L'or d'Alexandre de Olivier Delorme

L'or d'Alexandre de Olivier Delorme

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Maroni, le 30 mars 2008 (Inscrit le 13 décembre 2004, 58 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 891ème position).
Visites : 3 275 

Pour passer une nuit blanche !

Une professeure d’histoire ancienne assassinée à la Sorbonne d’un coup de javelot ! C’est ainsi que se clôt le premier chapitre de L’Or d’Alexandre. A partir de là, l’intrigue se noue et les rebondissements vont se succéder, depuis les sous-sols du Louvre et le laboratoire d’analyse des musées de France jusqu’en Grèce et en Croatie.

L’Or en question (offert par Alexandre le Grand à Athéna) a été volé en Grèce et rapporté à Toulouse par les Gaulois de Brennus. Pour tous les historiens de l’Antiquité, il porte malheur. Il a disparu depuis 106 avant notre ère, mais le Louvre vient d’en acquérir quelques-unes des pièces réapparues sur le marché de l’art, au moment même où le musée s’avise que des toiles prêtées à l’étranger sont rentrées sous forme de faux.

Philippe et Stéphane (couple gay atypique, on comprendra pourquoi au bout d’une centaine de pages), amis de la prof assassinée et de la conservatrice accusée d’être le cerveau du trafic de peintures, se retrouvent au centre de l’intrigue. Ce sont eux qui, alternativement, nous embarquent dans une enquête aux multiples ramifications.

Trafics d’objets d’art, ministre de la Culture défenseur de l’ordre moral mais pas insensible aux sirènes de la corruption, président de la République qui ne résiste à rien de ce qui brille, turpitudes financières du Vatican : ce roman férocement drôle est solidement ancré dans notre époque. Mais il nous entraîne aussi dans des détours inattendus de l’histoire (la Croatie entre 1941 et 1944, la spoliation des collections juives par les nazis, les réseaux d’évasion des criminels de guerre montés par l’Église catholique à partir de 1944…) jusqu’à un dénouement véritablement diabolique !

Au-delà de l’aspect polar, un roman picaresque plein de surprises et solidement documenté, servi par une écriture efficace et élégante.

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vision objective de la vie et de la politique actuelle!

9 étoiles

Critique de Katala (, Inscrite le 28 juin 2008, 54 ans) - 1 juillet 2008

Un trio de personnage, dans l’aventure de leurs « vie quotidienne », une intrigue sur fond de mythologie grec qui nous amène à réfléchir sur le rôle de l’Eglise dans la spoliation des œuvres d’art appartenant aux juifs, pendant la guerre, et les saloperies faite en ex-Yougoslavie….enfin, la vision du Monde politique, vu par Delorme, constat de la magouille ambiante….. !!

Voila, j’essaye de ne pas être redondante dans la description de ce livre, ce que j’ai aimé le plus, c’est la vie de ce trio, des personnages attachants, une intrigue intrigante, et la vision de Delorme sur notre monde cruel !! Instructif, bien écrit, passionnant ! Et très vite lu !!
Un très bon livre à consommer, sans modération.

Vivement le prochain Monsieur Delorme !!

Bling-bling .... frappé en plein coeur !!!!

10 étoiles

Critique de Spiderman (, Inscrit le 14 juin 2008, 55 ans) - 14 juin 2008

Le coup de javelot qui tue Athina au début de ce bijou littéraire est sans doute le plus flagrant mais ce sont d'autre chocs qui attendent le lecteur ...
Ce couple de garçons est si attachant que l'on n'hésite pas à s'identifier alternativement à un Indiana Jones et à un Jérôme Kerviel un peu particuliers ... oui, c'est possible de voir le monde "comme ça", à cette hauteur et avec cette profondeur, ce recul, avec rage, volonté, espoirs et désespoirs mais sans jamais s'apitoyer ! Nouveau choc !
Avec le travail et le sérieux de l'historien qu'il est, Olivier Delorme nous ouvre les portes dérobées du musée du Louvre, nous initie aux techniques de vérification de l'authenticité des oeuvres (et donc de leur falsification), nous instruit sur les sombres années de la collaboration croate durant la deuxième guerre mondiale, la spoliation des biens juifs, avec un passage (obligé pour cet amoureux de la Grèce !) par les sentiers de l'Attique.
Le monde politique et religieux actuel (il ne risque pas d'obtenir les mentions "nihil obstat" et "imprimatur" !!) n'est pas non plus épargné par cette plume aussi vive qu'acerbe, qui va si profond dans le coeur comme dans l'esprit, sans jamais lasser.
Il y a ici le scénario d'un grand film intelligent et sensible,
Mais en lisant ce livre on aura le plaisir étrange et subtil d'apprendre en douceur une infinité de choses, techniques (archéologie mais aussi finances !), historiques (antiquité et XXe siècle), artistiques (Grèce et Renaissance) et surtout humaines avec ce singulier "ménage à trois" (et plus, quand et si affinités !) que forment Stéphane, Philippe et Malika.

Complexe mais divertissant

5 étoiles

Critique de BONNEAU Brice (Paris, Inscrit le 21 mars 2006, 33 ans) - 3 juin 2008

Quand on est un jeune pédé amateur de littérature en tout genre et de thrillers en plus particulier, et qu’on est sur le point de partir pour une semaine de vacances en Grèce, L’Or d’Alexandre est le genre de lecture qui tombe à point. A la lecture du quatrième de couverture, on repère vite quelques mots clés qui savent attiser notre curiosité : le Louvre, mythique trésor, policiers, Grèce antique, assassinée, meurtres, mise en scène, trésor maudit, vérité, puissances. Vous voyez, je sens déjà que vous avez envie d’en savoir un peu plus…

Lors d’un colloque d’histoire grecque à la Sorbonne, Athina est assassinée d’un coup de javelot. D’autres meurtres à la mise en scène inspirée de l’Iliade suivront ce premier drame, ce que ne manqueront pas de confier Philippe et Stéphane au commissaire Chevêche, alors en charge de l’enquête. Parallèlement à cette première intrigue se dessine un autre scandale : la découverte dans les réserves du Louvre de fausses toiles d’œuvres originales récemment sorties pour être prêtées à des expositions à l’étranger. La police suspecte alors Marion, une amie de Stéphane et Philippe, conservatrice au musée du Louvre, d’être le cerveau de tout ce trafic de faux tableaux.

Les garçons, dont l’un est tétraplégique suite à un accident de moto, poursuivra l’enquête à travers l’Europe afin de résoudre les mystères entourant ces meurtres et de blanchir leur amie de toujours. Assistés de Malika, l’auxiliaire de vie au caractère trempé mais au cœur tendre, ils partiront malgré le danger et les difficultés sur les traces des trésors artistiques spoliés par les nazis pendant la seconde guerre mondiale, en passant par le Vatican, le Louvre, la Grèce et un couvent franciscain perdu en Croatie…

La lecture de ce thriller artistico-helléniste est agréable pour diverses raisons, dont la particularité de confier le gros de l’enquête à des baroudeurs assez peu conventionnels, un couple gay dont une moitié se déplace en fauteuil roulant. Malgré une tendance à la complexité, avec le risque d’être étiqueté « roman trop sophistiqué », L’Or d’Alexandre mélange subtilement l’histoire et l’antiquité au quotidien d’un couple vivant avec le poids d’un handicap moteur, sans oublier de nous parler d’amour, de faire un peu d’ironie sur un leader de droite hyperactif voire même un peu de militantisme de gauche, et de nous donner quelques leçons sur les marchés boursiers. Quatrième roman de cet archéologue agrégé d’histoire publié chez H&O, L’Or d’Alexandre n’est pas le thriller de l’année et peut parfois perdre le lecteur au décours d’explications parfois trop prolixes, mais aura réussi haut la main à divertir un genre littéraire qui en avait bien besoin. Et nous aussi, par la même occasion.

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