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Ce qui a dévoré nos coeurs
de Louise Erdrich, Isabelle Reinharez
Catégorie(s) : Littérature => Anglophone
critiqué par Sorenja, le 17 novembre 2008
(Inscrite le 27 mars 2007, 40 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 3 avis)
Cote pondérée :  (9 210ème position).
Visites : 1 296
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Histoire d'un vieux tambour indien
Comme dans "Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse", Louise ERDRICH nous emmène à nouveau en territoire Ojibwé, tribu indienne d'Amérique du Nord. Beaucoup ont disparu, décimés ou métissés à des degrés divers, des réserves perdurent, perpétuant les traditions des ancêtres.
Faye est la descendante, par sa mère avec laquelle elle vit toujours, d'une de ces familles. En faisant un jour l'inventaire de la succession d'un ancien agent indien, elle découvre quelques trésors à l'époque récoltés, ou pillés, le mot est plus juste, par cet homme. Elle y découvre un mystérieux tambour rituel, objet singulier, d'une valeur inestimable, qui l'attire et la pousse, dans un acte irréfléchi, à s'en emparer. Caché chez elle le tambour résonne en elle, lui parle, et ouvre les vannes de ses souvenirs, laissant se déverser une douleur trop longtemps contenue.
Après quelques mois, avec l'aide de sa mère, elle retrouve un des descendants de la famille légitimement propriétaire, et lui remet le tambour. Celui-ci reconnaît le tambour que son père a perdu, reconnait aussi en Faye une des descendantes d'un drame familial auquel l'histoire du tambour est étroitement liée. Lui aussi voit des souvenirs enfouis refaire surface, nous découvrons alors l'origine de cet objet de pouvoir, qui prend ou rend la vie lors de cérémonies rituelles.
Un très beau texte, plein de sensibilité et de mystère, où tout n'est pas forcément dévoilé, ouvrant vraiment à l'espace du rêve, mais surtout à celui de l'inconscient, les protagonistes découvrant tous, au travers des épreuves, ce qu'ils ignoraient d'eux-mêmes ou refusaient d'accepter.
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| Tragédies et mystiques indiennes |
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Ce livre est construit en 4 parties, dont le fil conducteur est un tambour de cérémonie indien.
La première à s'exprimer se nomme Faye. Elle vit avec sa mère en Nouvelle Angleterre, et travaillent toutes les deux à évaluer les biens (meubles, décoration) à l'occasion d'héritages notamment. Elles achètent et revendent également des objets, principalement d'origine amérindienne dont elles sont expertes. Elles descendent elles-mêmes de famille indienne.
A l'occasion d'une l'estimation, Faye se sent étrangement attirée par un tambour qu'elle subtilise et conserve auprès d'elle un certain temps, avant de se décider à en rechercher les véritables propriétaires.
C'est ainsi que Bernard Shaawano fait son entrée. Il nous raconte l'histoire de son grand-père et de l'origine du fameux tambour.
Ce dernier retrouve alors les siens, et un nouveau chapitre s'ouvre ...
Histoires passionnantes, tragiques et magiques que celles qui gravitent autour cet objet unique en son genre, emprunt de traditions et de mystères.
J'ai apprécié que ces récits s'inscrivent dans notre monde actuel, car cela met d'autant plus en relief leur aspect mystique. La noirceur du quotidien des Indiens vivants dans les réserves, avec leur lot de chômage, de misère et d'alcoolisme, dénote avec la force vibrante des traditions.
Ces pages transpirent d'humanité. J'ai été très touché par ces destinées marquées au fer rouge par les tragédies du passé, mais aussi par celles du quotidien.
Lejak (Metz, Inscrit le 24 septembre 2007, 38 ans) - 5 août 2012 |
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| Un livre de hontes et de secrets |
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Même s’il est difficile à un esprit rationaliste de croire au pouvoir magique du tambour indien, je me suis sentie embarquée dans ce récit éclaté en trois histoires reliées non seulement par l’objet au pouvoir magique : le tambour, mais aussi par des notions qui n’appartiennent pas qu'au au monde des Indiens et qui « dévorent les cœurs » : la faute à expier, le remords, le drame de l’enfant mort .
Louise Erdrich témoigne ici d’une grande sensibilité à la nature, à certains de ses animaux importants dans le bestiaire indien: araignées, corbeaux, loups, ainsi qu’ aux gestes, aux regards, à tout ce qui renvoie au non dit dans les rapports humains. Elle souligne combien le passé est le moteur du présent et comment le devenir de chaque personnage se trouve lié à celui des autres . « Je suis un maillon de la chaîne d’événements qui a démarré quand Davan a fait démarrer son moteur sur Revival Road. Le tambour en est un aussi , et le fait que je m’en sois emparée…..Car la mort a déclenché des changements du haut en bas de Revival road , et l’on ne peut prédire à quel moment un événement cessera de venir percuter le suivant »
J’ai été particulièrement sensible à l’évolution des rapports entre la mère Elsie et sa fille Faye. Restée seule aux côtés de sa mère à la suite de la double disparition de son père et de sa sœur, après avoir ordonné leurs deux vies dans un « lacis d’infinis faits et gestes. Notre toile. Notre routine », Faye, toujours hantée par ses fantômes, va pourtant à la fin du roman oser rompre ce « schéma sécurisant » en partant dormir Chez Kurt.
Un roman souvent poignant fortement ancré dans l’imaginaire indien mais dont le contenu est universel.
Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, 67 ans) - 4 mai 2011 |
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