La vingt-cinquième heure de Virgil Gheorghiu

La vingt-cinquième heure de Virgil Gheorghiu

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Smokey, le 27 août 2008 (Zone 51, Lille, Inscrite le 12 août 2008, 32 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 672ème position).
Visites : 3 401 

L'individu face au nazisme et au communisme

La société décrite ici ne connaît que quelques dimensions de l'individu. L'homme intégral, pris individuellement, n'existe plus pour elle. Voici un homme, prisonnier du système nazi instauré par Hitler puis du système communiste de Staline.

Lorsqu'elle arrête ou tue quelqu'un, cette société arrête ou tue une notion et non quelque chose de vivant. En bonne logique, ce crime ne peut lui être imputé, car aucune machine ne peut être accusée de crime. Un homme obligé à vivre dans les conditions et le milieu d'un poisson meurt en quelques minutes et vice versa.

L'Occident a créé une société semblable à la machine. Il oblige les hommes à vivre au sein de cette société et à s'adapter aux lois de la machine...Lorsque les hommes ressembleront aux machines jusqu'à s'identifier à elles, alors il n'y aura plus d'hommes sur la terre."

L'histoire de ce livre est celle d'un homme, Iohann Moritz, qui sera successivement décrété comme juif alors qu'il est aryen donc enfermé dans un camp de concentration, puis aryen pur et membre de la race des races des Seigneurs! qui sera ensuite traité par les Alliés comme ami puis comme ennemi, tout cela sans que jamais il soit tenu le moindre compte de ce qu'il est, dans son être, dans sa substance individuelle.

Cette histoire de fou, narrée avec la précision scrupuleuse d'un mémorialiste, apparaît comme l'expression littérale de ce que l'homme tend à devenir dans un monde qui le nie. Mais qu'est-ce donc que ce monde? De quoi est-il fait?
"Les "citoyens" ne vivent ni dans les bois ni dans la jungle, ni dans les bureaux, cependant, ils sont plus cruels que les bêtes sauvages de la jungle, ils sont nés du croisement de l'homme avec les machines. C'est une espèce bâtarde, la race la plus puissante actuellement sur toute la surface de la terre. Leur visage ressemble à celui des hommes, et souvent on risque même de les confondre avec des hommes, mais comme des machines; au lieu du coeur, ils ont des chronomètres...Ce sont des citoyens... Etrange croisement, ils ont envahis toute la terre."

Voici un passage:

""Un homme dont on ne respecte ni l'honneur ni la dignité est un esclave!" Se dit Bartholy. "Aujourd'hui celui qui veut vivre dignement se condamne lui-même au suicide. Notre société interdit la dignité et l'honneur personnels, c'est-à-dire toute la vie d'homme libre. Elle ne permet qu'une vie d'esclave. Mais cela ne saurait durer. Une société dans laquelle tous les hommes -depuis le ministre jusqu'au domestique- sont des esclaves doit s'effondrer.""

"Cette guerre... n'est pas une guerre de l'Occident contre l'Orient... Elle n'est qu'une révolution intérieure dans le cadre de la société technique occidentale... La Russie a pris toutes ses théories à l'Occident et les mises simplement en pratique; elle a réduit l'homme à zéro comme elle l'avait appris de l'Occident... Elle a imité l'Occident comme seul un barbare et un sauvage pouvait le faire."

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Un bon auteur

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans) - 7 janvier 2010

Comment se fait-il qu'il soit ainsi passé à la trappe. Je crois que ses livres sont un peu délaissés.

A l'époque, en pension, j'en ai lu au moins cinq ou six qui figurent encore dans ma collection de vieux livres de Poche.

C'est pourtant lui qui m'a fait découvrir ce qu'était la dictature en général et dans son pays en particulier.

Le fait est que par la suite je me suis davantage intéressé à des auteurs comme Kundera ou Ismaïl Kadaré qui écrivaient sur le même sujet.

Le top du top de mes livres

10 étoiles

Critique de Bobo (, Inscrit le 10 décembre 2009, 59 ans) - 7 janvier 2010

Tout d'abord il y a eu le film avec Anthony QUINN. Emerveillé par l'histoire j'ai acheté le livre.

Un choc, une claque.
Cet homme balloté par l'histoire sans pouvoir agir sur sa vie, avec d'autres hommes qui décident pour lui, c'est littéralement du Kafka.

J'étais bien jeune lorsque je l'ai lu, mais ce qui est certain c'est que plus jamais j'ai dévoré un livre d'une telle manière sauf peut-être le Comte de Monte Christo.

Un peu anxieux, je l'ai fait lire à mes enfants, ils ont été également emballés.

Je vous le recommande très chaudement, c'est un des très rares livres auxquels je mettrais le maximum d'étoiles

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