins.

Certes, les femmes sont considérées, au mieux, comme de belles plantes et Lord Henry ensevelit le pauvre Dorian sous une avalanche d’aphorismes, mais ce fut un régal tout au long de ma lecture. Le meilleur Wilde que j’ai lu.

Roman fantastique, une révolution

8 étoiles

Critique de Le pingouin (, Inscrit le 27 février 2009, 28 ans) - 28 juillet 2009

Il s'agit d'un roman fantastique dans la pure tradition, anglaise qui plus est. L'histoire d'un homme dont la pureté de l'âme se reflète dans un portrait de son visage créé par un ami peintre.

Mener une vie vertueuse, en accord avec soi-même, est le principal thème, exploré de long en large, mais la peinture et la liberté y sont également importants.

Malgré quelques longueurs absolument inutiles et superflues, l'histoire se termine, à son apogée, en une fin vertigineuse, une magnifique chute.

Ce qui laisse forcément le lecteur sur une note positive...

Simplement merveilleux

10 étoiles

Critique de Alis Galieno (, Inscrite le 18 juin 2009, 24 ans) - 19 juin 2009

Après de telles critiques il est difficile d'ajouter autre chose...

Je suis pour ma part sous le charme de la façon d'écrire d'Oscar Wilde. Ce roman a été pour moi une vraie découverte. Je l'ai acheté à onze ans, mais peut-être trop jeune pour réellement en apprécier la saveur, je l'avais reposé aussi vite que je l'avais acheté.

Quelques années plus tard, me voici de nouveau avec le Portrait entre les mains... Quel chef d'oeuvre tout simplement. Le cynisme des personnages, l'atmosphère du Londres de l'époque, la critique de cette jeunesse dépravée, que Wilde suivra pourtant dans les dernières années de sa vie, la beauté des descriptions [j'ai été pour ma part envoutée dès les premières lignes], l'histoire en elle-même, tout est élégant, raffiné, et ne peut que se lire et se relire. J'ai lu ce livre d'une vitesse frôlant la démence tant j'étais accrochée par les caractères de Lord Henry et de Dorian Gray.

Le livre possède également des références à l'homosexualité de Wilde, à travers Basile Hallward. Le seul point noir de ce roman (si je puis en trouver un) serait l'actrice Sibyl Vane. J'aurais aimé qu'elle ait un caractère un peu plus imposant, plus fort, même si avec les autres personnages, cela aurait peut-être fait un peu beaucoup et surtout, Dorian ne l'aurait probablement pas délaissé.

La fin, si logique en est-elle, est mémorable et superbe. Je ne peux pas m'empêcher de penser à Peau de Chagrin, de Balzac, la finesse de l'écriture et presque les émotions en plus. Ayant apprécié ce dernier, cela signifie juste que le Portrait de Dorian Gray est pour moi un des romans les plus beaux que j'ai jamais lu.


Merci, Mr Wilde.

too much

4 étoiles

Critique de Manumanu55 (Bruxelles, Inscrit le 17 février 2005, 38 ans) - 11 décembre 2008

L'écriture est fine, les personnages de la bourgeoisie anglaise très typés, les monologues machistes sont très marquants... mais les longueurs sont dures à passer (même si le roman est court). Et puis, sur ce thème-là, j'ai vraiment pris plus de plaisir à lire la peau de chagrin de Balzac!

Voluptueusement décadent !

10 étoiles

Critique de Oburoni (Waltham Cross, Inscrit le 14 septembre 2008, 34 ans) - 20 septembre 2008

Il n'y en a qu'un et c'est celui-la !

Publié en 1891 l'idée est pourtant dans la tête de Wilde depuis un paquet d'années.
Dans les années 1883-84 il a pour habitude d'aller traîner dans l'atelier d'un ami peintre, Basil Ward. Un jour un jeune homme y vient se faire tirer le portrait. Le garçon est si beau que Wilde a cette réflexion : "Quel dommage qu'il doive vieillir et une telle beauté se faner !"; ce sur quoi Basil Ward rétorqua : "Oui, si seulement son portrait pouvait vieillir et lui rester éternellement jeune !" La petite remarque marque, trotte dans la tête, revient souvent et... inspire ! Reconnaissant, Oscar Wilde nommera le peintre de son roman Basil Hallward -un beau clin d'oeil !

Truffé de références érotico-homosexuelles le livre sera cité à outrance et à charge contre l'auteur durant son procès quelques années plus tard. On sait où cela l'a mené !
"Le portrait de Dorian Gray" fit la gloire de Wilde, il contribua aussi a sa chute...

Il est des bouquins, comme ça, qui laissent une sale trainée de poison derrière eux...

Un conte moral

7 étoiles

Critique de Béatrice (Paris, Inscrite le 7 décembre 2002, - ans) - 6 septembre 2008

Oscar Wilde manie le scalpel pour nous livrer une fascinante anatomie morale. Mais je trouve l’écriture parfois aride et les personnages trop schématiques. La verve de Lord Henry devient prévisible. Beaucoup de réflexion dans ce roman mais peu d’émotion. Lui manquerait-il un supplément d’âme ? Ou alors de l'equilibre dans la construction ? Reste un classique agréable à lire, un grand document sur l’establishment victorien.

Livre culte

7 étoiles

Critique de Nouillade (, Inscrite le 13 mars 2008, 25 ans) - 14 mars 2008

A lire absolument, même s'il peut s'avérer un peu long. Pas au niveau des pages, mais comment dirai-je ? du style.

J'ai aimé ce côté un peu différent des autres romans de l'époque. Le sujet subversif, et le personnage complètement maléfique rendent ce roman exceptionnel et très en avance sur son temps.

La fin conclut en beauté ce livre d'un auteur merveilleux.

Oscar Wilde... !! :)

"Seul le poète a le front éclairé"

10 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 70 ans) - 26 février 2008

En lisant les critiques ci-dessus, je suis très impressionné de constater qu'Oscar Wilde rencontre encore un très grand succès auprès des jeunes et cela conforte mon opinion sur la modernité de certains auteurs déjà anciens. J'ai lu cet ouvrage il y a quelques mois et j'ai vraiment été fasciné par l'argument du récit et par la qualité de la rédaction. Mais au-delà du roman , il y a un discours très riche qui n'a pas échappé aux lecteurs qui ont proposé leur critique. J'ai pour ma part été très intéressé par l'évocation de la vanité et de la futilité de la vie. Je pense qu'Oscar Wilde a voulu montrer à ses détracteurs que la vie, la vraie vie, était bien au-delà de leurs petites préoccupations et que l'humanité était trop puérile pour accéder à ce niveau de compréhension et de sensibilité et notamment de l'accession à un degré d'esthétisme que lui il pouvait atteindre. Et son oeuvre tutoie ce degré élevé d'esthétisme que seuls les êtres doués d'une sensibilité suffisante peuvent connaître.

Oscar Wilde n'a pas été compris car il était au-dessus des basses préoccupations humaines et seul dans un monde que les autres ne pouvaient pas comprendre car, comme dit Hugo : "seul le poète a le front éclairé".

Un bijou

10 étoiles

Critique de Loras (, Inscrite le 13 juin 2007, 30 ans) - 26 février 2008

Ayant étudié un passage de cette petite merveille d'Oscar Wilde lorsque j'étais au lycée, j'ai ensuite visionné l'adaptation en noir et blanc avant de lire l'ouvrage.

Quel plaisir... Un style extraordianaire, aucune phrase inutile ni de passage ennuyant, une intrigue parfaite, du suspense, du machiavélisme, une atmosphère étrange où la tension est palpable, des descriptions précises d'un vieux Londres où l'on a envie de se promener avec les personnages, même la nuit, lorsque l'ambiance est oppressante... Quant au dénouement, il est à la hauteur de ce que le lecteur attend, ce livre n'aurait pas pu avoir une autre issue...

Non seulement l'histoire en elle-même est donc un chef-d'oeuvre mais en plus, sa lecture ne peut laisser personne indifférent tant les pages sont chargées de sens.

Un roman dans lequel chaque passage est profond et donne à réfléchir sur la condition et la morale de l'être humain, sur les faits dont est capable un homme sous l'influence d'un autre. Wilde a choisi des mots percutants qui ont donné des phrases puissantes.
Tout un chacun devrait avoir lu "Le portrait de Dorian Gray"... Et l'on en retient de nombreuses petites phrases, comme celle-ci :

"Les seules choses que l'on ne regrette jamais sont les erreurs" Lord Henry.

Un livre formidable...

10 étoiles

Critique de Baader bonnot (Montpellier, Inscrit le 11 janvier 2008, 33 ans) - 14 janvier 2008

Dorian Gray est un jeune homme doté d'un beauté exceptionnelle. Le peintre Basil Hallward, fasciné par tant de beauté, décide de réaliser un portrait de celui-ci. Le portrait s'avère être une grande réussite mais le peintre refuse de l'exposer en galerie car il le juge trop intime. Dorian, le modèle va alors faire un voeu afin de rester éternellement jeune comme sur le portrait. Ce dernier "vieillira" donc à sa place. Mais ce choix, qui représente une réelle aubaine dans un premier temps, devient très vite le reflet de la triste réalité.
Ayant découvert et apprécié cette oeuvre par son adapatation cinématographique, je me suis vite dirigé vers le livre pour approfondir celle-ci et j'avoue ne pas avoir été déçu. Oeuvre profonde, philosophique et esthétique dotée d'une prose légère et fluide qui est accessible à tous les niveaux. Wilde insiste, en premier lieu, sur le côté "inutile" de l'art et explique que la valeur d'une oeuvre est le reflet du spectateur. Cela il l'illustre très bien avec la relation entre Sibyl Vane et Dorian. Tant que Sibyl est une actrice talentueuse, Dorian est fascinée. Mais dès que la comédienne mélange sa prestation à l'amour qu'elle porte au jeune homme, ce dernier s'en désintéresse au point de rentrer dans un cercle vicieux dont on ne saurait voir la fin. L'auteur ne cesse de voir l'art comme l'objectivité absolue. Le deuxième grand "thème" abordé est celui du double. Le portrait reflète l'image intérieure du personnage, extériorise et matérialise ses sentiments pas toujours visibles. Quand Dorian délaisse Sibyl, sa cruauté lui saute aux yeux quand elle apparaît sur le portrait. Mais cette image est montré de façon très négative car elle révèle uniquement les cotés noirs de la vie. Le message de Wilde est volontairement hédoniste et incite à jouir de la vie sans l'analyser.
Au final, Le Portrait De Dorian Gray peut être qualifié de chef-d'oeuvre et je le conseillerai à toutes les personnes qui n'aiment pas trop lire afin de leur en donner le goût.

Au pays des portraits vivants ...

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 20 novembre 2006

« Si je demeurais toujours jeune et que le portrait vieillisse à ma place ! Je donnerais tout, tout pour qu’il en soit ainsi. Il n’est rien au monde que je ne donnerais. Je donnerais mon âme ! »
Rien moins que son âme qu’il donnerait Dorian Gray !
Dorian Gray est un jeune éphèbe, enfin disons un jeune homme d’une beauté extrême puisque l'ambiguïté est constamment de mise, qui se voit révéler sa propre beauté par Basil Hallward, le peintre tombé fou amoureux (non ça n’est pas dit comme ça !), envoûté disons, par la beauté définitive de son modèle.
Le portrait, le fameux portrait de Dorian Gray, c’est lui qui le réalise. Et mis devant l’oeuvre accomplie le modèle, Dorian Gray, prend la mesure de sa propre beauté, infernale. Littéralement infernale.
Et puis intervient Lord Henry. Le jouisseur cynique, amoral, qui cultive les paradoxes, pour faire passer sa vanité, sa fatuité, pour de l’esprit. C’est Lord Henry qui « ravira » Dorian Gray à Basil. Ravir au sens capter son intérêt, ambiguïté toujours. C’est Lord Henry qui contribuera à façonner le monstre que devient progressivement Dorian Gray.
Ceci est le niveau de lecture de base. Il y en a d’autres. L’oeuvre est complexe et interprétable à foison. Et ce qui ne gâte rien, l’oeuvre est d’une très belle écriture. Beaucoup de sensibilité, que ce soit pour décrire des fleurs, des jardins, des sentiments humains, nobles ou futiles.
« Le riche parfum des roses emplissait l’atelier, le souffle d’une brise d’été légère apportait du jardin, par la porte ouverte, tour à tour la senteur lourde des lilas, l’odeur plus délicate des aubépines en fleur.
Allongé sur les coussins de cuir persan du sofa, Lord Henry Wotton, tout en fumant, selon son habitude, d’innombrables cigarettes, pouvait apercevoir la floraison dorée d’un cytise dont les rameaux tremblants semblaient à peine assez robustes pour soutenir le poids de leur étincelante beauté … »
Etonnant en tout cas comme il y a deux races chez les humains pour Oscar Wilde. Les hommes et les femmes. Dorian Gray, Basil Hallward, Lord Henry sont les hommes. Leur destinée est lumière, aventure, glorieuse. Et il y a les femmes, au premier rang desquelles l’infortunée Sibyl Vane. Elles sont au mieux destinées à la mort, peu glorieuse, au pire de pâles et insignifiantes duègnes, aux trajectoires désespérément linéaires et prévisibles, très clairement sous-race pour notre ami Oscar Wilde.
That’s it. Mais c’est un fameux bouquin !

Hédonisme et dépravation

9 étoiles

Critique de Mieke Maaike (Bruxelles, Inscrite le 26 juillet 2005, 44 ans) - 13 novembre 2006

Je ne vais pas répéter tout ce qui a déjà été dit dans les critiques précédentes sur ce roman tour à tour fantastique, philosophique, policier, psychologique, ni sur son écriture raffinée, élégante et jouissive. Je vais m’attarder sur une dimension qui n’a pas encore été évoquée : l’homosexualité latente qui, outre le cynisme et la critique acerbe de la société bourgeoise de l’époque, a fait qualifier ce texte d’immoral en cette période victorienne.

Tout le talent de Wilde a été d’évoquer l’homosexualité des personnages sans jamais la déclarer ouvertement, par un jeu de miroir inversé, un peu à l’image du tableau de Dorian Gray. Il n’y a nulle part de déclaration d’amour entre les protagonistes, mais il y a partout des déclarations de jalousie. A peine Dorian a-t-il fait part de son amour pour l’actrice, que la question de la jalousie se pose à Lord Henry. « Quand il eut quitté la pièce, les lourdes paupières de Lord Henry retombèrent et il se mit à penser. Peu de personnes, sûrement, l’intéressaient autant que Dorian Gray, et pourtant la folle adoration que ce gamin éprouvait pour quelqu’un d’autre ne lui causait pas le moindre mouvement d’agacement ou de jalousie ». Dorian est amoureux d’une actrice, alors qu’à l’époque, tous les rôles féminins sont joués par des hommes… Plus loin, le chapitre neuf est difficilement interprétable autrement que comme une scène de jalousie du peintre envers son ancien modèle « Dorian, c’est horrible ! Quelque chose t’a complètement transformé. Tu as l’air du délicieux garçon qui venait poser jour après jour dans mon atelier. Mais alors tu étais simple, naturel et affectueux. Tu étais la créature la plus intacte du monde. Maintenant, je ne sais pas ce qui t’est arrivé, mais tu parles comme si tu n’avais pas de cœur, pas de pitié. Tout cela, c’est l’influence de Harry, je le vois bien ». Harry qui a part ailleurs offert à Dorian le miroir entouré de chérubins qui revient à plusieurs moments dans l’histoire.

Un livre d’une très grande richesse, à tiroirs multiples, qui mériterait assurément cinq étoiles s’il ne contenait quelques petites hésitations d’un premier (et malheureusement unique) roman.

Le visage de l'immoralité

8 étoiles

Critique de Fred236 (Nantes, Inscrit le 13 janvier 2006, 31 ans) - 13 janvier 2006

Cet ouvrage de Wilde est bien écrit, ses personnages sont forts, Lord Henry est le cynique à la morale ecoeurante parfois, et celui-ci va "dépraver" un jeune éphèbe candide en un monstre d'immoralité dans une société Victorienne aux moeurs très conservatrices.
Les réflexions de l'auteur sont passionnantes:à travers le personnage de Henry, il donne une vision décapante de la façon de se bien comporter en haute société à la seconde moitié du XIXème sicècle.
Ce livre de Wilde est à lire absolument et en priorité, parcequ'il est très bon et parceque c'est aussi une sorte de manifeste de Wilde et donne donc une idée assez claire du projet d'écriture qui l'habitait notamment.

"La révélation Wilde"

9 étoiles

Critique de Harsesis (, Inscrite le 3 septembre 2005, 26 ans) - 12 novembre 2005

Si je devait d'écrire tout ce que j'ai éprouvé en lisant ce livre, je crois que je ne ferai que répéter les paroles de "Pendragon" ou du "Petit K.V.Q.". Je dois bien cependant essayer de renouveler afin de tenter de faire comprendre à tout les gens de bonne foi combien ce livre est superbe.
Tout d'abord, j'ai trouvé que le livre ne lasse jamais. Contrairement à d'autres ouvrage que j'ai pu lire, l'auteur, quand il se détache un peu du récit ne s'égare jamais, ne part jamais dans de grandiloquentes réflexions philosophiques qui peuvent parfois devenir lassantes, même avec toute notre bonne volonté de lecteur avides de connaissance! Il reste toujours dans le sujet.
Et puis il y a l'histoire, qui elle aussi est géniale. Elle est facinante l'aventure de cet homme, immortel, protégé de la mort et des vices du monde par son propre portrait, qui subie à sa place le prix de ses péchés.
Pour finir, je dirais simplement que ce livre, conseillé au début par ma professeur d'anglais est devenu quelque chose de révélateur et de symbolique pour moi.

Plus qu'un vulgaire classique

8 étoiles

Critique de Maneliane (Picardie, Inscrite le 1 novembre 2005, 28 ans) - 1 novembre 2005

ce livre est un chef d'oeuvre. Oscar Wilde, par l'intermédiaire de son héros à la fois antipathique et charmant, nous ouvre les yeux sur certaines valeurs humaines. Je le recommande même si au premier abord, il peut paraître inintéressant car il esmet un peu de temps avant de réellement commencer. Et surtout quel que soit les époques, le théme s'adaptera toujours

Le charme troublant de cette oeuvre

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 6 mai 2005

Le fantastique et le raffinement ranime en effet les quelques longueurs du roman.
Mais j'y ai trouvé comme un écho aux légendes antiques, notamment, évidemment celle de Narcisse. Il y a un lien également avec la Peau de chagrin, puisque Raphaël de Valentin fait preuve également d'hédonisme et d'un certain narcissisme.
L'histoire est très troublante et fort envoûtante : c'est bien ce qui fait languir le lecteur jusqu'à la fin, via le talent de plume d'un auteur un brun pervers envers son interlocuteur distancié.

une fin étonnante

7 étoiles

Critique de Marion1209 (Mandelieu, Inscrite le 6 mai 2005, 32 ans) - 6 mai 2005

je conçois que l'on puisse s'ennuyer dans ce livre à quelques passages!!
moi-même j'ai trouvé la fin très longue à venir mais pourtant je ne m'attendais pas à cette chute.

révélation

10 étoiles

Critique de Persepolis (Vouvray sur Loir, Inscrite le 19 avril 2004, 39 ans) - 23 avril 2005

J'ai lu ce livre en seconde et ça a été pour moi une de mes révélations littéraires et psychologiques, il ne s'est pas passé un mois sans que j'y repense, je l'ai plusieurs fois relu. A mon sens un monument de finesse et d'analyse mêlé d'une bonne dose de violence contenue

Dorian Gray

10 étoiles

Critique de Maria-rosa (Liège, Inscrite le 18 mai 2004, 62 ans) - 27 janvier 2005

Le portrait de Dorian Gray est pour moi l'un des meilleurs livres qui soient. Conseillé par mon prof d'anglais lorsque j'avais 18 ans et abondamment annoté à ce moment-là, j'y suis régulièrement revenue. Il est bien plus qu'un bon moment de lecture. Je peux dire, sans exagérer, qu'il a changé complètement ma façon de voir les êtres, l'art et la littérature.
A lire absolument.

Quel subtil mélange!

10 étoiles

Critique de Fa (La Louvière, Inscrit le 9 décembre 2004, 42 ans) - 26 janvier 2005

J'ai admiré dans cet ouvrage la faculté d'Oscar Wilde de manier l'art de la conversation, de la répartie et dans un sens plus large avec un talent rare. C'est tout bonnement exquis.
J'ai apprécié particulièrement l'atmosphère de dandysme en parallèle avec une histoire somme toute assez horible, dans la lignée de Maupassant ou de Poe.
J'ai également remarqué la grande capacité de l'auteur à manier le changement de rythme dans le récit.
Il faut mettre en exergue la préface de l'ouvrage : une petite mine d'aphorismes et de ciatations prêts à l'emploi.
Chef d'oeuvre

Splendide !

10 étoiles

Critique de Le petit K.V.Q. (Paris, Inscrit le 8 juillet 2004, 24 ans) - 24 janvier 2005

Ah ! je m'étais juré de ne jamais critiquer "Dorian Gray" mais devant les attaques de Ald bzh et de Morrigan, je me doit, en tant que fervent admirateur de Wilde, de faire une critique éclair. L'histoire est simple : un peintre, Basil Hallward, peint un portrait du sublime Dorian Gray, "l'homme le plus beau au monde". Dorian, dandy narcissique émerveillé par sa personne, fait un voeu impossible : ne jamais vieillir et rester éternellement jeune comme ce saisissant portrait. Je ne vous en dis pas pllus. Ce roman s'ouvre sur une discussion entre Lord Henry, dandy mondain savoureux aux aphorismes cinglants et Basil, mondain également.

C'est un roman extrêmement bien écrit par Wilde, qui a une plume raffinée et élégante. Ce roman fourmille de perles telles que : "On peut résister à tout, sauf à la tentation", et bien d'autres. Le message que nous délivre Wilde à travers son unique roman est toujours d'actualité : ce roman est un liivre sur la société qui se met en place à la fin du XIXe siècle et qui est encore la nôtre : la société fondée sur l'image, où l'être a pris place sur la paraître. L'époque de la chirurgie esthétique, du maquillage outrancier. L'époque où le rêve de n'importe quelle "jeune fille" (comme les appellent Montherlant) est d'être star comme n'importe quelle idole en carton-pâte de supermarché de la Star Ac'. L'époque où l'inteligence en sert plus à rien, seule la plastique compte. Le physique a pris place sur l'intellect, voilà ce que nous dit Wilde à travers son Dorian : ce Dorian qui, pour rester beau comme un dieu, est devenu immoral, criminel. Ce roman est un des plus grands romans que ma chère petite tête blonde ait lu.

Tout lecteur digne de ce nom se doit de le lire.

Ennuyeux.

1 étoiles

Critique de Palmyre (, Inscrite le 15 avril 2004, 55 ans) - 24 janvier 2005

Je suis du même avis que Ald bzh j'ai trouvé ce livre ennuyeux et je n'avais qu'une envie c'est d'arriver à la fin pour pouvoir lire autre chose. Je ne me permet pas de critiquer l'auteur non plus mais un livre doit me distraire, me passionner et là ce ne fut vraiment pas le cas...

Ennui, tu es là ...

4 étoiles

Critique de Ald_bzh (Brest, Inscrite le 11 janvier 2005, 39 ans) - 13 janvier 2005

Je viens de lire ce livre, mais je suis désolée je n'ai pas l'enthousiasme des autres critiques. Je suis d'accord sur ce qui a été dit sur les qualités de ce roman (écriture, réflexion, sujet intéressant, la société, et tout le reste ...) et je n'ai pas la prétention de critiquer Oscar Wilde. Loin de moi cette idée !!! Mais je me suis ennuyée en le lisant, c'est tout. J'ai voulu aller jusqu'au bout pour ma culture personnelle mais j'ai trouvé ça long et trainant. Je pense que je ne suis pas sensible à ce style de livre qui part sur de longue réflexions pendant des pages et des pages.
Je n'ai pas encore lu de pièce d'Oscar Wilde et je pense que je vais le faire très bientôt pour avoir une autre opinion de cet auteur. A chacun de se faire une opinion ...

Dorian Gray

10 étoiles

Critique de V4nco (Mouscron, Inscrit le 19 février 2004, 37 ans) - 26 décembre 2004

Le portait de Dorian Gray est pour moi, l'un des plus magnifiques livres qu'il m'ait été donné de lire. Le seul roman de Wilde est pour moi un véritable chef-d'oeuvre. Ce roman a la force d'une tragédie Grecque, d'un mythe fondateur.

Difficile de rester objectif, tant je suis touché par l'absolu que ces 200 pages touchent du bouts des doigts. Lord Harry Woton, Dorian Gray, Basil Hallward et leurs relations sont sujets à études pour tous les étudiants en littérature pour les 500 prochaines années.

Oscar Wilde, qui a fait de nombreuses conférences de son vivant sur sa théorie de l'esthétisme, les fait vivre dans la bouche de Lord Harry avec une force et une conviction étonnantes. L'hédonisme, le dandysme de cette fin de siècle sont le cadre de la vie de Dorian Gray, donnant à cette vie des allures d'oeuvre d'art.

Un classique à ne pas rater et à avoir absolument dans sa bibliothèque.

Un ancêtre de la littérature fantastique contemporaine?

9 étoiles

Critique de FightingIntellectual (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 34 ans) - 2 septembre 2004

Depuis le début de ma quête de la littérature fantastique, j'ajoute tranquillement des maillons a la chaine....Poe, Dostoievsky(Le Double) et maintenant Wilde. Quelle oeuvre. Une superbe allégorie du double et de la perte de l'identité morale, voir sociale.

En absorbant sa laideur, le tableau vole la vie, vole l'intérieur de Dorian, ce qui nous donne, sans jamais en dire un mot, sans jamais forcer le message, la lecon que la vraie beauté est à l'intérieur.

Une telle maîtrise des mots est propre aux grands maîtres, Wilde en est un. Dommage qu'il soit mort trop tôt...et au dessus de ses moyens

Les plaisirs pervers

9 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 11 mai 2004

Je cite Pendragon : "Quel livre, quelle puissance, quelle verve, quelle profondeur dans les pensées, quelle cynisme et quelle vision noire de la haute bourgeoisie et de la noblesse anglaise à la fin du siècle précédent. Wilde a réussi là, sans aucune contestation, un chef d'oeuvre que je ne suis pas prêt d'oublier. De plus, le style est agréable et facile à lire..".

En effet le style d'Oscar Wilde est savoureux, l'ambiance de ce roman est délicieusement rétro et très british, l'histoire est passionnante et ce roman se dévore avec autant de volupté que Dorian Gray n'en montre dans sa poursuite effrénée du plaisir.

Quant à la morale de l'histoire, elle nous dit que la satisfaction des sens au dépend de la morale, la dépravation, conduit à la perte de celui qui s'y adonne. Le bonheur sans la vertu n'est pas possible et nier son sens moral c'est se tuer soi-même.

L'âme en crédit

8 étoiles

Critique de Bluewitch (Quelque part sous les étoiles, entre Bruxelles et Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 38 ans) - 27 mars 2004

Lire "Le Portrait de Dorian Gray", c'est lire un conte d'humains, une fable cynique dont l'originalité n'a d'égale que l'érudition. C'est plonger dans un monde dont le surréalisme donne d'autant plus d'acuité à une troublante vérité.
Fausses innocences, cruautés esthétiques, charme et vindicte. Oscar Wilde a le verbe cinglant et délicieux, l'histoire est fabuleuse.
"Guérir l'âme par les sens, guérir les sens par l'âme"
Dorian Gray n'aura de cesse d'appliquer cet incertain procédé tout en souffrant des stigmates dont son portrait se targue à sa place. C'est la route vers la décadence, le mensonge, le scandale.
Pour la dénonciation d'une société avec laquelle il n'était pas en accord, Oscar Wilde n'aurait pu trouver de moyen plus élégant, plus subtil ni provocateur. C'était un gentleman, lui-même aisé à laisser la corruption le séduire. Il sait de quoi il parle et nous évite ainsi les tournures endimanchées.
C'est du roman de qualité, pas de doute...

Un très bon roman !

8 étoiles

Critique de Duncan (Liège, Inscrit le 21 février 2004, 36 ans) - 24 février 2004

La recherche de l'éternelle jeunesse... l'égocentrisme, l'hédonisme mal compris...

Tous les maux de notre société se trouvent dans ce livre ( sauf le chomage, la pollution, les guerres... enfin... bref... )

Je ne dirai donc pas mieux que Pendragon:

A lire !!!!!

Sur ce je vous laisse, je dois ranger un tableau dans mon grenier ;-).

A lire absolument

10 étoiles

Critique de Féline (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 39 ans) - 9 novembre 2002

Il n'y a rien à ajouter aux magnifiques critiques faites sur ce formidable roman.
Je voulais juste, à mon tour, exprimer mon admiration pour cet écrivain et en particulier sur ce roman dont on ne sort pas indemme. Livre imposé par mon prof de français lors de mes humanités, je l'ai ouvert sans grand enthousiasme. Comme beaucoup, je me suis dit "encore un roman pénible et vieux écrit par un écrivain réputé scandaleux". Une fois la lecture commencée, je n'ai plus pu m'en détacher et encore maintenant, il reste un de mes plus beaux moments de lecture. Merci Oscar Wilde et merci à mon prof qui m'a fait découvrir ce roman.

Portrait d'hommes

8 étoiles

Critique de Zélie (Lipsheim, Inscrite le 14 août 2002, 39 ans) - 11 septembre 2002

Pour reprendre un peu ce que nous dit Pendragon dans sa critique, il est vrai que le livre se lit extrémement facilement, bien que son contenu soit loin d'être "léger". C'est déjà un premier tour de force d'Oscar Wilde que de nous conduire quasiment le long d'un roman d'aventure, tout en posant des problématiques fortes sur le comportement humain.
Effectivement, on peut se demander si la véritable faute de Dorian Gray a été sa vie dissolue, ou le fait de la masquer derrière le visage d'une éternelle et pure jeunesse ? Mais est-ce réellement assumer que de s'en remettre au jugement des tiers ? Je pense que le jugement d'autrui est plutôt une façon de s'absoudre, de partager sa peine, même si elle doit conduire à se faire haïr.
Enfin, le propos n'est peut être pas de continuer ici la réflexion que peut ammener la lecture du "Portrait de Dorain Gray", mais plutôt de vous inviter à la lecture d'un livre corrosif, intelligent, et dérangeant ?

Incroyable de profondeur...

10 étoiles

Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 47 ans) - 27 janvier 2002

Quel livre, quelle puissance, quelle verve, quelle profondeur dans les pensées, quelle cynisme et quelle vision noire de la haute bourgeoisie et de la noblesse anglaise à la fin du siècle précédent. Wilde a réussi là, sans aucune contestation, un chef d'oeuvre que je ne suis pas prêt d'oublier. De plus, le style est agréable et facile à lire, pas du tout empesé comme pourrait le laisser croire les pensées philosophiques de haute voltige qui parsèment le récit. C'est une vision très noire et très cruelle de la jeunesse anglaise de l'époque, mais en même temps, cela reste un roman fantastique sur le modèle de La Peau de Chagrin de Balzac.
Lord Henry incarne toute la jeunesse dépravée et riche qui a les moyens de se payer une multitude de plaisirs et qui a, surtout, les moyens et la puissance nécessaire pour pouvoir se permettre de prononcer un discours totalement en dehors des sentiers battus. Bien sûr, l'entourage est choqué, seulement il est aussi séduit devant la nature profondément cynique de Lord Henry qui, somme toute, ne fait de tort à personne. Il a choisi de vivre une vie décalée de la norme en édictant ses propres principes, mais, il respecte quand même ses propres règles, il s'est imposé une conduite et la respecte, il est en parfaite corrélation avec lui-même, on ne peut donc lui en vouloir puisque sa conduite est le pendant de son discours, il ne trompe personne.
Dorian Gray, par contre est une personne qui mérite tout notre ressentiment puisqu'il prône une conduite exemplaire, se fait le chevalier de l'ordre moral, s'étonne même que certaines personnes puissent dire du mal de lui alors que sa conduite est on ne peut plus dépravée. Il y a deux causes à cela, Lord Henry et le livre qu'il lui a prêté et surtout, le "héros" du roman, le portrait qui reflète, à la place de Dorian, toutes les vicissitudes et tout le mal qu'il fait au cours de ces sombres années.
C'est pourquoi le livre de Wilde est profondément moral, il explique, à mon sens, que nous pouvons faire ce que nous voulons, à la condition sine qua non que notre comportement soit le reflet de notre discours et que notre conduite puisse à tout moment être justifiée par ce qui se reflète immanquablement sur le visage et dans les yeux. Dorian Gray ne respecte pas la "non written rule" et il mourra en essayant de rétablir la situation faussée.
Il n'en reste pas moins toutes les phrases prononcées par Lord Henry, je ne puis résister au plaisir de vous en faire lire quelques unes :
« La seule manière de se délivrer d'une tentation, c'est d'y succomber. » « Tout excès, de même que toute renonciation, porte en soi son propre châtiment. » « La seule différence entre un caprice et la passion de toute une vie, c'est que le caprice dure un peu plus longtemps. » « Pour retrouver sa jeunesse, il n'y a qu'à en répéter les erreurs. » « Aujourd'hui, la plupart des gens meurent d'une sorte de bon sens contagieux pour s'apercevoir trop tard que les seules choses que l'on ne regrette jamais, ce sont ses erreurs. »
A lire !!!!!

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