Mensonges sur le divan de Irvin D. Yalom

Mensonges sur le divan de Irvin D. Yalom
( Lying on the couch)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Cuné, le 13 novembre 2007 (Inscrite le 16 février 2004, 50 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (766ème position).
Visites : 9 130 

Psychiatre et oncologue : les deux professions avec le plus haut taux de suicides.

C'est un roman méchant, indéniablement. Irvin D. Yalom parle d'un milieu qu'il connait sur le bout des doigts, celui de la psychanalyse, et ses personnages de praticiens en prennent pour leur grade. Ernest Lash, en ce sens, s'en sort plutôt bien, même s'il est quelque peu malmené.
Son parcours est assez remarquable, jugez plutôt :

"Après avoir travaillé des années comme chercheur en psychogénétique, Ernest avait été déçu par la recherche comme par les politiques académiques en ce domaine. Il avait donc décidé de se mettre à son compte. Pendant deux ans, il avait exercé comme psychopharmacologue pur et dur, voyant ses patients vingt minutes et leur prescrivant systématiquement des médicaments. Peu à peu - et sa rencontre avec Seymour Trotter y fut pour quelque chose -, Ernest comprit les limites, voire la vulgarité, d'un traitement purement médicamenteux de ces problèmes et, quitte à sacrifier quarante pour cent de ses revenus, passa graduellement à une activité de psychothérapeute."

Et c'est là où nous rencontrons le docteur Marshal Streider, son superviseur, savoureux grand ponte qui se révèlera plutôt détonnant, et d'une naïveté confondante.
Il représente l'Establishment, il organise l'excommunication et le bannissement d'un des membres fondateurs de l'Institut, un analyste superviseur confirmé. Logiquement crédité, à ce titre, d'une respectabilité évidente... A hurler de rire lorsqu'on pénètre plus avant dans le panier de crabe, et qu'on remue un peu les fonds tout à fait marécageux de ces beaux esprits supposés aider leurs prochains : l'organe dont ils se servent le plus est situé bien plus bas que leur cerveau.

Donc, Ernest est marri parce qu'un de ses patients, Justin, s'émancipe. Il vient de quitter sa femme, Carol, poussé par sa nouvelle maîtresse, alors qu'Ernest l'y exhorte (en vain) depuis des années de thérapie. Il n'aime pas beaucoup les sentiments que cela lui inspire, et décide donc de modifier ses méthodes de travail. Sa nouvelle authenticité tombe sur Carol (l'épouse que Justin vient de quitter), brillante avocate et mégère tyrannique, en mission secrète de démontage de psy dans les grandes largeurs. Il faut dire qu'elle a un passif lourd avec cette profession...

C'est du nectar, quelle que soit votre position face à la psychanalyse vous trouverez dans ce roman à un moment ou à un autre la consolidation de tout ce que vous pensez, puis exactement son contraire. L'angle est humoristique, et on s'amuse beaucoup, tout autant qu'on est pris par l'intrigue policière, mais cela n'empêche pas du tout le sérieux, comme dans tout bon roman.

C'est brillant !

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apprentis sorciers

9 étoiles

Critique de Capucine33 (, Inscrit le 10 août 2014, 29 ans) - 22 avril 2016

Si vous êtes une femme et que vous cherchez un psy, ce roman n'est pas fait pour vous. Sous des titres ronflants, des honoraires mirifiques, des supervisions à n'en plus finir pour se coopter lorsque suffisamment formatés et reconnaissables par l'institution, les psychanalystes (hommes ici) n'en restent pas moins des humains avec toutes leurs tares.
Pour l'histoire, d'autres l'ont résumée, je ne le ferai pas.
C'est drôle, habile, rien n'est écrit au hasard.
A lire.

Les psys et les autres.

10 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 4 octobre 2015

Les psys et les autres.

Le livre commence par l'histoire du Docteur Trotter, psychanalyste, la septantaine bien entamée, accusé par ses confrères d'avoir entretenu des relations sexuelles avec une patiente, ce qui équivaut pratiquement à un viol, passible de la radiation et de l'infamie.
C'est une entrée en matière parfaite : dès la première page le lecteur sent que ça va être dur de décrocher et que les nuits blanches s'annoncent.
Rien n'est écrit par hasard, (Yalom sait y faire) et cette partie expliquera pourquoi le docteur Ernest Lash abandonnera la psychiatrie "chimique" afin de se consacrer à la thérapie psychanalytique.
Des histoires se croisent donc alors dans tous les sens entre des patients tour à tour attachants, menteurs, voleurs (et j'en passe).
Mais le fil conducteur sera quand même Carol Leftman, une jolie avocate qui s'est juré de nuire au docteur Lash par tous les moyens... y compris une thérapie truquée où elle tentera de le piéger.
Le monde des disciples de Sigmund est particulièrement égratigné de façon savoureuse et sarcastique.

C'est un roman époustouflant édité par les éditions Galaade en 2006 que le public francophone aura attendu 10 ans pour recevoir le sésame de la traduction. Mais quel beau cadeau ! quel suspense jusqu'à la dernière page.

A méditer : "Le jeu d'échecs c'est comme la vie : quand la partie est terminée, toutes les pièces, les pions, les rois et les reines, retournent dans la boîte".

Densité et saveur d'une littérature très américaine

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 52 ans) - 12 février 2014

Comme un flic qui se met au polar, Irvin Yalom est un psy qui raconte une histoire sur sa spécialité professionnelle.

Utilisant la forme chorale, « Mensonge sur le divan » aborde un sujet qui est sans doute plus parlant pour les ricains que pour les européens.

Accessoirement, sont également évoqués des thèmes qui me sont chers, comme la rivalité professionnelle, le rapport à l’argent, l’égocentrisme et le dilemme entre le respect des règles et le sens du pragmatisme.

Même si ce roman dense se veut essentiellement divertissant car teinté de nombreux épisodes mouillés d’un humour situationnel, il touchera un lecteur curieux et amateur de littérature américaine et du politiquement correct. C’est peut-être aussi cet univers sociologique typiquement d’outre-Atlantique qui pourrait agacer certains lecteurs.

Un bémol tout de même, ce roman est sans doute un peu trop long et j'y ai décelé un creux au début de la seconde moitié du récit.

Heureusement, l’histoire rebondit dès le vingtième chapitre et l’intérêt du lecteur est alors totalement relancé.

Très savoureux voyages en psychothérapie …

9 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 82 ans) - 26 janvier 2012

Un immense bonheur que cette série de rencontres présentées alternativement par les 2 héros thérapeutes de ce roman que sont Ernest Lash et Marshal Streider, un ouvrage dont certains passages, de manière inattendue, m’ont fait bruyamment rire .

Si le lecteur a pu se familiariser avec diverses techniques de la psychothérapie, telles que l’interprétation des rêves, les transferts, les contre transferts, les associations libres, il s’est vu confronté avec certains des problèmes récurrents traités par les psys, que sont l’avant et l’après des ruptures amoureuses ou la question de savoir si le consultant doit ou non personnellement s’impliquer dans sa relation avec ses patients en risquant notamment les dérapages sexuels, qui pourraient s’ensuivre.

Au hasard de ces confidences, le lecteur découvre qu’à la fois patient et consultant ont besoin d’un interlocuteur faisant fonction de public, cela pouvant également expliquer la prolongation de certaines thérapies !

L’ouvrage est truffé de rebondissements, de retournements de situations et d’événements cocasses tels par exemple Carol, l’épouse abandonnée par son homme suite à une thérapie qu’il a suivie et qui décide de se présenter sous un faux nom chez le même consultant, Ernest, pour à son tour suivre une thérapie. Ou encore, le joueur de poker invétéré qui perd à tous les coups et qui consulte Marshal afin de corriger son comportement, moins pour cesser de jouer que … pour gagner !

Un petit bijou de finesse et d’humour.

Drôle!

9 étoiles

Critique de Maxrun (, Inscrit le 23 avril 2009, 38 ans) - 20 janvier 2010

Irvin D.Yalom a un talent fou pour nous raconter une histoire drôle et haletante sur la psychanalyse. Les personnages sont fascinants et nous rappellent tous les problèmes de l'homme moderne occidental : le divorce, le rapport à l'argent, l'adultère, la conscience professionnelle, etc...
Très bien écrit, enrichissant et surtout très drôle! A lire absolument!

divan épatant!

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 27 juin 2009

Carol veut se venger du Dr Lash, qu'elle accuse d'avoir poussé son mari à la quitter au terme de ses cinq années de psychanalyse. Tel est le point de départ d'un époustouflant chassé-croisé mettant en scène psys et patients. Vérité et mensonge, argent et amour, pièges et séduction, tous les ingrédients sont réunis pour un délicieux pudding psychanalytique. Ecrit avec humour et beaucoup de sincérité (ah, les rapports des psys à l'argent!!!), mais haletant comme un véritable thriller, ce roman psychologique se lit du début à la fin avec une réel plaisir. Bravo également pour la traduction

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