1980 de David Peace, Daniel Lemoine (Traduction)
(Nineteen eighty)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Julius, le 15 novembre 2006 (Inscrit le 24 novembre 2004, 44 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 260ème position).
Visites : 2 516  (depuis Novembre 2007)

pour ne plus s'arrêter de rire

Il faut la finir cette tétralogie ! après 1974, 1977, voici 1980 encore plus fort que les autres, aucune concession n'est faite au lecteur qui se prend tout en pleine poire, de la sueur, du sang, du foutre ! malheureusement si il n'y avait que du liquide ...
cadeau bonus au lecteur : du désespoir, de la souffrance, de l'incompréhension, un terrible mal être, non décidément aucune issue, lire ces livres, ce sera trouver le reste de la production polar guignolesque, amusante !
rares sont les romans qui remuent autant et David Peace a compris qu'il fallait ne laisser aucun répit au lecteur, courts dialogues qui s'enchainent à un rythme démentiel vers l'inéluctable, on sait bien que plus les pages se tournent, plus on va en prendre plein la tronche et qu'il est déjà trop tard !!! alors allez lire les critiques de 1974 et 1977 peut être plus consensuelles que celle-ci mais par pitié accrochez-vous oui courts dialogues ai-je dit, hum un livre facile à lire ... que nenni ! c'est terriblement difficile de suivre quelquefois, beaucoup de personnages et on s'y perd mais ceux qui auront la patience de s'accrocher vivront un grand moment de lecture
je me posais une question, à la fin du livre j'ai fait :
pffffffffffffffffffffffffffffffffff (yeux écarquillés, front plissé) pfffffffffffffff .... (hochement de tête et regards vers le livre fermé) putain putain !
quoi dire ou faire d'autre ? rien ! et je parie plusieurs billets que pour vous ce sera pareil.

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Un autre coup de semonce !

7 étoiles

Critique de Kaftoli (Laval, Inscrit le 29 mai 2010, 52 ans) - 11 juillet 2012

Avec le troisième volet de Peace, lequel situe toujours son enquête sordide dans le même milieu du Yorkshire, le lecteur retrouve un narrateur principal: Peter Hunter. Hunter "chasse" littéralement ce qui s'avère une situation complexe. Chargé de reprendre l'enquête sur l'Éventreur du Yorkshire, il aura aussi le mandat de traquer ceux qui ont magouillé, qui ont profité parfois de la corruption, tout en l'alimentant. Ici, la trame narrative est plus linéaire que dans les romans antérieurs. Nous sommes presque dans une enquête de facture classique, qui se morcelle en trois parties, à peu près égales, elles-mêmes subdivisées en sept chapitres. Chacun de ces chapitres de l'enquête est introduit par un long discours continu, dense, dont les voix narratives se relaient, sans ponctuation, sans majuscules, toutes à la première personne,: tantôt victime de l'éventreur, tantôt l'éventreur lui-même: «ils disent tous que le temps nous laisse encore tomber et je sais que c'est horrible mais parfois je regarde mon mari assis là et le temps qui nous laisse encore tomber encore et encore mon âme vivante là parmi les morts suspendus qui vont bientôt mourir et il faut que j'échappe à tout ça à ce que l'Éventreur m'a fait au temps qui nous laisse encore tomber au coup de téléphone au silence avant qu'il dise comme dans le yorkshire je t'ai ratée cette fois mais je t'aurai la prochaine le temps nous laisse encore tomber je t'ai ratée cette fois mais pas au prochain essai » (p. 14) Ces segments introductifs apparaissent systématiquement dans la page de gauche. Ils adoptent une taille de police légèrement plus petite que le reste, comme pour illustrer encore davantage la densité des propos, comme si le lecteur, en y plongeant ne pouvait lui-même se sortir de ce marasme des voix.
Si le roman adopte une structure moins éclatée que les autres romans de la série, il faut s'attendre à une diversité de technique traduisant le trouble du personnage, le piège duquel il tente de se sortir tout en dénonçant les éléments pourris du système, le milieu lui-même. C'est là qu'on reconnait la signature de Peace, dans cette capacité à rendre compte, tout en se renouvelant sans cesse, du marasme ambiant qui entoure cette enquête amorcée des années auparavant:
« Immeubles sombres et noirs dans la pluie froide et les gyrophares bleus, les policiers des fantômes noirs sur fond de lumière blanche, leurs capes des ailes autour de l'usine:
LA MORT…
Tous les dieux du Nord sont morts, maintenant, moribonds…
Je me gare entre les camionnettes et les voitures, dans un cratèere plein d'eau morte oèu il y a aussi un oiseau, un moineau.
Je remonte le col de mon manteau à cause de la pluie et je trébuche…
Le jeune policier en faction à la porte lève sa capuche, vérifie ma caret, me montre une bouche béante:
LA MORT…
Une silhouette me suit, horrible…» (p. 150)

plus clair dans le sombre

9 étoiles

Critique de Clubber14 (Paris, Inscrit le 1 janvier 2010, 37 ans) - 26 décembre 2010

Après 1974 et 1977, Peace nous livre ici le 3e volet de son magnifique quartet. Le tueur en série du Yorkshire est toujours en action et les morts se multiplient. Le style est toujours le même, à couper à la serpette, dialogue dur, sanglant, les faits sont sombres, rien ne nous est épargné. Le bémol que l'on pouvait faire aux précédents volets a été amélioré ici, à savoir que l'on comprend mieux qui est le narrateur, les personnages sont clairement identifiés et les faits qui étaient assez incompréhensibles deviennent ici limpides. Il y a donc du progrès même si c'était déjà top. Le 4e et dernier opus devrait être incroyable, j'y fonce....

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