Le Loup des steppes de Hermann Hesse

Le Loup des steppes de Hermann Hesse
( Der Steppenwolf)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Craillous, le 2 septembre 2001 (Vatimont, Inscrit le 16 juillet 2001, 50 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 22 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (739ème position).
Visites : 8 470  (depuis Novembre 2007)

Fantastique miroir...

Un livre enivrant qui reflète tel un miroir un moment de la vie de chacun. D'une écriture simple mais d'une imagination totalement débridée (le passage dans le théâtre...), la vision d'un homme dont le cynisme le conduit dans une solitude déchéante.
L'opposition des deux protagonistes (l'homme et la femme) présente deux modes de vie extrêmes: que l'on se place dans un camp ou dans l'autre on retrouve des bribes de sa propre vie (que l'on ait 20 ou 80 ans).
L'ambiance de ce livre dégage des perversions et des excès sous-jacents propres à chaque situation.
D'un côté ou de l'autre des points de vue de l'auteur, la morale n'est pas sauve: SAVOUREUX...

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à la queue leu leu

6 étoiles

Critique de Ravenbac (Reims, Inscrit le 12 novembre 2010, 52 ans) - 22 octobre 2017

Un livre beau et prenant, avec des longueurs : par exemple les 40 pages du Traité. Mais des pages magnifiques, notamment celles de l'enseigne lumineuse. La fin est très réussie.

Lupus homini lupus

4 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 52 ans) - 3 octobre 2014

Suite à la critique de Bookivore, je me suis accroché…. un peu, mais pour éviter la migraine qui me menaçait, j’ai vraiment dû lâcher prise .

Les élucubrations sur la souffrance, la médiocrité, le suicide et j’en passe, certes dans un style recherché n’ont eu sur moi aucun pouvoir distrayant ou prenant.

En résumé, un classique qui aurait marqué l’histoire de la littérature, mais qui n’a pas le pouvoir de procurer une quelconque sensation de plaisir au modeste lecteur que je suis.

Ein grösse klassique, mais...

8 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 35 ans) - 3 mai 2014

Oui, "Le Loup Des Steppes", roman paru en 1927, interdit sous ces c*ns de nazis, et devenu totalement culte dans les années 60/70, notamment au sein de la communauté hippie (et un groupe de rock américain lui doit son nom : Steppenwolf, titre original allemand, sans le 'Der', du roman), oui, ce roman de Hesse est un classique. Au même titre que son "Demian", notamment.
Mais bien que j'ai trouvé le roman vraiment excellent (d'où ma note de 4/5), je me suis un peu e**erdaillé au début, sauf dans les 40 pages du livre dans le livre, le fameux "Traité...". Arrivé à la moitié du roman, soit la page 155 sur 310, ça m'est devenu plus facile à lire, plus appréciable, mais la première partie, le "Traité..." excepté, m'a gonflé un peu beaucoup.
Sinon, ça aurait été la note maximale direct, comme ça, sèchement, sans prévenir.

Non, sinon, c'est vraiment un excellent roman, bien étrange, à lire.

Un livre où j'ai soudain vu mon image apparaître...

10 étoiles

Critique de Nastasia Buergo (, Inscrite le 20 octobre 2013, 43 ans) - 20 octobre 2013

Le Loup des steppes m'apparaît comme la tentative honnête d'un écrivain à décrypter le sens de son existence et à nous relater certaines de ses expériences, de ses réflexions ou de ses états mentaux face à cette thématique.
En ce sens, ce livre n'est pas un roman ordinaire. Je le rangerais volontiers auprès d'un ouvrage comme sur la route de Jack Kerouac, dans la catégorie des livres qui s'intéressent à la quête de sens et d'expériences extrêmes, dans celle qui sont non pas des histoires mais des états d'esprit.
De même qu'avec Kerouac, il faut être en résonance avec l'auteur pour que l'alchimie de lecture fonctionne, sans quoi c'est une déception cruelle pour le lecteur. Ce n'est pas un livre qu'on peut, à mon sens, apprécier si l'on n'y vibre pas, s'il ne nous sort pas nos propres tripes sur la table. On ne peut pas l'aimer « un peu ». Soit on déteste, soit, et c'est mon cas, ce livre représente un rare moment de bonheur littéraire, édifiant comme rarement livre ou expérience peut l'être.
Le roman comporte plusieurs moments avec des identités bien différenciées mais non clairement délimitées spatialement par une fin de chapitre ou une indication de partie. J'aurais tendance à dire quatre moments, mais c'est discutable car ambigu. Je ne vous mentirai pas en vous affirmant qu'ils m'ont tous autant enchantés les uns que les autres. J'ai moins vibré lors des moments 1 et 4, qui correspondent évidemment au début et à la fin du roman. Par contre, les deux autres moments m'ont tellement plu, tellement subjuguée, ont été tellement forts et parlants à ma sensibilité qu'ils suffisent à eux seuls à expliquer tout mon enthousiasme à évoquer cette œuvre si particulière.
Harry Haller (tiens, deux H pour initiales, comme un certain Hermann Hesse) approche de la cinquantaine. C'est un homme d'une culture, d'une intelligence et d'une sensibilité hors du commun, tellement hors du commun qu'il ne se sent à sa place nulle part auprès de ses contemporains plus « ordinaires ». Il se sent une double personnalité : d'une part l'homme, brillant, attiré vers les sujets élevés, culturels, mystiques, philosophiques ; d'autre par le loup, misanthrope, sauvage, agressif, écorché vif, fuyant.
Harry Haller vogue à l'aveuglette, de dégoût en déception sur l'humanité qu'il ne comprend pas, qui ne le comprend pas, vers un naufrage certain. Les piètres consolations que lui procurent l'alcool aident toutefois à lui rendre la vie encore supportable… mais pour combien de temps !
Un soir d'errance et de mal-être, Harry voit surgir un homme muni d'une pancarte où l'on peut clairement lire « Soirée anarchiste ! Théâtre magique ! Tout le monde n'est pas autorisé à entrer ». L'homme possède aussi de petites brochures intitulées « Traité sur Le Loup des steppes. Tout le monde n'est pas autorisé à lire. » Puis l'homme disparaît en laissant simplement une brochure à Harry.
Évidemment, Harry va retrouver dans cette brochure son portrait complet, mais avec des allusions et des dérisions qui vont l'amener à s'interroger sur lui-même, à se sonder intimement et à se remettre en question.
Cependant, pas bien avancé par ces découvertes, ces mises en lumière ou ces mises en mots de ce qu'il avait toujours plus ou moins su inconsciemment, Harry aurait été prêt de sombrer à nouveau et même de mettre fin à ses jours s'il n'était tombé sur la ravissante petite Hermine (tiens, un féminin d'Hermann !)…
Saura-t-elle lui montrer ce que c'est vraiment que la vie ? Autre chose ? Que saura-t-elle, elle, que lui ne savait pas ? Quelles personnes pourrait-elle bien lui faire rencontrer ? Dans quel but ? le tout est de savoir si vous êtes, vous aussi, prêt à faire l'expérience, à vivre ou revivre mille vies en une, à vos risques et périls…
On comprend tout à fait à la lecture de ce livre qu'il ait constitué une référence, tout comme le susnommé sur la route, pour la génération hippie des années 1960-70, elle aussi en quête de sens et prête à toute les tentatives, toutes les substances, licites ou illicites, toutes les aspirations, mystiques ou sensitives, comme notre vieux loup des steppes.
En tout cas, un très grand coup de cœur pour moi, un livre qui m'a marquée et qui continuera longtemps de la faire, je pense, mais ce n'est là que mon avis, mon tout petit avis chétif, c'est-à-dire, bien peu de chose.

Bienvenue au théâtre magique – seulement pour les fous !

10 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 18 février 2012

Alors que je ne connaissais rien de Hermann Hesse, je suis tombé par hasard sur ce bouquin dans un grenier. Je ne le connaissais que par son titre et sans me poser de questions, je l’ai arraché à la poussière et aux toiles d’araignées. Ce récit quasi autobiographique est vraiment envoûtant. A la fois poétique et philosophique, il se lit comme une quête initiatique, s’accompagnant d’une réflexion passionnante sur certains aspects de la culture occidentale et sa façon d’envisager le monde et l’être humain. Hesse, influencé par le bouddhisme et la culture asiatique, remet en cause le moi occidental qui interdit la multiplicité de notre être en cultivant l’égocentrisme de chacun, se révélant par là même oppressant, source de névroses et de conflits.

Une des particularités de ce livre est d’être assez court (200 pages) mais très dense et très puissant quand à son contenu. C’est quand je lis ce genre d’ouvrage que je sais pourquoi je ne pourrais vivre sans littérature. Je conseille fortement ce chef d’œuvre qui va ainsi directement dans mon top 10. Lors de cette lecture, on se sent littéralement changé à l’intérieur, avec une façon différente d’appréhender la vie, plus zen, plus détaché, plus riche intérieurement. Un livre que je relirai volontiers. D’ailleurs j’en profite au passage pour féliciter mon moi intuitif ! ;-)

De l'autre côté du miroir

9 étoiles

Critique de Perlimplim (Paris, Inscrit le 20 mars 2011, 41 ans) - 6 mai 2011

Le début du livre est certes didactique et un peu "poussif". Les réflexions du personnages sont intéressantes, mais génèrent une certaine forme d'ennui à la lecture. Et pourtant, on ne parvient pas à imaginer comment Hesse aurait pu commencer autrement, tant les informations qui y sont délivrées sont importantes pour la compréhension de la suite. Et si le début est écrit comme un adagio, le reste du roman va crescendo en s'accélérant. Et sans ce contraste rythmique, clairement voulu par l'auteur, la fin n'aurait pas pu donner une telle impression de folie et de vitesse. Car ce livre est extrêmement brillant, imaginatif. Et l'épisode final du théâtre magique contient en suffisamment de matière (la séance de tir, l'échiquier) pour justifier le livre dans son ensemble. Et rétrospectivement, c'est grâce à une fin pareille que le livre gagne toute sa force et laisse le lecteur pantois. Un grand livre d'un auteur que j'affectionne énormément.

Nos multiples nous

7 étoiles

Critique de Bluewitch (Quelque part sous les étoiles, entre Bruxelles et Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 38 ans) - 6 mars 2011

Si je devais faire une critique majeure à ce roman, ce serait bien concernant sa structure. Il y a une inégalité non négligeable de l'importance donnée à certains stades de l'évolution du personnage (long démarrage, fin plus intéressante mais moins approfondie que l'entame du livre) qui ne rend pas de l'œuvre une juste image de sa pertinence...

Pourtant, "Le loup des steppes" peut être un roman critiquable mais il est effectivement interpellant. Je crois qu'il fait partie de ces livres où la sensibilité du lecteur a une importance majeure dans sa perception, de même que le moment où on le lit.

Pour ma part, si j'ai trouvé le début particulièrement long et redondant, je suis bien contente d'avoir fait le chemin jusqu'à la rencontre avec Hermine et, plus encore, le voyage dans le théâtre magique de Pablo (monde onirique qui m'a curieusement un peu fait penser au "Maître et Marguerite" de Boulgakov). Harry Haller est un dépressif complaisant qui n'inspire pas la sympathie mais dont la culture et le regard sur le monde captent l'attention, d'autant plus lorsqu'on se remet en mémoire la création de ce personnage : 1927. Il y a l'écho de notre société actuelle dans ses réflexions avant-gardistes.

Pour moi, le "Loup des Steppes" est un récit qui nous renvoie vers cette certitude - erronée - qu'on a souvent de savoir qui l'on est, avec nos contrastes et nos contraires, et nous pousse à aller plus avant dans la connaissance de nous-mêmes.
C'est aussi une incitation à revenir à une conscience moins "mentale" moins cérébralisée de notre existence, plus incarnée, en fin de compte.

La thématique du suicide, dans toute sa flamboyance romantico-dramatique, montre aussi ici ses limites. Car pour savoir mourir, il faut aussi savoir vivre.

Je reste encore pleine de questions sur l'apport de certains passages (comme celui de l'élan destructeur de Harry dans la "guerre des machines") au récit mais c'est un roman rempli de pensées intéressantes, qui continuera à faire son chemin en moi. Et me poussera peut-être à relire quelques extraits de temps en temps...

On verra.

Vivre sans Mozart ?

8 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 1 janvier 2011

J'avoue avoir été dérouté par ce livre.
Comment interpréter les multiples messages délivrés par l'auteur ?
Une vision terriblement pessimiste du sens de la vie.
Une plongée dans " le terrier du lapin d'Alice " ( cf. le Théâtre magique ) à la rencontre de son double féminin - Hermine -
Seule l'éternité offerte par Mozart peut donner du sens.

" Les hommes ont été créés pour vivre , pas pour penser. Celui qui réfléchit quitte alors la terre ferme pour rejoindre l'eau et se noiera un jour ."

" L'optimisme irréprochable du bourgeois , cette volonté de faire prospérer le médiocre, le normal, le passable."

" Le suicide comme issue de secours "

" L'immense vanité , le caractère aventureux et douloureusement désespéré de l'existence humaine "

" Il n'est pas bon que l'humanité fasse un usage excessif de son intellect , qu'elle tente grâce à la raison de mettre de l'ordre dans des domaines qui ne sont pas du tout accessibles à celle ci . Cela donne naissance à des idéaux . "

Voilà quelques phrases extraites de l'oeuvre et - me semble-t-il - en donnent la couleur .

Il m'est difficile d'apporter une critique définitive mais je pense que chacun d'entre nous peut en retirer quelque chose d'essentiel.

Le Loup réveille la meute

9 étoiles

Critique de Tommyvercetti (Clermont-Ferrand, Inscrit le 18 décembre 2006, 29 ans) - 7 novembre 2009

Au premier abord, le début du bouquin m'a paru juste intéressant. La préface dans laquelle est introduit Harry le présente comme une personne qui promet d'être intéressante à découvrir, et qui devrait renvoyer chez certain des échos d'eux-mêmes, comme un miroir, oui. En fait, personnellement, et comme d'autres livres semblables, quand Harry commence à raconter sa rencontre avec Hermine, cet écho fut tel que j'ai vu en ce récit des réponses à mes questions, et surtout un sentiment de soulagement, de quiétude, d'apaisement de ma solitude, car ce que je voyais dans ces lignes était l'histoire d'une identité particulière, incarnée par Harry Haller dans ce livre, qui suivait le destin inhérent à cette identité ; et à nouveau, je me sentais vivre à travers ce livre, comme lisant mes pensées, me sentant proche de l'auteur, car lui aussi connaissait cette identité, et son destin. C'est le récit d'une identité qui existe indépendamment de toute fiction, dans l'imaginaire. Et nous sommes, dans la vie, tous une incarnation d'une identité que nous avons choisie et que nous poussons vers un destin. Nous savons comment ça doit se terminer, comme Harry et Hermine savaient. La question du juste milieu est présente dans la balance entre ces moments où Harry bascule entre deux bonheurs contradictoires ; ce qui fait ressurgir la préoccupation de la vie : le besoin toujours de trouver un équilibre, sans parvenir à l'atteindre, en retombant inexorablement de l'autre côté. Sisyphe doit bien savoir de quoi je parle.
Mais beaucoup d'autres choses sont à comprendre encore, et je devrais le relire, car la quête de chaque homme vers l'immortalité, l'Eternité, est un point crucial. Tout comme la scène du théâtre qui confronte Harry à lui même.
Bref je m'embrouille. Un livre a lire donc. Pas divertissant, mais très intéressant.

Réservé aux insensés

8 étoiles

Critique de Baader bonnot (Montpellier, Inscrit le 11 janvier 2008, 33 ans) - 30 avril 2009

Ce livre est à rapprocher du splendide « A rebours » d’Huysmans. Le désir de solitude, la volonté de se construire son propre univers mais surtout l’amour de la finesse et du Beau, autant de thèmes qui reviennent de manière récurrente tout au long de ce roman. Herman Hesse dresse le portrait d’un homme exemplaire selon lui. La dimension fantastique lui permet de se livrer à des expériences parfois douteuses mais souvent enrichissantes. Qu’est-ce que l’Homme ? Comment se connaître soi-même et appréhender les réactions d’autrui ? L’auteur insiste sur la complexité de l’âme humaine, démontre que celle-ci est constituée d’une multitude de fragments d’âme, qu’il n’y a pas un moi mais des milliers de moi. Désireux de rejoindre les « Immortels » parmi lesquels se trouve Mozart, il se tourne vers une culture intemporelle, qui transcende les époques sans y appartenir, qui élève l’âme et transporte le corps.

« Le Loups des Steppes » c’est aussi un auteur perdu entre deux époques, qui se trouve dans une période de transition qui mènera au Mal avec l’arrivée des Nazis. De nombreux passages témoignent d’une crainte envers l’avenir mais aussi envers l’Existence humaine, principal objet de son dégoût du rationnel. Le personnage dépeint par Hesse est-il élitiste ? Il est difficile de l’affirmer car c’est sa propre personne qui lui inspire du dégoût, sans pour autant que ça rejaillisse sur les autres si ce n’est sur l’Homme.

excellence formelle vs. exaltation

7 étoiles

Critique de B1p (, Inscrit le 4 janvier 2004, 44 ans) - 4 février 2009

Peut-être le roman de Hermann Hesse le plus connu et pourtant pas le meilleur. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit mauvais : on serait très loin du compte !
Personnellement, j'exprimerais ma réserve en disant que ce roman est trop parfait ! "Le Loup des Steppes" est en effet assez exceptionnel formellement : un exemple de concision, d'efficacité. Une explication psychologique/philosophique exprimée de manière concise, accessible et qui touche toujours au but des décennies après l'écriture. Le texte donne très souvent l'impression que tous les mots sont à leur place et que les actions ou les pensées n'auraient pu être exprimées de meilleure manière.
Pour moi, un texte qui pourrait être donné en exemple dans les écoles (pour la forme en tous cas).
Et c'est là à mon avis que le bât blesse : parce que l'excès d'excellence formelle tue l'exaltation que l'histoire aurait pu générer. Une peu d'excroissances existentielles, un peu de digressions émotives auraient rendu le tout plus vivant (comme dans "Demian" qui reste mon préféré).
Reste que le leitmotiv habituel de Hesse est toujours là et toujours aussi d'actualité : comment composer avec le monde lorsque l'on se sent appelé à être différent ? (Une belle question qui n'a toujours pas vraiment trouvé de réponse dans le contexte de la vie en société (trop) bien organisée.)
"Le Loup..." ne fournit guère de réponse définitive et ne propose pas d'expérience de vie motivante (Le Loup est même assez morbide). L'exaltation n'est donc pas non plus à trouver à ce niveau. Mais c'est finalement un roman, pas un essai. N'en demandons pas trop...

Magique...

10 étoiles

Critique de Montag (Saint Etienne, Inscrit le 3 février 2009, 30 ans) - 3 février 2009

Oui ce livre est magique.. Certes les 50 premières pages sont très philosophiques et trainent un peu en longueur. On a l'impression que le roman ne veut pas s'emballer tout de suite comme pour suivre l'évolution d'Harry qui au début n'est que réflexion et intellect. En effet, à partir de la rencontre d'Harry avec Hermine, le roman prend une toute autre dimension, une dimension presque kafkaïenne tant magie et réalité s'entremêlent, l'écriture devient plus déliée, tout s'emboite parfaitement dans un tourbillon onirique . La frontière entre réel et imaginaire s'estompe peu à peu à tel point qu'on se demande où se situe la part de réalité. Cette rencontre avec Hermine sera déterminante pour Harry car elle sera son salut et on a presque l'impression d'une intervention divine tant Hermine est un personnage énigmatique, presque omniscient et semblant connaitre Harry par cœur. Hermine me fait penser au lapin d'Alice au pays des merveilles, sorti de nulle part pour montrer le bon chemin. Harry devra conjuguer animalité et spiritualité, expérience et introspection afin de connaitre le bonheur et sortir de son inertie. Le livre devient de plus en plus onirique au fil de la lecture et atteindra son apogée à la fin dans le théâtre magique, un passage magnifique ou le lecteur est en exaltation complète et où, je crois, il faut accepter de perdre pied afin de prendre toute la mesure de ce roman. (Ce passage du théâtre magique à même été repris par David Lynch dans son film Mulholland Drive!).

Loup pâle

5 étoiles

Critique de Khan (, Inscrit le 1 mai 2005, 31 ans) - 3 mai 2008

Première incursion dans l’univers de Hesse, premières incompréhensions, première déception. L’impression d’être face à un ouvrage inabouti, quelque chose de trop ambitieux pour un petit roman. Enormément de ressemblances avec les nourritures terrestres de Gide, même naïveté dans la démarche et parfois même dans la pensée, même réaction d’énervement face à l’emphase du narrateur – Hesse demeurant tout de même plus supportable que Gide – et toujours ce sentiment constant qu’il y a là trop de surface, pas assez de matière pour marquer profondément la pensée de l’auteur, la survolant simplement.

Etrange manière d’approcher la quête identitaire de cet indigent, ce loup des steppes si bien trouvé, ce personnage étendard de tout un mouvement d’humain se croyant différent. L’œuvre de Hesse n’est finalement pas plus que ca, comme le loup des steppes n’est en vérité qu’un homme comme bien d’autres, confrontés aux mêmes peurs et fausses certitudes, le livre n’est qu’un roman d’initiation trop rempli de bon sens, sans subtilité aucune, les vérités immortelles balancées à la gueule du lecteur impressionneront en premier lieu, certains , voir même plus que le loup des steppes lui-même ne l’aurait imaginé, se reconnaitront dans cet individu, mais tout aussi nombreux qu’ils seront, soyons sur qu’à notre époque, dans notre monde ou rien n’est plus comme chez Hesse, non plutôt gageons, pour qu’ils aient déjà compris ce que Harry Haller à mis tant de temps à comprendre. Le livre et son enseignement ne leur sera d’aucune utilité. Les autres y verront une œuvre d’une formidable richesse, le plus souvent adressée aux jeunes qu’aux vieux briscards, plus exigeants si manipulation il y a.

Lourd...de sens

7 étoiles

Critique de FightingIntellectual (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 35 ans) - 29 décembre 2006

J'essaie, au moins une fois par année, d'ouvrir un livre, et de ne pas le fermer jusqu'à ce que j'aie fini, c'est à dire, sans interruption, de vivre, quelques heures (ne serait-ce que six ou sept heures) dans un autre monde.

Cette année c'est 'Le loup des steppes' de Hermann Hesse sur qui mon choix s'est arrêté... mission réussie, j'ai bel et bien passé sept heures dans le monde de Harry Heller... en suis-je satisfait?

Meuh, oui et non. C'est difficile de faire une critique juste a mon avis, car il y avait beaucoup de bon, et un peu de mauvais. J'ai eu l'impression que Hesse voulait en dire beaucoup, en peu de mots, ce qui est en contradiction avec le caractère de Harry, un intellectuel compliqué à la Walter Benjamin. C'est là dessus qu'on se doit de respecter un auteur comme Stephen King qui n'a pas peur d'en mettre beaucoup pour en dire beaucoup.

Je comprends où Hesse voulait en venir, tel qu'il l'a expliqué dans sa poignante introduction. Il voulait retracer la dichotomie de l'intellectualisme Vs les croyances, du rationnel face au divin. C'est d'ailleurs une touche de divin sur terre qu'on vit face au théâtre magique, dans cette merveilleuse odyssée chez les immortels de Harry.

Bref, un très intéressant roman, mais 'garroché' comme on dirait au Québec, ce qui donne au texte une lourdeur légèrement désagréable.

Oui...

9 étoiles

Critique de Lestat (, Inscrit le 9 juillet 2005, 29 ans) - 20 juillet 2005

...décidément ce livre est magnifique. La solitude est déja un thème passionnant mais quand en plus Hesse traite de la multiplicité de l'âme humaine et du sens de la vie, quand on lit les réflexions sur la souffrance des grands esprits condamnés à vivre dans un monde de compromis, condamnés à ne saisir ce qui les passionne que derrière un "bruit de fond", on ne peut que comprendre le malaise des deux personnages si différents.
Que l'on désire les choses du corps ou de l'esprit, que l'on soit Harry ou Hermine, ce livre est pour ceux qui pensent, comme moi (maintenant), que même si les raisons de souffrir ne manquent pas mieux vaut saisir dans le monde ce qui est "vrai", et rire du reste.

Onirique alliance de l'animalité et de la spiritualité !

10 étoiles

Critique de Hadrien (, Inscrit le 14 février 2005, 40 ans) - 21 avril 2005

Le loup des steppes : encore un livre que j’ai découvert totalement par hasard et que j’ai adoré.

Le début est certes un peu traînant, on se demande où Hesse veut en venir puis le rythme s’accélère et on rentre enfin dans l’histoire. Le personnage, qui, au début, passait pour un rustre assez antipathique, prend du relief, se rend de plus en plus compréhensif et en devient même sympathique. Tout au long du livre, il change, il se libère, on assiste à sa renaissance, à sa re-découverte de la vie.

Certaines scènes sont géniales : chez le professeur, la rencontre avec Pablo, Hermine, la fin est extraordinaire.

C’est un tourbillon onirique d’une grande force, dans lequel on se perd à l’instar de Harry, emporte par les émotions. C’est une œuvre d’une grande tolérance, à la lecture de laquelle on ressent beaucoup de plaisir.

Hesse atteint sûrement son objectif : celui d’octroyer avec succès le même paradigme à la forme et au fond : Harry, n’est au début que « réflexion » et « intellect » puis découvre et accepte son cote animal fait de plaisir, sensations ou sentiments. Le livre augmente également sa charge émotionnelle, le plaisir, le ressenti au fur et à mesure de son développement… un beau tour de maître !!!

j'ai bien aimé

6 étoiles

Critique de Norway (Entre le Rhin, la Méditerranée et les Alpes !, Inscrite le 7 septembre 2004, 42 ans) - 30 mars 2005

Je l'ai lu il y a longtemps et je me souviens que j'avais bien aimé, mais pas autant que Siddharta. D'ailleurs, Siddharta m'avait tellement plu que j'ai voulu connaître un peu mieux cet auteur.

A relire

6 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 14 septembre 2002

Moi aussi je me suis laissé convaincre par le belle critique de Virgile. En fin de compte je suis déçu. La préface est bonne, puis viennent une trentaine de pages franchement barbantes. Vers la page 50 notre loup des steppes rencontre Hermine et ça devient plus amusant, sans toutefois être franchement passionnant. Je suis arrivé au bout mais sans avoir été jamais réellement pris par le livre. Mais certaines considérations artistiques et philosophiques m'ont donné l'impression de ne pas perdre mon temps. Ainsi ce livre m'a donné envie de redécouvrir "La flute enchantée" de Mozart, rien que pour ça je remercie Virgile de son bon conseil. Et c'est promis, quand les Steppewolves sortiront un disque je l%2

lire Pennac, avant Virgile

4 étoiles

Critique de Zoom (Bruxelles, Inscrite le 18 juillet 2001, 63 ans) - 2 septembre 2002

Je me suis laissée convaincre par la belle critique de Virgile, qui ne m’a pourtant toujours pas apporté de fraises. J’avais commencé et laissé tomber ce livre : il me barbait après 40 pages .
Or, que vois-je ? Qu’il faut dépasser la cinquantième avant d'être charmé.
Aussi en ai-je lu 10 de plus. Puis j’ai continué sur ma lancée, me disant que Virgile n'avait pas bien noté la page...Et bien je suis arrivée à la fin en me demandant ce que j'avais lu.
C’est, comment dire, très personnel. Je comprends qu'on puisse aimer : l'ambiance y est particulière, le personnage, ce " loup des steppes " est un type torturé, à part, sans doute profond, et déjanté. L’imagination y est, l'écriture aussi , la folie, la sensibilité, enfin, tout...mais ça m’a barbé jusqu’au bout.

je crois que j'ai trouvé un nom pour mon groupe: the steppewolves! ;o)

8 étoiles

Critique de Virgile (Spy, Inscrit le 12 février 2001, 38 ans) - 10 juillet 2002

Première remarque, j'ai l'impression que le livre de poche s'amuse à mettre à ce livre les couvertures les plus moches qui soient! lol
En tout cas je n'aime pas celle de la vieille édition que j'ai ni celle qu'on peut voir ici plus haut (enfin en plus grand elle donne peut-être mieux mais bon!)!
C'est le premier roman de Hesse que j'ai lu, je vais sans doute m'interesser au reste de sa production!
Une toute petite critique et une toute petite critique éclair pour ce livre génial je trouve que c'est peu alors je me permet de m'étendre (au risque de vous déplaire, il vaudrait peut-être mieux vous enjoindre de le lire simplement mais comme je doute de la portée de mes simples conseils je vais développer un peu plus afin de tenter, espoir fou, d'en intéresser certains davantage! ;op).
Pendant les 50 premières pages je me disais "oui, c'est un bon livre" mais sans plus, rien de très original, des petites réflexions intellectuelles sur un personnage, Harry Haller, qui se sent isolé (et qui l'est sans doute) et incompris dans son petit univers.
Puis avec le traité du loup des steppes et ensuite l'arrivée d'Hermine tout bascule et on a enfin une vision complète des choses, et là ca devient un chef d'oeuvre!
En plus d'avoir un fond passionnant dans lequel comme le disent très bien craillous et zénith tout le monde se reconnaîtra au moins en partie, ce roman est vraiment très bien construit. Tout s'emboîte parfaitement dans un ensemble cohérent qui apporte réellement quelque chose à la réflexion tout en étant divertissant et passionnant.
Il y a quelques idées vraiment originales et puis d'autres qui rappellent un peu Alice au pays des merveilles ou encore une nouvelle dont j'ai oublié le titre et l'auteur et que j'avais lu dans un cours de français il y a des années (avis à ceux qui connaîtraient, c'était dans une espèce de petit théatre un peu abandonné avec un méphisto magicien ca vous dit quelque chose?).
A la lecture de ce livre j'ai vraiment ressenti des moments jouissifs, j'en ai eu un sourire sur le visage plusieurs jours durant, et il persiste encore actuellement d'ailleurs!
Mais c'est sans doute en partie parce que cette histoire arrive à un moment précis de ma vie où je suis particulièrement en phase avec elle, rarement je me suis autant identifié à un bouquin (je dit bien à un bouquin, pas uniquement à un personnage)!
Si vous vous posez des questions sur le sens de la vie vous trouverez là des pistes très intéressantes, si ce n'est pas le cas (ca existe les gens qui ne se posent pas où ne se sont pas posés ces questions?) vous passerez quand même un bon moment divertissant (du moins c'est tout le mal que je vous souhaite!).
Je ne peux résister à vous livrer un ou deux petits extraits, qui sont liés à un débat jamais cloturé et effacé du site (comme des mémoires de certains peut-être...), dont la lecture m'a particulièrement amusé...
"- D'accord, dis je froidement. Cependant, il n'est pas possible de mettre Mozart et le dernier fox-trot au même niveau. Et ce n'est pas la même chose de jouer aux gens de la musique divine ou immortelle ou des rengaines populaires. Dès que Pablo s'aperçut que l'émotion me coupait la voix, il prit son visage caressant, me serra tendrement le bras et donna à sa voix une incroyable douceur. - Ah! Mon cher monsieur, vous avez sûrement raison avec vos niveaux. Je ne m'oppose certes pas à ce que vous placiez Mozart et Haydn et Valencia [ce dernier titre en italique] sur des plans différents, comme il vous plaira. Moi ça m'est tellement égal, je n'ai pas à établir ces niveaux, on ne me le demande pas. Mozart sera peut-être encore joué dans un siècle et Valencia [même remarque] ne le sera plus dans deux ans. Je crois que nous pouvons tout bonnement abandonner cela au bon Dieu; il est juste et il a en main la durée de toutes nos vies, comme celle de chaque valse et de chaque fox-trot. Il fera sûrement pour le mieux. Mais nous autres musiciens, nous devons faire notre tâche et notre devoir: nous devons jouer ce qu'on nous demande à l'instant et le jouer aussi bien que possible."
Et encore ceci: "Certes, il y avait des oeuvres de beauté, des oeuvres rares et choisies, celles surtout de Mozart qui me paraissaient au-dessus de tout débat, mais où était la délimitation? Nous autres connaisseurs et critiques, n'avions nous pas ardemment aimé dans notre jeunesse des artistes et des oeuvres d'arts qui n'étaient plus maintenant que douteux et choquants? [...] L'attendrissement enfantin et fleuri de Maria sur le song [en italique] américain n'était il pas une émotion artistique aussi pure, aussi belle, aussi indubitablement élevée que les transports de quelque professeur à propos de Tristan et Isolde ou l'exaltation d'un chef d'orchestre dirigeant la Neuvième Symphonie? [en italique] Et cela ne s'accordait il point parfaitement avec les opinions du señor [idem] Pablo, ne lui donnait-il point raison?".
Eloquent non? En tout cas ce livre contient beaucoup de passages comme ceux-ci qui pourraient peut-être faire réfléchir certaines personnes, mêmes si il en est qui trouveront peut-être cela provoquant ou irréfléchi.
La meilleure façon pour se faire une opinion là dessus c'est de dévorer ce bouquin! ;o)

Traîté du Loup des Steppes...

9 étoiles

Critique de Zenith_ (Bruxelles, Inscrite le 28 janvier 2001, 36 ans) - 7 septembre 2001

Parfaitement en accord avec cette critique... Une merveille que ce récit, à la fois "fantastique" et "réaliste", mêlant incessamment deux pôles opposés...
En effet, chacun se retrouve dans l'un ou l'autre élément de ce livre... Il est sans doute probable qu'après cette lecture, l'un ou l'autre d'entre nous se rende compte que lui aussi, mène l'existence du "Loup des Steppes"... Incontournable!

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