La cité heureuse de Benoît Duteurtre

La cité heureuse de Benoît Duteurtre

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Ddh, le 4 octobre 2007 (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 79 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 545ème position).
Visites : 3 546  (depuis Novembre 2007)

Une "politique fiction" qui fait réfléchir.

Qui ne rêve d’une cité heureuse ? Benoît Duteurtre la crée mais avec son ironie récurrente, on comprend bien que cette cité qui se veut heureuse selon les promoteurs immobiliers l’est beaucoup moins de l’avis des usagers !
Benoît Duteurtre entraîne le lecteur dans une « politique fiction ». Après une dictature, la démocratie est rétablie, mais cette démocratie ne fait pas le poids face au pouvoir économique tout puissant et elle se laisse corrompre. Une « cité heureuse » est créée, un « town park » où les habitants vivent et évoluent au gré de la volonté de l’organisation, du moyen âge au bon vieux temps de fin XIXème siècle ! Le héros de la cité heureuse est chargé d’écrire des scénarios pour la télévision. Il nous les livre et nous dépeint comment tout ce petit monde se déglingue. En final, l’écrivain se retrouve face à l’immensité de la mer et, petit clin d’œil à Balzac, il hallucine avec ses héros qu’il a créés et dialogue avec eux.
L’auteur joue à cache-cache avec le lecteur. Tantôt, il est le héros de l’histoire, tantôt ce sont ses personnages qui passent à l’avant-plan.
L’humour qui se dégage de ce livre apporte que du bonheur au lecteur. Il y a des moments de délire qui font ressortir l’absurdité de certaines situations où les bons sentiments provoquent des antagonismes indémêlables

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Un étrange mélange des genres

6 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 4 avril 2008

Habitué des fictions sur la modernité, Benoît Duteurtre livre ici un roman d’anticipation . Cette heureuse Town Park est déjà sous bien des aspects aux portes de notre société : les centres-villes musées présents dans certaines villes touristiques, les employés qu’on remplace par une main d’œuvre étrangère sous-payée, les téléfilms consensuels…….Il n’est toutefois jamais inutile de souligner les dérives possibles des nouveaux modes de vie .
Mais Benoît Duteurtre n’affaiblit-il pas son propos par l’introduction en 2de partie de passages où les personnages des scénarios crées par le héros viennent demander des comptes à leur créateur ? Ce procédé intéressant : la rencontre de l’auteur et de ses personnages(dont Pierre Péju fait le thème de son dernier roman : Cœur de pierre ) me semble difficilement compatible avec le genre principal de l’œuvre : la fable . Ce mélange a un peu gâché ma lecture

littérature d'anticipation

8 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 62 ans) - 22 mars 2008

Une puissante société multinationale, La Compagnie, a racheté le centre historique d’une capitale européenne avec tous ses monuments, ses rues anciennes, ses jardins et ses immeubles et l’a rebaptisé « Town Park ». Les touristes accourent du monde entier pour avoir l’impression de se retrouver plongés dans un passé proche ou lointain selon les secteurs visités. En échange d’avantages sur leur loyer ou sur leur assurance maladie, les habitants doivent participer aux animations en se promenant dans les rues vêtus de costumes d’époque, canotiers, crinolines, braies ou capes… Au début, ils n’y voient que des avantages : un revenu facile, une ville propre, agréable, sans pollution, sans voitures et surtout sans insécurité. Mais très vite, tout va commencer à se déliter…
Benoît Duteurtre dont j’avais déjà beaucoup apprécié « Le voyage en France » et « Service clientèle », nous propose une fable ultra moderne dans laquelle la littérature se teinte d’une bonne dose d’anticipation et à son habitude manie l’humour et la dérision (politiquement incorrecte) avec élégance et légèreté. Bref, facile à lire car bien écrit, ce livre garde un ton décalé et humoristique et nous amène à réfléchir sur le bonheur, le capitalisme, la réification de la personne humaine sans s’appesantir sur tout ce que la déconfiture de la belle organisation peut donner d’horrible et d’inhumain. Cela aurait demandé un plus grand souffle épique et le double de pages au minimum mais nous aurait fait perdre ce chic et cette élégance très français…
« In cauda venenum » (une petite pique pour finir) : faire apparaître les personnages imaginés par le héros pour les besoins d’un scénario et leur donner le dernier mot a un côté assez artificiel… mais que l’on peut trouver sympathique… ou inquiétant…

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