Paradis conjugal de Alice Ferney

Paradis conjugal de Alice Ferney

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Poulain, le 20 novembre 2008 (St Ismier, Inscrite le 18 novembre 2004, 50 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (38 402ème position).
Visites : 3 042 

Un sujet intéressant mais mal exploité

« Demain soir et les soirs suivants prépare toi à dormir seule. Je ne rentrerai pas. Je ne rentrerai pas dans une maison où ma femme est installée devant la télévision, voit le même film depuis trois mois, ne se lève pas pour me préparer à dîner, et se couche sans me regarder !".

Voilà la phrase cinglante que prononce, un soir, Alexandre à l’intention de sa femme Elsa avant de se tourner et de s’endormir.
Le lendemain soir, le doute s’installe dans la tête d’Elsa alors qu’elle commence à visionner pour la énième fois le même DVD, en compagnie de deux de ses enfants Noémie et Max. Alexandre va-t-il rentrer ce soir ?

Le film « Chaînes conjugales » de Joseph L. Mankiewicz tourné en 1948 met en scène trois amies, Deborah, Rita et Lora Mae, qui, au moment de partir en pique-nique avec une certaine Addie Ross, reçoivent de cette dernière une lettre leur apprenant qu'elle ne les rejoindra pas car elle quitte la ville avec le mari de l'une d'elles. L'identité de celui-ci ne sera dévoilée qu'à la fin du film, après plusieurs retours en arrière sur l’histoire de la rencontre de chacun des couples.

A travers cette comédie ironique sur le mariage, l’amour conjugal, la suspicion, l’attachement et la manipulation, Elsa tente de comprendre sa propre histoire et plus que jamais, partage ses mésaventures sentimentales avec les personnages du film qu’elle regarde.
Alice Ferney effectue une fine relecture du film, à travers les yeux d’Elsa, ponctuée des commentaires des deux jeunes enfants, qui eux ne connaissent pas encore la chute du film.
Le doute qui envahit chacune des trois femmes du film s’empare également d’Elsa qui connaît le mot de la fin du film mais pas celui de sa propre histoire.

Le sujet ainsi que la méthode de rapprochement fiction / réalité pour traiter le sujet s'annoncaient intéressants mais ils s'avèrent mal exploités. La description de l’histoire des 3 couples du film traîne en longueur, les retours à la situation d’Elsa sont trop peu nombreux et surtout peu développés.
Le thème de la dégradation ou de l’évolution de l’amour dans une relation (qu’il y ait mariage ou pas) est tout juste abordé alors qu’il semblait être au départ le sujet central livre.
La chute est trop « happy end » et pas du tout cohérente avec le reste du livre.

Jusqu'à présent fan des ouvrages d'Alice Ferney, ce livre m'a assez déçue.

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La rupture, thème et variations …

10 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 82 ans) - 21 avril 2010

En commençant d’aborder ce gros roman d’Alice Ferney, le lecteur comprend très vite que cet ouvrage le mettra en demeure de choisir : ou bien il abandonne très tôt, ou bien il accepte de rentrer dans cette analyse psychologique du couple, examiné non point sous la loupe, mais sous le microscope, et décide alors de prendre le temps qu’il faudra pour se laisser charmer, et par le style et par cette prodigieuse connaissance de l’humain offerte en partage.

Je suis donc allé jusqu’au bout de la dissection, celle qui conduit à la question de savoir pourquoi un couple est destiné à durer et a contrario quels sont les déterminants de la rupture. A la fin de l’ouvrage, l’on ne peut que revenir à la case départ en souscrivant à la citation que l’auteure elle-même avait présentée en manière de prologue : « Personne, pas même un sage, ne pourrait dire pourquoi un homme et une femme s’unissent et pourquoi ils se séparent » (Sandor Marai).

Mais entre ce début et cette fin, se sont trouvées 400 pages à dévorer avec un réel bonheur, mais aussi avec quelques beaux moments d’émotion …

L’héroïne de ce roman, Elsa Platte, ancienne chorégraphe, mère de quatre enfants, vient de se refuser à son mari, Alexandre, lequel se sentant délaissé, enrage de la voir rivée à son magnétoscope pour visionner de manière compulsive un film des jeunes années du cinéma américain, ‘Chaînes conjugales’ (la traduction littérale du titre original en étant ‘Une lettre à trois épouses’).

Alexandre quitte donc sa femme, laquelle, désemparée, re-visionne ce film tout en le commentant à ses deux adolescents, quasiment image par image, tandis que dans le même temps, l’auteure le commente à son lecteur, lui offrant ainsi une double histoire assortie d’une double question : comment finira le film ? et qu’adviendra-t-il du couple Elsa-Alexandre ?

En trois mots, un grand roman !

Grosse déception

2 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 25 juillet 2009

Comment une auteure capable d'écrire des romans aussi brillants que "Dans la guerre" ou "Grâce et dénuement" a pu "commettre" un tel livre ?
Elsa Platte s'est disputée avec son mari. Et on le comprend!
On va donc suivre les états d'âme de cette ancienne danseuse célèbre, mère de 4 enfants sur la crise de son couple qu'elle va analyser en regardant le même film pour la énième fois. Film dont les aventures des trois couples auraient fait le succès de certains romans de gare.
Les réflexions sur les difficultés de la vie à deux sont noyées par les scènes de film.
Une très grosse déception, à la mesure de l'admiration que j'avais pour le talent d'Alice Ferney.

Doutes conjugaux

7 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 50 ans) - 19 mars 2009

Ce livre n’est pas particulièrement agréable à lire parce qu’il est plutôt déprimant, mais en vaut peut-être la peine quand même. Il est en tous cas très bien écrit.
Elsa Platte, ancienne danseuse et mère de quatre enfants, vient d’être quittée par son mari. Mais pour combien de temps ? Quelques heures ou … ? Ses réflexions sur le mariage s’accompagnent du visionnage d’un film qu’elle regarde en boucle. Ce film parle de trois mariages, trois couples également sur le fil du rasoir. Le mariage et ce qui peut le faire basculer est ausculté ici sous toutes ses coutures. Le film est tellement bien décrit qu’on pense l’avoir vu lorsque l’on referme ce roman.
Bref, un avis mitigé...

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