Les sorcières de Salem de Arthur Miller

Les sorcières de Salem de Arthur Miller
( The crucible)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Théâtre

Critiqué par Sorcius, le 17 novembre 2001 (Bruxelles, Inscrite le 16 novembre 2000, 47 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 545ème position).
Visites : 5 421  (depuis Novembre 2007)

Sorcières? Hum...

Pour toute sorcière digne de ce nom, ce livre est un must. Le procès de Salem, qui a eu lieu en 1692 à Salem, Massachussets, Etats-Unis, est le plus célèbre procès de sorcellerie, alors qu'aucune véritable sorcière n'y fut impliquée…
Tout commence avec les "crises" de Betty, une fillette de dix ans, qui plus est la fille du révérend Parris. Prostrée sur son lit, elle ne bouge plus, les yeux fixes. Tous crient à la sorcellerie qui, à Boston, est à la mode. Abigaïl, la nièce du révérend, est une jeune fille superbe de 17 ans. Elle avoue à son oncle que Tituba, la servante noire de la famille, les a emmenées, elle et ses amies, danser nues dans les bois, selon un rituel africain. Il n'en faut pas plus pour que Tituba soit considérée comme une sorcière.
On apprend bien vite que l'instigatrice de cette affaire est la jeune Abigaïl qui est amoureuse de John Proctor avec qui elle a eu une aventure (impensable à cette époque et dans cette partie du monde la plus puritaine qui soit). Elle est toujours amoureuse de lui, mais ce dernier s'est repris, par respect pour sa femme Elisabeth. Comme il la rejette, Abigaïl va s'emporter et dénoncer comme sorcières, à l'aide de plusieurs jeunes filles censées être pures, qu'elle a prises sous sa coupe, un nombre impressionnant de femmes de Salem, la plupart étant des femmes on ne peut plus respectables.
Plus que l'histoire elle-même, c'est la bêtise et l'aveuglement qui frappent; comment peut-on être aussi idiot que pour se laisser berner de la sorte? Ce qui est terrible, c'est que 19 personnes furent pendues (au "Nouveau Monde", on ne brûlait pas les sorcières, on les pendait) et, quelque temps plus tard, lorsque la vérité fut découverte, réhabilitées. Mais c'était trop tard… c'est toujours trop tard.
Ici, c'est Arthur Miller qui raconte l'histoire des sorcières de Salem, à travers une pièce de théâtre devenue célèbre, et qui a même été adaptée en film. «a se lit très vite, c'est très frustrant, comme seules peuvent l'être l'injustice, la mauvaise foi crasse et l'aveuglement. Je viens d'aller à Salem où plusieurs musées retracent - de manière commerciale et touristique bien sûre, ce sont quand même les Etats-Unis - cette terrible histoire, témoin de plus de la bêtise humaine.

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Les éditions

  • Les sorcières de Salem [Texte imprimé], pièce en quatre actes Arthur Miller adaptation française de Marcel Aymé
    de Miller, Arthur
    R. Laffont / Bibliothèque Pavillons
    ISBN : 9782221114896 ; EUR 7,90 ; 15/04/2010 ; 238 p. ; Poche
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Vraiment inspiré par des faits historiques?

8 étoiles

Critique de Suzanne (, Inscrite le 25 octobre 2013, 21 ans) - 25 octobre 2013

Ce semestre j’ai lu « Les sorcières de Salem », écrit par l’auteur états-unien Arthur Miller en 1952. C’était l’époque de la Guerre Froide, et il a voulu dénoncer les tactiques anticommunistes du Sénateur Joseph McCarthy. Pour arriver à ce but, il a comparé la chasse aux sorcières de Salem -un événement historique qui a eu lieu dans un petit village dans les colonies britanniques- avec la chasse aux sorcières communistes du vingtième siècle. Mais, j’ai trouvé que Miller n’a pas été fidèle au contexte historique, et je n’ai pas aimé cela. D’abord, dans le l’œuvre le personnage d’Abigail a dix-sept ans et elle est tombée amoureuse de John Proctor, un bel homme autour de trente ans. En revanche, la vraie Abigail était une petite fille d’onze ans seulement et John Proctor était un homme d’autour de soixante ans. Et en plus, la folie des filles, parmi elles Abigail, n’est pas inspirée complétement par des faits historiques. Bien sûr, les filles ont agi bizarrement en 1692, mais peut-être à cause d’une plante hallucinogène et non pas d’un sort. Aussi, l’auteur a exagéré leur comportement un peu pour créer une histoire intéressante.
Malgré cela, j’ai aimé ce livre (initialement une pièce de théâtre). L’intrigue est fascinante, et le livre n’est pas long ou difficile. J’ai bien aimé John Proctor parce qu’il se repent. Il fait tout le possible pour montrer son amour à son épouse Elisabeth avant d’être pendu. En revanche, je pense qu’Abigail est presque folle. Elle a des problèmes psychologiques et veut avec tout son cœur trouver l’amour qu’elle n’a jamais eu. Mais elle le cherche de la façon incorrecte et provoque beaucoup de carnage.

Transition entre tradition et modernité

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 15 octobre 2011

Cette pièce fait le pont entre le conservatisme traditionnel des chefs d'accusation, la sorcellerie notamment et la tradition puritaine, et le contexte contemporain, avec l'écho de la chasse aux communistes des États-Unis des années 1960. De ce parallèle, s'instaurent des permanences, comme les délations, la jalousie, en effet, la volonté d'asservissement, les discriminations, même le sexisme, même si j'ai tendance à en voir un peu partout.

Elle permet de s'interroger sur l'âme humaine, ses permanences, ses travers, les qualités qui la sauvent. Son intérêt m'apparaît majeur.

Bien construit

10 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 12 juillet 2010

« Ce damné Satan est sorti de l’Enfer et se promène dans Salem avec un cortège de sorcières. »

Vraiment ? Ou serait-ce la jeune Abigaïl qui est prête à tout pour arriver à ses fins ? Nous sommes en 1692 à la très puritaine ville de Salem, au Massachusetts. Un révérend découvre des filles, dont sa propre enfant et sa nièce Abigaïl, dansant dans la forêt et participant à ce qui ressemble à un rituel. Or ce n’est pas une époque qui prend ça à la légère et s’ensuit une chaîne d’événements dramatiques.

« Rébecca Nurse, votre observation est aussi sage que fondée. Je n’en suis que plus à l’aise pour vous affirmer qu’il n’y a, en la circonstance, aucun risque d’erreur. Car, dans ces livres, le diable est mis à nu, dépouillé de tous les déguisements qu’il peut prendre. Ici sont tous vos esprits familiers, incubes et succubes, vos sorcières qui vont par la lande, dans l’air et dans l’eau, vos enchanteurs de la nuit et du jour. S’il est parmi nous, je le trouverai et je jure de l’écraser, cette fois, pour de bon. »

Ça faisait longtemps que je voulais lire cette pièce, mais j’avais peur parce que mes attentes étaient hautes après l’adaptation de 1996 avec Winona Ryder (Abigaïl) et Daniel Day-Lewis (John Proctor). Mais ma lecture de la pièce a éclipsé le film, j’ai adoré ! C’est fou, c’était parfois hystérique. J’ai trouvé que c’était une pièce de théâtre bien maîtrisé, structuré, rien n’est superflu, rien n’est laissé au hasard. J’ai ressenti beaucoup d’émotion en lisant cette pièce, beaucoup de frustration. Un classique !

Et dans le même style...

9 étoiles

Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 47 ans) - 19 novembre 2001

... et plus ou moins à la même époque; un bon livre qui nous montre une fois de plus l'immense bêtise humaine : "La Lettre Ecarlate" de Nathaniel Hawthorne. A lire en tant que grand classique s'il en est (euh, je crois que j'en ai déjà fait la critique !).

L'âme humaine...

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 18 novembre 2001

Il y a tout dans cette pièce: la jalousie, la délation (à l'époque du MacCartisme), la chasse aux "sorcières" menées par une société, les tabous, la peur collective qui se transforme en haine... L'homme est un bien drôle d'animal ! Et force est de constater que les suppléments d'éducation donnés ne changent pas grand-chose aux réflexes fondamentaux de la "bête humaine"

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