Le syndrome du bocal de Claude Pinault

Le syndrome du bocal de Claude Pinault

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Mariesophie75, le 7 mai 2009 (Inscrite le 6 mai 2009, 39 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (802ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 11 578 

Un récit à couper le souffle...!

Ce livre ira très loin. C’est à couper le souffle !!
J'ai trouvé le Syndrome du bocal absolument extraordinaire, je ne m’attendais pas à une telle intelligence de l’écriture pour un récit. Car c'est une histoire vraie.
Mais c’est un véritable roman humain qui laisse le lecteur dans un état jubilatoire entre émotion et sensualité, stupeur et rire.
Il est dangereusement attachant, on ne peut sans dessaisir avant la fin.
...je n’ai pas pu m’empêcher de le relire, pour en savourer toute la sonorité des mots, la couleur des descriptions, les odeurs de la vie, la musicalité des phrases.
Un véritable chef d’œuvre admirablement construit.
La tendresse, la sensualité et l’humour saupoudré avec délicatesse à chaque page sont un réel bonheur pour le lecteur.

La plume alerte de cet écrivain est percutante et d’un ton juste.
L’écriture est vraie. La description étonnante de cette chute vertigineuse dans la prison d’un corps humain est époustouflante. La renaissance faite de combat, d’espoir, et d’amour, m’a bouleversée.
L’humour, pour décrire ce drame étonnant, se "faufile" entre Georges Bataille et Pierre Desproges : il est brillant, il est unique, c’est celui de Claude Pinault.
Ce récit est savoureux, il se lit comme un roman épique.
C’est l’histoire d’un homme actif qui se retrouve en 3 jours paralysé par le syndrome de guillain Barré. Devenu du jour au lendemain une poupée de chiffon manipulée par une quantité d'infirmières et de soignants étonnants, il va s'acharner à survivre.

Sa vie va basculer, il va nous faire revivre un véritable miracle de la vie pour se remettre à marcher. C'est une histoire étonnante.
C’est captivant, drôle, sensuel, attachant, érotique, et plein d’espoir. BRAVO.
Mais c'est surtout écrit avec un style remarquable.

Marie-sophie

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Un "direct" au coeur..

10 étoiles

Critique de Laventuriere (, Inscrite le 6 mars 2010, 119 ans) - 4 janvier 2011

Bien que l'ayant lu à sa sortie, ce livre-récit, ces jours de vie et de "combats", ces mots furent si bouleversants, si percutants qu'ils sont encore là... Toujours là, enfouis au plus profond... pour se dire à soi-même, ces jours moins ou tout nous semble si noir, si triste, sans lumière au bout de notre route : "Dis, tu plaisantes, là ! Pense à lui, avance et souris".

Frustrée, il me manque une dimension.

4 étoiles

Critique de Dollydiane (, Inscrite le 26 octobre 2009, 62 ans) - 26 octobre 2009

Je viens de terminer le syndrome du bocal et cette lecture m'a laissée un peu sur ma faim!
J'ai été moi-même atteinte du syndrome de "Guillain Barré" en 1978 à l'âge de 22 ans et j'ai l'impression de n'avoir pas vécu les choses de la même façon que monsieur Pinault dont je salue, malgré tout, les talents d'écrivain!
Bien sûr, il y a eu beaucoup de souffrance, pas mal de larmes, de grimaces, de souillures... mais finalement, j'ai vécu cette maladie comme une expérience hors du commun!
J'aurais aimé que l'auteur approfondisse le côté philosophique de l'aventure, ce côtoiement permanent avec la mort qui nous fait savourer d'autant mieux la vie.

j'ai été bouleversé par ce livre !

10 étoiles

Critique de Laspeles (, Inscrit le 16 juillet 2009, 58 ans) - 16 juillet 2009

je ne résiste pas à l'envie de faire partager la joie, le bonheur, le plaisir, et de tant d'émotions que j'ai éprouvées en lisant ce livre. Ce récit est merveilleux de finesse. Brutal et tendre à la fois. On n'a jamais envie de s'arrêter de lire, le style est élégant, fluide et manie l'humour et la gravité avec dextérité, on passe réellement du rire aux larmes à chaque page. J'ai été capté par la plume alerte de cet auteur qui a vécu véritablement l'enfer et qui s'en sort avec un appétit de vivre hors du commun. La lecture de ce livre est un plaisir, une leçon d'espoir et d'optimisme et l'auteur m' a tenu en haleine jusqu'à la fin...
Il nous donne des clefs pour se sortir des épreuves les plus insurmontables de la vie. Un grand merci et bravo pour ce livre qui sort des sentiers battus sur la maladie. C'est un ouvrage sur la vie, sur un combat difficile et pourtant gagné, mais aussi sur les gens ordinaires: des soignants aux amis, des valides aux invalides, et c est d'une drôlerie qui nous embarque avec bonheur de bout en bout. Touche finale: c est truffé de bons mots et de formules chocs savoureuses. Je le recommande vivement.

superbe livre émouvant. Livre de l'été ?

10 étoiles

Critique de Ferrar (, Inscrit le 3 juin 2009, 43 ans) - 3 juin 2009

Je suis "tombé" dans le bocal... j'en suis sorti émerveillé par la vie. Il est impossible de décrocher de ce livre avant la fin. Une centaine de chapitres fort bien écrits, et haletants, nous décrit un univers incroyable. C'est vif, c'est fin, c'est touchant, émouvant et alors quel humour voyou et décapant vous avez monsieur Pinault! C'est un vrai plaisir de vous lire. Une description maitrisée de la douleur de la renaissance du monde hospitalier, des valides, des médecins. Tout y passe, j'en redemande.
Livre inclassable, ce sera le livre de l'été pour donner envie de profiter de la vie allongée....!

Un bijou littéraire

10 étoiles

Critique de Lili75 (, Inscrite le 28 mai 2009, 49 ans) - 28 mai 2009

Effectivement ce récit/roman est vraiment excellent.

Le sujet est à couper le souffle c'est vrai et est éminemment romanesque.
Mais au delà de l'histoire (comment un homme est devenu tétraplégique en un weekend puis comment il s'est battu pour s'en sortir) le style est époustouflant.
Cet homme qui a traversé l'enfer en a profité pour faire sa mue et devenir un vrai écrivain !

Le thème est fort et pourrait a priori rebuter (on n'a pas toujours envie d'être glauque ou triste en lisant un livre). Mais en fait - et c'est le talent de cet auteur, le livre est gai car il y a mis énormément d'humour. Et on se surprend à sourire souvent et parfois même à rire alors que les situations vécues ont dû être très difficiles à vivre.

L'auteur nous fait passer par toute une palette d'émotions et on en redemande. Personnellement je n'ai pas pu poser le livre que j'ai lu en deux fois.

C'est vraiment un livre que je recommande, je pense que ce livre va en surprendre plus d'un, et notamment ceux (auteurs et éditeurs) qui pensent qu'un récit ou un témoignage ne nécessite pas de style particulier. Ce livre en est la démonstration inverse !!

Journal d'un é-nervement

10 étoiles

Critique de Spiderman (, Inscrit le 14 juin 2008, 56 ans) - 17 mai 2009

Monsieur Pinault n'est pas plus irritable que vous et moi, mais il a tiré à la loterie de la vie, le lot «Syndrome de Guillain Barré» au grand jeu «maladies orphelines». Ses aventures, racontées avec une lucidité, un style et un humour décoiffants ont la profondeur de celles relatées par Jean-Dominique Bauby dans Le Scaphandre et le papillon.
Une fois le bocal ouvert, on ne peut quitter cet homme dont le système nerveux périphérique est mystérieusement attaqué de façon réversible,... «enfin bon, vous voyez Monsieur Pinault, d'habitude c'est réversible mais là cela semble assez idiot (pathique) et atypique et bon, le pronostic est assez flou... et la récupération incertaine».
Avec tout le confort, l'autonomie et l'élégance d'une tortue sur le dos, ce tétraplégique impuissant et incontinent décide de se battre, aidé par sa famille et certains soignants. Dans son bocal, cet insolent devient un stakhanoviste de la rééducation, intéressant quelques soignants et énervant beaucoup d'autres, à l'hôpital d'Orléans comme au CRF de Kerpape.
Déchiffrant le langage médical («pas de faux espoirs, Monsieur Pinault, c'est idiopathique») et les imbécillités proférées par les visiteurs («Tu as vraiment bonne mine !», «Garde le moral, c'est le plus important», «C'est juste une question de patience») et les déso(pi)lants «on pense tous très fort à toi» téléphoniques, il brosse un portrait éblouissant de réalisme et de lucidité du monde des handicapés, que ce soit dans les Centres de Rééducation Fonctionnelle ou dans un Validland aux règles pourtant connues.
Et ce tétraplégique ose encore avoir des fantasmes sexuels et les décrire avec précision ! Un vrai scandale... il n'arrête pas de mater les poitrines des soignantes de décrire les obus qui le tentent à l'abri de lingerie fine, de deviner si sous le coton blanc de la blouse se cache une petite culotte ou un string... et faute d'équipement efficace (sa «nouille» étant dotée d'une sonde ou d'un pénilex) fait de sa langue et de tout son visage un instrument de contact et de plaisirs partagés avec l'intimité d'une patiente amputée : un obsédé je vous dis ! ! !
Obsédé de la vie, de la vérité de nos existences qui ne tiennent qu'à quelques fils (les nerfs), le grabaTaire-minator des Chardonnerets s'attaque à la myéline sociale des rapports humains puis à l'axone de nos vies qui, s'il arrive à subsister, se limite au conjoint, aux enfants, aux parents et à quelques rares et vrais amis... Il fait visiter et comprendre ces singuliers bocaux que sont les hôpitaux et centres de soins dont il décrypte les règles élémentaires de fraternité brute invisible à celui qui détourne le regard en passant devant ces «pauvres» invalides dont il va, avec une mauvaise conscience très limitée, occuper la place (bleue).
Les lecteurs d'Armistead Maupin ont déjà croisé un personnage atteint du SGB. Dans les Nouvelles chroniques de San Francisco (10/18, 2000), Michael Tolliver, l'un des héros gays de la série, écrit (p. 248 à 251) une bouleversante et puissante lettre de coming out à sa mère. Hospitalisé et prisonnier de son corps, il dicte, mains paralysées mais coeur et esprit à vif, un texte inoubliable à Mary Ann Singleton
Le Syndrome du bocal apporte autant au grand public friand de vécu qu'aux personnes concernées par le handicap : une aventure humaine incroyable qui fait des romans de science-fiction les plus avant-gardistes de pâles récits. Dans un ordre chronologique, en courts chapitres aux titres malicieux, écrits d'une plume légère et accessible à tous, ce livre est de ceux que l'on a du mal à refermer : cela annonce une nuit blanche... comme en réa, mais avec un vrai bonheur de lecteur, et une simple lampe de chevet à la place des divers scopes !

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