Le chant de la mission de John le Carré

Le chant de la mission de John le Carré
( The mission song)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Happy, le 3 décembre 2007 (Inscrite le 22 novembre 2007, 48 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 11 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 195ème position).
Visites : 6 189 

roman au carré

Un excellent roman, qui fourmille de détails et remarquablement bien documenté.

Comme toujours ça parait tellement plausible, que l'on se demande si ce n'est pas vraiment arrivé.

Le chant de la mission relate l'histoire d'un brillant interprète confronté à un dilemme: Détenteur de secrets d'état, doit-il choisir son pays de coeur ou son pays d'adoption?

Les sombres manigances et la violence des tractations autour de l'avenir du Congo résoudront de fait son choix cornélien.

Un récit passionnant.

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Sans faille !

8 étoiles

Critique de Vinmont (, Inscrit le 12 août 2014, 46 ans) - 5 février 2020

Le chant de la mission est comme la plupart des romans de John Le Carré : précis, documenté et bien sûr bien écrit.
Celui-ci a pour fond l'Afrique (comme souvent chez Le Carré), le Congo et la lutte quasi fratricide de ce pays et de ses habitants pour tenter de se développer au milieu du chaos.
Il s'agit d'une véritable quête de la démocratie et de la paix que l'auteur nous relate via l'aventure particulière vécue par un jeune traducteur métis originaire de ce pays.
A découvrir et à lire tant pour le style que pour le sujet.

Vers un développement durable?

5 étoiles

Critique de Nymphette (Paris, Inscrite le 20 octobre 2010, 39 ans) - 9 novembre 2010

J LE CARRE est l'auteur de "The constant Gardener" dont a été tiré le film éponyme, un excellent opus sur certains problèmes de l'Afrique d'aujourd'hui. Ce roman-ci place à nouveau son enjeu en Afrique, dans l'un des pays dont la situation politique est la plus fragile et insolvable: la République Démocratique du Congo. En effet, depuis la fin de la Guerre Froide, après de nombreux opus sur le sujet, il place ses intrigues d'espionnage au coeur des questions Nord-Sud.

Le personnage principal est un métis congolais devenu traducteur interprète grâce à sa connaissance des langues africaines: un peu perdu loin de ses racines, auprès d'une épouse dévorée d'ambition, il en devient attachant. Il est envoyé par l'un de ses employeurs habituels dans une négociation un peu particulière visant à instaurer la démocratie dans son pays d'origine...

Le coeur de ce roman est la description précise de cette négociation politico-économique. Les intervenants, les dialogues, les interactions sont décrits avec une précision quasi-chirurgicale. Aussi est-on davantage pour moi dans la fable politique que dans l'espionnage.

Quant au message transmis par l'auteur, il est difficile à percevoir: si les intentions du héros apparaissent clairement optimistes, elles semblent tout aussi irréalisables. Sur ces thèmes largement déjà vus, on aurait peut-être préféré une prise de position tranchée sur une voie de sortie... Ajoutez à cela un style fluide mais relativement quelconque, le roman est au final agréable à lire, mais sans plus!

Le dilemme

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 62 ans) - 15 août 2010

Bruno Salvador dit "Salvo" est un homme multiracial, interprète de nombreuses langues et dialectes africains.
Il va être contacté par les services secrets britanniques pour une mission"anonyme". Il va donc se retrouver au coeur d'une entente secrète entre chefs africains et gouvernants britanniques pour rétablir la démocratie et la paix au Congo.
Malheureusement pour lui, sa curiosité va le pousser à écouter des scènes qui vont le bouleverser et qui font lui faire commettre des fautes déontologiques, sa rencontre avec Hannah, infirmière congolaise, quelques heures avant son départ fera pencher la balance du côté de son intégrité morale plutôt que professionnelle.

Une bonne histoire sur le dilemme moral face à des obligations professionnelles, comment continuer à défendre ses idéaux, ses origines.
Le personnage principal est très sympathique même si le nombre de personnages rencontrés pendant l'opération "anonyme" est un peu élevé à mon goût.

Trop balisé pour moi

4 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 46 ans) - 25 juillet 2010

John Le Carré est un auteur que j'ai assez peu lu. Je poursuivrai sans doute ma découverte de son oeuvre à petites doses, car ce qu'il écrit ne correspond pas tout à fait à ce que j'aime dans les thrillers mais il attise malgré tout ma curiosité.
J'apprécie son sens du détail et de la précision documentée, son goût de la justesse et du réalisme; on s'y croirait.
C'est plutôt le sujet qui me passionne moins, je suis peu amateur d'espionnage en tout genre et les spéculations qui agitent notre monde me laissent la plupart du temps froide.
Certes, il réussit à bien embrouiller l'affaire, à l'image des coulisses de certains gouvernements tout-puissants, mais voilà, ça ne m'intéresse guère et il m'a semblé ici que tout ceci était tout de même un brin trop prévisible et cousu de fil blanc. C'est sans doute du bon roman dans le genre, bien calibré, efficace et bien mené, mais bon... pas trop mon truc !
Ce qui ne m'empêchera pas de tenter au moins un autre de ses titres pour me faire une meilleure idée.

A propos du Congo

7 étoiles

Critique de Koudoux (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 56 ans) - 18 avril 2010

Premier John le Carré que je lis.
Bon roman, bien documenté mais peut-être un peu trop.
Le début est lourd, il est difficile de rentrer dans l'intrigue.
Mais la fin du livre nous fait oublier les longueurs.
Un livre passionnant malgré tout.

Carambouille au Congo.

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 23 mars 2010

Carambouille au Congo mais loin de « Tintin au Congo ». Point de superman ici pour déjouer ces complots qui se trament côtés britannique et européen pour exploiter – exploiter au sens figuré – les richesses, essentiellement minières de l’Afrique. L’Afrique et particulièrement ici le Congo. Le Congo, mais pas la R.P. du Congo, non, cet ex-Zaïre redevenu Congo, la R.D. du Congo ! Cet ex-Zaïre dont la partie orientale a le triste privilège d’être frontalier de l’Ouganda, du Rwanda, d’abriter les ethnies, à titre de population locale ou réfugiée, qui ont fait accéder le Rwanda à la notoriété qu’on lui connait – et pas simplement pour le fait que ce soit le pays aux Mille Collines ! Tout ceci notamment au niveau du lac Kivu. Justement une partie du Congo où minerais rares ou précieux abondent.
L’histoire qu’invente John Le Carré est celle d’hommes sans scrupules qui tentent de monter ex nihilo une opération qui, sous couvert d’apporter paix et stabilité au pays, vise en fait à s’approprier les richesses pour leur seul intérêt. Pour ce faire, ces européens sans scrupules réunissent pour une « conférence » dans une île isolée de la Mer du Nord trois responsables ethniques ou économiques, que l’Histoire sépare, afin de monter le coup avec eux. A eux le terrain et les mauvais coups à prendre, aux instigateurs du complot la galette à ramasser. Le grain de sable dans tout ça, c’est Salvo, un métis congolais né en Afrique, éduqué en Angleterre, et qui est convoqué comme interprète de tous ces braves gens (il a le malheur de parler toutes ces langues ; du kinyarwanda au swahili en passant par le français, l’anglais et d’autres bizarreries).
Or le grain de sable a une conscience politique – et un amour congolais, l’amour, toujours l’amour ! – qui vont l’amener à ne pas fermer les yeux sur ce qui doit se dérouler. Le pot de terre contre le pot de fer évidemment. Mais un pot, quand même …
C’est très bien monté. Histoire complexe, comme de coutume avec John Le Carré, et très bien documentée. Un moment très plaisant de lecture.

Carambouille africaine

6 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 73 ans) - 21 janvier 2010

« Je viens de Besançon. Je suis un notaire de province… » Trop aimable John de domicilier l’un des protagonistes de cette histoire douteuse dans ma bonne ville, je crois que c’est la première fois que je vois un auteur anglais y faire allusion. Je ne sais pas d’où vient cet honneur. Ce brave notaire va donc se retrouver avec un spécialiste des combines africaines, un leader africain un peu sur le retour, deux chefs de tribus capables de fournir la main d’œuvre militaire, un négociant assez riche pour soulever une milice, un chef mercenaire et Salvo, le traducteur d’élite qui a été embauché pour que tout le monde puisse se comprendre et qui raconte cette histoire.

Salvo est un polyglotte né au Congo qui a un arbre généalogique noueux comme un pied de vigne et peuplé comme la rade d’un port méditerranéen. Il met ses talents de traducteur à la disposition des services secrets de sa Majesté qui le requiert d’urgence pour une mission ultra secrète alors qu’il honorait une sauterie organisée en l’honneur de sa femme, brillante journaliste à la mode, qu’il trompe avec une infirmière congolaise.

La petite troupe se retrouve, en huis clos, sur une petite île de la mer du Nord pour organiser une carambouille à l’africaine avec manipulation des populations par des chefs de tribus autochtones, fourniture d’armes et de mercenaires par une bande d’hommes d’affaires véreux surtout intéressés par les richesse du pays et tout ça sous le regard bienveillant et nullement désintéressés d’une grande puissance européenne. Le schéma classique de tout bon putsch africain depuis un bon bout de temps maintenant. Mais voilà dans toute machine, il peut y avoir un grain de sable et dans cette affaire il en faut bien un pour nourrir le récit.

C’est un polard acceptable qui se lit bien, même, si j’ai lu mieux de la part de Le Carré, il semblerait qu’il soit plus à l’aise dans les arcanes de la guerre froide que dans les coulisses des carambouilles africaines. A travers ce polard, il stigmatise l’incurie et l’incapacité africaines qui se conjuguent avec le cynisme et la cupidité des Européens, avec l’intrusion d’éléments extérieurs, mercenaires, rwandais, …, et l’impuissance des forces de l’ONU. « Tueries tribales, maladie, famine, des soldats de dix ans, une incompétence totale du haut en bas de l’échelle, viols et destruction à gogo, … ». Voilà le tableau que dressent, en forme d’alibi, les hommes d’affaires qui veulent s’emparer des richesses du Kivu.

Dans cette intrigue un peu insipide et trop prévisible, Le Carré peint un tableau bien triste de l’humanité où la bassesse, la cupidité, le cynisme, le racisme, la corruption, la violence et d’autres perversités encore plus atroces se mêlent en une fresque aux couleurs de la misère et de la souffrance où l’homme est bien peu brillant. Mais un petit rai de lumière pourrait entretenir une lueur d’espoir, l’amour n’est pas mort et peut attiser cette petite flamme. « Un jour, peut-être aurons- nous même un avenir. »

Idéalisme trahi

7 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 51 ans) - 12 janvier 2010

J’ai préféré ‘La constance du jardinier’ du même auteur dont la trame est similaire. Encore une fois, les magouilles politiques qui visent à dépouiller l’Afrique de ses richesses naturelles au détriment du bien du peuple sont habilement expliquées par Le Carré. Sa plume est aiguisée et son personnage de traducteur est parfaitement crédible. Mais, il manque dans ce titre le suspense haletant inhérent au thriller d’espionnage.

Fade

5 étoiles

Critique de Lejak (Metz, Inscrit le 24 septembre 2007, 45 ans) - 1 juin 2009

Emballé par le film "The constant gardener" et invité par les bonnes critiques du livre, je me suis donc lancé à la découverte de JL Carré au travers du "Chant de la mission".
Vous l'aurez compris, je suis resté sur ma faim. Le personnage principal est certes sympathique, plein de candeur et de bonté ... trop peut-être ?
La mission d'espionnage dans une île non identifiée n'a pas épicé le plat comme je m'y attendais, ce qui ne rend pas la suite très passionnante.
La tension très bien rendue dans le film cité plus haut, n'est pas ici présente. J'ai comme l'impression qu'en choisissant le dernier roman de JLC, j'arrive sur un chewing-gum trop longuement mâchouillé plutôt qu'au sommet de son art.
Bref, un livre un peu fade dont la lecture, malgré son petit format, a mis du temps à s'achever.

Leur Angleterre et mon Afrique

8 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 76 ans) - 12 mai 2008

Mondialement célèbre pour ses romans d’espionnage à l’époque de la guerre froide, John Le Carré a su remarquablement se renouveler en passant des rivalités Est-ouest aux conflits d’intérêts Nord-Sud. « Le chant de la mission » en est un brillant exemple où il déploie tout son talent de romancier.

J’ai souvent éprouvé des difficultés pour entrer dans ses livres et il me fallait bien une bonne cinquantaine de pages pour être dans le vif du sujet et ensuite, bien sûr, ne plus le lâcher. Point de cela ici : le roman démarre sur les chapeaux de roue et dès la première ligne nous savons qui nous parle. « Je m’appelle Bruno Salvador. Salvo pour mes amis, comme pour mes ennemis ». Il va nous raconter son histoire mais aussi son métier qui est au cœur de sa vie. Salvo est un éminent interprète parlant un nombre considérable de langues africaines qui se définit ainsi : « tout interprète est traducteur mais pas l’inverse ». C’est un excellent personnage de roman, par ses origines irlandaise et congolaise, son enfance africaine, sa parfaite intégration en Angleterre, son métier d’interprète pigiste qui lui fait fréquenter des milieux très variés, ses amours avec Pénélope d’abord qui l’a épousé par caprice puis pour Hannah, infirmière congolaise dans un hôpital londonien. « Le chant de la mission » est aussi un superbe chant d’amour.
Notre héros se retrouve dans une île du nord de l’Atlantique pour être l’interprète d’une conférence secrète montée par un consortium financier anglais afin d’amener des chefs de guerre congolais à composer, négocier, faire la paix et reconstruire le pays en échange de contrats miniers. Bien sûr tout ceci est un jeu de dupes, mais pas forcément celles que l’on croit et Salvo qui, par son métier, se décrit comme « la passerelle, le maillon indispensable » va devoir passer du statut d’observateur à celui d’acteur.
Malgré quelques longueurs au milieu de l’histoire et une scène de torture peu crédible à mon sens, c’est un roman passionnant mené au galop, plus récit d’aventures que roman d’espionnage. Comme toujours la documentation est précise et on se demande parfois si tout ceci n’est pas vrai.
On y découvre aussi une autre facette de John Le Carré, son engagement en faveur des pays d’Afrique trop souvent pillés par le Nord avec la complicité de dirigeants locaux manifestement corrompus. Il est impitoyable et poursuit le combat engagé avec « La constance du jardinier ». Il est rare de lire un livre aussi divertissant qui soit aussi un récit engagé pour défendre une cause politique trop souvent négligée ou ignorée du grand public tant les intérêts en jeu sont considérables et le lobbying du silence, puissant. Une autre réflexion est abordée in fine sur l’intégration des Africains dans le monde occidental et qui conduira Salvo, pourtant exemple parfait d’une intégration réussie, à parler de « leur Angleterre et mon Afrique ».

Un clin d’œil pour finir : comment ne pas aimer un livre dont les personnages les plus attachants disent que « pour nous raconter nous parlons anglais, pour faire l’amour français et pour évoquer nos rêves africains, forcément le swahili de notre enfance ».

Un très beau roman remarquablement traduit par le duo habituel, Mimi et Isabelle Perrin.

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