Paris est une fête de Ernest Hemingway

Paris est une fête de Ernest Hemingway
( A moveable feast)

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Jules, le 1 juin 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 271ème position).
Visites : 6 716  (depuis Novembre 2007)

Un autre genre d'"Américain à Paris"...

A sa mort, Hemingway avait déjà jeté des bases importantes de ce livre. Il sera un des premiers à être publié à titre posthume.
Hemingway nous raconte le Paris des années vingt, celui de l'après-guerre, qui a vu Montparnasse commencer à l'emporter sur Montmartre. Les grands cafés fréquentés par les artistes sont « Le Dôme », « La Coupole » et le bar américain « le Select ». Chacun se dispute cette clientèle. Il y a aussi « La Closerie des Lilas » que Hemingway aimait beaucoup, mais pour son calme.
De temps à autre il allait aussi au « Café de la Paix » ainsi qu'au bar du « Crillon ».
Les grands Américains à Paris, à ce moment, sont Scott Fitzgerald, Dos Passos, Faulkner et Hemingway et Sherwood Anderson. Il faut ajouter à cette bande d’écrivains James Joyce et Ezra Pound. Hemingway deviendra le grand ami de deux femmes qui sont Gertrude Stein et Sylvia Beach. C’est Gertrude Stein qui donnera le nom de « génération perdue » à tous ces américains qui ont vécu la guerre et qui écrivent. Elle aura une influence certaine sur lui et ses écrits. Quant à Sylvia Beach, elle était la propriétaire de la petite librairie « Shakespeare and Company » qui était rue de l’Odéon. Elle édita quelques nouvelles d'Ernest.
Nous allons voir tout ce petit monde se croiser dans les bars et chez des amis. Les uns partiront un temps vers la Riviera, d’autres iront skier en Autriche ou se rendront en Espagne pour pêcher la truite ou assister à des courses de taureaux. Cela va, cela vient et cela se dispute de temps à autre.
C’est à cette époque qu’Hemingway écrivit « Le soleil se lève aussi » et de nombreuses nouvelles.

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Minuit à Paris

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 45 ans) - 6 février 2016

Une plongée dans le Paris américain des années 20 avec Gertrude Stein, Scott Fitzgerald et sa femme Zelda. Un hymne à la joie de vivre et à la création, à la vie de bohème avec ses ventres creux.
Le tout raconté et décrit avec le style simple et direct d’Hemingway qui nous livre là une tranche d’autobiographie façon impressionniste.
Une belle promenade, un petit plaisir

Le témoignage d'une époque très créative

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 5 janvier 2016

L'époque est connue, ressassée, voire fantasmée : aussi est-ce pourquoi il s'avère utile de revenir aux sources, donc de consulter un témoignage d'origine. Et celui-là provient d'un artiste de choix qui a opté pour Paris, y a vécu et l'a aimée. Ezra, Getrude Stein et Fitzgerald, notamment, peuplent l'entre-deux-guerres de la capitale française, surtout dans le Quartier latin, Montparnasse et le reste du VIème arrondissement, qui servent de cadre à ce manège rêvé. Les établissements que ces artistes contribuent à faire connaître apparaissent à cette époque.
Ce livre est rempli d'anecdotes, de rapports de conversations, notamment sur le processus créatif.

Une ambiance est retracée, restituée et resituée dans ses décors. C'est utile, instructif, parfois un peu vain. Cela ne peut qu'intéresser celles et ceux qui se penchent régulièrement sur les conditions de la création artistique, notamment littéraire.

Que c'est beau.....

9 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 43 ans) - 3 septembre 2013

Allez...même pas honte..c'est mon premier Hemingway !
Je comprend après avoir fermé ce livre la notoriété de l'artiste , même si ce texte est, parait-il, loin d'être le plus abouti
C'est un superbe portrait (hommage?) au Paris des années 20 avec des rencontres improbables et cocasses.
Mon seul regret étant que ce roman soit vraiment court.

"Périodes parisiennes"

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 60 ans) - 3 août 2013

"écris la seule phrase vraie que tu connaisses", c'est la phrase clé utilisée par Hemingway devant sa page blanche. Et on peut dire que ses "phrases vraies" font merveille pour nous faire vivre un Paris oublié, nous décrire des scènes originales et inconnues de la capitale présentée comme une agglomération de quartiers à l'identité marquée: le chevrier et son troupeau, les pêcheurs de goujons...
Nous découvrons aussi une époque à travers la ville mais aussi la France, la Suisse ou aussi l'Autriche. Une époque où l'alcool faisait partie de la vie quotidienne, (même au volant), une époque de pauvreté mais aussi de grande liberté.
"Mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux."
Les "phrases vraies" ne sont d'ailleurs pas les seuls conseils donnés par l'auteur :
"Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez vous ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice, fatiguer votre corps, et il vous est recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre œuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettez à écrire."

Nous croisons aussi de nombreux personnages, hauts en couleurs, des "américains à Paris", plus ou moins célèbres.
"Je ne connaissais pas encore Zelda et ne savais point, par conséquent, quels terribles atouts Scott (Fitzgerald) avait contre lui."

L'écriture est fluide, alerte, la lecture facile et c'est avec beaucoup de plaisir que l'on découvre les "périodes parisiennes" de la jeunesse de l'auteur malgré quelques surprises grammaticales comme le pluriel des noms de peintres (les Manets, les Cézannes.. ) ou d'autres moins évidentes.
"Non, vous êtes marqué par la Vie". Il prononça le mot avec une majuscule."

Paris, 1920

8 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 36 ans) - 1 février 2013

« Ce livre contient des matériaux tirés des remises de ma mémoire et de mon cœur. Même si l’on a trafiqué la première, et si le second n’est plus ».
Voici un extrait qui résume à merveille ce bon livre d’Hemingway dans lequel on retrouve le Paris des années 20, celui des artistes peintres comme André Masson, des poètes tel Ezra Pound, des grands écrivains : Scott Fitzgerald, James Joyce, Ford Madox Ford et donc Hemingway.
Je dois avouer que j’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver plongé au sein d’une époque révolue, mais une période riche, créative, en pleine ébullition.
Le style d’Hemingway, agréable, fluide et si simple de prime abord est pourtant le fruit d’un long travail. Chaque mot est savamment pesé, il n’y a pas de superflu, cela paraît si simple pourtant...
Pour tous les amoureux de ce grand écrivain, Paris est une fête est une mine d’information. On en apprend sur son processus créatif, sur sa vie avec Hadley : sa femme, son fils : Mr Bumby, ses amis Ezra pound et Scott Fitzgerald.
De plus le livre a une petite touche mélancolique qui n’est pas pour me déplaire, on sent un vécu, un certain regard sur une époque dure mais heureuse. De nombreux passages sont touchant.
Un livre intéressant, bien écrit, une bonne surprise.

Un apprenti écrivain !

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 53 ans) - 1 novembre 2012

Né en 1899 dans l'Illinois (États-Unis d'Amérique) Ernest Hemingway fut écrivain, journaliste et correspondant de guerre américain.
Prix Nobel de littérature en 1954; ses romans ont rencontré un grand succès auprès du public du fait de la véracité avec laquelle il dépeignait ses personnages. Plusieurs de ses œuvres furent élevées au rang de classiques de la littérature. Des œuvres non romanesques ont été publiées à titre posthume, dont " Paris est une fête ".
Il se suicide au cours de l'été 1961.

C'est un jeune homme de 25 ans, un "apprenti écrivain" que nous suivons dans les rues parisiennes des années 1920.
Un Hemingway en quête d'éducation artistique qui croisera la route de "figures" du moment.
Les Cafés comme lieux de rencontres :
"Le café des Amateurs était le tout-à-l'égout de la rue Mouffetard".
"La Closerie des Lilas était un endroit tellement agréable pour écrire".
Mais également une lutte contre la pauvreté que jeunesse et insouciance rendent moins pénible.
"J'appris à comprendre mieux Cézanne, quand j'étais affamé".
De longues promenades le long de la Seine, au jardin du Luxembourg, à Auteuil et Enghien (sa passion des courses hippiques).
Le réconfort auprès d'une famille aimante (sa femme Hadley, son fils Bumby et le chat F. Minet).
L'ébauche de ses premières grandes oeuvres; "Le Soleil se lève aussi" (Hiver 1925-1926).
Et surtout, sa grande amitié avec Scott Fitzgerald.
"Pour que Scott puisse écrire, je devais veiller à ce que Zelda ne bût pas trop et à ce que Scotty eut sa gouvernante anglaise".

Un document poignant sur quelques années de la jeunesse passionnée d'Ernest Hemingway; qui permet de mieux comprendre l'Homme et l'écrivain.
Un artiste qui a besoin de "Vivre les évènements" pour mieux les raconter. Un personnage entier et d'une maturité impressionnante à 25 ans.
Un ouvrage truffé de références artistiques (peintres, écrivains, poètes, ....).
Un long chapitre sur sa relation passionnée avec Scott Fitzgerald et son épouse Zelda. Les doutes et la folie de l'écrivain de génie.

Un livre passionnant et qui se lit avec avidité.
Sublime !

Hemingway, géant fragile

10 étoiles

Critique de AmauryWatremez (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 50 ans) - 3 novembre 2011

« Ce qu'il faut, c'est écrire une seule phrase vraie.

Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses. »

extrait de "Paris est une fête"

« Paris est une fête » vient de ressortir chez Gallimard en édition complète, Ernest Hemingway y raconte ses souvenirs personnels et littéraires de sa vie d'exilé à Paris dans les années 20, oscillant sans cesse entre la pauvreté et la richesse, la faim et les banquets. Paris était vraiment une fête à l'époque, et non une ville en voie de provincialisation rapide, une ville où l'on pouvait rencontrer deux ou trois des faunes dans le style « années folles » comme Jean Cocteau papillonnant d'un groupe à l'autre, Diaghilev dansant Debussy, ou Maurice Sachs courant les bonnes fortunes féminines, et quelques génies extravagants, tels Picasso ou Erik Satie, et un géant massif et vulnérable comme l'était Hemingway.

Il essaie de partir combattre en France en 1917 mais est refusé à l'incorporation à cause d'un œil défaillant, il parvient néanmoins à intégrer la Croix Rouge italienne. Il s'embarque sur le « Chicago ».. En essayant de sauver des camarades pendant des combats en Italie, il est blessé grièvement. Sa convalescence à Milan lui permet de rencontrer Agnes Von Kurowsky dont il s'éprend. Il racontera tout cela dans « l'Adieu aux armes ».

Il est correspondant de guerre en Grèce et témoigne de la violence des affrontements en Anatolie au cours de la guerre gréco-turque. Il reprendra cette activité pendant la guerre d'Espagne du côté des Républicains, la violence sanguinaire des affrontements l'y convainquant de la vacuité absolue du langage idéologique et de son abstraction mortifère, lui inspirant également « Pour qui sonne le glas ». Il partira plus tard couvrir la Révolution cubaine aux côtés des partisans de Fidel Castro.

Il habite rue du Cardinal-Lemoine à Paris de Janvier 1922 à août 1923 avec sa femme Hadley, et leur premier enfant. C'est la période qu'il raconte dans « Paris est une fête ».

A l'époque, Montparnasse ou le quartier latin, ou Saint Germain des prés, n'étaient pas des réserves de bourgeois-bohèmes ou de touristes américains trouvant « so romantic » de se faire photographier en face de la « Closerie des lilas » qui n'accueille plus des génies des lettres mais des « people » sans aucun talent particulier, excepté celui de flatter le pékin moyen dans sa banalité.

Pour les esprits chagrins, c'était une « génération perdue », ces jeunes d'après la première guerre Mondiale, désespérés par toutes les conséquences de la haine absurde induite par ce conflit, gratuite, qui les poussait à croire que rien n'avait de sens, à rechercher l'acte gratuit, à vivre leur vie en esthètes complets, et non simplement à survivre en espérant se ranger du mieux qu'ils peuvent au sein d'une petite existence misérable mais confortable noyé dans le flot du troupeau des gens qui sont nés quelque part et qui n'ont que des rêves étriqués.

Hemingway rejette cette appellation de « génération perdue », pour lui la génération qui s'est perdue, c'est celle qui les a poussé à la première boucherie généralisée, et moderne, de 1914/1918, au matérialisme tout puissant, aux fins qui justifient les moyens quel que soit le prix humain à payer. Il serait effrayé par la société actuelle qui n'a fait qu'exacerber encore un peu plus si c'était possible tout cela.

Il abandonne un temps ses activités de journaliste, il écrivait pour un journal de Toronto, pour se consacrer très vite seulement à l'écriture encouragé en cela par Gertrude Stein et son amie de cœur, Alice B. Toklas chez qui l'écrivain va souvent avec sa femme afin de ne pas perdre confiance en lui et en ses dons.

« Miss Stein » comme l'appelle Hemingway était insupportable, cancanière, et la plupart du temps mal lunée. De plus, elle se permettait de donner des conseils d'écriture à l'auteur de « les neiges du Kilimandjaro » qui n'en avait pas besoin. Tout comme elle faisait à Sherwood Anderson, Thornton Wilder ou Scott Fitzgerald, d'autres compatriotes d’Hemingway également réfugiés à Paris.

Mais derrière le personnage qu'elle jouait se trouvait beaucoup de générosité. Il raconte d'ailleurs les soins et toute la gentillesse dont elle a entouré Guillaume Apollinaire au moment de sa mort, quand le poète croyait que les « A bas Guillaume » qu'il entendait de sa fenêtre étaient pour lui et non contre le kaiser.

Gertrud Stein était également proche du groupe des surréalistes et des peintres de Montparnasse comme Modigliani.

On le voit aussi régulièrement à la librairie « Shakespeare et compagnie » qui existe encore d'ailleurs, juste au cœur du quartier latin. Les livres en vitrine reflétaient les goûts de la maîtresse des lieux, Sylvia Beach qui mettait en valeur les œuvres des jeunes auteurs de ces années là, tel Hemingway lui-même ou Scott Fitzgerald souvent de passage à Paris avec sa femme Zelda.

Fitzgerald selon son compatriote exilé à Paris s'est mis à vraiment écrire de manière talentueuse quand il a compris que sa femme, figure légendaire elle aussi des « roaring twenties », était complètement folle.

C'est la fêlure originelle du génie de Scott Fitzgerald, personnage peu sympathique à lire « Paris est une fête », hypocondriaque insupportable qui avait l'alcool mauvais, qui était asocial et arrogant et aussi pathétique hyper-sensible persuadé d'avoir le monde entier contre lui, amoureux fou de Zelda qu'il crut pouvoir sauver un temps de ses délires, de l'alcool, de l'étourdissement des mondanités.

« Paris est une fête » parle de ce qui pousse quelqu'un à écrire, à créer des univers avec ses mots, à se chercher un style, toutes choses incompréhensibles dans une société qui déjà à l'époque préfère le quantifiable et le mesurable et ne comprend goutte aux enjeux existentiels de la création, qui n'est pas réductible à quelques formules, quelques slogans, ou de la psychanalyse de bazar considérant que l'écrivain est forcément un individu inadapté qui commet quelques délires pour se défouler et combler ses problèmes personnels.

Ce que Hemingway cherche à atteindre, idée qu'il développe dans « Paris est une fête » c'est d'oublier tous les « trucs » de l'écrivain et atteindre en écriture à une authenticité totale, un dépouillement qui va à l'essentiel. Il veut écrire « comme Cézanne peint », transcrire ses aspirations au courage face à l'adversité, se débarrasser de tout ce qui gêne l'expression véritable de son moi profond. Comme il le raconte dans ce livre, il comprend mieux la peinture en ayant le ventre vide. Ce dépouillement qu'il vit est des plus réels, il en est réduit à jouer ses économies aux courses. Comme tout créateur, comme tout inadapté à une vie bien trop tranquille, il est incapable de s'occuper de la banalité d'un budget domestique et essaie de résoudre ses problèmes par des solutions fantaisistes.

Cela ne l'empêche pas d'avoir des appétits d'ogre, d'aller dépenser tout l'argent gagné avec sa femme en fêtes et festins somptuaires.
Ce que l'on ressent en lisant « Paris est une fête », qui est un journal littéraire de génie, c'est que tous les écrivains sont reliés par ce même besoin existentiel profond d'expression et de création littéraire, que c'est véritablement un enjeu fondamental pour un créateur de formes, un créateur d'univers qu'est, que devrait être, tout écrivain. J'y retrouve le même questionnement que dans la correspondance de Flaubert, que dans le journal de Jean-Patrick Manchette, pour citer ceux dont les journaux littéraires me semble les plus intéressants, et tant d'autres. A savoir : Pourquoi écrire ?

Pourquoi écrire alors que c'est un acte d'une gratuité totale ?

Pourquoi écrire alors que cela sera considéré comme absolument vain car non quantifiable ?

Ceux pour qui ce questionnement ne se pose pas sont ceux qui oublient tout simplement leur humanité et que celle-ci a besoin de la littérature, de l'art, de la musique, pour croître et embellir.

...

7 étoiles

Critique de ALF (Ondres (40), Inscrit le 13 mars 2004, 38 ans) - 13 août 2008

Comme beaucoup d'écrivains américains durant l'entre-deux-guerres, "Papa" Hemingway a pas mal séjourné en France, et notamment à Paris. C'est d'ailleurs depuis cet exil qu'il écrira quelques unes de ses plus belles pages, mais ça, vous ne le lirez pas dans ce bouquin. En fait, Ernest et sa femme bouffent de la friture de poisson à Enghien-les-Bains, galèrent pour boucler les mois mais vont quand même faire du ski en Autriche, et tuent le temps avec Gertrude Stein et quelques autres figures parisiennes du moment. Certains apprécieront quand même la rencontre avec un Scott Fitzgerald hypocondriaque, ou bien encore celle avec Jules Pacsin, mais sans doute aurait-on aimé en apprendre un peu plus sur la vie du Paris des années 20's et 30's, qui était faut-il le rappeler, "the place to be" à l'époque. Une collection de nouvelles sympatoches quoique dans l'ensemble un peu trop lisses (quid de Cocteau / Radiguet et Tzara à propos desquels Hemingway ne s'est jamais fait prier pour balancer?), mais qui prend en revanche tout son sens si l'on cherche une sorte de Guide Du Routard des bistrots branchouilles : Le Dôme, La Coupole, La Closerie Des Lillas, ou encore -évidemment- Le Select.

Souvenirs parisiens

8 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 45 ans) - 6 décembre 2006

Est-ce un roman? est-ce une chronique? Un peu beaucoup des deux à la fois. C'est un vaste témoignage rédigé par Hemingway et publié à titre posthume (la question sera toujours de savoir quelle forme finale Hemingway aurait donné à ce texte...). Des scènes de vie, des chroniques, des instantanés parisiens lorsqu'il vivait avec son épouse dans la capitale française (1921-1926) et côtoyait bon nombre d'écrivains américains et tout ce que Paname comptait comme milieu artistique et culturel.
C'est le Paris de la Lost Generation, des écrivains exilés ou désabusés, des jeunes qui se cherchent, d'une époque qui vient de vivre la guerre et hésite à s'en remettre. C'est Paris aussi, sa folie, son petit monde, son ambiance et déjà, encore, ce rôle de place dominante de la culture. Hemingway rend hommage à tout cela et aux personnes qu'il a croisées: Ezra Pound, Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Sylvia Beach...

Ernest et Hadley Hemingway débarquent à l'hôtel Jacob et d’Angleterre, rue de Jacob, le 20 décembre 1921. Le premier jour de cinq années d'un bonheur certain que Hemingway ne couchera sur papier que quarante ans plus tard, juste avant de mourir. Le souvenir et la force de ce bonheur ont-ils fait naître trop de regrets? Nous ne le saurons pas. Peut-être...

C'est une belle promenade à laquelle nous sommes conviés, pas trop touristique, éminemment cultivée, pleine d'anecdotes (parfois un peu trop) et de souvenirs qui permettent de cerner autrement la stature de Ernest Hemingway, alors jeune journaliste. On peut par moments ressentir un sentiment d'étouffement devant la profusion de détails ou bien se sentir étranger à tout cela, face à des gens et des épisodes peu connus de nous. C'est le cas de tout journal, toute chronique; l'intérêt est de s'y plonger, d'un coup ou par petits pas, et de s'imprégner de cette époque. Une immersion que Hemingway permet de réussir grâce au talent de son écriture et la vivacité du récit.
Et tant pis si les souvenirs sont quelque peu romancés, l'ambiance est là, les auteurs américains à Paris aussi et il est si agréable de se retrouver, l'espace de quelques heures, dans cette douce folie qui berçait la capitale.

Moelibée a raison

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans) - 20 avril 2004

C'est vrai qu'il n'y a pas toujours beaucoup de suite dans les différents récits, que tout nous semble un peu livré en vrac, mais quelle merveilleuse description de cette vie intellectuelle et nocturne des plus bouillonnante ! Il m'arrive souvent de me rendre dans les cafés où se rendaient ces auteurs comme en pélerinage. C'est aussi cela Paris !

Dernière petite chose: la publication de ce livre a été posthume et Hemingway ne l'avait donc jamais terminé. Qu'en aurait-il fait ? Nous ne le saurons jamais...

Un Américain à Paris

6 étoiles

Critique de Mœlibée (Paris, Inscrit le 17 avril 2004, 35 ans) - 19 avril 2004

Voici un témoignage dense de ce que fut la vie littéraire (et artistique en général) du Paris des années 20 : un bouillonnement cosmopolite et foisonnant, avec, en tête de file, les écrivains de la "Lost Generation". C'est d'ailleurs au cœur même de ce livre qu'on voit naître ce groupe plus ou moins cohérent, qu'on assiste à la prise de conscience de ces écrivains exilés à Paris qu'ils appartiennent à une même génération d'écrivains, une même patrie, une même époque de légèreté forcée pour masquer la détresse d'un monde choqué par la guerre, si ce n'est une même école littéraire (je vais un peu loin sur ce dernier point). Je ne peux pas mieux présenter l'œuvre que Jules, qui cependant n'en a pas fait a critique.
Ce qu'on peut reprocher le plus, me semble-t-il, à ces récits qui retracent toute une époque, une atmosphère, des rencontres, des dialogues et des petites histoires, auxquels les "Américains à Paris" nous ont habitués en particulier, c’est aussi ce qu’on y cherche. Je m’explique. La profusion d’événements, souvent indépendants les uns des autres, le tout ne formant pas de véritable intrigue, mais plutôt un pot-pourri, une atmosphère, rend parfois la lecture inconfortable et déconcertante. Car la réalité n’est pas un roman, mais il faut bien le dire, c’est aussi parce qu’elle est bien plus confuse, riche et complexe qu’une histoire linéaire, qu’elle mérite d’être connue, et qu’elle concourt, quand on en fait ce genre de livre, à l’élaboration de récits passionnants et témoins de leur temps.

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