La Comtesse de Charny de Alexandre Dumas

La Comtesse de Charny de Alexandre Dumas

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques

Critiqué par Adrenocrome, le 7 juillet 2006 (Inscrit le 15 avril 2005, 37 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 155ème position).
Visites : 2 775  (depuis Novembre 2007)

Un chef d’œuvre ... signé Dumas

« La Comtesse de Charny » est le dernier tome de la majestueuse saga des mémoires d’un médecin.
Un des meilleurs romans de Dumas, d’après Dumas lui-même.

L’histoire débute le 6 octobre 1789 en pleine révolution française (ce titre suit directement « Ange Pitou » dans la tétralogie).
Chacun des personnages de la saga suit sa pente sans se détourner.
Le roman nous baigne dans une atmosphère Dumassienne et nous envoie au cœur de la révolution française. Dumas met en scène les grands personnages et les grands évènements qui ont marqués ces pages de l’histoire.
L’orage gronde sur les Tuileries. Le trône vacille, l’ancien monde est destiné à s’écrouler et laisser la place à un autre…
Le lecteur est entraîné dans un tourbillon d’événements qui viennent tisser la toile de cette époque charnière qui fait partie de l’œuvre romanesque que Dumas avait nommé « Drame de la France ».
Tout cela avec le talent que nous lui connaissons. Même si l’histoire prend un peu le pas sur le romantisme, tout y est pour un grand « Dumas ».
On apprend, on ressent, on rêve, on vit la révolution…
Impossible de rester indifférent à l’histoire quand on la parcourt de façon si vivante.
Pour ma part un chef d’œuvre qui prouve une fois de plus que Dumas a pleinement mérité sa place aux côtés des plus grands écrivains français.

Je devrais trop dire pour pouvoir rendre tout à fait ce qu’il y a dans ce roman mais je ne dirais sans doute pas mieux que ces quelques lignes de la plume de Dumas :

« On a pu voir avec quelle impartialité nous avons, tout en empruntant la forme du roman, mis, jusqu'ici, sous les yeux de nos lecteurs ce qu'il y eut de terrible, de cruel, de bon, de beau, de grand, de sanguinaire, de bas dans les hommes et les événements qui se sont succédé.
Aujourd'hui, les hommes dont nous parlons sont morts ; les événements seuls, immortalisés par l'histoire, les événements qui ne meurent pas, restent debout.
Eh bien, nous pouvons évoquer de la tombe tous ces cadavres qui y sont couchés, et dont si peu sont morts ayant rempli les jours de leur vie ; nous pouvons dire à Mirabeau : « Tribun, lève-toi ! », à Louis XVI : « Martyr, levez-vous ! », nous pouvons dire : « Levez-vous tous, vous qu'on appelait Favras, La Fayette, Bailly, Fournier l'Américain, Jourdan Coupe-Tête, Maillard, Théroigne de Méricourt, Barnave, Bouillé, Gamain. Pétion, Manuel, Danton, Robespierre, Marat, Vergniaud, Dumouriez, Marie- Antoinette, Mme Campan, Barbaroux, Roland, Mme Roland, roi, reine, ouvrier, tribuns, généraux, massacreurs, publicistes, levez-vous ! et dites si je ne vous ai pas présentés à ma génération, au peuple, aux grands, aux femmes surtout – c'est-à-dire aux mères de nos fils, à qui je veux apprendre l'histoire, – sinon comme vous êtes – qui peut se vanter d'avoir surpris tous vos mystères ! – du moins comme je vous ai vus. »
Nous pouvons dire aux événements, debout encore aux deux côtés de la route que nous avons parcourue : « Grande et lumineuse journée du 14 juillet ; sombres et menaçantes nuits des 5 et 6 octobre ; sanglant orage du Champ de Mars où la poudre s'est mêlée à l'éclair, et le bruit du canon au bruit de la foudre ; prophétique invasion du 20 juin, terrible victoire du 10 août, exécrables souvenirs des 2 et 3 septembre, vous ai-je bien dits ? vous ai-je bien racontés ? ai-je menti sciemment ? ai-je cherché à vous absoudre ou à vous calomnier ? »
Et les hommes répondront, et les événements répondront : « Tu as cherché la vérité sans haine, sans passion ; tu as cru la dire quand tu ne l'as pas dite; tu es resté fidèle à toutes les gloires du passé, insensible à tous les éblouissements du présent, confiant à toutes les promesses de l'avenir, sois absous sinon loué. »

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La Comtesse de Charny

10 étoiles

Critique de Exarkun1979 (Montréal, Inscrit le 8 septembre 2008, 38 ans) - 4 février 2013

Ce dernier tome du cycle des Mémoires d'un Médecin sert de conclusion à la saga. C'est la fin du règne de Louis XVI et le début de la république. C'est aussi dans ce livre que l'on apprend le destin tragique de beaucoup des personnages du livre.

La comtesse de charny est beaucoup plus dans l'historique que de la fiction. Je dois avouer que j'en ai beaucoup appris sur la révolution française et les débuts de la Terreur grâce à ce roman de Dumas. J'en ai beaucoup appris surtout sur Marie-Antoinette et sur le pauvre Louis XVI. Je dis le pauvre Louis XVI car c'était un pauvre bougre qui s'est ramassé sur le trône au mauvais moment. Son manque de charisme et de sens politique l'auront conduit à la guillotine.

Ce roman est très accrocheur et ne contient que peu de défaut. le seul que je peux lui reprocher est celui d'être parfois long vers la fin. En même temps, cette partie est plus une chronique historique que d'autre chose et Dumas a le mérite de rester le plus impartial possible.
Pour moi, cette série et ce livre en particulier sont une réussite totale.

La conclusion des "Mémoires d'un médecin"

10 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 36 ans) - 8 avril 2009

Même si "le Chevalier de Maison-Rouge" raconte la période de l'exécution de Marie-Antoinette, ce roman a été publié avant le cycle commencé par "Joseph Balsamo", suivi du "Collier de la Reine", de "Ange Pitou" et terminé par la "Comtesse de Charny". Ce qui ressort de cette conclusion du cycle c'est que ce roman est le plus historique (Comme l'est le "Vicomte de Bragelonne" pour le Cycle des Mousquetaires) Les personnages fictifs n'interviennent que pour accomplir leur destin, le "Happy End", l'exil ou la mort. Plus historique car Dumas se réfère beaucoup aux historiens pour relater les faits historiques aussi précisément et conformes à la vérité que possible, il cite, outre les mémoires des personnages historiques de l'époque, comme dans ses autres romans, surtout Michelet et Lamartine. Dumas, selon son habitude, raconte les faits objectivement, sans prendre parti pour un ou l'autre des camps, mais il relève quand même les erreurs de chacun et l'incompréhension mutuelle entre la famille royale et le peuple.

Depuis le début du cycle la fatalité a une part non négligeable dans la chute de la monarchie, Balsamo la personnifie à chacune de ses apparitions, c'est lui qui prédit sa mort à Marie-Antoinette ("Joseph Balsamo"), il accroit la haine du peuple envers la Reine en tirant les ficelles de l'affaire du collier ("le Collier de la Reine") il prédit à Gilbert que Robespierre et Bonaparte, inconnus à l'époque, seront l'un après l'autre les futurs maîtres de la France ("Ange Pitou").

Comme il est plus historique, certains passages purement historiques pourront sembler longs à certains lecteurs plus intéressés par les aventures des personnages fictifs, mais ces passages sont nécessaires pour bien comprendre l'époque et ce qu'a été la Révolution Française. Un Grand Dumas une fois de plus.

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