Une vie de Simone Veil

Une vie de Simone Veil

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Veneziano, le 25 novembre 2007 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 42 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 13 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (431ème position).
Visites : 7 575 

Une pionnière de débats majeurs

Simone Veil a marqué la vie politique et sociale française, tant dans sa vie personnelle, face à la déportation, que publique, par ses combats, pour l'avortement, pour l'Union européenne, en tant que première Présidente du Parlement européen, pour la lutte contre les discriminations et le devoir de mémoire, au Conseil constitutionnel, comme à la tête d'institutions administratives de mission.

Ce livre est un témoignage personnel, une vue de l'intérieur, telle une caméra embarquée, qui nous transporte dans le temps, le long d'un parcours connu, dont on découvre les contextes précis et certains détails.
En cela, il est passionnant.
Y figurent également quelques aigreurs, dont l'histoire nous dira ce qu'il devra en être pensé, envers Raymond Barre et François Bayrou.

Des documents très utiles figurent en annexe, des discours, notamment celui relatif à l'interruption volontaire de grossesse devant l'Assemblée nationale, et celui d'intronisation à la présidence du Parlement européen. D'autres, moins connus, mais aussi importants au fond, touchent à la Shoah et à la Résistance.

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Une vie exemplaire

9 étoiles

Critique de Ichampas (LAMBALLE, Inscrite le 4 mars 2005, 56 ans) - 26 septembre 2020

La lecture de ce témoignage rend humble, cette femme impose le respect, son parcours de vie est exemplaire.

Toutes les femmes devraient le lire

8 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 48 ans) - 10 novembre 2018

Je n'ai pas toujours le même point de vue que Simone Veil sur la politique et sur la société, mais dans ce livre elle aborde certains sujets qui méritent d'être rappelés, la loi sur l'avortement, la Shoah notamment. C'est un ouvrage qui m'a beaucoup appris sur le personnage et ses opinions. Je l'admire moins qu'avant, mais je pense que toutes les femmes devraient lire cette autobiographie. C'est le reflet d'une époque.

Une belle carrière

8 étoiles

Critique de Yotoga (, Inscrite le 14 mai 2012, - ans) - 28 janvier 2013

Ce livre n'est pas une simple biographie.

Simone Veil est assez analytique sur certaines décisions prises et critique ouvertement quelques courants de pensées actuels dans les années 70.

Il est assez intéressant de faire un parallèle avec son analyse sur les prisons 10 ans après la guerre et le débat re-ouvert en 2010.

Un livre formidable

10 étoiles

Critique de Cachuro (, Inscrit le 4 mars 2011, 47 ans) - 4 mars 2011

A lire absolument

Une femme au destin vraiment exceptionnel

9 étoiles

Critique de Boitahel (Paris, Inscrite le 27 janvier 2010, 36 ans) - 14 avril 2010

Une femme qui s'est battue tout sa vie!!!! Enfance heureuse, déportation, puis études pour devenir magistrat...ensuite tout le travail effectué au sein du gouvernement notamment pour les femmes...

Même si certains passages étaient plus difficiles à lire que d'autres (car je ne ressituais pas forcement bien les personnalités politiques de l'époque), c'est une lecture très directe et simple, ce qui en fait un livre à la portée de tous

J'ai trouvé la description de sa vie dans les camps vraiment poignante!!! Bref, pour moi, cette femme a vraiment une vie hors du commun!!!!
A lire

Une autobiographie bouleversante

10 étoiles

Critique de Pierregarden (, Inscrit le 21 mars 2010, 48 ans) - 21 mars 2010

Il n'est pas surprenant de lire dans tous les journaux que Simone Veil est le personnage politique le plus populaire aux yeux des Français. Le récit de sa vie inspire le lecteur. Elle nous livre sa vision de la France et de ce que doit être le courage en politique. C'est une femme moderne au sens où elle parvient à s'affranchir du carcan des conventions sans pour autant renier ses origines et sa culture. J'ai été sensible à son humour (notamment lorsqu'elle parle d'Edouard Balladur).

Envie de lire mais pas convaincu

5 étoiles

Critique de Ald_bzh (Brest, Inscrite le 11 janvier 2005, 41 ans) - 15 mars 2010

J'avais très envie de me plonger dans la vie de cette femme, donc je prends le livre avec entrain. J'ai beaucoup aimé le début, très direct et simple d'écriture. Mais plus je progresse dans sa vie plus les références aux détails de l'histoire se font présents et moins je les connais (n'étant pas née). Or elle les cite comme étant connus de tous, ce qui m'éloigne de l'histoire et me fait arrêter le livre. Je perds la passion de cette histoire que je ne retrouve pas dans l'écriture.
J'ai mis 2,5 étoiles parce que j'ai vraiment aimé le début.

Un être humain

6 étoiles

Critique de Vieil (Nantes, Inscrit le 9 mars 2010, 88 ans) - 9 mars 2010

Mon engouement pour Simone Veil m’a conduit à acheter ce petit livre à la 4e de couverture alléchante : « Simone Veil accepte de se raconter à la première personne ». Je compatis à sa douleur de victime des camps de concentration, douleur que même le pouvoir du temps ne peut effacer. J’admire la force de caractère et l’immense volonté mise au service de la loi sur l’IVG qui fut un pas décisif pour les droits de la femme Avec quelle finesse aussi défend-elle l’Eglise et le Vatican d’alors mettant une distance avec les autorités religieuses actuelles

J’ai bien aimé la pointe d’humour sur Edouard Balladur « peu porté à distinguer une carotte d’une laitue » et celle, moins flatteuse mais souvent vérifiée d’un Jacques Chirac « grand adepte du serrement de mains et de la dégustation de produits du terroir ».

Mon admiration jusqu’alors inconditionnelle a laissé place au malaise. Je reconnais le droit à l’autobiographe de faire part de ses opinions politiques et de donner son avis sur les hommes de pouvoir. Je reconnais ce droit mais je suis déçu, cette ligne de faille entre chatons et hérissons me semble rudimentaire pour une femme de cette envergure. Veut-elle convaincre que François Bayrou, Jacques Chirac ne sont des esprits politiciens tandis que Helmut Schmidt, Anouar al-Sadate, Rachida Dati sont de dignes politiques. L’acharnement sur François Bayrou surtout me met mal l’aise : Simone Veil, cette grande dame serait-elle devenue une simple dame politique manquant de retenue devant des adversaires difficiles…

Déçu je l’ai été aussi par l’évocation trop superficielle d’idées nouvelles, pour moi : le statut des infirmières globalement satisfaisant ; la similitude entre le discours politique et syndical au sein de l’éducation nationale.

Surtout j’ai découvert un personnage plus populiste avec des relents racistes que social. « N’évoquer que ce qui ne va pas » est une critique journalistique qui pourrait avoir comme corollaire « ignorer ce qui ne va pas ». L’assimilation entre « populations immigrées sans travail » et « courbes de dépenses », la critique latente d’un « ami marocain qui a effectué toutes ses études de médecine en France » et qui ne serait pas assez reconnaissant, me laissent amer… Peut-être que je plaçais sur un piédestal un être tout simplement humain.

Une femme d’exception… et de contrastes

8 étoiles

Critique de Bernard2 (DAX, Inscrit le 13 mai 2004, 71 ans) - 14 avril 2009

Une femme hors du commun, et un livre à sa mesure. Avec beaucoup de sincérité, mais aussi d’humilité, Simone VEIL raconte son chemin. De Juive, bien sûr, avec la guerre et la déportation au camp d’Auschwitz, mais ensuite de femme engagée en politique, avec une carrière dans la magistrature à l’administration pénitentiaire, où, déjà, elle dénonce les conditions déplorables de la vie carcérale.
Puis vient la période où elle devient ministre. Elle explique son combat pour faire adopter la loi sur l’IVG. Et elle en profite au passage pour régler quelques comptes…
La suite de sa carrière la conduit au Parlement européen, dont elle prend la présidence. Elle dénonce la lourdeur de cette institution, ainsi que la frilosité de certains responsables, français notamment. Là aussi, beaucoup de noms, et des flèches empoisonnées.
Simone Veil sera à nouveau ministre (d’Etat), puis membre du Conseil constitutionnel (jusqu’en 2007).
Au-delà de la simple description des faits, on ne peut qu’être impressionné par le recul dont cette femme fait preuve, et sa lucidité par rapport à des attitudes difficilement acceptables vis-à-vis d’une catégorie d’humains ayant vécu les pires horreurs.
Des passages plus intimes, écrits sur le ton de la confidence, donnent une dimension profondément humaine au livre.
J’ai été marqué par ces pages, que je ne pourrai pas oublier.
Pourtant, un bémol, et de taille. J’avais, avant la lecture de ce livre, une profonde vénération pour Simone Veil. C’est moins vrai maintenant. Car malgré le recul qu’elle sait manifester face aux événements de la vie, elle est aussi très (trop) arrêtée sur certaines de ses positions, manquant là de recul. On comprend qu’elle ait fait l’objet d’attaques, et pas uniquement de la part de ses opposants politiques. Les jugements qu’elle porte sur plusieurs personnalités manquent de clairvoyance. Qu’elle critique Jean-Marie Le Pen, ou François Mitterrand (en particulier son comportement face au gouvernement de Vichy), c’est compréhensible. Mais d’autres jugements très péremptoires m’ont vraiment dérangé. Il est vrai qu’elle écrit (fin du chapitre 8) : « Je manque de la souplesse nécessaire et, de surcroît, je suis incapable de travestir mes convictions ». Mais ce qu’elle présente là comme une qualité est peut-être un travers…
Et j’ai véritablement bondi, dans les derniers chapitres surtout, en lisant certaines phrases totalement déconnectées de la réalité. Il semble hélas que les fastes et les ors de la République rendent aveugle par rapport à ce qui se passe chez les citoyens « moyens ». On est parfois dans la pure utopie, et j’ai été là profondément déçu. Je vous laisse réagir en toute indépendance, et donc ne reprendrai pas ici les points qui m’ont choqué.
Je souhaiterais aussi retenir particulièrement quelques phrases du livre.
« Au fond, ce sont toujours aux faibles que l’on fait la morale, tandis qu’on finit par blanchir les puissants ». Illustre entre autres ses propos au sujet de notre attitude servile, conquérante ou indifférente, vis à vis de la Chine, des pays islamistes, ou de l’Afrique.
Et lorsqu’on entend tel ou tel commentaire sur les atrocités de la seconde guerre mondiale, on pourra relire ces lignes, véritable leçon de sagesse :
« Les polémiques sur le sujet ne servent à mes yeux qu’à nourrir les faux débats dont tant de personnes se montrent friandes quand les événements sont passés et que la discussion est sans frais et sans risques ».
Lisez ce livre. Il ne vous laissera pas insensible.

une vie racontée

10 étoiles

Critique de Tyty2410 (paris, Inscrite le 1 août 2005, 33 ans) - 22 janvier 2009

Dans ce livre , on voit une femme se mettre à nu . Simplement , raconter son enfance heureuse , avec ses parents et ses frères et soeurs , puis La déportation où elle a perdu sa mère et sa soeur . On voit la souffrance qu'elle a pu endurer mais également sa grande force de caractère . On peut sentir sa reconnaissance face à cet officier SS qui l'a sauvée (en quelque sorte )
On voit une femme qui se bat dans les différents postes qu'elle a occupés avec ses convictions . On voit la multiplicité des tâches qu'on lui a confiées au cours de sa vie .
Ce livre est très intéressant pour connaître Simone Veil , pour avoir une autre lecture de la société française ( la réaction face à la loi IVG notamment ), le témoignage historique des camps de la mort qui est poignant , puis les annexes qui sont passionnantes

Autobiographie d'une vie bien remplie

10 étoiles

Critique de VLEROY (, Inscrit le 9 janvier 2006, 41 ans) - 25 décembre 2008

Née en 1927 dans une famille juive laïque, Simone Jacob passe une enfance heureuse à Nice jusqu'à la deuxième guerre mondiale. Après la chute de Mussolini en 1943, les Italiens quittent la région et sont remplacés par les Allemands qui commencent la chasse aux juifs. Muni de fausses cartes d'identité, Simone, ses parents, son frère et ses deux soeurs quittent leur appartement et se dispersent chez des connaissances ("Nous nous imaginions à l'abri", écrit-elle à la page 45). Lors d'un contrôle d'identité dans les rues de Nice, Simone se fait arrêter, suivie par le reste de sa famille. Ils sont emmenés au camp de Drancy. Son père et son frère Jean (18 ans) sont ensuite envoyés et assassinés en Lituanie. Ayant rejoint la résistance, sa soeur Denise est déportée à Ravensbrück, mais réussit à cacher qu'elle était juive, ce qui lui sauva probablement la vie.

Le chapitre 3 intitulé "L'enfer" évoque le départ en avril 1944 de Simone, sa soeur Milou et leur mère pour Auschwitz-Birkenau en Pologne. Elle raconte le quotidien et la barbarie de ce camp de concentration et d'extermination. Elle rend un bel hommage à sa maman, décédée en mars 1945 du typhus à Bergen-Belsen. Un mois plus tard, c'est la libération tant attendue par les Alliés. Ce chapitre est très poignant et les mots me manquent pour en parler.

De retour à Paris, Simone et sa soeur Milou sont hébergées chez un oncle et chez une tante. Elle a du mal à retrouver sa place dans la société, mais entame des études de Sciences Po et rencontre à Grenoble son futur mari : Antoine Veil. Ils se marient en 1946 et auront trois enfants : Jean, Nicolas et Pierre-François. Mais ce nouveau bonheur est à nouveau endeuillé en 1951 par le décès de sa soeur Milou et de son jeune neveu Luc dans un accident de voiture. Simone débute en 1954 sa carrière de magistrat. Après mai 68, elle fait la rencontre du président Pompidou et de son épouse Claude, à qui elle rend un bel hommage dans le livre. A cette époque, Simone devient la première femme à siéger au conseil d'administration de l'ORTF et se rend, pour la première fois, en Israël.

En 1974, Simone Veil sort de l'anonymat : le premier ministre Jacques Chirac lui propose le poste de ministre de la Santé qu'elle occupera jusqu'en 1979. Elle confie : "Ma tâche me paraissait d'autant plus lourde que la profession médicale, dans l'ensemble, m'acceptait avec réticence. Il ne sert à rien de travestir les faits : face à un milieu au conservatisme très marqué, je présentais le triple défaut d'être une femme, d'être favorable à la légalisation de l'avortement, et enfin d'être juive". Elle est élue sur la liste UDF aux élections européennes de 1979 et le président français Valéry Giscard d'Estaing propose sa nomination à la présidence du parlement européen, afin de symboliser l'amitié franco-allemande. Elle dénonce l'éparpillement des institutions européennes entre Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg : "Ce système existe depuis maintenant trente ans, coûte des fortunes et ne soulève à peu près aucun tollé, et même aucune question".

Après plus de dix ans au Parlement Européen, Simone redevient ministre de la Santé et des Affaires Sociales dans le gouvernement Balladur de 1993 à 1995. Elle y côtoie Nicolas Sarkozy, jeune ministre, dont elle vante l'intelligence. Tous deux soutiennent la candidature d'Edouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995. Simone préside ensuite le Haut Conseil à l'Intégration, puis devient membre du Conseil Constitutionnel de 1998 à 2007. Elle revient dans le débat politique pour soutenir le oui au référendum de 2005 sur la constitution européenne et la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007.

Ses origines juives sont rappelées dans le dernier chapitre intitulé "La lumière des Justes". Elle félicite le président Jacques Chirac pour sa reconnaissance officielle de la complicité de l'Etat français dans la déportation des juifs durant la guerre, et explique le travail de la Fondation pour la mémoire de la Shoah qu'elle a présidé jusqu'en 2007 : "Il faut savoir quitter sans regret ni nostalgie les fonctions auxquelles on a consacré une partie de son temps et de sa vie". Enfin, on peut lire dans les annexes plusieurs discours prononcés par Simone Veil durant sa carrière.

Au-delà de la vie de Simone, ce livre bien écrit et agréable à lire permet de revivre des événements des soixante dernières années : la deuxième guerre mondiale, les présidents et premiers ministres de la Vème république, mai 68, la construction européenne, la lutte contre le sida, etc.

Utile et passionnant

10 étoiles

Critique de Agnes (Marbaix-la-Tour, Inscrite le 19 février 2002, 55 ans) - 4 juin 2008

J'espère que Veneziano ne m'en voudra pas de le plagier ;-)

Cette femme m'a toujours fascinée par sa présence, son charisme, son parcours mais je ne la connaissais pas en profondeur, voilà qui est fait.

Pour l'étrangère que je suis, j'ai lu avec grand intérêt ses commentaires concernant la politique française de ces dernières 50 années, ainsi que la politique de l'Europe d'ailleurs, avec quelques surprises mais toujours beaucoup d'objectivité et d'honnêteté. Ce n'est pas un livre pour nous dire qu'elle est la meilleure, c'est sa vie racontée simplement, et la lire est passionnant

Une grande dame de plus de 80 ans, qui même si elle s'est mise un peu en retrait depuis un an, me semble rester très active et toujours prête à s'investir pour des causes qui lui paraissent justes, correctes

Bref, un grand moment de lecture que je recommande

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