La femme gauchère de Peter Handke

La femme gauchère de Peter Handke
( Die Linkshändige Frau)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Ichampas, le 26 juin 2006 (LAMBALLE, Inscrite le 4 mars 2005, 53 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 2 483  (depuis Novembre 2007)

Un moment de vie d'une femme ...

Quatrième de couverture

« Sans raison », sans récrimination ni reproche, sous le coup d’une illumination qu’elle n ‘expliquera pas, et ne l’explique sans doute pas elle-même, mais à laquelle elle a le courage d’obéir, la femme de ce récit demande à son mari de s’en aller, de la laisser seule avec son fils de huit ans. La voici, désormais, « libre ». Le mot, trop grand, trop précis ; n’est pas prononcé, ni pensé peut-être, mais les premiers moments d’allégresse disent bien le sentiment de la liberté recouvrée. Cependant, que promet en fait, cette libération ? d’abord, et pour longtemps, l’inéluctable apprentissage de la solitude. Apprentissage sans règle, sans forme, sans but, sans fin visible, sorte de régression absolue, dans une incertitude, un désarroi pires que ceux de l’enfance. Cette vie, où les geste les plus simples deviennent des événements insolites, privés de naturel, ralentis ou syncopés comme par l’intervention d’un « malin génie » cinématographique, est-elle encore vivable ? Avec la simplicité déroutante que nous lui connaissons, son laconisme tout à fait singulier, peut-être unique dans la littérature romanesque, Peter Handke impose puissamment à l’enchaînement es faits et gestes insignifiants e la vie quotidienne une dimension universelle et tragique. Ce livre peut être perçu aussi de façon plus secrète : la décision de rupture de « la femme » (c’est ainsi qu »’elle est désignée tout au long du récit), son choix de la solitude, apparemment gratuits, sont peut-être le signe, qu contraire, de l’irruption en elle d’un exigence proprement spirituelle. A deux moments au moins, elle en laisse paraître quelque chose. L’un, sur la fin, lorsqu’elle se dit dans un modeste triomphe (c’est le prix de la solitude) : « personne ne t’humiliera plus » : l’autre lorsqu’elle confiait à une amie en affectant de ne pas trop y croire, qu’elle ne pourrait vivre avec un homme qu’à condition de ne pas parvenir à le connaître.

Mon avis personnel
L’héroïne, « la femme », nous ne connaissons même pas son prénom ou nom, expérimente la vie seule, avec son enfant, tout le quotidien s’en trouve bouleversé, différent. Ce récit dérange, le romancier nous laisse approcher la femme sans nous dévoiler ses sentiments profonds. Nous aimerions en savoir plus et en même temps cette forme de récit séduit, enchante et se laisse dévorer.

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