La mauvaise rencontre de Philippe Grimbert

La mauvaise rencontre de Philippe Grimbert

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Ddh, le 26 juin 2009 (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 78 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (21 757ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 752 

Jusqu'où va l'amitié ?

Pour le lecteur, le champ lexical d’une mauvaise rencontre peut couvrir une connotation plutôt perverse. Ici, rien de pareil, quoique… Une rencontre qui se prolonge durant toute une vie, une belle amitié mais exacerbée, intransigeante.
Mando et Loup se connaissent depuis leur tendre enfance : ils se retrouvent au parc Monceau où leurs tante Nine et maman Enza les conduit journellement. Leur amitié grandit avec l’âge. En cas de mauvais temps, quel bonheur pour Loup d’errer dans les couloirs sombres de chez son ami, de dévorer les BD, de s’identifier à leurs héros, de reconstituer un monde de science fiction. Mais au-dessus d’eux se dessine une épée de Damoclès. L’amitié poussée à l’extrême peut déformer les antagonistes. Plus tard, Loup, le narrateur dans le roman, réfléchit sur son destin, sans concession, et ne se sent pas fier de son comportement vis-à-vis de Nine, de Gaby, une dame qui lui fait découvrir de nouveaux horizons, de Mando même dont il est pourtant le grand ami.
Le lecteur suit la vie de Loup, de l’enfance à l’âge adulte, de façon linéaire, mais avec toujours des rebondissements au gré des rencontres avec son entourage. La tension dramatique est soutenue tout au long de ce roman et le puzzle se construit peu à peu.

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Pompeux, pompant,…

4 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 55 ans) - 14 octobre 2015

Sentiment bizarre après avoir terminé ce petit roman qui ne m’a pas semblé avoir donné la pleine puissance pour offrir quelque chose au lecteur, sinon qu’il tente de raconter une amitié à la fois profonde et tourmentée entre deux hommes depuis leur tendre enfance.

L’auteur a une manière d’écrire assez particulière, car sans être difficile, elle ne dégage que peu de chaleur et est sans doute trop travaillée pour séduire ceux qui comme moi attendent davantage de spontanéité d’un auteur. Même les touches d’humour tombent à plat.

Sans conteste beaucoup moins bien que « Un secret » qui racontait une vraie histoire plutôt comme ici où on tente d’expliquer un grand malentendu.

A l'ombre de la statue de Peter Pan

8 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 11 mai 2013

J'ai beaucoup aimé ce livre.
Grimbert est un psy et un psy c'est un scribe (c'est lui qui le dit).
Pourquoi Peter Pan ? car il est l'image de cet enfant qui reste en nous, cet enfant qui ne veut pas grandir et qui cherche à garder ses rêves intacts.

Je cite cette pensée marquante : "La vie me promène sans but, dans la terrible solitude où mes fantômes m'ont laissé. Ils traînent leurs lourdes chaînes. leur poids est celui des serments auxquels je n'ai pas été fidèle. J'ai le sentiment de ne pas avoir accompli les gestes qui s'imposaient"

Histoire d'amitié tragique

8 étoiles

Critique de AntoineBXL (Bruxelles, Inscrit le 9 août 2008, 41 ans) - 16 septembre 2010

La littérature nous bombarde chaque année d'un nombre incalculable d'histoires d'amour tragiques (pffff!). Ici, on a droit à un récit relatant une amitié qui finit mal. Le narrateur nous prévient d'entrée, dans cette histoire n'interviendra aucune fille, aucune romance... Juste deux trajectoires fusionnelles, deux amis qui ont la sensation d'être nés pour tout partager. L'amour et l'amitié ont tout de même un point commun: l'inexistence de perfection.

Malgré mon désintérêt relatif pour les théories de Freud, le narrateur et son point de vue psychanalytique sont parvenus à me captiver. Je m'intéresse personnellement beaucoup au sens de l'amitié. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ma cote est plus généreuse que la moyenne.

Long et sans surprise

2 étoiles

Critique de Lu7 (Amiens, Inscrite le 29 janvier 2010, 34 ans) - 13 juillet 2010

Tout à fait d'accord avec Deashelle et Aaro-Benjamin G. : ce livre est une analyse presque médicale du personnage de Mando, et je n'ai pas palpé la dimension dramatique que certains ont trouvée.
Je me suis franchement ennuyée, d'autant plus que j'ai pressenti la suite du livre à la lecture des premières pages. Et je suis loin d'être voyante !

Une amitié exclusive

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 20 février 2010

Mando et Loup sont amis depuis "toujours". Mais l'amitié de Mando est exclusive: il n'accepte pas l'intrusion d'autres personnes dans leur "couple": Nine, la mère adoptive de Loup, Gaby, son amie de jeux ou même le Professeur Psychopompe. Aucune de ces trois personnes comptant pour Loup n'est agréée par Mando.

Mais au-delà de cette histoire d'amitié, c'est l'histoire universelle d'une vie et des ses lâchetés, de ses regrets, de ses culpabilités. Comment continuer à vivre quand on a trahi les personnes pour qui on comptait plus que tout?
De Nine, sa mère adoptive morte seule, à Gaby à qui il avait promis de tenir la main jusqu'à son dernier souffle, Loup en retrouvant Mando va s'interroger sur ses responsabilités.
Une histoire intense et clinique mais tellement humaine.

style clinique

5 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 11 ans) - 22 décembre 2009

Ce style nous distancie au fur et à mesure de la lecture, de l'attachement que l'on pourrait avoir pour le personnage 'malade'. Rien de séducteur dans la langue, une analyse clinique d'un personnage envoûté par sa folie, son égocentrisme et son appétit de puissance qui veulent passer inaperçus. Indéfiniment le blâme est rejeté sur l'ami d'enfance qui lui, progressivement s'évade pourtant de cette liaison plus que dangereuse, malévolente, avec une intuition qu'il devrait suivre jusqu'au bout.
Rien n'y fait, c'est lui maintenant qui est pris dans la souricière de la culpabilité, cela fait de lui un être brisé à vie et non à mort. L'auteur s'escrime à nous prouver qu'il a ses lâchetés répétitives.... et qu'il n'est que coupable. Etude de cas poussé à l'extrême.
La réflexion se porte plus pour moi sur le rôle des proches dans les cas de suicide et l'immense culpabilité qu'ils ressentent que sur le rôle de rencontres malheureuses et dévastatrices qui peuvent briser une vie... celles-ci peuvent se guérir. Un jour ou l'autre la relation à l'autre finit par renaître, c'est le propre de l'homme. Mais la culpabilité anéantit. Loup, y es-tu!

Étude des sentiments

6 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 51 ans) - 29 septembre 2009

Le voile de mystère du précédent roman s’est dissipé. Il n’y a pas de secrets ici, seulement les souvenirs d’un homme qui a vécu une amitié symbiotique. Quelques scènes sont touchantes. Mais, l’émotion ne passe pas cette fois-ci, en raison d’une distance clinique par rapport au personnage de Mando. La recherche du style se fait au détriment de l’intimité. Facile à lire. Trop distillé.

deux amis

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 72 ans) - 27 juin 2009

Deux amis, inséparables depuis la petite enfance: l'un va rester sur la rive, l'autre va sombrer doucement vers la paranoïa. Pour ce dernier, La "mauvaise rencontre" c'est celle de l'être cher, qui compte plus que tout au monde mais qui va s'éloigner un jour pour gagner sa liberté, pour vivre tout simplement. Pour le survivant, la "mauvaise rencontre" c'est le goût amer du remords: s'il n'avait pas trahi la confiance de son ami, celui-ci aurait pu échapper à la terrible fatalité de sa maladie. Une histoire troublante, écrite par un grand connaisseur de l'âme humaine. Passionnant!

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