Quarante-cinq poèmes, suivi de La résurrection de William Butler Yeats

Quarante-cinq poèmes, suivi de La résurrection de William Butler Yeats

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Smokey, le 28 août 2008 (Zone 51, Lille, Inscrite le 12 août 2008, 33 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 001ème position).
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Le rêve de Yeats

Voici exactement le genre d'oeuvre qui me fais regretter d'être mauvaise en anglais!

Yeats, je ne l'ai lu qu'en français mais ces poésies sont des merveilles( et je pèse mes mots...).

En lisant ce recueil, on se trouve face à l'ambiguité de Yeats: le positif permettant de mettre en place une sensibilité presque un peu trop captive du symbolisme et plus tard, des traditions de l'Irlande.
Nous nous trouvons devant une protestation éperdue contre le monde comme la matière le fait,contre la vie comme il faut la vivre...

La pensée, chez Yeats (c'est ce qui en fait un grand poète) est la collaboration de la conscience et de l'inconscient, c'est la fusion maîtrisée, fructueuse, dont peu d'auteurs contemporains sont capables (c'est un auteur du 20ème).

L'être humain rêve, et Yeats lui-même a rêvé autant et plus que quiconque, au point qu'à des moments on le croirait proche de ceux qui, tel Villiers, acceptent de penser que l'imaginaire est la seule réalité.

J'ai découvert cet écrivain à travers un film ( Equilibrium) qui s'ouvre sur trois vers de ce poète, voici cette poésie (je la mets ici car elle ne fait malheureusement pas partie des 45 poèmes du recueil):


"Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel":

Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d'or et de reflets d'argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la nuit et du jour, de la vie et du temps,

Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,
Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,
Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.



Et en voici une autre tirée du recueil critiqué:

"Deux ans plus tard":

Et personne ne t'a-t-il dit
Que l'oeil qui ose et qui aime
Devrait être plus averti,
Ni instruite du désespoir
De l'éphémère qui brûle?
J'aurais pu te l'apprendre, moi,
Mais tu es jeune, et nous parlons
Deux langues bien différentes.

Ah, tu prendras ce qui s'offre, tout,
Tu rêveras que le monde est bon,
Tu souffriras comme fit ta mère,
Brisée comme elle à la fin.
Mais je suis vieux, tu es jeune,
Je parle une langue barbare.


Un grand poète à découvrir...

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Les éditions

  • Quarante-cinq poèmes [Texte imprimé] W.B. Yeats présentation, choix et trad. de Yves Bonnefoy
    de Yeats, William Butler Bonnefoy, Yves (Traducteur)
    Gallimard / Collection Poésie (Paris. 1966).
    ISBN : 9782070327805 ; EUR 10,00 ; 31/12/1995 ; 182 p. ; Poche
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Horseman, pass by !

10 étoiles

Critique de Bluewitch (Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 40 ans) - 29 février 2012

Je rejoins l'enthousiasme de Smokey quant à la poésie de William Butler Yeats. Je l'ai découvert autrement, depuis longtemps, depuis ma passion pour l'Irlande née je ne sais même plus quand...

Je me souviens du bruit de la rivière près de Thoor Ballylee. Une atmosphère toute particulière entourait son ancienne demeure. Une atmosphère de paix et de mélancolie.

L'amoureux éconduit, le poète engagé, le sensible qui retenait dans chaque parcelle de nature ce qu'il pouvait s'y trouver de sacré. Symbolisme, tradition, contrastes sont en effet au rendez-vous dans ce recueil bilingue mêlé de contemplation et de fougue.

Un extrait bilingue de "Coole Park et ballylee 1931", tiré du recueil :

"Another emblem there ! That stormy white
But seems a concentration of the sky ;
And, like the soul, it sails into the sight
And in the morning's gone, no man knows why;
And is so lovely that it sets to right
What knowledge or its lack had set awry,
So arrogantly pure, a child might think
It can be murdered with a spot of ink."


"Ce qui est un symbole encore ! Cette blancheur
D'orage semble un concentré du ciel
Et comme l'âme vient, d'un coup d'aile,
Et au matin n'est plus, qui sait pourquoi?
Mais c'est si beau que cela remet droit
Ce qu'ont désordonné science ou nescience,
Et c'est si pur, et avec tant d'orgueil,
Qu'un enfant pourrait croire
Qu'on l'assassinerait d'une tache d'encre."

Je ne suis néanmoins pas forcément convaincue par la traduction qui, je trouve, détourne parfois le sens de certaines strophes sans compenser par quelque musicalité que ce soit.

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