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Kafka sur le rivage
de Haruki Murakami, Corinne Atlan (Traduction)
Catégorie(s) : Littérature => Asiatique
critiqué par Zaphod, le 22 janvier 2006
(Namur, Inscrit le 29 novembre 2005, 46 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 35 avis)
Cote pondérée :  (177ème position).
Visites : 4 942 (depuis Novembre 2007)
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Ne restez pas sur le rivage!
L’autre jour, j’allume la radio et j’entends un concerto pour piano que je ne connais pas. Il m’a suffi de quelques mesures pour identifier le compositeur : Mozart sans aucun doute. Il est tellement reconnaissable que j’ai un peu l’impression qu’il réécrit toujours le même concerto avec quelques variantes. Mais les vrais fans de Mozart vous diront que Mozart fait du Mozart, et qu’ils ne voient pas pourquoi il devrait faire du Bach ou du Beethoven, qu’ils préfèrent écouter 10 concertos de Mozart qu’un concerto de 10 autres compositeurs, que Mozart a atteint une sorte de perfection dans son style, et que faire différent serait perdre une partie de cette perfection.
Mais il me semble plus probable que Mozart était dans un processus de recherche de la perfection, ou en tout cas de son idée de la perfection ; qu’il avait l’intuition de la direction à emprunter, mais n’était jamais (comme tout perfectionniste) complètement satisfait du résultat, d’où les multiples tentatives et variations sur le même thème.
En fait, je n’avais pas l’intention de parler de Mozart, mais de Haruki Murakami ; cependant, pour moi, le rapprochement entre les deux s’impose : Murakami écrit toujours le même roman.
Cela fait un moment que j’ai envie de parler d’un livre de Murakami, mais à vrai dire, cela m’est difficile, car ils se confondent tous dans ma mémoire : les personnages se superposent, voyagent d’un roman à l’autre, des éléments d’intrigue se reproduisent comme dans un jeu de miroirs.
Alors, prenons celui que je viens de terminer, tant qu’il est encore frais dans mes souvenirs, avant qu’il ne rejoigne les limbes obscures de l’univers Murakamien.
C’est un concerto à deux personnages.
Prenez deux personnes en rupture volontaire ou involontaire avec leur vie et avec la société. Deux personnages à l’esprit plus ou moins désaccordé. Deux voix qui vont évoluer parallèlement, puis se poursuivre dans une sorte de fugue, pour finalement se rejoindre. Ajoutez une touche de fantastique pour donner à l’histoire ce timbre étrange typique du maître. Vous avez une orchestration à la Murakami.
Il reste à créer la mélodie, et là, Murakami puise sans vergogne dans sa bonne vieille réserve de thèmes : l’absence, la solitude, la quête identitaire.
Une fois de plus, une femme insaisissable est absente et un des personnages la recherche sans vraiment la chercher. Une fois de plus, les personnages principaux sont porteurs d’une part d’ombre, d’un secret dont ils ignorent eux-mêmes la nature, et qui les poursuit au cours de leur vie. Une fois de plus, les héros vont se retrouver en situation de rupture, ce qui va les amener à abandonner la vision qu’ils avaient d’eux-mêmes, peut-être pour la remplacer par une autre, mais en tout cas pour évoluer, pour gagner en liberté, se réconcilier un peu avec eux-mêmes.
Donc, encore une fois le même roman, le même concerto. Mais ce qui est incroyable, c’est que comme pour Mozart, la sauce prend et on se fait avoir à chaque coup. Il suffit que ces deux là jouent quelques notes, et notre esprit se met à vibrer à l’unisson, on n’y peut rien. Et on en redemande. Et puis, Murakami se joue un peu de ses thèmes habituels : tout à coup, on s’aperçoit qu’on se trouve dans le nœud d’une tragédie grecque, puis dans une histoire d’amour.
Faut-il vraiment résumer l’ « action » ? Dire que Kafka Tamura, un ado de 15 ans fugue du domicile paternel pour échapper à une sorte de malédiction ; dire que Nakata, un vieux bonhomme dont le cerveau s’est vidé quand il avait 8 ans suite à une évènement bizarre, décide lui aussi de quitter pour la première fois sa banlieue de Tokio, c’est ne rien dire. Mais l’action est-elle vraiment importante pour Murakami ? L’important sont les personnages, et avec une remarquable économie de moyen, Murakami réussit à leur donner une personnalité, un magnétisme, et une présence incroyable. Comme Mozart peut composer un adagio avec quatre notes.
Comme souvent, ces personnages éveillent beaucoup d’échos en moi. Ils me rappellent que la vie est comme la surface d’une bulle de savon ; que cette surface est extrêmement mince, qu’elle peut changer de forme ou éclater à tout moment, qu’elle n’est que bien peu de chose face à l’espace intérieur et extérieur qu’elle délimite, mais qu’il suffit que le bon rayon de lumière la traverse, et pour un instant, elle peut prendre toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. (Hum, je ne suis pas totalement satisfait de la métaphore bullique. J’aurais dû utiliser celle de la peau de banane. Tant pis, ce sera pour une autre fois).
Ce n’est pas mon roman préféré de Murakami (j’aime mieux « the wind-up bird chronicles », ou même « south of the border, west of the sun »), et ce n’est pas encore le roman parfait. L’auteur retombe dans ses habituels tics énervants tels que les descriptions insipides et répétitives de vêtements ou voitures. Il y a des voies sans issues, et des questions sans réponses (comme dans la vie, en somme). Ne vous laissez pas abuser par le début du roman qui démarre en enquête policière sur un phénomène étrange : vous ne connaîtrez jamais le fin mot de l’histoire ! Cette imperfection, on pourrait même croire que Murakami s’en explique ou s’en excuse, et en prenant comme par hasard une analogie musicale :
« Works that have a certain imperfection to them have an appeal for that very reason –or at least they appeal to certain types of people. […] That’s why I like to listen to Schubert while I’m driving. Like I said, it’s because all the performances are imperfect. A dense, artistic kind of imperfection stimulates your consciousness, keeps you alert. If I listen to some utterly perfect performance of an utterly perfect piece while I’m driving, I might want to close my eyes and die right then and there. But listening to the D major, I can feel the limits of what humans are capable of –that a certain type of perfection can only be realized through a limitless accumulation of the imperfect. And personally, I find that encouraging. »
Mais moi, j’y peux rien, je suis conquis, et Murakami peut bien encore continuer à écrire dix fois le même roman, je le lirai toujours avec plaisir.
Pour paraphraser l’aphorisme qui dit que le silence après Mozart est encore du Mozart, longtemps après avoir refermé un livre de Murakami, cette ambiance étrange et nostalgique si particulière continue à me bercer. Et ces personnages si attachants à m’accompagner comme des ombres.
« Why don’t you just go ahead and imagine what you want ? You don’t need my permission. How can I know what’s in your head? »
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Kafka sur le rivage |
Belfond
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618 |
271444041X |
2006-01-05 |
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| Les critiques éclairs (34)
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| Pas emporté... |
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Le jeune Kafka fait une fugue et s'enfuit de chez lui; il va trouver refuge dans une bibliothèque et lier des relations avec les personnes qui y travaillent. Parallèlement, le vieux Nakata, qui sait parler aux chats, va se retrouver sur la route pour accomplir une étrange mission.
Malgré quelques passages plaisants, je n'ai pas compris où voulait en venir l'auteur; peut-être à cause de mon esprit d'occidental étriqué. C'est bien trop métaphorique à mon goût. En outre, les longues réflexions philosophiques sur la vie, ce n'est pas trop mon truc. Pour moi, la plupart du temps il ne se passe rien, et quand il se passe quelque chose, ça me semble être tombé du ciel (remarquez, c'est parfois le cas!)
Bref, je n'ai pas été emporté par l'onde de critiques positives à propos de ce roman. Murakami m'a laissé sur le rivage...
Nb (, Inscrit le 27 août 2009, 26 ans) - 27 août 2010 |
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| Trop bizarre |
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J'ai apprécié le style et le caractère original du livre. Mais il me laisse frustrée avec le sentiment lorsque je l'ai refermé de n'avoir rien compris. Trop bizarre !
Nb23 (Bruxelles, Inscrite le 26 août 2010, 42 ans) - 26 août 2010 |
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| Normalement... |
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Normalement, j'aurais pas dû aimer...
Normalement, c'est pas trop mon truc...
On a tout dit, Roman initiatique, sorte de Road movie intellectuel... Bref, ça m'étonne d'avoir aimé, voire adoré mais ce fut le cas. Je ne bouderai pas mon plaisir et souhaite le pareil à ceux qui "normalement n'aiment pas trop". C'est bien écrit (je suppose que ce début perçu comme laborieux par un critique est en réalité une forme réussie d'accroche-lecteur). Cet ouvrage m'a rappelé le délicieux plaisir qu'un scientifique peut trouver dans un livre irrationnel de science-fiction.
Une accumulation de petites touches pas nécessairement cohérentes de prime abord qui font qu'une fois le livre fermé, j'ai eu l'impression d'un éclair de lucidité et de comprendre... même des concepts que l'auteur n'aborde pas directement.
Micheleff (, Inscrit le 19 août 2010, 67 ans) - 19 août 2010 |
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| Le premier lu et le meilleur de Murakami pour moi ! |
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Découverte de Murakami avec ce livre : j'aime, j'aime, j'aime !
Tout : le style, l'écriture, les idées, le monde sans queue ni tête, les parcours croisés de Kafka et de Nakata, les personnalités des personnages.
Adepte de Murakami dès les premières pages de ce roman.
Listelle (Bordeaux, Inscrite le 25 juillet 2010, 24 ans) - 18 août 2010 |
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| Un roman métaphorique, poètique et surnaturel. |
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Ma grand-mère m'avait prévenue lorsqu'elle me le conseilla : "Attention, il y a du surnaturel, des fantômes, des choses bizarres. C'est particulier. C'est Japonais".
Je m'étais dit alors : "Mais non, j'aime ce qui sort un peu de l'ordinaire, surtout que maintenant on voit partout le surnaturel qui a envahi la littérature et la TV. Et puis l'écart générationnel et culturel fait exagérer ma grand-mère".
Je m'étais trompée, comme quoi il faut jamais se moquer des anciens.
En effet "Kafka sur le rivage" est un "drôle" de roman dans le sens qu'il est bizarre. Je reprends l'expression de C.C Rider, c'est un OLNI : Objet Littéraire Non Identifié.
La moitié du roman m'a bien plu, je dois l'avouer. J'aimais le personnage de ce jeune adolescent, Kafka, bien courageux, très mature pour son âge, possédant une discipline de fer. La malédiction qui l'entourait et la disparition de sa mère et sa sœur présageaient une bonne histoire. Le personnage de Nakata un peu moins. Le rôle de simplet du village me plaisait moins et puis la phrase devenue quasi un leit-motiv "Je ne suis pas très intelligent" me lassait un peu. C'est bon, on l'a tous compris que tu as une capacité mentale limitée.
Certains passages sont vraiment savoureux et poétiques lorsque Murakami nous emmène dans des débats philosophiques et politiques. J'ai aimé les références occidentales ainsi qu'asiatiques ce qui permettait au lecteur de ne pas se perdre dans des références qu'il ne connait pas. J'ai aimé l'espace sécuritaire de la bibliothèque ainsi que le responsable Oshima: personnage intelligent, cultivé, délicat et ambigu. Et puis la cabane isolée dans la forêt. Quel bonheur de pouvoir se retirer du monde pendant quelques jours. Être face à soi-même.
Et puis il y en a d'autres où des choses bizarres se produisent : la pluie de poissons et de sangsues. Ça je gère. Le reste non. Le personnage de Mlle Saeki m'a beaucoup troublée, son fantôme de 15 ans aussi. Je commençait à ne plus rien y comprendre. Je n'ai pas compris l'amour œdipien de Kafka pour elle alors qu'il l'a soupçonne d'être sa mère. De même pour la pierre de l'entrée. Qu'est-ce que c'est ? Ça sert à quoi?
Exactement comme Odile93, j'ai complètement décroché vers les cent dernières pages. Trop de surnaturel, trop de métaphores, pas d'explications. J'ai lu la fin en diagonale avec mauvaise foi.
J'ai finalement été déçue. Je m'attendais à une rencontre entre Nakata et Kafka, des explications sur la mort du père de Kafka, sur la pierre de l'entrée, sur cet ectoplasme que Hoshino tue, sur cet évènement qui changea la vie de Nakata lorsqu'il était enfant. Et puis qui est ce voleur d'âme ?
Bilan: Je l'ai fini avec le sentiment d'avoir laissé quelque chose derrière moi, de ne pas avoir compris l'essentiel. Trop de questions, pas assez de réponses.
Rouchka1344 (Marseille, Inscrite le 31 août 2009, 19 ans) - 2 août 2010 |
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| 4,5 étoiles ! |
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Kafka sur le rivage est un roman initiatique écrit par Haruki Murakami. Le style est concis, classique, l'histoire est captivante, solide, d'une profondeur abyssale et les personnages sont attachants. Un magnifique livre onirique, poétique, envoûtant et complexe. A lire absolument.
Js75 (, Inscrit le 14 septembre 2009, 27 ans) - 23 juillet 2010 |
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| je m'attendais à mieux... |
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Depuis le temps qu'on me bassinait avec Murakami...
Dans l'ensemble, je ne peux pas dire que le livre ne m'ait pas plu, ça serait mentir...
Mais j'ai été particulièrement frappé par la différence culturelle notamment en ce qui concerne les tabous...
Par exemple, le personnage hermaphrodite (et qui, pour moi, est particulièrement fatigant! "j'ai un vagin", "je suis différent", les autres ne me comprennent pas"), le chauffeur routier qui s'évade, le gosse amoureux d'une femme de 50 ans... J'ai eu l'impression que Murakami racontait ces événements comme quelque chose d'incroyable alors que dans notre société occidentale ces thèmes ont été vus et revus aussi bien dans la littérature qu'au cinéma.
Mais bon, dans l'ensemble, l'histoire est plutôt bonne et m'a donné envie de lire d'autres livres du même auteur. En espérant cette fois qu'il ne soit pas si lourd à l'heure d'aborder certains thèmes.
Bebmadrid (Madrid, Inscrit le 29 novembre 2007, 31 ans) - 27 avril 2010 |
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| Incontournable épopée |
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Un roman ou un conte, un conte initiatique ou poétique, un genre poétique ou fantastique… classer ce roman dans un quelconque genre, un quelconque style, est aussi difficile que de le résumer.
Je suis en effet incapable de résumer un livre qui mêle tant d’éléments, d’évènements, d’émotions, de réflexions…
Vaine tentative : un jeune garçon de 15 ans, solitaire, passionné de lecture, part de chez lui, à priori sans but bien précis, si ce n’est échapper à la terrible malédiction qu’on lui a prédite (mythe d’Oedipe). En parallèle, et qui se recoupera indubitablement, l’histoire d’un vieil homme bon et simple d’esprit, qui parle avec les chats, et qui lui fuit, et celle d’une institutrice qui assistera pendant la guerre à des évènements d’une étrange nature. Tout ceci se déroule le long de la côte ouest du Japon.
Un roman plutôt long, et pourtant lu extrêmement rapidement. C’est rare, ces romans qui nous empêchent de faire tout autre chose. Pendant trois jours je n’ai mangé que du cru, je n’ai allumé ni radio, ni télé, ni ordinateur, je n’ai pas pris la voiture pour pouvoir lire pendant mes déplacements, je n’ai pas fait de sport. Ma vie s’est comme mis en trêve pour ne plus jamais repartir comme avant.
Je sors changée de ce livre ; changée par la peur de ne plus trouver de lecture aussi passionnante, par les réflexions philosophique -notamment sur la conscience de soi- que Murakami (l’écrivain) a pu aborder.
Je revois ce passage où le jeune adolescent, éponyme du célèbre écrivain Kafka, reçoit sur son corps nu l’eau de pluie, hurlant intérieurement de bonheur, je le vois au coin du feu dans un cabanon reclus loin de toute forme de technologie et progrès, tournant les pages d’un bon bouquin aux pages jaunies par le temps, ou dans la bibliothèque décrite magnifiquement où il passe le plus clair de son temps.
J’abordais plus tôt l’idée d’un livre emprunt au fantastique. Mais les poissons qui tombent du ciel ne peuvent confirmer cette hypothèse. Le fantastique est vrillé à la réalité, ou plutôt, l’un et l’autre sont la réalité, le regard fantasmé que l’on pose sur le monde est aussi le monde, et sous ce regard c’est l’âme du monde elle-même, qui s’anime et nous berce d’illusions qui en sont, qui n’en sont pas.
L’angoisse des pages qui défilent et de notre héros qui commet un crime s’accorde parfaitement avec l’angoisse métaphysique qui affleure et qui perce les pages du livre.
Quelle merveilleuse démonstration de l’esthétique Japonais!
A lire et relire, quand j’en trouverai la force.
Elya (, Inscrite le 22 février 2009, 20 ans) - 6 septembre 2009 |
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| Un vrai bonheur |
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J'ai adoré Kafka sur le rivage et chaudement recommandé à mes proches depuis ! L'initiation de Kafka qui se découvre, apprend à se connaitre et à accepter ses doutes, ses peurs, le parcours de Nakata, la poésie, la découverte d'un Japon incroyable...
Je me suis sentie bercée et en même temps je me suis laissée embarquer dans un monde unique, à la croisée de différents univers où tout se mélange : la littérature, l'histoire, la poésie, les traditions, le sport et la musique. Un vrai bonheur à lire et à relire !
Dahv (, Inscrite le 15 juillet 2009, 28 ans) - 15 juillet 2009 |
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| Bien agréable |
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J’ai bien plus apprécié le parcours de Nakata : il est hautement savoureux ! Car, si notre héros est un peu à côté de ses pompes, il sait parler aux chats, par exemple, ce qui vous l’avouerez n’est pas rien ! Et puis il a une belle philosophie de vie : il se contente de peu, avec juste un peu d’amitié ( with a little help from my friends ) et cela tombe bien : son pote de rencontre, Hoshimo est disponible. Nakata découvrira la « pierre de l’entrée « mais au prix de sa vie.
Le cheminement de Kafka est lui, à mon goût, plus tortueux. Son besoin de se réconcilier avec son père, pourtant mort, la ressemblance troublante de sa mère avec mademoiselle Saeki, m’ont apparu souvent agaçants. Aussi, je relirai volontiers ce livre mais uniquement la partie qui raconte Nakata, ce qui n’est pas très difficile car les chapitres sont bien séparés.
Mais je n’ai pas tout bien compris non plus ( on ne se refait pas, attends, toua ! Gloups ! )
Toutefois, je suis tombé sur un passage miraculeux dans ce livre. Il se situe à la page 381 dans le récit de Kafka ; je vous le cite, texto, ici, :
« ( …) Comme l’a si bien dit l’écrivain russe Anton Tchekhov : « Si un revolver apparaît dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu’un s’en serve. « Tu comprends ce que cela signifie ?
- Non .
- Ca m’aurait étonné. Tu ne comprends jamais rien. Je t’ai justement posé la question par politesse.
- - Trop aimable .
- - Ce que Tchekhov voulait dire, c’est que la nécessité est un concept indépendant. La nécessité a une structure différente de la logique, de la morale ou de la signification. Sa fonction repose entièrement sur le rôle. Ce qui n’est pas indispensable n’a pas besoin d’exister. C’est cela, la dramaturgie. La logique, la morale ou la signification, quant à elles, n’ont pas d’existence en tant que telles, mais naissent d’interrelations. Tchékhov, en voilà un qui s’y connaissait en dramaturgie ! "
Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 59 ans) - 13 juin 2009 |
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| Joyeusement Murakamien! |
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Un livre inégal, parfois maladroit, mais toujours copieusement décalé, gargantuesquement à part et joyeusement murakamien. A lire!
Matthias1992 (, Inscrit le 27 août 2007, 18 ans) - 17 mai 2009 |
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| Envoûtante initiation. |
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Ces 600 pages de Murakami sont simplement envoûtantes. Le parcours parallèle, au premier abord, des personnages, finit par se croiser et se chevaucher pour ne faire qu’un.
Kafka Tamara est notre futur initié mais il n’est pas le seul. Chacun apprend au fil du temps à mieux se connaître, à donner du sens à son existence, à trouver les réponses aux questions et parfois à admettre qu’il n’y a pas de meilleure réponse que l’absence de réponse.
Sur fond de fugue, de rejet et de la quête de la mère, on grandit avec Kafka, on s’érudit avec Oshima, on se trouble avec Mlle Saeki, on rêve avec Nakata…
Ce roman magistral est aussi une description du Japon du XXIème siècle, ce mélange de modernité et d’histoire, cette sorte de schizophrénie qui habite le peuple nippon qui semble toujours vouloir mettre une page de son histoire entre parenthèse.
L’écriture est puissante, l’émotion affleure constamment, et ce mélange de « science fiction », de quête spirituelle et de chemin initiatique offrent un philtre subtil qui ne demande qu’à être bu pour mieux vous envoûter.
Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 38 ans) - 10 mai 2009 |
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| A découvrir. |
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Moi, j'ai adoré, je me suis laisser bercer par ce conte initiatique, à la découverte du japon et de la magie.
j'en suis restée scotchée et enchantée !!!
Pélisse (, Inscrite le 26 octobre 2008, 24 ans) - 6 décembre 2008 |
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| Enchanteur ! |
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Fantasmagorique, allégorique, atypique, les qualificatifs en -ique me manquent !
Les destins a priori éloignés de Kafka Tamura et Nakata se croisent par chapitres interposés et se rejoignent bon gré mal gré. Difficile de décrire ce livre si ce n'est de dire que rêve et réalité sont très proches. Murakami surfe sur la brèche entre ces deux mondes et on se laisse prendre au jeu !
Jack'o'Lantern (, Inscrit le 4 avril 2006, 33 ans) - 11 septembre 2008 |
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| À part l'érudition des personnages... |
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Les passages relantant la biographie de compositeurs, les réflexions philosophiques, les allusions aux classiques de la littérature sont de bons côtés de ce roman, mais j'ai de la difficulté avec tout le côté irréel de cette histoire, d'autant plus que les réactions de certains personnages ne tiennent pas la route, on imagine mal un camionneur suivre un fou aussi aveuglément, une femme se rendre compte qu'elle a son fils en face d'elle et s'adonner à certains actes. Non, je ne vois pas une grande poésie et la pierre d'entrée, le "Ne te retourne pas", ça fait tellement cliché! Bref, pour moi, ce fut une lecture distrayante, sans plus.
Isabe (Montréal, Inscrite le 14 juillet 2004, 35 ans) - 14 juillet 2008 |
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| Troublant MAIS distrayant jusqu'à un certain point |
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Bien que de nature sceptique et n'aimant pas les histoires surnaturelles, j'ai beaucoup aimé ce livre et j'étais impatiente de le retrouver à mes moments de liberté.
Je trouvais ces deux personnages attachants et curieux et m'imaginais une rencontre originale.
MAIS - HELAS - j'ai décroché 100 pages avant la fin, au moment où Kafka s'enfonce dans la forêt et rencontre 2 soldats d'un autre temps... Trop de longueurs, trop de descriptions, trop d'esprits, bref, la sauce n'a plus pris.
Un passage m'a particulièrement énervée : (page 621 de mon édition 10/18, presque à la fin du livre)
"Une fois, la pierre refermée, il fut plus facile qu'il ne l'aurait cru de se débarrasser de l'ectoplasme. (...) Le jeune homme se jeta à sa poursuite (donc de l'iconoclaste ) et le hacha menu à l'aide du couteau en forme de serpe. Puis il trancha ces morceaux en fragments encore plus petits. Les bouts blanchâtres se tortillèrent encore un moment par terre, et cessèrent de bouger."
Je dois être trop cartésienne pour m'imaginer la destruction d'un fantôme..... J'ai l'impression que j'ai passé l'âge de ce genre d'histoire.
Et puis très déçue par la fin de la bibliothécaire et du vieux monsieur. Elle aurait pu être plus intéressante. J'aurais aimé, par exemple, une rencontre entre Nakata et Kafka. Sans cette confrontation, beaucoup de points restent non élucidés (ce qui s'est réellement passé lors du meurtre du père de Kafka, éclaircissements sur le coma de Nakata, sur la mère et la soeur de Kafka...)
A partir de ce moment, j'ai lu l'histoire en diagonale, c'est bien dommage, j'étais presque arrivée à la fin...
Odile93 (Epinay sur Seine, Inscrite le 20 décembre 2004, 56 ans) - 25 mai 2008 |
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| Un enchantement |
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Je n'avais encore rien lu de Murakami, j'ai été séduit par tous ces contes philosophiques ou simplement poétiques qui s'entrecroisent et ensorcellent le lecteur.
Ma préférence personnelle : le personnage de Nakata, à la fois complexe et simplet (du moins en apparence...) et celui de Melle Saeki, complexe elle aussi, et inaccessible.
Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 71 ans) - 27 avril 2008 |
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| From the edge of the deep green sea |
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Kafka Tamura, quinze ans, décide de fuir sa maison de Tokyo afin d'échapper à la prophétie de son père qui lui affirme qu'il sera coupable de parricide et d'inceste.
Au même moment Nakata, vieil homme devenu illettré et amnésique à la suite d'un curieux accident, décide lui aussi de quitter sa ville pour échapper à la police.
Ces deux hommes vont alors commencer une longue quête erratique vers des destins qu'ils ne connaissent pas encore; poussés par des sentiments qu'ils ne parviennent pas à comprendre, chacun va essayer de trouver les réponses à ses questions.
Ces deux étranges destins vont imperceptiblement finir par se croiser, les vérités vont se découper lentement pour aboutir à une évidence qui restera malgré tout en suspend.
Malgré la fuite, le temps qui passe, malgré le néant d'une forêt qui l'avale et le perd, Kafka devra faire face à cette vérité pendant que Nakata cherchera dans l'exil la pierre de l'entrée.
Murakami nous fait faire un drôle de tour d'équilibriste, nous marchons sur le rebord ténu du monde, à cheval entre réalité et fantasme, matière et volutes. Nous rencontrons au fil du voyage des soldats égarés de la seconde guerre mondiale, l'emblématique Johnny Walken de la marque de Whisky, une prostituée philosophe et un routier qui retrouve un sens à sa vie au travers de la quête de Nakata.
La métaphore est permanente dans ce merveilleux roman mais elle n'a pas cette lourdeur qu'on peut lui reprocher quelquefois; non ici, elle sert l'écriture simple et belle de Murakami, elle nous guide vers un onirisme féérique, cruel et éthéré.
Kafka sur le rivage, c'est un tableau dans lequel on se noit pleinement mais au bord duquel on essait malgré tout de s'accrocher, car la vie vaut d'être vécue.
Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 38 ans) - 22 janvier 2008 |
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| N'importe quoi |
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Le livre se lit facilement mais malheureusement, en ce qui me concerne, je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché à l'histoire. Je n'ai pas vu les correspondances entre les différents personnage et ce monde m'a plutôt laissée confuse.
Je n'ai vraiment rien compris du tout: s'agit-il de possession, de rêves, de quoi au juste?
Pas le moindre brin de début d'explication, pas le moindre élément concret auquel se raccrocher. Si c'est de la pure philosophie, il ne faut pas nous faire croire qu'il s'agit d'un roman.
J'ai vraiment l'impression d'avoir perdu mon temps et de n'avoir rien appris, comme en lisant un Paolo Coehlo.
Bouzouki (, Inscrite le 20 novembre 2007, 34 ans) - 21 novembre 2007 |
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| Quand le rêve et la réalité se rejoignent, la conscience est au centre |
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Il y avait longtemps que j'avais oublié cette sensation de tenir en mes mains tout un monde, tout un univers, quelque chose de vivant, en tenant un livre. Depuis mes premiers livres d'enfant dont j'aimais sentir l'odeur et dont l'illustration sur la couverture était d'emblée une porte ouverte sur un autre monde, autre mais sien ; depuis Cent ans de solitude, qui m'accompagne encore ; depuis L'enfant de sable...
Kafka sur le rivage... pour la première fois m'a emmené tellement loin, à l'intérieur de mes rêves que j'en ai eu des insomnies , à lire jusqu'à l'aube puis à me précipiter chez le libraire pour acheter tous ses romans et recueils de nouvelles et les mettre en pile à mon chevet, à la fois impatient de les lire et soucieux de maintenir le plaisir le plus longtemps possible... Une lecture de l'impossible, La course aux pages sauvages, la faim du temps, Danse, danse, danse avec les mots, Plein sud et complètement à l'ouest, Rechutes chroniques dans des romans à ressorts...
Nejimaki-dori kuronikuru, sonne bien comme un oiseau à ressort ; on aimerait l'entendre prononcer par la belle Michiyo Naratama interprétant Michiko dans La condition humaine du réalisateur Kobayashi Masaki, décrivant aussi la terrible guerre entre le Japon et la Chine. En écoutant ce titre, je regrette de ne pas lire le japonais dans le texte, tellement, on sent pointer le poème en prose.
Mais revenons à Kafka sur le rivage, Umibe no Kafuka, il s'agit d'un pur chef d'oeuvre !
Tous les genres et styles s'y croisent : poésie, roman d'amour, polar, aventure, politique, musicologie, étude de moeurs ; surréalisme, érotisme, suspense, onirisme, hyper-réalisme et j'en passe...
Les personnages sont étonnament attachants, épais, vibrants ; les situations banales ou extraordinaires sont toujours insolites, surprenantes ; la sensualité et l'ambiguité omni-présentes.
Je n'en parlerai pas plus avant, aimant pour ma part découvrir entièrement un roman, sans même lire la quatrième de couv', de peur qu'on en dise trop, ou maladroitement. Je ne voudrais gâcher le plaisir à personne.
Alors qu'en dire ? ce qui me paraît remarquable dans ce roman qui me semble être le plus abouti des romans de Murakami Haruki, c'est qu'il emmène le lecteur bien plus loin que dans le simple plaisir de lire et d'imaginer. Il s'agit là d'un roman-quête ; d'une quête existentielle, une quête de sens, une quête de l'être.
Et si, croyant illusoirement en la réalité intrinsèque de notre existence, on rencontre Murakami et ses personnages, il devient évident qu'un individu n'est pas un individu mais un dividu : il n'a pas d'existence en soi, il est divisible et relié aux autres, par d'étranges circonstances, par-delà le passé, le présent et le futur. Les personnages de Kafka sur le rivage ont donc cette présence extraordinaire, présence paradoxale parce qu'ils ne sont pas unité, ils s'entrelacent au propre et au figuré, au gré des sens, du sens et de l'Histoire.
Kafka sur le rivage est donc devenu pour moi comme une Bible, un Verset poétique ou un Soutra, mêlant le plaisir du roman à la quête spirituelle.
A travers une écriture limpide et alerte, réussissant à rendre évident le complexe et l'absurde, Murakami a écrit un livre qui se déploie dans la conscience pour la toucher au coeur.
Seule critique à ce roman : il ne fait que 638 pages dans son édition de poche !!! c'est trop frustrant, beaucoup trop court.
Heureusement, la bonne nouvelle, c'est qu'il en écrit d'autres et que malgré la saveur de la "première fois", l'extase reste constante.
Murakami hetun bonku !!! ;-)
Djidji (Neuilly sur Seine, Inscrit le 23 octobre 2007, 52 ans) - 23 octobre 2007 |
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| TOUJOURS AUSSI GENIAL! |
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Ce livre ayant déjà été amplement commenté dans les critiques précédentes, je m’abstiendrai de raconter une autre fois toute l’histoire, et de commenter l’habituel génie foisonnant de MURAKAMI, avec lequel cette histoire est racontée.
Je voudrais personnellement mettre à profit cette critique pour mettre l’accent sur le traitement des personnages dits «secondaires» par MURAKAMI dans ce livre que ce soit Melle Saeki, le vieux Nakata, Hoshino le chauffeur de camion ou encore Oshima le bibliothécaire hermaphrodite.
La qualité avec laquelle ils sont traités est exceptionnelle, leur profondeur psychologique, la façon dont ils sont décrits, racontés… la façon dont on nous présente leur passé, leur histoire, dont on nous les décrit physiquement… le tout de façon toujours aussi magistrale!
Que dire de plus sur la capacité de l’écrivain japonais à littéralement nous «faire voir» ce qu’il nous décrit, quand MURAKAMI nous décrit l’abeille qui vole sur la vitre, et bien on «voit» l’abeille qui vole sur la vitre!
Il serait sans aucun doute très facile d’adapter «Kafka sur le rivage» pour en faire un film… mais gageons alors que les acteurs se disputeraient surtout les seconds rôles…
Un grand, très grand livre, par le plus grand écrivain japonais actuel, Messieurs de l’Académie Suédoise à quand un Prix Nobel de Littérature très largement mérité?
Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 42 ans) - 29 août 2007 |
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| Vers le sud du Japon |
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Quelque part vers le sud du Japon ...et ailleurs.
Toujours intéressée par les livres de Murakami, je viens de l'acheter en livre de poche et comme à chaque fois, je viens de le dévorer.
Je découvre les avis des internautes et je n'ai rien à rajouter. C'est un pure régal
Véro lé la (, Inscrite le 5 février 2006, 39 ans) - 26 août 2007 |
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| coup de coeur de l 'année MURAKAMI " KAFKA SUR LE RIVAGE" |
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Magnifique roman en effet on est envouté de la première à la dernière page de ce ” road movie” à la japonaise mêlant les genres fantastique et science fiction avec plein de références littéraires , historiques , philosophiques et racontée par le narrateur Tamura , jeune homme de 15 ans comdamné pour parricide et inceste selon une prophétie.
J ‘ ai lu ce gros roman quasiment d’une traite tellement j ai été englouti par l’atmosphère quasi surnaturelle et hypnotique de cette narration.
Vraiment ma meilleure lecture cette année!!
Francesco (Bruxelles, Inscrit le 16 février 2001, 65 ans) - 24 août 2007 |
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| Dans un coin de ma tête |
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Moi qui me suis plusieurs fois heurtée à l'oeuvre de Murakami, ne parvenant pas à la comprendre ou la pénétrer, j'ai ressenti ici un véritable coup de foudre pour "Kafka sur le rivage".
Pour la douceur, pour la poésie, pour l'élégance de l'écriture et la richesse du vocabulaire, oui, pour tout ça bien sûr mais aussi et surtout pour les idées véhiculées, pour cette approche qui correspond tant à la mienne de ces univers parallèles, de ces mondes souterrains qui accueillent les âmes et les souvenirs. Et pui se trouvent en nous.
Il m'est difficile de parler avec les mots justes de ce roman tant il m'a touchée. J'ai eu constamment l'impression d'évoluer en même temps que Kafka Tamura ou Nakata, d'errer sur ces chemins de l'inconnu qui mènent à une existence qui est la sienne tout en étant différente.
Les croisements et décroisements entre Kafka et Nakata, entre Melle Saeki et d'une certaine maniière Hoshino, permettent d'appréhender un espace si difficile à décrire et à poser, tant sur papier que dans le verbe. J'ai trouvé que Murakami évoquait cela tout en nuances et en finesse, sans jamais tomber dans la lourdeur ou la farce, malgré le côté un peu fantastique de certains aspects. Une lourdeur que je lui avais parfois reprochée dans d'autres romans, inexistante ici.
Nous nous trouvons constamment sur le rivage, à la recherche d'un passage vers une autre dimension et lorsqu'enfin, peut-être, nous y arrivons, c'est une nouvelle quête qui s'ouvre à nous, loin des idées préconçues qui ont pu bercer notre éducation.
A travers des personnages étonnants, étranges et attachants, Murakami crée une galerie passionnante pour nous mener vers cette rive qui m'a d'abord déçue puis, réflexion faite, qui correspond à tout le reste, à cette recherche constante d'une assurance, d'un réconfort dans d'autres bras, invisibles et omniprésents. Sur ce point, ce thème développé d'un destin tracé et inéluctable, de ficelles tirées par des puissances discrètes correspond également à la vision que j'ai d'un certain monde et cela aussi à contribuer à me faire entrer pleinement dans cette histoire que j'ai trouvé magnifique.
Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 36 ans) - 28 juillet 2007 |
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| Un retour en force pour Murakami |
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Plusieurs critiques ici m'ont fait sourire, parfois par leur justesse, parfois par leur interrogations face à Murakami, auteur qui me fascine depuis maintenant plusieurs années. J'avais très hâte de lire son dernier roman, et je suis passé au travers de ces 600 pages en environ trois jours! Comme j'aime le faire quand je lis un Murakami, je vis pour son écriture quand j'ai l'infinie chance de le lire.
Premièrement, est-ce possible de qualifier ce roman d'O.L.N.I? Quoique bien séductrice, cette hypothèse est réfutée par l'idée de Zaphod : 'Murakami écrit toujours le même roman'. C'est ce qui se rapproche le plus de la vérité à mon avis. Bien qu'il y ait des thématiques différentes et des variantes à chaque romans, le forté de cet auteur Japonais que nous aimons tous est le roman d'apprentissage fantaisiste.
Malgré qu'on n'y retrouve pas l'urgence émotive des 'Chroniques de l'oiseau à ressort' ou de 'La ballade de l'impossible' c'est un ouvrage peut-être un peu moins fort, mais à mon avis, artistiquement plus abouti, plus mature. Le héros est ce même héros, Kafka Tamura, quoiqu'un peu plus jeune que les Toru Okada ou les Watanabe, c'est ce point zéro de l'existence humaine qu'il représente, que Murakami adore représenter.
Kafka et Nakata font des chemins inverses, Kafka monte la montagne de la vie, et Nakata descend vers la mort. C'est l'incarnation et la désincarnation qui se croisent, ce qui représente à mon avis une réflexion sur les souvenirs et la mort, typique à l'âge de Murakami (59 ans si je ne m'abuse). Le tout, teinté de culture Japonaise et bien sûr de culture populaire, de mythes et de littérature.
J'adore Murakami, et en terme de roman, c'est à mon avis son troisième plus intéressant après les Chroniques et La Ballade. Ce n'est pas aussi fort et émouvant que ces deux derniers, mais beaucoup plus posé et réflexif. Un excellent retour, j'ai hâte à la traduction de 'After Dark' en 2007...
FightingIntellectual (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 27 ans) - 27 décembre 2006 |
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| Kafka, au Japon. |
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Dans la catégorie ; titre trompeur. Kafka n’est pas un romancier tchèque, pas ici, c’est un garçon japonais de 15 ans. Quasiment dès l’entame du livre, il plante la situation :
« Le jour de mes quinze ans, je ferai une fugue, je voyagerai jusqu’à une ville inconnue et lointaine, et trouverai refuge dans une petite bibliothèque. Il me faudra une semaine pour en arriver là, avec toutes les péripéties que cela implique.Car je n’indique là que les points principaux : le jour de mes quinze ans, je ferai une fugue, voyagerai jusqu’à une ville inconnue et lointaine, trouverai refuge ans une petite bibliothèque. »
Et ce ne sont effectivement que les points principaux car l’affaire est bien plus compliquée que cela. Murakami nous mêle de l’onirique, du fantastique, du mythe grec revisité avec allégresse et maestria. C’est éblouissant de maîtrise et parfaitement accrocheur, bien loin du pensum qu’on pourrait imaginer.
L’écriture ne laisse pas d’impressions durables. Elle est réellement le support de la pensée et non point la vedette. La pensée, elle, est d’une grande richesse, d’une grande gravité aussi.
En dehors des points principaux définis come tels par Kafka ci-dessus, je ne me risquerais pas à tenter un résumé. Trop foisonnant, trop « à-part ».Ne craignez pas la grande gifle de l’océan débridé, allez rejoindre Kafka sur le rivage !
Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 54 ans) - 11 septembre 2006 |
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| Un OLNI |
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Quel étrange bouquin ! Une sorte d'OLNI, objet littéraire non identifié. Un truc bizarre, à la fois poétique et trivial, philosophique et bassement terre à terre. En tout cas, il ne plaira sans doute pas aux cartésiens et autres rationalistes, mais ne laissera personne totalement indifférent. On aimera ou on détestera. Personnellement, j'ai aimé, tout en ayant été assez perturbé .
L'histoire est simple, voire simpliste : c'est le double récit en parallèle, de la fugue d'un ado de 15 ans , Kafka Tamura, et de l'errance d'un vieil homme, sorte de clochard philosophe et simple d'esprit, incapable de lire ni d'écrire. On nage dans la symbolique, le surréalisme et le freudisme le plus échevelé. En effet l'auteur navigue des frontières du réel ( les sardines, les maquereaux et les sangsues tombent allégrement du ciel) à celles de l'onirisme le plus désincarné...
Il y a du Lewis Carroll, du Kafka , du Vian et du Borgès dans ce bouquin, mais sous la forme d'un subtil mélange, d'une mixture ésotérique très particulière qui nous laisse rêveur. Signe que l'on vient de refermer un grand livre... Egalement livre de prof ( ce que Murakami fut à Princetown jusqu'en 1995). Les allusions culturelles et quelquefois un peu trop didactiques sont permanentes ( Oedipe et son fameux complexe soutend toute l'histoire). De même, l'importance immense attachée à l'écrit, aux livres et aux bibliothèques en particulier dénoncent son enseignant...
"L'atmosphère de la bibliothèque déserte, tôt le matin, me comble de bonheur. A l'idée de tous les mots, de tous les mondes imaginaires qui reposent paisiblement dans ces pièces, je déborde du désir de préserver la beauté et l'harmonie du lieu..."
"Ecoute. La bataille qui mettra fin à toutes les batailles n'existe pas... La guerre se nourrit d'"elle-même. Elle lèche le sang que la violence a répandu, elle dévore la chair blessée par les combats. La guerre est une sorte de créature auto-suffisante qui renaît d'elle-même. Il faut que tu le saches."
CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 52 ans) - 10 août 2006 |
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| ma langue au chat |
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Une aventure douce et surréaliste qui vous prend par la main, lentement.
Une expérience rare. Reste la solitude. Celle que l'on ressent quand les personnages s'en vont poliement. Reste un dilemne. Comment savoir si pour les croquettes, le chat est l'incarnation du mal?
Merci Murakami.
Ipoo-poo (, Inscrit le 21 juillet 2006, 29 ans) - 21 juillet 2006 |
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| Envoutée, Captivée, Transportée... |
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Vendredi dernier 26/05 : page 1
Aujourd'hui mardi 30/05 : page 156
Ma lecture est loin d'être achevée mais j'ai déjà une folle envie de la partager... sans jamais rien en dévoiler afin que votre propre découverte soit préservée.
Un livre tout d'abord agréable à regarder, agréable au toucher, à savourer... On entre dans un imaginaire débordant, un dépaysement assuré, tout ce qui reflète à mes yeux, la spécifité asiatique.
Il m'est difficile de décrire ce que je lis. Toute une ambiance, des personnages attachants, un mystère permanent. J'imagine ce livre porté à l'écran... sous forme de dessin animé, comme les japonais savent si bien le faire. Pour ceux qui connaissent "Chihiro", j'ai la sensation de goûter au même type d'ambiance, d'être transportée dans une autre dimension. A tous ceux qui ont besoin d'évasion : foncez l'acheter !
Aquarelle (Paris, Inscrite le 29 mai 2006, 36 ans) - 30 mai 2006 |
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| C'est juste Beau. |
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Il y a tellement de références et d’intelligence dans ce Roman qu’il et parfois difficile de faire le tri. Bien sûr il y a l’influence Grecque, bien sûr l’influence d’un Japon contemporain culturellement traumatisé par Hiroshima, bien sûr les Mangas, les romans picaresques (un peu de la vie est un songe peut être aussi…) et aussi des feuilletonistes français du 19e mais surtout, c’est un roman palpitant intelligent et merveilleux où chaque personnage est vivant et attachant (aucun n’est véritablement négligé). Bref j’aurais adoré si la fin ne m’avait laissé là pantois attendant vainement des réponses aux mille interrogations que pose ce livre.
ThéophilleBull (Paris, Inscrit le 22 mai 2006, 31 ans) - 22 mai 2006 |
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| Une belle decouverte ! |
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Oui, les chats parlent aux humains et les poissons tombent du ciel ! Laissez vous porter et entrez dans l'univers de Murakami.
Troublant, parfois déroutant, mais quelle poésie !
Fleur783 (, Inscrite le 8 décembre 2005, 57 ans) - 16 mars 2006 |
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| Picaresque contemporain |
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En bref, l’histoire colorée de deux quêtes, celle d’un fugueur adolescent hanté par la prophétie d’Œdipe et celle d’un vieillard traumatisé par un phénomène extra-terrestre durant l’enfance. Bien sûr, les deux quêtes avancent en parallèle tout en partageant certains éléments clés pour alimenter le souffle du récit.
Il y’a beaucoup de « réalisme magique » dans ce roman ; des sangsues qui tombent du ciel ; des conversations avec des chats ; un personnage qui apparaît de nulle part etc. Cette accumulation de scènes ou la mystique grecque se mélange au modernisme dans une sauce « X-files » enlève beaucoup d’humanité aux personnages principaux et j’ai perdu la connexion avec eux.
C’est un pavé comportant de beaux moments de poésie, des tournants intelligents et un humour particulier, mais aussi des longueurs. L’écriture de Murakami a son charme. Elle est accessible et visuelle. En même temps, elle est alourdie par un souci du détail pour l’hygiène, l’anodin, la référence culturelle ou pour les marques commerciales. Moyen pour moi.
Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 41 ans) - 3 mars 2006 |
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| Kafka confusion et recherche de soi |
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Un roman multiple où l'on suit à la trace deux personnages principaux en rupture de sociéte, en rupture de mémoire, essayant de se reconstituer un passé et de comprendre leur présent pour vivre un futur après avoir "grandi". En parcourant le labyrinthe de la vie de ce Kafka (l'adolescent en fugue) et de Monsieur Nakama (le vieil homme amnésique bloqué à ses huit ans et ses dialogues avec les chats et la pierre d'entrée), mais aussi d'Oshima (la femme-homme gardienne de la bibliothèque) et de Mademoiselle Saeki (la détentrice d'une formule du passé-présent-futur de Kafka sur le rivage), le lecteur erre dans la vie des personnages en quête de sens, mais aussi dans sa propre interrogation sur la vie, la mort, la violence, la beauté, l'amour et les multiples réponses qu'il y apporte, sans cesse mouvantes et polymorphes.
Comme toujours, je suis charmée par la capacité qu'a Murakami de m'entraîner dans ses interrogations et son imaginaire foisonnant de surprises.
Printemps (, Inscrite le 30 avril 2005, 52 ans) - 26 février 2006 |
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| Un "Oedipe" moderne |
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Un véritable conte initiatique qui ne laisse pas le lecteur indemne.
Murakami, avec son écriture délicate, parvient parfaitement à bouleverser nos idées préconçues sur la vie, la famille, l'amour et la mort.
ZenZoo (, Inscrite le 29 août 2005, 30 ans) - 16 février 2006 |
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| Forums: Kafka sur le rivage |
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Il n'y a pas encore de discussion autour de "Kafka sur le rivage".
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