La Femme de trente ans de Honoré de Balzac

La Femme de trente ans de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Ferragus, le 24 octobre 2001 (Strasbourg, Inscrit le 8 mai 2001, 54 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 160ème position).
Visites : 5 788  (depuis Novembre 2007)

De l'inconséquence des femmes...

Julie, une jeune femme bien née, fort belle s'éprend d’un colonel de la Garde portant beau et à qui la gloire a plus d’une fois accordé ses faveurs. Elle l'épouse. Moins de trente pages pour en finir avec le conte de fées.
Ca c’est du Balzac craché ! Car après ça se gâte. Comme bien des soldats balzaciens, d’Aiglemont est un soudard brutal et sans raffinement qui n’est bon acteur que sur les champs de bataille. Son épouse est accablée de tous les défauts féminins ; volage, futile, d’une légèreté coupable, sa vie ne sera qu'une lente descente aux enfers.
Il est bien curieux ce roman. Les habitués des atmosphères balzaciennes s'y retrouveront, auront le sentiment confortable de postures et de figures familières. Et pourtant. Du drame, il y en a à la pelle. Et pas quelques larmes épanchées et vite séchées dans le secret d’un boudoir. Non, des morts dramatiques et impitoyables qui pèsent à tout jamais sur les âmes des proches. Des catastrophes vraies qui plongent une famille dans le malheur et l’hébétude. Mais aussi des maîtresses et des amants, témoins privilégiés d'un mariage raté où tout s'est joué la première nuit. Enfin, on voit comme dans quelques autres ouvrages, l’irruption de scènes fantastiques qui pourraient sembler incongrues ; elles ne font qu’accentuer l’allure si particulière de « la femme de trente ans », l’histoire d'un formidable ratage. Des personnages à qui tout semblait promis, amour, beauté et richesse regardent leur vie sombrer, s'abîmer inexorablement jusqu'à voir leurs enfants les abandonner.
On peut dire de ce livre qu'il est terrible. C’en serait presque un mélodrame outrancier si ce n’était l’inégalable peinture des êtres et des milieux qui fait les romans balzaciens. Cette union, à part dans l’oeuvre de l'auteur, m'a, je ne le cache pas, désarçonné. Je me suis senti bien souvent étranger au récit, sentiment renforcé par un style alternant brillance et langueurs provinciales. Je ne conseille pas au néophyte de débuter « la comédie humaine » par cet ouvrage troublant et vraiment désespéré, posture rare chez Balzac. Il n’en reste pas moins que « la femme de trente ans » doit être lu, ne serait-ce que pour son étrangeté.

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Précurseur de Madame Bovary

7 étoiles

Critique de Dumas23 (, Inscrit le 23 juin 2014, 22 ans) - 6 juillet 2014

Ce livre a apparemment beaucoup influencé Flaubert pour la rédaction de "Madame Bovary". L'idée est sensiblement la même, à savoir la femme insatisfaite de son mariage qui s'enfoncera peu à peu dans le malheur suite à une vie faite de déceptions. Maupassant s'en inspirera également pour la rédaction de "Une Vie" qui est je trouve plus réussie que l'ouvrage de Balzac.
L'oeuvre est composée de plusieurs parties assez indépendantes les unes des autres qui narrent la vie tragique de Julie d'Aiglemont et de ses proches. La noirceur humaine est fidèlement retranscrite, le destin rattrape sans aucune pitié les personnages et les frappe durement. La cruelle condition des femmes au 19 ème siècle est ici décrite avec réalisme. Les débuts sont très longs mais la fin du roman est plus riche en rebondissements.
L'écriture est terriblement belle même si la lecture est parfois laborieuse. Il est regrettable que plus personne n'écrive de cette manière aujourd'hui. On ne pourra regretter que l'ensemble manque quelque peu de précision dans sa construction.

La femme de Trente Ans

8 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 37 ans) - 25 juin 2012

Ce livre est l'histoire d'une femme assoiffée de passion qui se retrouve dans un bien mauvais mariage. Tout ce qui en découle n'est qu'une suite de malheurs. J'ai bien aimé ce roman mais j'ai de la difficulté à dire pourquoi. C'est vrai que l'écriture est parfois anarchique mais en même temps, elle est très belle.

Le trésor derrière l'écueil.

8 étoiles

Critique de Lisancius (Poissy, Inscrit le 5 juillet 2010, - ans) - 12 juillet 2010

C'est un court roman, qui pourrait d'ailleurs passer pour une très longue nouvelle, plein de longueurs, de défauts, d'imperfections, dans un style anarchique, tourbillonnant, d'une virulence et d'une virtuosité rare. La Femme de Trente Ans, à première vue, n'a pas la construction rigoureuse du Père Goriot, ou l'unité stylistique des Illusions Perdues. Pourtant, c'est une réussite tout de même.
Il n'y a pas d'unité dans l'oeuvre. On passe sans introduction d'un abordage en mer par des pirates à une arrivée dans un château d'un criminel, comme on passe d'un fratricide à une épousaille de gamine. Mais quel souffle dans ces deux cents pages !
C'est noir, d'une noirceur rare chez Balzac, c'est plein d'ombres, plein de tristesses, plein de malheurs : le roman est une longue déconvenue, une Illusions Perdues sans Vautrin pour ramasser les pots cassés, et la duègne ne se trompe pas, quand elle dit à Julie "Le mariage ne vous réussit point".
Au final, c'est bien le personnage de Julie qui donne son unité au roman, qui, de prime abord, a été un ensemble de nouvelles, ce personnage qui a été disséqué - tiens, tiens, on reverra cela plus tard, non ? - par un auteur complaisant à ses malheurs. tout autre que Balzac se serait fracassé à ce sujet comme un navire su l'écueil, incapable d'en percevoir les nuances, croquant une gamine éplorée devenue femme inconséquente et incapable de nous toucher. Il a fallu tout l'art de ce romancier de génie pour hisser l'oeuvre au rang d'excellence auquel l'excipit d'une rare émotion peut aisément prétendre.
Il faut le chercher, le trésor derrière l'écueil, et, quand on pardonne les nombreux défauts de cette oeuvre, alors on peut se laisser toucher par son éclat.
Quel plaisir !

Elans de coeurs et conséquences

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 26 novembre 2008

Voilà magnifiquement dressé le portrait - ce qui relève presque du pléonasme pour Balzac - d'une jeune femme, qu'on voit évoluer jusqu'à la vieillesse, qui s'avère être assez fortement soumise à ses passions, à des postures très féminines, notamment dans des caprices relationnels qui ne manquent pas de causer, si ce n'est sa perte, au moins son malheur.
Ce personnage féminin est un peu caricatural, mais l'écriture sauve tout, et en fait un feuilleton virevoltant, bien qu'un peu décousu, en raison du mode de gestation en kit de l'oeuvre.
Les personnages masculins sont également trahis par les défauts patents de leur genre, des manières rustres, la maladresse sentimentale, une relative hypocrisie, une morale et un sens de l'honneur placés bien hauts.
La richesse du style et les rebondissements gardent le lecteur en haleine, avec, à l'appui, le sourire aux lèvres.

à lire après 'le rendez-vous'

10 étoiles

Critique de Prince jean (PARIS, Inscrit le 10 février 2006, 43 ans) - 17 février 2008

c'est la suite d'une nouvelle magnifique de Balzac, 'le rendez-vous' où la jeune fille amoureuse du jeune colonel d'Aiglemont recevra les mises en garde de son père.

"l'amant enfin, se change en un squelette odieux"

"sa gaité est une gaité sans esprit, une gaité de caserne."

"Epouse victor, ma Julie, et un jour tu déploreras amèrement sa nullité, son défaut d'ordre, son égoïsme,son indélicatesse, son ineptie en amour, ..."

pour en revenir à la Femme de 30ans, c est une merveille comme presque tout Balzac

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