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Le chemin des âmes
de Joseph Boyden
Titre original : Three day road
Catégorie(s) : Littérature => Anglophone
critiqué par Jlc, le 28 août 2006
(Inscrit le 6 décembre 2004, 69 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 13 avis)
Cote pondérée :  (98ème position).
Visites : 4 966 (depuis Novembre 2007)
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Oh, Elijah, quelle saloperie la guerre!
Près d’Arras, la crête de Vimy est, depuis 1922, territoire du Canada, en souvenir tant de la bataille du 9 avril 1917 que des soixante mille morts canadiens de « la grande guerre ». Sur un monument, la litanie des 11285 noms manquant à l’appel et présumés morts en France, s’élève vers le ciel. Cette montagne du souvenir est devenue un terrain de jeux pour les enfants, un lieu de promenade. Mais qui sait encore les abominations de la guerre que recèle cette terre meurtrie par les obus, les tranchées et les souterrains ?
C’est à tous ces morts qu’a pensé Joseph Boyden en écrivant ce premier roman dont la puissance, la dureté, la précision dans l’horreur mais aussi la qualité narrative et la poésie des descriptions de la nature sont hors du commun et en font un grand livre.
1919. Niska, une vieille indienne Cree, attend le retour de la guerre d’Elijah, le meilleur ami de son neveu qui est mort en France. En fait c’est Xavier, le neveu, qui débarque, croyant lui aussi sa tante morte. Elle le ramène en canoë dans leur réserve au nord de l’Ontario. Il est brûlant de fièvre, amputé d’une jambe. Pendant trois jours, ils vont ensemble retourner au pays tout en se racontant leurs vies. Car Niska sait bien qu’elle n’a que les mots et les histoires de sa vie pour le garder vivant.
Xavier est un jeune Cree que sa tante a soustrait au pensionnat catholique à qui il avait été confié et dont la cruauté éducative l’emporte sur la charité et l’espérance. Eduqué par sa tante, il va vivre dans la tradition de son peuple, rejoint chaque été par Elijah qui sera son seul ami. Ils deviennent des chasseurs expérimentés, vivant au rythme des saisons, au gré de la nature. En 1914, ils s’engagent pour aller combattre en Europe en espérant peut-être retrouver leur dignité et la considération des autres canadiens plus impliqués dans l’intégration que dans le respect des diversités culturelles.
Ils sont vite remarqués pour leurs exploits de tireurs d’élite et sont chargés des reconnaissances les plus périlleuses pour préparer des attaques et faire bouger les lignes d’une guerre si longtemps immobile. Elijah, coupé de sa culture, se fond vite dans l’ambiance de la guerre et la vie militaire, devenant « le bon indien », c’est à dire celui qui nie toute différence, Xavier, peu familier à la langue anglaise, reste un « sauvage », un silencieux. Leur amitié, pourtant si fusionnelle au début, va se déliter tant l’un est reconnu, fêté, décoré, promu alors que l’autre est ignoré, oublié. Mais surtout, Xavier comprend qu’Elijah est en train de devenir fou, prisonnier de la morphine qui lui nécessaire pour oublier ses douleurs, obsédé par un besoin physique de tuer, La jalousie et la rivalité auront raison de leur amitié, de leur complicité. « Elijah s’est pris à aimer tuer au lieu de seulement tuer pour survivre » dit Xavier après la bataille de Vimy.
Ce récit est entrecoupé, tout au long de leur retour au pays, des superbes récits de Niska sur sa famille, sa jeunesse, l’enfance de son neveu dans un monde dont on comprend bien qu’il va, lui aussi, mourir.
Joseph Boyden raconte avec un immense talent cette histoire inspirée de celle, véridique, d’un Amérindien. Le style est parfois celui du reportage d’un correspondant de guerre tant les descriptions des reconnaissances, des attaques sont précises, d’une écriture très factuelle. Mais ce reportage est vite parsemé des pensées, des doutes, des sentiments, des angoisses de Xavier, montrant bien que l’auteur n’est pas un journaliste mais un artiste. Histoire de destins brisés qui ne laisse pas le lecteur intact tant certains passages sont d’une horreur abominable, d’une violence inimaginable, d’une cruauté inhumaine. L’écharnage, « les yeux surpris des jeunes allemands distraits », cet instant où Elijah veut regarder dans leurs yeux blancs et morts ses victimes, le scalp sont des monstruosités de notre humanité que la guerre ou plutôt la folie guerrière met à nu chez certains. « Ils ont vu des choses que les hommes ne devraient jamais voir. » Ils les ont vues et ils les ont faites.
Je comprends pourquoi Jim Harrison a aimé ce livre où on retrouve la beauté de la nature, la passion de la chasse, la fragilité et la force des hommes, le temps qui fuit, le poids et le rôle des traditions, la persistance des croyances, les personnages atypiques qui sont damnés par un destin tragique. Mais aussi parce qu’au-delà il y a une renaissance.
Pour les Cree, un voyage de trois jours est nécessaire pour que l’âme rejoigne « le Grand Manitou. » C’est ce voyage que font Niska et Xavier en rentrant chez eux même s’ils savent bien que « de là où tu es allé, on ne revient jamais. »
Un roman tout à fait remarquable, dans une traduction de Hugues Leroy, une histoire rare qui ne se résume pas, elle se lit.
PS : je lis, en parallèle à ce roman, le livre d’histoire de Pierre Renouvin sur l’armistice de 1918. Si vous avez la possibilité de le faire, je vous le recommande pour voir une autre face de la guerre, celle où les hommes comptent moins que les intérêts. Et vous comprendrez que la folie guerrière n’est pas toujours où on pense.
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| Les éditions |
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Le chemin des âmes [Texte imprimé], roman Joseph Boyden traduit de l'anglais (Canada) par Hugues Leroy
de Boyden, Joseph Leroy, Hugues (Traducteur)
Albin Michel / Terres d'Amérique
ISBN : 9782226173201 ; EUR 22,50 ; 2006-04-25 ; 391 p. ; Broché
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Le chemin des âmes [Texte imprimé], roman Joseph Boyden traduit de l'anglais (Canada) par Hugues Leroy
de Boyden, Joseph Leroy, Hugues (Traducteur)
le Livre de poche / Le Livre de poche
ISBN : 9782253119845 ; EUR 6,95 ; 2008-03-06 ; 470 p. ; Poche
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| Quelle force! |
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Une lecture souvent remise à plus tard à la lecture de sa quatrième de couverture: « roman brillant et sombre.. il vous fera peut-être souffrir.... authentique et déchirant, un récit magistral de l'enfer... »
Je me décide enfin et je me retrouve « happée » par cette histoire.
Magnifique est un mot réducteur pour un tel roman.
Un livre superbe, d'une force incroyable, où j'ai découvert la vie et les coutumes des indiens, re-découvert la vie quotidienne des tranchées et leur lots d'aberrations, de décisions accablantes, découvert l'importance et la dépendance installée dans l'utilisation de la morphine sur le front, découvert une magnifique histoire d'amitié, de responsabilité, de devoir, de folie, d'amour.
« Chacun se bat sur deux fronts à la fois, l'un contre l'ennemi, l'autre contre ce que nous faisons à l'ennemi. »
Un livre inoubliable par son sujet, la force de ses mots. Et c'est en le refermant que je comprends tous les mots de la quatrième de couverture:
« Un roman brillant et sombre à la fois ;il vous fera peut-être souffrir, mais ça en vaut véritablement la peine. Irrésistible » Jim Harrison
Authentique et déchirant, un récit magistral de l'enfer comme de la façon d'en guérir; un livre grave, imposant et passionné » Louise Erdrich
Marvic (Haute-Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 54 ans) - 6 juillet 2012 |
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| Superbe |
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Deux ans que ce livre est dans ma bibliothèque et que je rechigne à le lire, c'est désormais chose faite et j'en suis très heureux.
Humain, sensible, violent, attachant, réaliste, mystique... Toutes les composantes d'un grand livre y sont, l'auteur aborde toutes les situations de la meilleure des façons et, en plus, avec une écriture des plus fluides et agréables.
On apprend énormément sur l'horreur de la guerre, sur la nation Cree, sur l'inhumanité de la société blanche et l'hypocrisie de la religion chrétienne.
Un roman, trop court car trop bon, comme on aimerait en lire plus souvent.
Zgili (Metz, Inscrit le 26 novembre 2009, 27 ans) - 25 novembre 2011 |
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| Le mythe du windigo |
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Ah quel plaisir exquis quand, au bout d'une vingtaine de pages, on se dit : purée, là on en tient un bon, un grand !
On avait lu le plus grand bien du roman du canadien Joseph Boyden : Le chemin des âmes, et on n'a pas été déçus. Avis unanime et partagé : un très beau roman qui finira très certainement sur notre podium 2010.
Une écriture simple mais ample, à l'américaine, avec une puissance d'évocation peu commune.
Un roman fort autour de trois personnages riches et complexes : deux indiens crees d'Amérique du nord, enrôlés dans l'armée canadienne venue lutter dans la Somme et l'Artois contre les teutons pendant la Grande Boucherie Guerre, celle de 14-18. Deux amis inséparables. Et la tante de l'un deux, une vieille sorcière cree.
Un récit admirablement construit autour de trois récits qui s'entrecroisent avec une surprenante fluidité pour mieux nous faire découvrir les multiples facettes des trois personnages. Le livre s'ouvre sur un quiproquo : de nos deux jeunes indiens partis au front, seul l'un d'eux revient au pays, une jambe en moins et la tête en vrac, alors que sa vieille tante Niska n'était venue à Toronto que pour ramener son ami au pays.
[...] « On m'avait dit que étais morte, ma tante.
- On m'avait dit la même chose. »
Ils quittent Toronto en canoé pour un long voyage de trois jours (et trois longues nuits) vers leurs terres, au cours duquel la vieille Niska ressort ses secrets, ses pratiques et ses médecines pour tenter d'apaiser l'âme brisée de son neveu. Un voyage au cours duquel vont ressurgir les deux autres récits.
Tout d'abord, la jeunesse de nos trois indiens, au début du siècle sur ces terres convoitées où certains se rebellent encore contre la christianisation forcée ou la ghettoïsation dans les réserves.
Les crees tentent encore de préserver leurs traditions comme par exemple le mythe du windigo destiné à maintenir le tabou sur le cannibalisme : pour ce peuple de chasseurs, l'hiver enneigé est parfois trop long pour joindre les deux bouts et il n'est pas rare de devoir mettre les mocassins à bouillir dans la soupe. Aussi lorsque la saison de chasse est vraiment trop mauvaise, la tentation est parfois trop forte et l'innommable est commis, souvent entre proches, par exemple lorsqu'une mère tente de sauver ses petits.
[...] Savoir qu'on a attenté à la dignité d'un être cher ; que l'on a, poussé par le désir féroce de survivre, commis un acte qui vous met à jamais au ban des vôtres, c'est un métal très dur à avaler, bien d'avantage que la première bouchée de chair humaine.
Le père de Niska possèdait les talents requis pour chasser ces êtres devenus des windigos, une sorte de loup-garou local. Niska a hérité du don de son père : elle est devenu tueuse de windigos.
Le troisième récit, c'est bien entendu l'épouvantable épopée des deux jeunes indiens sur nos terres à nous, jusqu'à la terrible Crête de Vimy près de Lens, où périrent 60.000 canadiens (oui, vous avez bien lu : soixante-mille canadiens !).
[...] « Tu veux que je te dise, ma tante ? » Et je reprends un peu d'eau. « Il y a tellement de morts enterrés là-bas que si les arbres repoussent, les branches porteront des crânes. »
Nos deux indiens sont d'habiles chasseurs, on l'a vu. Des recrues de choix pour crapahuter entre les tranchées et les barbelés, s'embusquer silencieusement, patienter toute une nuit et au petit jour dégommer quelques officiers ennemis avant de revenir en évitant les obus. Des snipers au tableau de chasse impressionnant.
Les rares qui reviendront de cette Horreur, ne rentreront pas indemnes.
Beaucoup y perdront leur intégrité physique.
[...] Un obus est tombé trop près. Il m'a lancé dans les airs et, soudain, j'étais un oiseau. Quand je suis redescendu, je n'avais plus de jambe gauche. J'ai toujours su que les hommes ne sont pas faits pour voler.
Tout comme leur intégrité mentale : beaucoup deviendront accros à la morphine.
[...] Chaque fois que les brancardiers arrivent en sens inverse, il faut se tasser contre le parapet. J'essaie de ne pas regarder les blessés qu'on emporte ; mais à l'occasion, je baisse les yeux et je découvre un visage ou bien convulsé de douleur, ou bien marqué du M jaune indiquant qu'on lui a donné la médecine et qu'il rêve, maintenant, de l'autre monde.
[...] Le seul fait de prendre une seringue dans ma trousse, et de tendre le bras, me soulage presque autant que la morphine elle-même.
Mais le roman de Joseph Boyden n'est pas qu'un récit de guerre de plus, loin s'en faut, et malgré l'horreur des tranchées on devient très vite accro à l'histoire qu'il nous conte. Sans doute parce que ses trois personnages (tout comme son écriture) sont lumineux et que, malgré les terribles souvenirs qui remontent, on se sent étonnamment bien aux côtés de la vieille sorcière cree au fond du canoé. Et l'on voudrait que le voyage de retour dure.
On ne vous en dit pas plus sur ces histoires de windigos ni comment les légendes indiennes croiseront l'épouvantable réalité des tranchées ...
Three-day road : c'est le titre original.
[...] Tu m'as enseigné, Niska, que tôt ou tard, chacun de nous devra descendre, trois jours durant, le chemin des âmes.
Puisque dans les mythes crees, ce chemin des âmes (évident allusion du titre français au terrible Chemin des Dames) c'est un peu le Styx de nos anciens.
BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 53 ans) - 8 septembre 2010 |
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| Le chemin des âmes...la réalité des Amérindiens de la Baie de James |
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Un grand roman par son style, ses personnages typés ; un roman historique qui nous tient en haleine et même à en perdre haleine.
Je ne connais pas beaucoup de romans dont les personnages principaux sont des héros Amérindiens de la Baie de James du Canada. J’aime cette intrusion dans la vie des Amérindiens à travers plusieurs générations et particulièrement y découvrir le rôle capital qu’ils ont pu jouer dans l’armée canadienne durant la guerre de 1914-19. À lire si l’histoire et l’humain vous intéressent. GiL
Archaos (, Inscrit le 28 novembre 2009, 68 ans) - 10 août 2010 |
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| Des indiens dans les tranchées |
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Je vais parfois dans la Somme, dans la région d'Amiens, et je suis ému de voir les immenses cimetières et mémoriaux pour les morts de la grande guerre. Quand on s'arrête, on rencontre parfois des Australiens ou des Anglais, qui viennent visiter les lieux où leur ancêtres se sont battus. Ce que j'ai appris avec ce formidable roman de Joseph Boyden, c'est que des indiens avaient aussi pris part aux combats dans les tranchées de la Somme.
L'auteur raconte le destin terrible de deux jeunes indiens Cree, une tribu du grand nord canadien. Ces deux jeunes gens s'engagent dans l'armée et se retrouvent plongés dans l'enfer des tranchées de Belgique et du nord de la France. Ce sont des chasseurs hors-pairs, et ils deviennent célèbres grâce à leur talent de tireur d'élite et à leur aptitude à devenir invisible et débusquer l'ennemi. Ils multiplient les missions périlleuses et les exploits, mais la guerre et les horreurs vont les transformer et les détruire.
Cette histoire est incroyable. L'auteur décrit très bien cette guerre affreuse et le calvaire des hommes obligés de participer à des combats d'une barbarie incroyable. Le récit des tranchées est alterné avec le récit d'une vieille indienne, qui décrit la vie des indiens Cree dans la forêt, leur relation difficile avec la civilisation.
C'est un très grand roman sur la guerre des tranchées, un des meilleurs sur ce sujet. Il y a des évocations très prenantes des bagarres dans les tranchées, des tueurs embusqués dans les cratères dans le no man's land (espace entre les tranchées ennemies), de tireur d'élites qui se mettent à l'affut parmi les cadavres pour toucher les tireurs adverses. Et il parle aussi du grand nord Canadien, de l'amitié, de la mort. Un livre à lire
Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 47 ans) - 13 juin 2010 |
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| Le bouleversant dernier voyage |
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Le chemin des âmes ( Three-Day Road)
traduit de l'anglais ( Canada) ) par Hugues Leroy
Editions Terre d'Amérique Albin Michel
1919. Xavier Bird rentre au Canada. Ce n'est plus qu'une ombre, gorgée de morphine. Dans les tranchées,il a laissé une jambe, l'ouïe, toute envie de vivre et même son nom car il est renvoyé au pays sous une fausse identité, celle de son ami d'enfance Elijah, avec lequel il s'était engagé , et qui, lui, n'est pas revenu.
Sa tante, la vieille indienne Niska, va faire tout ce qui est en son pouvoir pour l'empêcher de prendre le chemin des âmes, chemin de trois jours, selon la croyance indienne, qui mène à la mort. Et son pouvoir passe par les mots.
Alors, dans le canoë qui les ramène tous deux chez eux, elle va lui raconter son enfance dans les forêts. Et, en parallèle, Xavier revivra des épisodes de la guerre , de cette guerre au cours de laquelle de nombreux Indiens s'étaient volontairement engagés.
Joseph Boyden invité par le festival America, littératures et cultures d'Amérique du Nord en 2006, disait:
"J'ai cherché à comprendre pourquoi tant de jeunes Indiens ,si maltraités par leur pays, se sont engagés dans cette tuerie. Je crois qu'ils ont été émasculés par le gouvernement. En partant combattre en Europe, eux qui n'avaient jamais quitté les grands espaces du nord de l'Ontario pensaient retrouver leur virilité, l'esprit d'aventure, la tradition guerrière de leurs ancêtres, la dignité."
Ce n'est pas l'aventure qu'ils vont trouver, mais l'horreur. Chasseurs depuis toujours, les deux Indiens s'avèrent être des tireurs d'élite. Et si Xavier jamais ne se fait à la mort , Elijah devient un vrai barbare et retrouve des rites ancestraux...
C'est un très beau et très dur roman, mais également une réflexion très poussée sur la possibilité de rester humain quand plus rien ne l'est alentour.
Paofaia (Papeete, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 15 mai 2010 |
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| Bouleversant |
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Ce récit écrit à deux voix, nous raconte l'histoire de deux jeunes indiens cree, embarqués "la fleur au fusil" dans la grande guerre de 14-18 et vite rattrapés par la dure réalité des combats. Leur expérience dans la grande forêt canadienne les aide à combattre les allemands, avec l' intelligence du chasseur qui traque sa proie. Très vite, ils vont devenir les tireurs d'élite du régiment.
La guerre qui tue les hommes, anéantit les survivants et l'on assiste tout au long de ce récit à la lente destruction psychologique de nos deux héros qui conduira au bord de la folie Elijah et détruira une solide amitié.
Parallèlement, le récit de la vieille indienne, Niska, nous plonge dans la vie des indiens crees et décrit un mode de vie menacé par le modernisme. Cette vie, pourtant âpre, dans une nature sauvage, apparait comme un havre de paix loin de la guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres.
Joseph Boyden a su, avec une force rare, décrire la réalité quotidienne de la guerre et le courage de ces soldats lors de ces innombrables assauts meurtriers hors des tranchées.
Ce livre nous permet d'évoquer la mémoire de tous ses soldats, proches ou inconnus, partis, au front et qui ne sont jamais revenus. C'est un livre remarquable, bouleversant qui se lit avec émotion, un vrai coup de coeur.
Clara33 (, Inscrite le 29 septembre 2008, 66 ans) - 14 mai 2010 |
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| Un ouvrage puissant. |
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J'ai terminé cette lecture il y a deux jours, mais le roman m'a tellement émue et habitée, que je n'ai pas pu écrire mon avis, ou même lire un autre livre avant aujourd'hui. Tout d'abord, je tiens à dire que ce livre est mon premier coup de coeur de l'année 2010. Dès les premières lignes j'ai pénétré un monde que je ne connaissais pas : celui des indiens Crees et celui des canadiens pendant la première guerre mondiale en France. La plume, magnifique, intense de l'auteur, Joseph Boyden m'a tout simplement émue au plus au point. Je tremblais, j'avais peur, je pleurais, je rêvais...
Parlons d'abord des moments se déroulant au Canada, en compagnie de Niska, la tante de Xavier, Elijah et Xavier lui-même. J'ai été éblouie par la manière de vivre de Niska, par son courage, sa force, sa gentillesse. Niska vit comme le faisaient ses ancêtres, au contact de la nature, en total respect avec elle. Beaucoup de scènes m'ont touchée et certaines m'ont mise mal à l'aise, notamment le racisme des "blancs" envers les amérindiens... Je n'arrive pas à comprendre le mépris de ces personnes urbanisées, pour un peuple passionnant. Ensuite viennent les épisodes se passant en France, en compagnie de Xavier et d'Elijah. Ces passages sont horriblement difficiles car l'auteur colle au plus près de l'horreur que vivaient les soldats dans les tranchées. J'entendais dans mes oreilles siffler les balles, les obus, je sentais l'odeur de la mort, de la souffrance, la morsure des poux. J'ai découvert que beaucoup de soldats, pour supporter l'enfer dans lequel ils étaient plongés, étaient devenus morphinomanes. Certains malgré cela, ne pouvaient échapper à une certaine folie, qui nous guette, nous aussi, dans ces pages.
Ce qui m'a beaucoup intéressée dans ce roman magnifique, c'est le fait de voir, de sentir, de vivre la première guerre mondiale, les tranchées du regard d'amérindiens et aussi de connaitre un peu plus la culture de ce peuple passionnant. J'ai été émue par la vie de Niska. Et la scène dans l'internat, quand elle est jeune fille, avec le moment où elle se coupe les cheveux m'a vraiment touchée, j'en ai pleuré, j'ai été écoeurée de la manière dont ces femmes traitaient les jeunes amérindiens... Joseph Boyden nous montre effectivement les choses, sans montrer de jugement, c'est important. Son roman est tout simplement passionnant.
Le chemin des âmes est donc un livre difficile mais magnifiquement écrit. Passionnant pour ce qu'il nous montre ou nous apprend. Je peux vous assurer que ce livre est beau, très beau. Je vous en supplie, lisez-le, vous ne regretterez pas !
Ellcrys (Marseille, Inscrite le 24 décembre 2009, 28 ans) - 14 janvier 2010 |
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| Puissances ! |
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Puissance du sujet, puissance des mots mais aussi puissance des images qu’ils font naître !
Est-ce parce que je vis à quelques kilomètres de Vimy, ce lieu magique où sont tombés des dizaines de milliers de canadiens lors du premier conflit mondial ?
Sans doute que connaître ce site tel qu’il est aujourd’hui, conservé mais où la nature a repris ses droits et où les cratères d’obus figurent un paysage lunaire verdoyant, renvoie à la lecture l’horreur des combats et le charnier organisé par la folie humaine.
Ce roman est un roman de guerre, c’est une évidence. La peur, l’horreur des combats, leur bêtise aussi, sont quasi vécues.
Ce roman c’est aussi l’histoire de deux amis, inséparables, si proches et si différents. Des indiens du Canada qu’on a voulu assimiler comme l’ont fait les blancs du pays voisin.
Ce livre c’est l’évolution des coutumes, des croyances qui, par-delà le temps donne sa force à un peuple.
C’est une histoire poignante qu’on a du mal à délaisser ne serait-ce qu’une minute. C’est simplement puissant.
Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 40 ans) - 10 mai 2009 |
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| Une plume de grand Manitou! |
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Voilà bien ce que je recherche dans une lecture, une histoire sur fond d'histoire, des mots qui sous la plume de cet auteur prennent tous leur sens. Un livre qui m'a ému jusqu'à la dernière phrase des remerciements. Merveilleux moments de lecture.
c'est tellement dur et beau!
Comhel (Sainte-Ursule, Inscrite le 27 novembre 2008, 57 ans) - 19 décembre 2008 |
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| De belles âmes |
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Par où commencer pour parler de ce roman ? Et surtout comment traduire en mots justes l’émotion ressentie ?
Le sujet est difficile, puisque l’action se déroule durant la 1ère guerre mondiale. Et rien ne nous est épargné des combats, des morts violentes et de l’horreur des tranchées.
Dans cette guerre sont plongés deux amis d’enfance, canadiens d’origine indienne, qui ont voulu s’enrôler ensemble et se retrouvent en plein enfer dans le Nord de la France. Loin de leur pays, de leur culture et de la passion commune qui jusqu’alors rythmait leur quotidien : la chasse.
Cette passion va d’ailleurs faire d’eux des soldats d’élite, et leur réputation va aller s’amplifiant, l’un des deux devenant même un véritable héros aux yeux des autres et de sa hiérarchie.
Mais comme toute médaille a son revers, cette gloire grandissante va aussi creuser un fossé entre les deux amis, et les mener inexorablement au drame. Une tragédie personnelle ajoutée à cette tragédie collective dont bien sûr on ne peut sortir indemne.
Le chemin des âmes est un roman bouleversant, remarquablement écrit. Les trois personnages principaux sont tout bonnement inoubliables, tant ils sont pleins de bonté, de pureté, de failles et de blessures qui nous prennent au cœur.
Rien qu’à écrire ces quelques lignes l’émotion remonte, intacte.
Un grand roman, un grand auteur.
Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 45 ans) - 18 septembre 2006 |
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| un pur chef d'oeuvre |
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Bravo JLC pour le résumé de ce précieux roman.
Il s'agit là du premier roman d 'un jeune Canadien des plus talentueux. La plume est aussi personnelle qu' intéressante. Il y a assurément du génie littéraire, et ce roman m'a parfois rappelé celui de Frazier (cold mountain).
Boyden nous raconte avec autant de talent les horreurs de la grande guerre et les parties de chasse dans la nature canadienne.
Certainement un des meilleurs romans de ces derniers temps. J'adore!!!!
Antic 80 (, Inscrit le 28 août 2006, 48 ans) - 7 septembre 2006 |
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